Les affiches du second tour

Dans près de la moitié des circonscriptions, les électrices et électeurs seront appelés à se prononcer sur un duel entre Ensemble ! (majorité présidentielle, RE-PPE) et la Nouvelle alliance populaire, écologique et sociale (NUPES, GUE/NGL-Verts-S&D), coalitions données largement en tête sur leurs autres concurrentes dans les sondages les plus récents. Dans un peu plus du centaine de cironscriptions, le second tour verra s’affronter un candidat Ensemble ! et un candidat du Rassemblement national (RN, ID). Dans 59 autres, un candidat NUPES fera face à un candidat du RN. Enfin, 71 circonscriptions mettront en concurrence un candidat issu des Républicains (PPE) ou de ses alliés centristes de l’Union des démocrates et des indépendants (UDI, RE) et un candidat issu de la NUPES, d’Ensemble ! ou du RN. Une cinquantaine d’autres duels impliqueront d’autres formations – notamment les partis régionalistes bien implantés en Corse, en Bretagne et dans les outre-mer – et des candidats indépendants.

NuancesÉlusDuels NUPESDuels Ensemble !Duels UDCDuels RN
NUPES4
2712659
Ensemble !1271
19108
UDC2619
26
RN5910826
Les duels entre NUPES, Ensemble !, UDC (Union de la droite et du centre, LR-UDI) et RN au second tour des élections législatives

Clivages territoriaux

La géographie de ces duels fait apparaître deux clivages territoriaux assez nets.

Le premier, et le plus visible, oppose les territoires de fort vote RN à ceux plus hostiles au parti nationaliste. Ce clivage agit sur la prévalence relative des second tours RN-Ensemble ! ou NUPES-Ensemble !, qui concernent ensemble plus de 65 % des circonscriptions. Ainsi, les duels NUPES-Ensemble !, les plus nombreux, sont concentrés dans la région parisienne, l’ouest, le sud-ouest, et le sud-est du pays, zones de faible vote RN. À l’inverse, dans la France du nord-est, la façade méditerranéenne et une partie de l’ancien Poitou-Charentes, les second tours opposent plus fréquemment RN et majorité présidentielle.

Le second clivage oppose les régions de fort vote de gauche à celles où ce vote est moins important. Les duels NUPES-RN sont localisés dans certaines de ces régions : Nord, Picardie, Languedoc. Là où la gauche est forte et le RN peu implanté – et notamment dans une partie du sud du pays hors littoral méditerranéen – les duels de la NUPES avec la majorité présidentielle sont majoritaires. Enfin, dans les régions de faible vote de gauche (nord-est), le RN est le plus souvent opposé à la droite ou à Ensemble ! au second tour.

La combinaison d’une gauche forte et d’un RN faible est peu courante dans le nord de la France, hors région parisienne ; elle l’est bien davantage dans le sud, à l’exception du littoral méditerranéen. Ainsi s’explique le schéma qui voit la droite et le centre (LR-UDI) être principalement opposée à la NUPES ou à Ensemble ! au sud et à l’ouest, et au RN au nord et à l’est.

12 circonscriptions à suivre

Pour mieux vous y retrouver dans la jungle des 572 élections qui viennent, nous vous proposons 12 circonscriptions à suivre au soir du second tour.

2e circonscription de la Seine-Saint-Denis : le meilleur score de la NUPES

Seul Alexis Corbière, élu au premier tour, avait fait mieux au niveau national : Stéphane Peu, investi par le PCF pour la NUPES et député depuis 2017, a obtenu 62,85 % dans la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis (Pierrefitte-sur-Seine et Saint-Denis). La participation très faible (32,79 %) donnera cependant lieu à second tour, où il affrontera Anaïs Brood (Ensemble !, 9,05 %).

11e circonscription du Pas-de-Calais : le meilleur score du RN

Marine Le Pen (RN) a remporté 53,96 % des voix dans son bastion de l’ancien bassin minier du Pas-de-Calais, autour d’Hénin-Beaumont. La faible participation (42,6 %) l’a cependant privée d’une élection au premier tour. Elle affrontera donc au second Marine Tondelier (NUPES, 23,43 %).

10e circonscription des Hauts-de-Seine : le meilleur score d’Ensemble !

Dans cette circonscription tenue par le centre-droit depuis 1988, le ministre des Comptes publics Gabriel Attal obtient avec 48,06 % le deuxième meilleur national de son parti après celui de Yannick Favennec, réélu au premier tour en Mayenne. Il est en balottage favorable face à Cécile Soubelet (NUPES, 30,75 %).

4e circonscription de la Moselle : le meilleur score de l’Union de la droite et du centre

Fabien di Filippo (LR) a obtenu 45,98 % dans cette circonscription conservatrice. Il affrontera au second tour Michel Rambour (RN, 21,22 %).

2e circonscription du Lot : la triangulaire la plus serrée

Entre Thierry Grossemy (NUPES), Huguette Tiegna (Ensemble !, sortante) et Christophe Proença (divers gauche), l’écart n’est que de 117 voix : le candidat NUPES a obtenu 23,73 % des suffrages, la candidate Ensemble ! 23,70 %, et le candidat divers gauche 23,16 %. Sur les six autres triangulaires, trois ont également lieu dans le sud-ouest (dans le Tarn, le Lot-et-Garonne et la Dordogne), alors que deux ont lieu dans les Hauts-de-Seine et une dans la Nièvre.

1ère circonscription du Lot-et-Garonne : unique exemple de « cordon sanitaire »

Qualifiée en troisième position pour le second tour avec 26,21 %, Maryse Combres (NUPES) s’est retirée de la course, appelant à « faire barrage » au candidat RN Sébastien Delbosq (27,87 %) qui fait face à Michel Lauzzana (Ensemble !, 29,64 %) au second tour. Il s’agit de la seule triangulaire ayant donné lieu à un désistement visant à mettre en difficulté une candidature du parti nationaliste.

8e cironscription des Français résidant hors de France : la participation la plus faible

Dans cette circonscription regroupant les citoyens français vivant à Chypre, en Grèce, en Israël, au Vatican, en Italie, à Malte, en Turquie, au Saint-Marin et dans les territoires palestiniens, la participation n’a été que de 12,23 % au premier tour. Le sortant Meyer Habib (UDI) y a remporté 28,85 % des voix. Il affrontera Deborah Abisror-De Lieme (Ensemble !, 27,78 %) au second tour.

1ère circonscription de Wallis-et-Futuna : la participation la plus élevée

Avec 78,22 % des votants s’étant rendus aux urnes, c’est dans le petit archipel du Pacifique (10 000 votants environ) que la participation a été la plus forte. Deux candidats étiquetés « divers centre » – Mikaele Seo et Etuato Mulukiha’amea – se feront face au second tour. Ils se réclament tous les deux de la majorité présidentielle.

1ère circonscription de Seine-et-Marne : les résultats les plus proches de la moyenne nationale

La sortante Aude Luquet (MoDem, 27,24 %) est en ballotage défavorable face à Arnaud Saint-Martin (NUPES, 27,68 %) au second tour. Le candidat RN François Paradol avait obtenu 19,03 % des voix au premier tour, et le candidat LR Denis Jullemier 11,45 %. Les résultats des quatre blocs sont, dans cette circonscription, les plus proches de la moyenne nationale, et le duel de second tour est également le plus fréquent au niveau national (Ensemble !-NUPES). Les résultats de cette circonscription seront par conséquent un indicateur intéressant des tendances générales au soir du second tour.

6e de l’Essonne, 3e de Paris, 7e de Paris : Trois ministres en danger

Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique, Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes, et Stanislas Guerini, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, sont tous trois en ballotage défavorable face à des candidats NUPES dans leurs circonscriptions de région parisienne. Selon l’usage, une défaite au second tour pourrait leur coûter leur place au gouvernement.

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