Hervé Juvin, l’artisan de la nouvelle doctrine du rassemblement national

Comment le parti de Marine Le Pen s'est-il approprié la question de l'écologie ? Nous commentons trois textes d'Hervé Juvin, l'artisan de ce changement de doctrine majeur au sein du Rassemblement national. Un signal faible qui permet de mieux comprendre les populismes à l'échelle européenne, de Vienne à Paris.

Le Pen-Juvin

En septembre 2019, alors qu’elle prononçait le discours de clôture de l’Université d’été du Rassemblement national à Fréjus, Marine Le Pen évoquait «  la logique du ‘localisme’, cette révolution de la proximité qui est la pierre angulaire de notre projet, cette révolution qui nous conduit à initier ce que Hervé Juvin appelle la civilisation écologique  ».

«  Caution écolo  »1 ou «  caution intellectuelle du Rassemblement national  »2, «  tête pensante de Marine Le Pen  »3, Hervé Juvin est largement considéré comme l’artisan de l’essor actuel, au sein du Rassemblement national (RN), d’un nouveau courant de pensée structuré autour d’un localisme écologiste et d’une revanche des territoires délaissés. Rien ne prédestinait pourtant cet essayiste, ancien chroniqueur au Monde, proche de Raymond Barre et de Marcel Gauchet, à figurer un jour sur la liste présentée par le Rassemblement national aux élections européennes. En quelques années pourtant, cet ancien conseiller de Corinne Lepage s’est affirmé comme l’une des figures de l’écologie identitaire qui collabore également à la revue Éléments, l’un des organes historiques de la mouvance connue comme la Nouvelle Droite. Ce mouvement, apparu à la fin des années 1960, autour de la figure du philosophe Alain de Benoist, prône un nationalisme européen souvent associé (quoique ses partisans s’en défendent) à une forme de fascisme rénové passant par le différencialisme ethnique et civilisationnel. La question écologique a été intégrée depuis longtemps à sa doctrine, la défense de l’environnement étant intégrée à une lutte plus générale contre un libéralisme destructeur des particularismes culturels et biologiques. En somme, cela fait quelques années qu’Hervé Juvin fait partie de ces intellectuels qui gravitent dans la nébuleuse idéologique complexe de l’extrême droite en France. Mais qui est au juste ce promoteur de l’écologie identitaire dont les idées informent désormais le programme du RN, et quels sont les fondements de ce qu’il est déjà convenu d’appeler le juvinisme  ?

C’est en mai 2016, à l’occasion d’un colloque intitulé «  Changer le modèle économique imposé par l’Union européenne », qu’Hervé Juvin fait la connaissance de Marine Le Pen4. Son ouvrage France, le moment politique, «  manifeste écologique et social  » publié aux éditions du Rocher en avril 2018, fera par la suite forte impression sur la présidente du Rassemblement national5, à tel point qu’elle déclarera vouloir en faire «  la base de [son] futur programme  ». C’est chose faite dès l’année suivante, lorsque le Rassemblement national publie, dans le cadre des élections européennes, un manifeste de 75 pages, tout entier empreint des convictions d’Hervé Juvin, lui-même élu député européen le 26 mai sur la liste RN. C’est à l’influence des convictions d’Hervé Juvin que l’on peut attribuer l’élimination, dans le programme du RN, de toute mention d’un retrait français de l’Union européenne ou d’un abandon de la monnaie unique. Une monnaie qu’Hervé Juvin connaît bien, pour avoir consacré quatre ans à l’organisation de «  rencontres entre politiques européens et dirigeants du secteur privé qui préparent l’arrivée de la monnaie unique  »6. Et si celui qui crut un temps «  à la souveraineté européenne  » considère toujours qu’il est «  irresponsable  » d’appeler à un Frexit, il ne laisse pas de critiquer les politiques menées par l’Union européenne et la gouvernance de ses institutions. L’Union promeut selon lui l’uniformisation des cultures, affaiblissant par la même occasion la vraie Europe  : l’Europe des nations. 

Autre pilier de la doctrine juviniste, le «  localisme  »  ; l’essayiste et, avec lui, Marine Le Pen dans une série de discours récents, capitalisent ainsi avec brio sur la popularité des thèses du géographe Christophe Guilluy, qui postulent une opposition entre France métropolitaine et périphérique (cf. infra). L’usage de cette rhétorique, largement invoquée pour expliquer l’émergence du mouvement des gilets jaunes, permet au RN d’asseoir encore son emprise sur les sympathisants de ce dernier, qui se superposent en grande partie à son électorat traditionnel. 

Mais c’est à un autre volet de la pensée d’Hervé Juvin que le Rassemblement national entend désormais recourir pour élargir son assise  : celui de l’écologie. «  L’écologie, science des systèmes vivants complexes, devrait être la science de référence de tout projet politique  », déclare ainsi sur France Culture celui qui fut le conseiller spécial de Corinne Lepage lors de sa pré-candidature aux présidentielles de 20077. Bien que l’écologie ait été l’objet d’une des premières brochures du Front National en 1978, Problèmes énergétiques et solutions écologiques, — ce que Jean-Marie Le Pen rappelle opportunément dans le deuxième tome de ses Mémoires l’adoption par le Rassemblement national des idées d’Hervé Juvin consacre un revirement historique pour un parti dont l’ancien dirigeant, lequel, jamais été à une contradiction près, avait ensuite régulièrement qualifié l’écologie de «  passe-temps pour bobo  »8.

Pour le RN, le juvinisme représente une opportunité remarquable, en ce qu’il permet de relier fermeture des frontières et préservation des écosystèmes naturels, nationalisme politique et économique et redynamisation du «  local  ». Le résultat  : un corpus idéologique en apparence cohérent, qui relègue opportunément au second plan les idées les plus controversées du RN au profit d’une accentuation de la préoccupation environnementale et d’un appel consensuel à la préservation de la vitalité des territoires français. Avec le programme écologiste et localiste d’Hervé Juvin, le RN s’offre peut-être les clés d’un triomphe électoral dans une France combinant sympathisants des gilets jaunes et déçus du quinquennat d’Emmanuel Macron. Aussi Hervé Juvin confiait-il en octobre 2019 au New York Times9 que la réorientation en cours vers la thématique environnementale, propre à accroître l’attractivité du parti, procédait «  de considérations politiques  ». Quoi de mieux, pour mener à bien la «  dédiabolisation  », qu’un peu de peinture verte  ?

«  L’Union européenne est la pire ennemie de l’Europe  »  (discours du 1er mai 2019 à Metz10)

Ce matin, sous les vitraux de l’admirable Cathédrale Saint-Étienne, je pensais à cet ordre européen qui a été celui du Moyen-âge de la chrétienté, qui donnait à chacune et à chacun une vision de son monde, une place dans le monde, et qui proposait une forme d’ordre qui a tenu pendant des siècles. 

Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que l’Union européenne, aujourd’hui, ne propose pas de place assurée à chacun. L’Union européenne, aujourd’hui, met gravement en insécurité l’Europe et les nations. L’Union européenne, aujourd’hui, est la pire ennemie de l’Europe.

On retrouve ici une dichotomie classique des partis néonationalistes européens. L’Union européenne serait la «  pire ennemie  » de l’Europe. Cela permet d’activer plusieurs ressorts rhétoriques. D’abord, l’opposition entre une Europe légale technocratique et bruxelloise et une Europe réelle des peuples (décalque de l’opposition entre pays légal et pays réel ou pays «  national  » que Charles Maurras popularisa). Cela permet également de dénoncer l’Union comme un cheval de Troie du libéralisme et des intérêts américains. Quoi qu’il en soit, en opposant Europe et Union européenne, les leaders néonationalistes essayent de ménager deux segments de l’électorat  : d’un côté, les électeurs sensibles aux discours eurosceptiques  ; de l’autre, ceux qui adhèrent à leur programme sans vouloir une sortie de l’Union ou de l’euro. Invoquer l’Europe menacée par l’Union revient dès lors à promettre une alternative européenne, néonationaliste.

J’ai deux choses à vous dire  : ne laissez personne affirmer que l’Union européenne a assuré la paix à l’Europe. Après la défaite de l’Allemagne nazie, qui pensez-vous en Europe qui aurait pu provoquer un conflit  ? La paix en Europe a été le fait de la Guerre froide. La paix en Europe a ensuite été le cadeau inouï de la protection militaire américaine et de l’engagement sans réserve des États-Unis à assurer la sécurité de l’Europe. Ça n’est pas l’Union européenne qui a apporté la paix en Europe  ; il faut le dire et il faut dénoncer ce mensonge qui nous est servi à toutes les sauces.

Il y a une seconde chose qu’il ne faut pas laisser dire  : que l’Union a apporté la prospérité. L’Union a été une concurrence fiscale déloyale qui coûte à la France quelques dizaines de milliards d’euros de recettes en moins, quand on tolère qu’en Europe, des pays proposent une fiscalité à zéro aux entreprises et pillent nos ressources fiscales et territoriales. 

L’Europe, ça n’est pas la sécurité quand des traités de libre-échange sont conclus qui permettent que se retrouvent dans nos assiettes, dans nos maisons, des produits qu’aucun industriel, aucun agriculteur français ou européen n’aurait eu le droit de produire sur notre sol. Ce n’est pas le juste échange  ; c’est le pillage de nos PME, c’est le pillage de nos territoires par un libre échange ravageur et dévastateur. 

Ne laissez personne dire que l’Union européenne a apporté la paix en Europe  ; ne laissez personne dire que l’Union européenne a apporté la prospérité. Nous ne savons même plus défendre notre marché intérieur. Nous sommes devenus l’idiot utile de la mondialisation et l’Europe est devenue la salle des pas perdus de toutes les multinationales dans le monde. 

La réalité, c’est que l’Union européenne ne protège de rien. L’Union européenne nous plonge dans un sommeil stratégique et le réveil sera terrible.

Je voudrais vous donner trois exemples de ce sommeil stratégique dans lequel nous plonge l’Union européenne.

Le premier, il est tout récent  : vous avez vu que Donald Trump a mis en doute la volonté des États-Unis d’intervenir pour assurer la sécurité de n’importe quel pays dans l’Union européenne. C’était une occasion merveilleuse pour l’Union européenne de reprendre l’initiative stratégique, de renouer le dialogue transatlantique, de renouer les relations et le dialogue stratégique avec la Russie. Que voulons-nous faire  ? Que voulons-nous défendre  ? Qui sont nos vrais alliés  ? Cette opportunité exceptionnelle, cette fenêtre de tir, l’Union européenne l’a laissée passer.

Hervé Juvin s’inscrit ici dans la lignée de la russophilie historique du Rassemblement national. «  Seul parti français à s’être publiquement félicité du rattachement de la Crimée à la Russie  », rappelle Le Monde11, le RN écrivait de la réélection de Vladimir Poutine en 2018 que «  ce large succès électoral confirme la stabilité et l’ancrage démocratique de la Russie […] Il faut cesser de voir la Russie comme un adversaire  »12. «  La construction de la Russie comme ennemi est suicidaire  » confirmait Hervé Juvin dans Le Figaro13. C’est donc sans surprise que le Manifeste publié par le RN pour les élections européennes, qui mentionne à six reprise la Russie, appelle de ses vœux « un rapprochement  » avec cette dernière, «  élément critique de la sécurité et de la stabilité de l’Europe  »14.

Deuxième sujet considérable  : les routes de la soie, sans doute le projet géopolitique le plus important depuis des dizaines d’années, ce projet qui fait que des dizaines de trains, chaque semaine, vont et viennent du plus profond de la Chine jusqu’en Allemagne, Italie et en Grande-Bretagne. Le Portugal, la Grèce, l’Italie et, la semaine dernière, la Suisse ont conclu des partenariats, deviennent des acteurs de ce projet immense qu’est la route de la soie.

Ce n’est pas la première fois qu’Hervé Juvin évoque le projet des Nouvelles routes de la soie, projet pharaonique de liaisons ferroviaires et maritimes entre la Chine et le continent européen. Deux mois plus tôt, l’essayiste écrivait ainsi du projet qu’il était «  de loin le plus grand projet d’infrastructure jamais engagé  », et portait en lui «  une unité du continent eurasiatique qui n’existait jusqu’alors que dans les fantasmes de conquérants européens  »15. Là aussi, Hervé Juvin déplore ce qu’il considère comme une faiblesse française  : «  que veut la France ? Qu’attend-elle des nouvelles Routes de la soie, comment va-t-elle jouer sa partie, projeter les entreprises françaises, ou les retenir au contraire ? A-t-elle choisi de se soumettre à l’ordre américain, et se ranger dans une bipolarité de fait ? Peut-elle considérer que l’Allemagne est seule capable de conduire un pôle européen continental au niveau de puissance qui en ferait une troisième force, entre États-Unis et Chine ? »16

Monsieur Emmanuel Macron a insulté les pays qui participent à ce partenariat majeur. L’Union européenne est aux abonnés absents. Ni doctrine, ni stratégie, ni accord. Où est l’Union européenne  ? Où est l’Union européenne qui protège et qui projette  ? Nulle part. 

Le troisième sujet, tout aussi important, tout aussi décisif, c’est celui de l’ordre politique. Chacun voit bien que, derrière l’idée avancée imprudemment par le Président Emmanuel Macron de bouclier social européen, il y a la baisse du revenu minimum en France, la baisse des retraites, l’alignement sur les régimes les plus sévères en Europe, et quelque part il y a la mise en cause de toutes les conquêtes sociales que nous fêtons, à juste titre, ce 1er mai. L’Union européenne met en cause notre protection sociale, notre sécurité, et quelque part, je ne peux que dire aux Italiens présents dans cette salle, aux Français si nombreux dans cette salle et à tous nos voisins européens  : nous avons bien raison de défendre nos systèmes nationaux parce que c’est le fruit de nos préférences collectives, c’est le fruit de notre longue mémoire, et, plus que tout, c’est le fruit de la frontière qui protège dans l’espace, de l’identité que l’on transmet dans le temps. Pour construire une Europe qui protège, pour construire une Europe qui assure la protection des Européens, nous avons un mot  : c’est la nation, qui protège, et c’est l’alliance européenne des nations, qui nous rendra la sécurité pour laquelle tant de nous se sont battus, tant de nous ont souffert, et dont nous sommes les héritiers. 

Et nous avons un projet pour cette Europe. Nous avons un projet ambitieux, un projet de sécurité, un projet stratégique. Le premier élément de ce projet, il est absolument vital  : est-ce que l’Union européenne va faire de l’Europe une colonie que vont se partager les deux ensembles, les deux empires qui se partagent le monde, la Chine et les États-Unis  ? Parce que je ne l’accepte pas. Je veux que l’alliance des nations européennes remplace l’Union européenne et je veux que l’Europe et les nations européennes prennent la place qui leur revient, la troisième place dans un monde multipolaire.

Cela veut dire changer la gouvernance de l’euro, parce qu’une clé d’un troisième pôle mondial européen, c’est une monnaie durable, c’est une monnaie soutenable, c’est une monnaie qui apporte la sécurité et la prospérité de l’épargne, et l’euro ne pourra pas continuer à accentuer la divergence entre l’Europe du nord et l’Europe du sud. Nous voulons reconstruire la gouvernance de l’euro pour faire de l’Europe un troisième pôle mondial.

Hervé Juvin est favorable au maintien de la France dans la zone euro  ; Marine Le Pen se rallie à sa position en 2019, au moment des élections européennes. «  Disposer d’une monnaie de réserve internationale, d’une monnaie de paiement de matières premières et d’énergie et disposer d’un système de paiements internationaux totalement imperméable à nos grands amis américains, à nos amis chinois et à d’autres  », explique ainsi Hervé Juvin sur France Culture, «  veut dire conserver l’euro  »17. Une position qu’il justifie de la façon suivante  : «  je suis réaliste et […] constate que l’euro est considéré comme une garantie pour ces millions de Françaises et Français pour qui leur assurance-vie, leur patrimoine, leur épargne, c’est l’assurance de jours sinon meilleurs, du moins assurés, parce qu’ils savent bien qu’ils sont confrontés à l’érosion de leurs retraites. À tort ou à raison, ces Françaises et ces Français font confiance à la gestion européenne de la monnaie  »18. Mais Hervé Juvin se montre fortement critique à l’égard de la gouvernance de l’euro et dénonce le fait que la Banque centrale européenne ait pour seul objectif la stabilité monétaire et n’intègre pas, contrairement à la Fed ou la Banque d’Angleterre, des «  éléments de croissance, des éléments d’emploi  »19.

La troisième question qui va se poser, et que personne ne veut voir, permettez-moi de vous le dire, c’est le plus grand échec du Président Emmanuel Macron, imaginez qu’il a signé un traité d’Aix qui, à bien des égards, est une reddition aux demandes allemandes. Est-ce qu’on va apporter à l’Allemagne dans la paix ce qu’on ne lui a pas apporté dans la guerre  ? Quand le Président Emmanuel Macron écrit une lettre aux Européens, ça n’est même pas la Chancelière Angela Merkel qui lui répond, elle lui fait répondre par la nouvelle chef de son parti, la délicieuse Annegret. C’est une marque du mépris de l’Allemagne pour ceux qui sont moins forts qu’elle, et cela veut dire que nous avons devant nous de nouveau la question allemande. 

Entre 1945 (ou 1949) et 1989, la «  question allemande  » a désigné le débat sur la potentielle réunification de l’Allemagne. Richard von Weizsäcker, président allemand de 1984 à 1994, avait pu dire à ce sujet  : «  La question allemande restera ouverte tant que la porte de Brandebourg restera fermée  ». Par ce terme, on désigne les craintes d’une partie des dirigeants politiques et des élites intellectuelles de voir se constituer au centre de l’Europe une nation allemande par trop hégémonique et menaçante pour ses voisins.  Cette crainte s’exprime depuis l’achèvement de l’unité allemande, et après la Première Guerre mondiale elle se renforce dans les milieux nationalistes20.

Si la crainte d’une hégémonie militaire de l’Allemagne n’est plus exactement à l’ordre du jour, Hervé Juvin sait jouer de ce terme pour rappeler les craintes d’une partie de l’opinion en France quant à la supériorité économique et technologique allemande21, la fameuse «  Europe allemande  ». Sans référence explicite à Bainville, les références ultérieures à la Pologne et à l’Italie reviennent sans cesse à une posture diplomatique traditionnelle de la France  : contenir l’Allemagne par tous les jeux d’alliance possible.

Nos amis britanniques, italiens, américains s’en rendent bien compte  : l’Union européenne, aujourd’hui, ne sait pas quelle place elle va donner à l’Allemagne et c’est un sujet géopolitique majeur qui requiert notre alliance avec l’Italie, avec la Pologne, avec tous les pays qui n’acceptent pas de se voir glisser sur la pente dangereuse d’une Union européenne qui construise une Europe allemande. Nous le refusons et nous prendrons les initiatives d’alliance européenne qui nous permettront de construire l’Europe de toutes les nations.

Le dernier point, et la dernière des initiatives européennes que l’alliance des nations doit prendre, c’est de confirmer une exception européenne. Vous savez que la France a gagné, au bout de combien de combats, nous avons conquis une sécularité, nous avons conquis l’exception culturelle française qui fait que notre production cinématographique, notre production télévisuelle continue d’exister et n’a pas été laminée par la machine de guerre américaine. Nous exigerons d’avoir la même exception dans le domaine agro-alimentaire. Nous exigerons d’avoir la même exception dans le domaine du numérique. Pourquoi nous laisser piller nos données privées  ? Pourquoi nous laisser piller nos systèmes de paiement par les GAFAM américains ou, demain, par les géants chinois  ?

Cet appel à la souveraineté numérique française préfigure également le manifeste publié par le Rassemblement national à l’occasion des élections européennes, qui précise que l’Alliance des nations européennes, qui doit se substituer à l’Union européenne, devra faire de l’exception culturelle «  un principe général applicable aux domaines les plus variés, chaque fois que l’exception culturelle et civilisationnelle de l’Europe est en jeu. Elle travaillera alors à notamment étendre le principe de l’exception culturelle à tous les services numériques pour assurer la singularité des Nations, la liberté des opinions et la vie de la civilisation européenne, qui n’est rien sans recherche de la vérité contre tous les conformismes  »22.

Et nous demanderons une exception culturelle agro-alimentaire, numérique et biotechnologique. J’étais ce matin ému en pensant à ce grand écologiste local qu’était Jean-Marie Pelt. Un square à Metz porte son nom. Nous devons comprendre que l’urgence écologique appelle l’exception écologique européenne.

La propriété du vivant, le maintien de notre biodiversité, ça aussi c’est un combat pour les nations européennes, ça aussi c’est un combat pour toutes celles et ceux qui savent qu’ils ont reçu cette terre, belle, riche, bienveillante, ces merveilleux paysages européens, de ceux qui se sont battus pour eux, et qui veulent les transmettre plus beaux, plus riches et plus vivants à leurs enfants et à leurs petits-enfants. Ça, c’est l’Europe que nous voulons  ; ça, c’est le combat que nous allons mener et c’est une Europe qui ne se fera pas sans se séparer de ce qui est d’elle  : oui, l’Europe a une identité, oui, l’Europe doit fixer ses frontières extérieures. Sans cela, notre débat avec un islam conquérant et sûr de lui est un combat perdu d’avance. Ce sont les nations qui vont refaire la sécurité de l’Europe. Ce sont les nations qui doivent reprendre le contrôle de leurs frontières. Ce sont les nations qui doivent défendre leurs singularités, cette merveilleuse diversité européenne qui est la meilleure garante de notre place dans le monde et de notre richesse de demain. Oui, nous voulons construire une autre Europe. Oui, nous devons mettre fin à une Union européenne qui met gravement en danger la sécurité des nations, nos identités et nos territoires. Oui, nous devons construire l’Europe de l’alliance de toutes les nations libres, fières et qui savent ce qu’elles se doivent. Oui, nous devons reconstruire l’Europe pour que la France vive, pour que l’Europe vive  ».

Discours d’Hervé Juvin à Saint-Ébremond-de-Bonfossé, 9 février 201923

Ce que j’ai à vous dire est très simple et tient en quelques mots. Nous pouvons gagner pour la France et pour l’Europe et nous devons gagner parce qu’il y va de nos vies, il y va de notre avenir. Il y va des vies et des avenirs de nos enfants, de nos petits-enfants. Il y va de la France après nous. Nous pouvons gagner et nous devons gagner.

Nous pouvons gagner et nous devons gagner, tout simplement parce que l’élection au Parlement européen du mois de mai prochain, c’est un enjeu pour la France, c’est un enjeu pour chacun de nous et pour chacun de vous. 

Est-ce que vous le savez  ? Plus des deux tiers des textes, des lois, des normes, des règlements qui s’appliquent à nous aujourd’hui en France, qui s’appliquent dans nos entreprises, dans nos fermes, dans nos exploitations, dans nos domiciles, sont d’origine européenne  ? Est-ce que vous savez que, chaque jour, l’Union européenne, par l’inflation permanente de ses directives, de ses arrêts, de ses traités, entre plus profondément dans notre vie quotidienne et dans tous les détails de ce qui fait notre quotidien  ? Voilà pourquoi l’enjeu du mois de mai est fondamental  : nous pouvons reprendre le pouvoir, nous devons reprendre le pouvoir. La colère de ceux qui l’expriment, y compris peut-être de ceux qui font beaucoup de bruit dans la rue, est certainement légitime, mais, en démocratie, elle a une seule expression  : c’est le vote. En mai, votez  ; il y va de notre avenir à tous. En mai, votez parce qu’une autre politique est possible. Si je me suis décidé, après des années d’une vie d’essayiste, d’écrivain, de conférencier, à vous rejoindre et à rejoindre la liste présentée par le Rassemblement national, c’est parce que nous vivons un moment politique où tout est possible.

La politique, c’est ça  : c’est rendre un avenir meilleur possible, et la politique, c’est qu’il y a toujours une alternative. 

L’Union européenne et Emmanuel Macron n’ont qu’une seule idée en tête  : nous imposer la solution qui, pour eux, est la solution unique. C’est la solution du libre marché, c’est la solution du nomadisme obligé pour tous, c’est la solution d’une France et d’une Europe sans frontières, et c’est finalement la dissolution de nos identités, de notre patrie dans un tout mondialisé.

Ce n’est pas la voie de l’avenir, c’est la voie du passé. Le logiciel qu’ils ont en tête date des années 1990. Ce qu’Emmanuel Macron et son gouvernement nous vendent tous les jours, ce sont les illusions de la fin de l’Histoire. Ce sont les illusions d’un monde où tout irait vers l’uniformité. Ce sont les illusions d’un monde où nous serions tous les mêmes, que nous soyons du Mali, du Tonkin ou de Madagascar, de Roubaix, de Brest ou d’Avranches. 

Ça n’est pas ce qui se passe dans le monde. Partout dans le monde, j’assiste à une véritable insurrection des identités. Partout dans le monde, ce qui compte c’est le local, c’est le territorial.

Le localisme, s’il est central au juvinisme, n’en est pas le produit  : dès les années 1960, l’extrême-droite entrevoit ainsi dans le localisme un argument puissant. Le Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE) d’Alain de Benoist promeut déjà un localisme écologiste et identitaire, en opposition à la mondialisation. Cité par le Monde, l’historien Stéphane François note de ce courant que «  pour eux, les véritables écologistes sont ceux qui prennent en compte l’immigration comme un facteur déterminant de déséquilibre culturel et-ou ethnique  »24. C’est précisément ce que fait Hervé Juvin lorsqu’il évoque sur BFMTV, parmi les «  espèces invasives  » qui menacent les systèmes vivants, «  ‘la finance mondialisée’, ‘un certain nombre d’ONG’… et ‘les migrations de masse’  », rapporte encore Le Monde25. On retrouve également dans ces formules la biologisation du discours politique, caractéristique des droites radicales européennes, qui associe les adversaires politiques désignés à des parasites ou des nuisibles. D’un côté, on trouverait un corps originellement intègre. De l’autre, un agent corrupteur extérieur et menaçant.

L’idéologie et les belles histoires, elles sont européennes. La réalité que nous vivons, elle est nationale et elle est locale. 

Il faut tourner la page de tous ces mensonges et de toutes ces illusions qui nous ont fait tant de mal. Le libre-échange, Jordan [Bardella, NDLR] vous l’a rappelé, le libre-échange, le monde des start-ups et le monde de l’ultralibéralisme, c’est une poignée de milliardaires qui ont réduit tous leurs voisins au chômage et qui ont détruit leurs territoires autour d’eux. Nous n’en voulons plus. 

Le nomadisme obligé, c’est la concentration du défunt ISF sur les seuls propriétaires de biens fonciers ou immobiliers. C’est la haine manifestée par l’ensemble des dispositions fiscales de taxation qui vont s’alourdir sur les successions et sur la propriété foncière et immobilière. 

Il faut que chacun de nous, que chacun de vous devienne un nomade comme les autres. Nous vivons l’âge de la grande expulsion. Le rêve de ceux qui veulent faire de nous des nomades soumis au marché mondial, c’est tout simplement de nous expulser de nos terres, de nos foyers, de nos territoires et de nous expulser de tout ce qui fait la confiance, de tout ce qui fait notre engagement dans la durée et de tout ce qui fait la transmission entre les générations. 

Non, je ne suis pas un nomade comme les autres  ; je suis de cette terre et des miens, je suis un indigène de France et même de Bretagne, et je ne veux pas mourir parqué dans une réserve.

De la part d’une figure fraichement ralliée au Rassemblement national, cette référence précise à la Bretagne, comme marqueur précis de «  l’indigénisme  » français, est loin d’être anodine. De fait, cette région, quoiqu’historiquement très peu frontiste, occupe une place particulière dans la rhétorique spécifiquement lepéniste. Jean-Marie Le Pen a souvent mis en avant ses origines bretonnes, parfois rattachées à des racines celtiques ou gauloises, comme dans le premier tome de ses Mémoires, Fils de la nation. Marine Le Pen, bien qu’elle ait souvent cherché à se distinguer de son père, avait joué sur les paysages bretons, marques d’ancrage territorial, dans l’un de ses spots de campagne aux présidentielles de 2017.

C’est ce combat-là qu’il faut mener et c’est ce combat-là qui est en jeu au mois de mai prochain. Si nous devons gagner, c’est parce que nous sommes porteurs d’un projet. Oui, une alternative est possible. C’est d’abord une alternative territoriale. Vous constatez comme moi que, depuis 20 ans, la France a quitté quatre ou cinq siècles entamés par les rois, depuis Louis XI et ses successeurs, d’aménagement territorial. Nous sommes dans du désaménagement territorial. C’est le désinvestissement dans nos infrastructures, c’est l’absence de soutien à nos PME et à notre tissu productif local et régional. C’est l’absence de préférence pour les producteurs locaux, pour les producteurs territorialisés. C’est la destruction de nos appellations territoriales d’origine, au profit de marques commerciales mondialisées, et c’est l’abandon des concentrations industrielles qui, l’un après l’autre, détruit les plus beaux fleurons de l’industrie française. 

Ce modèle-là, ce n’est pas le modèle de l’avenir. Le modèle de l’avenir, c’est le modèle du réinvestissement territorial. C’est le modèle qui fait que les collectivités territoriales et la commande publique vont en priorité à des entreprises françaises qui embauchent français, qui paient des salaires en France et qui paient leurs charges et leurs impôts en France. 

Le nouveau modèle qui vient, c’est le modèle qui va conforter la propriété du sol, du foncier, de l’immobilier français, au citoyen français. Et ce n’est pas un modèle qui tend tout doucement à dissocier la propriété du foncier de l’exploitation, de sorte que le territoire français devienne la propriété et l’objet du jeu des fonds d’investissement, des fonds de pension internationaux, ou des banques de marché. Ce n’est pas le modèle que nous voulons, le modèle de la propriété ancrée sur son territoire et en charge de transmettre, plus beau, plus riche, plus vivant, le territoire qu’il a reçu de ses parents. Voilà le modèle que nous voulons promouvoir et c’est un modèle de responsabilité territoriale.

L’attention particulière que porte le Rassemblement national aux propriétaires immobiliers s’explique par l’importante place qu’occupent historiquement ces derniers au sein de son électorat. En 1990 déjà, Nonna Meyer et Pascal Perrineau notaient à propos des électeurs lepénistes de la présidentielle de 1988  : «  ils sont plus souvent propriétaires de leur logement, de leur entreprise ou d’un patrimoine de rapport que la moyenne  »26. Le Manifeste du RN pour les élections européennes met ainsi l’accent sur «  la transmission familiale des droits de propriété du sol et des ressources comme voie royale de la société écologique  »27.

Le modèle que nous voulons proposer, c’est un modèle à rebours de la société de marché où tout s’achète et tout se vend. Non, les hommes ne sont pas une marchandise, et je n’accepte pas les calculs économiques qui disent ‘finalement, c’est rentable de faire venir un million de migrants, parce qu’ils vont remplacer les enfants que nous ne savons plus avoir et parce qu’ils coûtent moins cher qu’un travailleur français ou qu’un travailleur allemand’.

Où est la dignité et où est le respect de la personne que ceux qui crient dans la rue prétendent défendre  ? Le respect de la personne, ce n’est certainement pas le trafic des êtres humains et la vente des corps humains. 

Le modèle que nous proposons, c’est un modèle de propriété et d’association du plus grand nombre possible de Français aux entreprises françaises. Il faut relancer la participation. Il faut relancer l’actionnariat populaire, que Pierre Bérégovoy avait très bien compris comme étant la clé de l’alliance entre les entreprises françaises, les entrepreneurs français et la population française. Il faut relancer partout le mode d’association qui correspond au contrôle des biens publics et de l’espace public français. 

Quelle aberration que les autoroutes françaises ne soient pas la propriété de tous les Français par des mécanismes coopératifs ou de sociétariat  ! Si demain il faut ouvrir le capital de la Poste, si demain il faut ouvrir le capital de la SNCF, c’est tous les Français et toutes les Françaises qui doivent être appelés à en devenir associés copropriétaires par des mécanismes issus de la mutualité et du monde de la coopération, qui donnent à la fois la responsabilité, le souci de transmettre, et qui font de chacun de vous, de chaque sociétaire, un usufruitier d’un outil de travail qu’il va s’efforcer de transmettre, plus beau, plus riche et plus puissant, aux générations après lui.

Hervé Juvin se montre très attaché au modèle coopératif et mutualiste français, qu’il a qualifié ailleurs de «  pépite  »28. Sur ce thème encore, le champ lexical du territoire est convoqué à maintes reprises et le modèle du RN présenté comme promouvant une responsabilité sociétale accrue de la part des entreprises  : «  nous proposerons que l’Alliance défende un modèle entrepreneurial dans lequel l’entreprise est territoriale, proche, et prendra ses responsabilités nationales et sociales pour concourir à l’indépendance, à l’autonomie, à la puissance européenne. L’épargnant et l’investisseur voudront savoir où va leur argent, dans quels projets ils s’investissent, et en quoi ces projets auront des effets sociaux, environnementaux, sécuritaires, bénéfiques aussi bien qu’en rendement financier. Le temps du triple dividende, financier, social, territorial, est devant nous  !  »29

Voilà le modèle de la solidarité territoriale, et voilà le modèle de la solidarité entre générations que nous voulons promouvoir. 

Nouveau modèle économique, je l’ai dit. C’est aussi, et combien de manière plus importante, le fait de changer cette aberration qui est que tous, aujourd’hui, nous payons le coût de la proximité. C’est beaucoup plus cher d’aller acheter dans une boutique, dans son village ou en centre-ville que d’aller sur le parking du supermarché. C’est beaucoup plus cher de continuer d’habiter le rural profond, d’être obligé de prendre la voiture tous les jours, de subir le racket automobile que nous subissons sur les routes, avec des entretiens obligatoires, que d’aller s’entasser dans les banlieues et dans les grands ensembles, aux portes des villes mondialisées qui n’ont plus aucun lien avec le territoire national. D’ailleurs, Madame HIDALGO l’a dit, Paris est bien plus proche de Lyon que de Carpentras, d’Avranches ou de Granville. 

Nous ne voulons pas de cet abandon du territoire, nous ne voulons pas de ce modèle économique qui finit par faire de chacun de nous des étrangers sur son propre sol. Nous voulons nous réapproprier les mécanismes économiques et donc nous voulons abaisser le coût de la proximité. Le plus simple, ça doit être et ça doit redevenir d’aller faire ses courses chez les commerçants de chez soi, de son village. Le plus simple, ça doit être de pouvoir habiter où l’on a ses racines, où l’on a sa famille, où l’on a ses engagements de vie. C’est la clé d’une revitalisation de nos territoires ruraux.

Le modèle localiste qu’entend mettre en œuvre le Rassemblement national et que présente ici Hervé Juvin s’appuie sur une opposition entre métropoles «  vampires  » (pour reprendre les termes utilisés par Marine Le Pen lors d’un discours prononcé à la Mutualité en janvier 2020) et territoires périphériques et ruraux délaissés. Ce modèle se fait ainsi l’écho des thèses du géographe Christophe Guilluy, qui évoque des métropoles «  vitrines de la mondialisation heureuse  », illustrant «  la société ouverte, déterritorialisée  » et le modèle «  libéral-mondialisé  », et s’opposant à une «  France périphérique, invisible et oubliée  »30, formée de villes petites et moyennes et de zones rurales et périphériques. Cette grille d’analyse, abondamment convoquée pour décrypter l’essor du mouvement des gilets jaunes, est aujourd’hui décrié pour son incapacité à tenir compte des différences sociologiques, économiques et politiques indéniables entre territoires de cette «  France périphérique  » et au sein même des métropoles. Ce qui n’empêche pas Marine Le Pen de faire de cette opposition le fondement de son programme, en appelant à la «  démétropolisation  ». En 2017, Christophe Guilluy déclarait dans la Revue des deux mondes que «  le second tour de l’élection présidentielle, entre Emmanuel Macron et Marine le Pen, correspond à une forme chimiquement pure de cette fracture entre la France périphérique et la France des grandes agglomérations, qui efface le clivage gauche-droite  »31. Hervé Juvin s’appuie sur ce discours pour se faire le défenseur des habitants de cette France périphérique, en déplorant la raréfaction des équipements commerciaux de la vie quotidienne dans leurs zones de résidence. Cet appel à réinvestir l’échelle locale permet au Rassemblement national d’invoquer tout à la fois l’argument écologiste et la notion d’enracinement, qui lui est chère.

Et le nouveau modèle économique, c’est que, dans tous les domaines, la préférence locale, territoriale et régionale doit devenir la clé de la commande publique. Elle doit devenir la clé de l’attribution des financements bancaires, pour que l’épargne soit majoritairement investie là où elle est collectée et que nos banques régionales n’aillent plus perdre les milliards collectés auprès des ménages français dans les subprimes américains ou sur des fonds chinois ou asiatiques. Nous devons aussi relocaliser notre épargne, pour que notre épargne fasse les activités d’aujourd’hui et les emplois de demain ou d’après-demain. 

Vous voyez, le modèle que nous proposons, c’est un modèle qui très largement met en jeu tout ce que l’Union européenne a construit et tout ce qu’elle nous impose. Parce qu’il faut être très clair  : le tour de force de l’Union européenne, c’est qu’alors que la sagesse dit que l’union fait la force, l’Union fait la faiblesse. L’Union européenne affaiblit les nations sans rien mettre en échange. L’Union européenne déconstruit nos territoires sans rien construire à la place. L’Union européenne a détruit notre tissu productif avec des traités de libre-échange aberrants, sans nous permettre de développer les nouvelles activités, les nouvelles industries, les nouvelles économies qui pourraient revitaliser nos territoires, nous faire progresser vers le plein emploi et vers un salaire ou un revenu convenable pour tous pour vivre et travailler au pays. 

Ce modèle de l’Union européenne, il est fini. Partout autour de nous, d’Italie en Autriche, de Hongrie en Suède ailleurs, partout, ce modèle est récusé. Nous sommes porteurs du nouveau modèle, pas celui qui ramène les illusions des années 1990, nous sommes porteurs du nouveau modèle économique, du modèle territorial et du modèle national des années 2020 et 2030. 

C’est pourquoi, je vous le redis, en mai 2019, notre avenir à tous se joue, l’avenir de vos enfants et de vos petits-enfants se joue, parce que c’est au niveau de l’Union européenne que beaucoup de notre vie, de nos lois, de nos règlements se joue. À la colère qui se manifeste, à l’énervement que certaines et certains manifestent, aux troubles politiques beaucoup plus profonds qui fait que partout en France on appelle à une autre politique, une politique de la vie, une politique du mieux-vivre, une politique du progrès qui ne vaut que s’il est partagé par tous, je réponds simplement  : votez. Il y va de notre avenir à tous. Il y va de l’Europe que nous voulons, une nouvelle Europe. Il y va de la France que nous aimons. Votons pour que la France vive  ».

« Green deal », réalités et illusions écologiques (16 décembre 2019)32

Mini session plénière à Bruxelles la semaine dernière. Le débat et l’adoption d’un « New Green Deal » marquent l’entrée en action de la nouvelle présidente de la Commission, Mme Van der Leyen, et le vrai début de la législature. Et le fait que le dérèglement climatique et l’objectif d’une économie européenne décarbonée à l’horizon de 2050 prennent la première place dans l’agenda de la Commission n’est pas le fait du hasard.

C’est pour moi l’occasion d’expliquer notre position et de poser les grands principes de notre action en matière d’écologie, que nous aurons maintes occasions de développer ensuite.

Le moment pour un green deal ?

Je tiens d’abord à souligner l’importance du moment que nous vivons. Depuis des années, je considère que l’écologie, science des systèmes vivants complexes, doit devenir la science de référence du politique et de l’économie. 

Symboliquement du moins, nous y sommes. Jusqu’où ce symbole va-t-il déterminer la réalité ? Le discours de la Présidente mêle habilement affichage écologique, bonne volonté sociale et souci de renouer avec la croissance. Bon courage pour concilier l’inconciliable. Nous attendrons de voir, mais nous serons attentifs.

Si le groupe Identité et Démocratie est d’accord sur un sujet, c’est bien sur notre défiance commune à l’égard des grandes machines mondialistes et de ces déclarations si pleines de bonnes intentions qu’elles sont sans portée réelle. Nous constatons l’incapacité des pays qui participent à la COP de Madrid de se mettre d’accord.

Hervé Juvin fait ici référence à l’échec de la 25ème conférence des Nations unies sur le climat (COP 25) organisée à Madrid en décembre 2019, qui conduira Antonio Guterres, secrétaire général de l’Organisation des nations unies, à considérer que «  la communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d’une ambition plus grande  »33. Ce revers permet à Hervé Juvin de désavouer une nouvelle fois la méthodologie de la COP : «  je suis […] en désaccord avec certains écologistes sur la manière de faire : je ne crois pas beaucoup aux grandes messes mondiales  »34, déclare-t-il sur France Culture, exprimant une opinion largement partagée par les partis d’extrême-droite.

C’est pourquoi je crois nécessaire de le rappeler  : le changement climatique n’est ni le seul, ni le plus important des enjeux écologiques auxquels nous faisons face. L’empoisonnement des eaux, des sols et des airs ; la course au moins disant des traités de libre-échange ; les effets de la surconcentration des entreprises industrielles et de service, de plus en plus en situation de capture réglementaire vis-à-vis des États et des institutions ; l’extinction de la diversité des sociétés humaines, plus encore que celle des espèces animales et végétales, menace plus que la beauté du monde, notre survie elle-même.La planète peut satisfaire les besoins de 15 milliards d’Hindous végétariens qui vivent dans la frugalité une existence transitoire. Elle ne pourrait satisfaire les désirs sans limites de 2 milliards de Californiens pour qui la vie est un raid où chacun doit prendre tout ce qu’il peut. L’uniformisation des modes de vie sur un modèle énergétivore — quel drame que la climatisation généralisée ! – est directement à l’origine des urgences environnementales. Et tout ce qui consiste à unifier, à rapprocher et à conformer est une insulte à l’environnement.

L’intérêt du juvinisme réside certainement, pour le Rassemblement national, dans sa capacité à connecter écologie et nationalisme en établissant un lien direct entre diversité animale et végétale d’une part et diversité culturelle des sociétés humaines de l’autre. Dans un entretien accordé au Figaro, Hervé Juvin prédit ainsi un «  moment politique  » dans lequel «  l’arrangement entre la nature, l’identité et la société va prendre le pas sur l’abandon au droit, au marché et à la croissance  ». Nature, identité et société forment ainsi un triptyque dont le salut et l’intégrité ne peuvent être garantis que par la souveraineté nationale et «  l’intelligence de la séparation  ». «  Associer écologie et ouverture des frontières, quand tout être vivant dépend de sa capacité à réguler ses échanges avec son milieu, à capter ce qui le nourrit et à rejeter ce qui lui nuit, il fallait oser  !  », déclare encore Hervé Juvin. La rhétorique est habile, qui permet de fondre, dans la notion de terre, les dimensions identitaire et écologiste et à Juvin de déclarer coup sur coup que «  nous n’en avons pas fini avec la terre qui est sous nos pieds !  » et que «  c’est la frontière qui pacifie la diversité et qui permet cette fantastique expression du génie humain qu’est la diversité des cultures et des civilisations  !  »

Voilà ce qui nous conduit à dénoncer l’escroquerie globaliste qui se cache derrière les campagnes d’alerte sur le climat. L’écologie est affaire de local, de singularités, et de choix collectifs. La supercherie consiste à affirmer que le dérèglement climatique ne s’arrêtant pas aux frontières, les solutions sont globales, et ne peuvent venir que d’organisations mondiales qui ne connaissent pas les frontières ni la souveraineté des États, pas plus d’ailleurs que la démocratie !

C’est tout le contraire. Seuls, des États en pleine possession de leurs territoires peuvent contrôler, gérer, limiter les activités des entreprises ou de leur population. Seules, des Nations garantes des frontières et de l’identité de leurs peuples peuvent préserver leur culture, leur civilisation, et la différence de leur mode de vie. Et seules, des familles qui transmettent la responsabilité des territoires pour les transmettre plus beaux, plus riches et plus vivants à leurs enfants et petits-enfants peuvent faire face aux questions écologiques. J’ajoute que nulle part, la solution au changement climatique et à l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère ne peut se concevoir sans tenir compte de la géographie, de la faune et de la flore, des modes de vie et des choix collectifs locaux. Quel symbole de l’impuissance des grandes machines mondialistes que l’échec de l’accord de Paris (2015) malgré les communiqués retentissants, dont les objectifs ne seront pas tenus, et dont la plupart des participants ne tiennent même pas la direction souhaitée !

Une exigence écologique qui ne doit pas être punitive

Je tiens à exprimer notre attention sur quelques points clés.

Trop souvent, l’exigence écologique est détournée au profit des multinationales et des acteurs dominants, tout simplement par la complexité des règles et des normes. Nous serons attentifs à ce que les PME qui font la vie sur nos territoires ne soient pas étouffées par un surcroît de règles, de contrôles et de normes qui favoriseraient les seules grandes entreprises.

Nous serons plus attentifs encore sur la fameuse « taxonomie » qui entend définir ce qui est vert et ce qui ne l’est pas. Trop d’exemples d’escroqueries, de capture réglementaire et d’opérations d’influence se sont déroulés sous prétexte écologique pour que nous soyons naïfs. Nous voyons déjà le monde financier se frotter les mains à l’idée des centaines de milliards que l’Union s’engage à dépenser pour des objectifs aussi incertains que lointains — les commissions des intermédiaires financiers elles seront bien réelles, comme les revenus des ONG et des agences qui leur décerneront leur certificat de bonne conduite écolo !

Nous voyons l’éolien terrestre et maritime, qui saccage les plus beaux paysages de France à un coût démesuré, pour moins d’une semaine de consommation d’électricité ! Nous voyons le cas du moteur électrique, désastreux si ses batteries sont chargées à partir de centrales à charbon ou à gaz ; celui des biocarburants, au rendement énergétique catastrophique, et pour lequel on dévaste des forêts et stérilise des terres ; et nous suivons plus encore du combat contre le nucléaire, si bien alimenté par ceux qui veulent en finir avec l’indépendance de la France et savent que le nucléaire militaire n’existe pas sans le nucléaire civil ! L’abandon du sujet à des Fondations et des ONG financées depuis l’étranger devrait rendre plus prudente la Commission européenne, plus défiant le Parlement qui jonglent avec les milliards des citoyens de nos Nations.

Enfin, nous refuserons toute disposition qui, sous couvert de bonne conscience verte, porterait atteinte aux coutumes, aux traditions, aux pratiques artisanales et au mode de faire agricole ou gastronomique de la France. C’est la diversité de nos régions, de nos campagnes, qui est en jeu, et c’est ce trésor européen que le rouleau compresseur de la conformité et de l’uniformisation menace d’écraser. Nous ne laisserons pas faire.

Une écologie humaineL’écologie politique que nous proposons est d’abord une écologie humaine, qui place au premier plan le respect des peuples et de leur diversité, diversité des mœurs, des croyances et des traditions, des régimes politiques, diversité des systèmes économiques, juridiques et sociaux.


L’écologie intégrale que propose Hervé Juvin trouve sa justification dans la défense d’une diversité culturelle qui masque mal l’ambition ethno-différentialiste de préserver une Europe «  enracinée  » (cf. paragraphe suivant) contre la menace d’une technocratie européenne qui ferait converger le libéralisme économique, dont le but serait de détruire la diversité culturelle européenne pour mieux soumettre les Européens au marché, et de la social-démocratie, qui promouvrait à moyen terme la disparition des populations « indigène » au profit des populations immigrées. Cette rhétorique qui personnalise lourdement les courants idéologiques oppose ainsi l’Europe des peuples et celle des technocrates. Elle trouve un écho chez de nombreux leader néo-nationalistes. 

Les écologistes authentiques sont ces Européens enracinés dans une région, une ville, un village, qui sont de quelque part, et qui veulent demeurer chez eux. Plus encore que la diversité animale et végétale, la diversité qu’ils représentent est notre meilleur garant ; nous survivrons parce que les hommes n’aspirent pas tous au même modèle de consommation, parce que tous les hommes ne sont pas des Américains comme les autres !

C’est une écologie locale, qui fait revivre ces accords forgés par l’histoire entre une population et un climat, une terre, des ressources fournies par la nature — cette culture qui se traduisait par des modes d’exploitation, d’habitat, de transport, d’alimentation, partout adaptés à l’environnement, avant que la concentration industrielle et la pression des multinationales n’en finissent avec le local, n’imposent la concentration des populations dans les métropoles, et réalisent cette sortie de la nature dont la climatisation est le meilleur exemple !

Plus encore, c’est une écologie choisie, l’inverse de l’écologie punitive, qui fait peser sur les populations rurales, territoriales, tout le poids des exigences non soutenables de métropoles hors sol.

Parce que nos concitoyens sont de plus en nombreux à vouloir une alimentation saine, des chants d’oiseaux dans les jardins et des abeilles autour des fleurs, parce qu’ils sentent que le contact direct avec la nature, des arbres, un lac, une grande marée, procure des joies qu’aucun écran ne peut donner, notre écologie politique rendra désirable ce qui est nécessaire, et qui peut être vital.

Voilà pourquoi la science de l’écologie est la référence de nos choix politiques et économiques.

Cette science enseigne d’abord que la diversité collective est un bien supérieur ; supérieur au développement, supérieur aux Droits individuels, supérieur à la démocratie libérale, parce qu’il est le trésor de l’humanité, un trésor que l’uniformisation détruit.

Elle enseigne ensuite que tout écosystème durable doit sa stabilité à sa séparation d’avec les autres écosystèmes, ce que réalisent la frontière dans l’espace, l’identité dans le temps.

Elle enseigne enfin que nous n’en avons pas fini avec la terre qui est sous nos pieds. Nous ne sommes pas des hommes hors sol, en orbite dans le virtuel, pas plus que des êtres artificiels, et c’est le lien avec la nature, un climat, une terre, qui nous libère et qui donne tout son sens à notre liberté politique.

Sources
  1. Charles Sapin, Hervé Juvin, la caution écolo de Marine Le Pen, Le Figaro, 14 janvier 2019, URL  : https://www.lefigaro.fr/politique/2019/01/13/01002-20190113ARTFIG00147-herve-juvin-la-caution-ecolo-de-marine-le-pen.php
  2. Guillaume de Calignon, Européennes : Hervé Juvin, la « caution » intellectuelle du Rassemblement national, Les Échos, 19 février 2019, URL  : https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/europeennes-herve-juvin-la-caution-intellectuelle-du-rassemblement-national-992352
  3. Marie Guichoux, Hervé Juvin, la tête pensante de Marine Le Pen, Le Figaro, 29 janvier 2019, URL  : https://www.nouvelobs.com/politique/20190129.OBS9277/herve-juvin-la-tete-pensante-de-marine-le-pen.html
  4. Grégory Marin, Extrême droite. L’Europe de le Pen et Bardella, L’Humanité, 16 avril 2019, URL  : https://www.humanite.fr/extreme-droite-leurope-de-le-pen-et-bardella-des-echanges-pas-de-melange-670976
  5. Guillaume de Calignon, Européennes : Hervé Juvin, la « caution » intellectuelle du Rassemblement national, Les Échos, 19 février 2019, URL  : https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/europeennes-herve-juvin-la-caution-intellectuelle-du-rassemblement-national-992352
  6. Ibid.
  7. L’écologie peut-elle être nationale ? La Grande Table Idées par Olivia Gesbert, France Culture, 13 mai 2019, URL  : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/lecologie-peut-elle-etre-nationale
  8. Ibid.
  9. Norimitsu Onishi, France’s Far Right Wants to Be an Environmental Party, Too, New York Times, 17 octobre 2019, URL : https://www.nytimes.com/2019/10/17/world/europe/france-far-right-environment.html
  10. 1er mai 2019 à Metz  : discours d’Hervé Juvin, Rassemblement national, 3 mai 2019, URL : https://rassemblementnational.fr/videos/1er-mai-2019-a-metz-discours-dherve-juvin/
  11. Laurar Motet, Visites, financement  : le Front national et la Russie, une idylle qui dure, 18 novembre 2016, URL  : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/11/18/le-front-national-et-la-russie-une-idylle-qui-dure_5033857_4355770.html
  12. Réélection de Vladimir Poutine, Communiqué de presse du Front National, Rassemblement national, 19 mars 2018, URL  : https://rassemblementnational.fr/communiques/reelection-de-vladimir-poutine/
  13. Eugénie Bastié, Hervé Juvin : « Le totalitarisme de l’individu est la plus grande menace qui pèse sur notre condition humaine », Le Figaro, 22 mai 2018, URL  : https://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/05/18/31002-20180518ARTFIG00280-herve-juvin-le-totalitarisme-de-l-individu-est-la-plus-grande-menace-qui-pese-sur-notre-condition-humaine.php
  14. Pour une Europe des Nations – Manifeste pour une nouvelle coopération en Europe «  L’Alliance Européenne des Nations  », Rassemblement national, URL  : https://rassemblementnational.fr/telecharger/publications/Manifeste.pdf
  15. Hervé Juvin, Les nouvelles Routes de la soie : nouveau camouflet pour Macron  ?, 29 mars 2019, URL  : https://hervejuvin.com/nouvelles-routes-soie/
  16. Ibid.
  17.  L’écologie peut-elle être nationale ? La Grande Table Idées par Olivia Gesbert, France Culture, 13 mai 2019, URL  : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/lecologie-peut-elle-etre-nationale
  18. Ibid.
  19. Ibid.
  20. Dans Les conséquences politiques de la paix (1920), qui assit la réputation intellectuelle de Jacques Bainville bien au-delà des milieux d’Action française, celui-ci pouvait écrire  : «  Notre politique reste dominée, notre voie reste tracée par la question allemande. Si l’on excepte la Belgique, la question allemande ne se pose pour personne comme elle se pose pour nous. En 1871, la création de l’Empire allemand n’avait inquiété ni même choqué aucune des puissances européennes. L’Angleterre, par une tragique erreur, y avait vu un gage d’équilibre continental et des raisons de se réjouir. Comment veut-on qu’elle s’alarme, aujourd’hui que l’Allemagne est vaincue et que toutes les précautions ont été prises pour qu’elle ne puisse, de longtemps, redevenir une rivale sur mer ? Nous n’aurons comme alliés que les peuples qui sentiront comme nous le besoin de se protéger contre un réveil possible de l’Empire allemand et qui se sentiront assez forts pour s’exposer à un conflit avec lui. Ce n’est pas tout. Nous aurons à nous assurer contre une coalition germano-russe, éventuelle sans doute, mais qu’il sera plus prudent de considérer comme probable. Accroissement de difficultés pour trouver des partenaires qui consentent à courir ce double risque. L’exemple du mois d’août 1920 nous montre que la Pologne, attaquée par la Russie, avec une Allemagne hostile dans le dos, n’a trouvé aucun concours parmi ses voisins. Nous avons dû venir à son aide : c’est le type de l’alliance qu’il faut tenir à bras tendu. Il en serait exactement de même si la Pologne était un jour attaquée par les Allemands, la Russie étant prête à profiter de son désastre et à la poignarder par derrière. »
  21. Lucien Calvié, La question allemande. Histoire et actualité, Éditions du Cygne, coll. « Frontières », 2016, 145 p.
  22. Pour une Europe des Nations – Manifeste pour une nouvelle coopération en Europe «  L’Alliance Européenne des Nations  », Rassemblement national, URL  : https://rassemblementnational.fr/telecharger/publications/Manifeste.pdf
  23. Discours d’Hervé Juvin à Saint-Ébremond-de-Bonfossé, Rassemblement national, 11 février 2019, URL  : https://rassemblementnational.fr/videos/discours-dherve-juvin-a-saint-ebremond-de-bonfosse/
  24. Nabil Wakim et Lucie Soullier, Derrière le virage écologique de Marine Le Pen, l’obsession de l’immigration, Le Monde, 15 avril 2019, URL  : https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/04/15/derriere-le-virage-ecologique-de-marine-le-pen-l-obsession-de-l-immigration_5450173_823448.html
  25. Ibid.
  26. Nonna Mayer, Pascal Perrineau, Pourquoi votent-ils pour le Front national  ?, in  : Pouvoirs, 55, 1990. URL : https://spire.sciencespo.fr/hdl :/2441/f0uohitsgqh8dhk97j28iec2g/resources/1990-mayer-perrineau-vote-fn.pdf
  27. Pour une Europe des Nations – Manifeste pour une nouvelle coopération en Europe «  L’Alliance Européenne des Nations  », Rassemblement national, URL  : https://rassemblementnational.fr/telecharger/publications/Manifeste.pdf
  28. L’écologie peut-elle être nationale ? La Grande Table Idées par Olivia Gesbert, France Culture, 13 mai 2019, URL  : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/lecologie-peut-elle-etre-nationale
  29. Ibid.
  30. Christophe Guilluy, La France périphérique – Comment on a sacrifié les classes populaires, éditions Flammarion, collection Champs actuel, 2 septembre 2015, 192 pages, ISBN 9782081347519
  31. Laurent Ottavi, Christophe Guilluy : « La France périphérique peine à se rassembler », La Revue des deux mondes, 25 juillet 2017, URL : https://www.revuedesdeuxmondes.fr/christophe-guilluy-france-peripherique-peine-a-se-rassembler/
  32. Hervé Juvin, «  Green deal  », réalités et illusions écologiques, Site officiel d’Hervé Juvin, 16 décembre 2019, URL  : https://hervejuvin.com/green-deal-ecologie-humaine/
  33. Audrey Garric, La COP25 s’achève sur des avancées quasi insignifiantes dans la lutte contre le changement climatique, Le Monde, 15 décembre 2019, URL : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/12/15/climat-la-cop25-s-acheve-par-un-accord-depourvu-d-avancees-globales-significatives_6022942_3244.html
  34. L’écologie peut-elle être nationale ? La Grande Table Idées par Olivia Gesbert, France Culture, 13 mai 2019, URL  : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/lecologie-peut-elle-etre-nationale
Le Grand Continent logo