Any Given Sunday

Aux États-Unis, les lycéens jouent au football américain le vendredi, les universitaires le samedi, et les professionnels le dimanche. Les deux premiers championnats bénéficient d’une audience et d’une médiatisation inimaginable en France. Le championnat lycéen a une audience comparable à la Ligue 2 et le championnat universitaire et ses stades à parfois plus de 90 000 places a déjà une audience supérieure à la Ligue 1. Seule la Premier league anglaise a des résultats comparables. La NFL, le niveau professionnel, a quant à elle des audiences supérieures à la Ligue des champions. Lors d’un épisode des années 90 de la série américaine Notre belle famille, Frank (Patrick Duffy, l’éternel Bobby Ewing de Dallas), est réticent à se rendre à l’église malgré sa foi car la Messe termine à 13h30 et que la NFL démarre à 13h. La magie du magnétoscope lui permettra de concilier les deux. Le ton est donné : le dimanche est le jour du seigneur et du football.

Le dimanche est le jour du seigneur et du football.

XAVIER OLESSA-DARAGON

Les règles sont simples : l’équipe qui possède la balle a droit à quatre tentatives pour avancer de 10 yards sans quoi l’autre équipe récupère la balle. Dès qu’elle franchit 10 yards, elle gagne quatre nouvelles tentatives. Pour avancer, les joueurs peuvent soit courir avec le ballon, soit effectuer une passe en avant à un joueur qui peut ensuite avancer. Une tentative prend fin dès que le joueur avec la balle est au sol — c’est-à-dire dès qu’il a deux genoux en terre. Pour marquer un touchdown, il suffit de se trouver avec la balle dans la zone d’en-but. Nul besoin d’aplatir comme au rugby. Les différentes stratégies, combinaisons, tactiques, ajustements et feintes sont très complexes et en font l’un des sports les plus tactiques au monde et l’un des seuls où les joueurs sont obligés d’apprendre un épais cahier de tactiques évoluant en permanence, parfois rédigé spécialement pour un match précis, et d’être capables de faire des ajustements tactiques complexes en temps réel. Le quarterback, une position mythique qui transcende le jeu pour devenir une figure de l’imaginaire suburbain américain, est  chargé d’effectuer les passes en avant et de coordonner sur le terrain la tactique de son équipe.

Le football américain est probablement le sport le plus emblématique de l’Amérique. Actuellement au sommet des audiences de la télévision américaine. La saison culmine chaque année dans une apothéose, le Superbowl. En effet une fois par an le football américain sort de ses frontières et le monde entier se passionne pour un sport dont il ne connaît généralement pas les règles. Miroir de la société américaine, le football américain n’est pas qu’une histoire de sport, il s’y mêle régulièrement des questions politiques et reflète les grandes crises de la société américaine. À l’occasion du Superbowl, nous revenons sur cinq de ces rencontres entre la société américaine et son sport mythique.

Miroir de la société américaine, le football américain n’est pas qu’une histoire de sport, il s’y mêle régulièrement des questions politiques et reflète les grandes crises de la société américaine.

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Aux États-Unis, les entraîneurs de football américain des équipes de grandes universités sont souvent les personnels les mieux payés. Cette carte montre que, dans une majorité écrasante d’État, l’employé du secteur public au plus haut salaire est un entraîneur de football. © Giovanni Collot / Le Grand Continent

La théorie des Buffalo Bills ou pourquoi Donald Trump a décidé de devenir Président

En 2014, moins d’un an avant de lancer sa campagne présidentielle, Donald Trump lance toutes ses forces dans une opération de rachat de l’équipe des Buffalo Bills, dont le propriétaire, Ralph Wilson, venait de décéder. Face Trump se dressaient le propriétaire de l’équipe de Hockey sur glace professionnel de Buffalo, et un groupe mené par Jon Bon Jovi. Le processus impliquant le choix du futur acquéreur passe par l’approbation de l’ensemble des autres propriétaires d’équipes et, en octobre, Trump fut sèchement écarté. Les autres patrons de la NFL avait sans doute en tête le scandale de l’affaire Donald Sterling qui avait secoué la NBA en avril de la même année. Le propriétaire de l’équipe de NBA des Los Angeles Clippers avait été enregistré en train de tenir des propos  violemment racistes. La ligue éclaboussée par l’image désastreuse d’un homme blanc raciste « propriétaire » d’une équipe d’athlètes principalement noirs se trouve obligée de le pousser à vendre. Il est très probable que la NFL ait préféré se passer du potentiel de scandale et de crise permanente qui fait depuis toujours l’image de marque de Donald Trump. Trump lui-même dit, et on peut raisonnablement le croire, que s’il avait pu racheter les Buffalo Bills, il n’aurait eu ni le temps ni l’envie de se présenter aux élections présidentielles1. En effet les propriétaires d’équipes de NFL sont aux États-Unis des personnalités de premier plan, extrêmement influentes. Elles bénéficient de l’attention médiatique constante que recherche Donald Trump depuis le début de sa vie publique. Jerry Jones par exemple, propriétaire des Cowboys de Dallas, « America’s Team », est une figure à la personnalité très marquante, outrancière dans ses attitudes et ses déclarations. On pourrait inversement suggérer que, chauffé à blanc par cette nouvelle humiliation publique par l’establishment américain, Trump se soit trouvé motivé comme jamais pour lancer sa course à la maison blanche sept mois plus tard.

Les propriétaires d’équipes de NFL sont aux États-Unis des personnalités de premier plan, extrêmement influentes. Elles bénéficient de l’attention médiatique constante que recherche Donald Trump depuis le début de sa vie publique.

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Colin Kaepernick

Colin Kaepernick était un quarterback des San Francisco 49ers avec lesquels il a atteint le Superbowl XLVII en 20122. Ce sportif extraordinaire se démarquait par son style spectaculaire qui mêlait un jeu de passe puissant et long et une capacité à courir de manière aussi rapide qu’élusive. Il marque notamment les esprits lors d’un match de play-offs contre les Green Bay Packers d’Aron Rodgers, enfant chéri de l’Amérique, pendant lequel  il fait un match marqué par des actions explosives. Quelques années après, à l’été 2016, alors que son niveau sportif a baissé et qu’il n’est plus qu’un joueur marginal, Colin Kaepernick, marqué par les scandales à répétition d’afro-américains abattus par la police alors qu’ils étaient désarmés, décide de rester assis sur le banc pendant l’hymne national. Quand on lui demande pourquoi, il explique que c’est pour protester contre les injustices à l’encontre des minorités. Rapidement, il modifie son geste : il ne reste plus assis pendant l’hymne national , à la place, il met un genou à terre. Il sera suivi dans son geste par un certain nombre d’autres joueurs de football américain, dans un premier temps tous noirs, avant que des athlètes blancs ne s’y mettent à leur tour. Son geste provoque un débat passionné. Certains accusent Kaepernick de manquer de respect à l’Amérique. L’attitude de cet athlète noir, superstar et multimillionnaire vivant « mieux » que la plupart des blancs mais protestant contre le racisme serait une marque d’ingratitude à l’égard d’une société qui lui aurait tout donné. Une partie des observateurs s’interrogent alors sur la place du sport dans la société. N’est-ce qu’un pur divertissement ? Un exutoire imperméable aux crises ? Ou au contraire, les athlètes et les fans sont-ils une part intégrante de la société américaine ? L’Amérique se déchire, de manière parfois très violente et virulente sur ces questions.

D’un côté, ceux qui annoncent de manière dramatique qu’ils ne regarderont plus jamais de football américain tant ils sont ulcérés par un tel manque de respect envers l’Amérique. De l’autre, les soutiens de la liberté d’expression des athlètes, et les opposants aux violences racistes de la police. La NFL ne sait plus sur quel pied danser ni quoi faire pour ne s’aliéner aucun des deux camps et sauver ses audiences. Faut-il interdire le genou à terre ? Obliger les joueurs à se lever pendant l’hymne ? Le conseiller ? Les différentes équipes se lancent alors dans un véritable concours Lépine pour trouver le geste qui serait à l’équilibre entre ces deux Amériques. Les médias, et pas uniquement les médias sportifs, viennent en masse à toutes les conférences de presse pour suivre les débats. Les très populaires Pittsburgh Steelers restent dans le vestiaire pendant l’hymne, les Dallas Cowboys, emmenés un quarterback noir forment une chaîne avec leurs bras pendant l’hymne. Personne n’est satisfait. La confrontation entre les pro et les anti Kaepernick est  un match en dehors des terrains entre deux Amériques.

La confrontation entre les pro et les anti Kaepernick est un match en dehors des terrains entre deux Amériques.

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Bien vite, la question devient politique quand Donald Trump, faisant feu de tout bois, s’engage dans la polémique sans avoir à la créer. Il met de l’huile sur le feu en expliquant que si on l’avait laissé posséder une équipe, et qu’un joueur s’était permis de « manquer de respect à l’Amérique », il s’empresserait de s’écrier « virez-moi ce fils de p*** du terrain ». Cette affirmation reprend un élément de symbolique trumpienne développé lors de son passage dans l’émission de télé réalité The Apprentice, le fameux : « You’re fired ! ». Trump se fait non seulement le champion de l’Amérique blanche qui voit ces athlètes noir mettant le genou à terre comme une insulte. Et sa sortie lui permet de réunir autour de lui sa base électorale, blanche et inquiète de son propre déclassement.  Il rappelle aussi à cet électorat qu’il est leur égal, qu’il regarde les mêmes choses qu’eux à la télévision quand les élites républicaines et démocrates de Washington vont au musée ou à l’opéra. Colin Kaepernick, lui, ne verra pas son contrat renouvelé et ne rejouera plus jamais à l’issue de cette saison. Pour certains, il devint une icône à qui Nike offrira une publicité mettant en scène son image de martyr.  Alors que la liste des quarterbacks manifestement moins bons que lui s’allongent, même ses opposants les plus farouches doivent admettre qu’il n’est pas seulement éloigné des terrains pour des raisons sportives. Aucun propriétaire d’équipe ne veut prendre le risque de devenir l’épicentre d’une nouvelle guerre médiatique.

L’ambassadeur et et le super supporter

Woody Johnson, petit-fils du fondateur du géant de l’industrie pharmaceutique Johnson & Johnson, est surtout connu pour être le propriétaire de l’équipe de NFL des New York Jets3. Grand donateur républicain comme la plupart des propriétaires d’équipes de football américain, il finit par soutenir Trump lorsque celui-ci remporte la nomination républicaine, avant de devenir ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni en retour – cette ambassade, comme celle de Paris, étant considéré aux États-Unis comme un cadeau de prestige aux meilleurs donateurs. Au coeur des négociations entre les États-Unis et le Royaume-Uni sur un nouveau traité de libre échange il est régulièrement amené à s’exprimer sur le sujet, comme en juin 2019 lorsqu’il explique que, selon lui, la totalité de l’économie britannique devrait être sur la table lors des négociations sur le futur traité, y compris le système de santé, ou le 26 janvier 2020, lorsqu’il exhorte le Royaume-Uni à revoir ses standards alimentaire et a accepter le poulet américain lavé au chlore. Néanmoins, il est toujours propriétaire des Jets et est à ce titre très régulièrement amené à s’exprimer sur l’équipe depuis son ambassade. Il devient une incarnation vivante de la rencontre entre le football américain et la géopolitique. Johnson est heureux que les États-Unis ne possèdent pas d’autorité décomptant le temps de parole des politiques, car celle-ci aurait eu bien du mal à faire la part des choses dans ses interventions pendant la campagne des midterms de 2018 pour savoir s’il commentait les performances de son quarterback en tant que propriétaire des Jets ou s’il appelait à voter républicain. On a connu un cas similaire en Europe, lorsque Silvio Berlusconi utilisait son club du Milan AC comme argument politique, associant les succès nationaux et européens de son équipe à son image.

Johnson est heureux que les États-Unis ne possèdent pas d’autorité décomptant le temps de parole des politiques, car celle-ci aurait eu bien du mal à faire la part des choses dans ses interventions pendant la campagne des midterms de 2018 pour savoir s’il commentait les performances de son quarterback en tant que propriétaire des Jets ou s’il appelait à voter républicain.

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Chris Christie, alors gouverneur républicain du New Jersey et étoile montante en vue des élections de 2016, tenta quant à lui d’instrumentaliser son soutien non pas aux Jets ni à l’autre équipe de New York, les Giants, mais à l’une des équipes de sport les plus populaires des États-Uni : les Cowboys de Dallas. Il s’afficha dans la loge de leur propriétaire Jerry Jones, se vendant comme le « porte bonheur » du club au point que Jerry Jones le fit venir en jet privé depuis le New Jersey pour les matchs de playoffs des Cowboys. Les Cowboys perdirent prématurément et n’allèrent pas jusqu’au Superbowl. Chris Christie connut un destin similaire en s’effondrant rapidement dans la course à l’investiture républicaine avant de se rallier à Donald Trump.

Dans l’Amérique de #metoo, Ray Rice

Sur le plan sportif Ray Rice est un running back prolifique jouant pour les Ravens de Baltimore. Détenteur de nombreux records et plusieurs fois sélectionné comme « All Pro » (l’équipe des meilleurs joueurs de la saison à chaque position), il a notamment remporté le Superbowl XLVII de 2012 face aux San Francisco 49ers de Colin Kaepernick. Arrêté par la police après une altercation avec sa femme, il fut suspendu pour deux matchs. Deux matchs qui hantèrent rapidement non seulement la NFL mais aussi l’Amérique… Quelques jours après, le site d’information people TMZ diffusa une vidéo de la caméra de surveillance d’un ascenseur dans laquelle on voyait Ray Rice, athlète de 93 kilogrammes de muscles, assommer sa compagne d’un coup de poing puis, loin de s’en émouvoir, la relever et la porter hors de l’ascenseur comme si de rien n’était. Les deux matchs dont il avait écopé sonnent alors comme un reflet de l’impunité avec laquelle sont commis l’immense majorité des violences conjugales. La NFL essaya de rattraper l’affaire en le suspendant indéfiniment avant que son équipe des Ravens ne mette fin à son contrat. Rice répliqua en attaquant les deux entreprises en justice, arguant qu’il avait été puni deux fois pour le même crime, avant d’accepter un accord dont on peut supposer qu’il lui accordait presque tous les salaires non perçus qu’il réclamait.

Mais l’incident ne s’arrête pas là, et déclenche une véritable onde de choc. Rice épouse sa compagne six semaines après l’incident, poussant certains à la montrer du doigt et à la considérer comme responsable de sa situation. Mais surtout, les arrestations de joueurs de NFL pour violence domestique, qui sont assez communes, sont beaucoup plus médiatisées. La NFL est alors contrainte de changer ses règles et d’appliquer des suspensions plus importantes pour ne pas donner une impression de laxisme ou de  complaisance.

Notons que peu de gens soulignèrent la clémence de la justice à l’égard de Ray Rice. C’est bien la faible réaction de la NFL qui devint un symbole de l’impunité des crimes et violences sexistes. La NFL ne parvient pas réellement à endiguer cette image alors que la liste des joueurs arrêtés pour violence domestiques semble s’allonger en permanence.

Une histoire de la violence, OJ Simpson

S’il fallait trouver des équivalents français à l’affaire OJ Simpson, on pourrait avancer qu’elle a le sordide de l’affaire Gregory, la surface médiatique et politique et le côté clivant de l’affaire Dreyfus et le caractère sulfureux du scandale OM-Valenciennes. OJ Simpson était un running back prodigieux qui joua à la fin des années 1960 pour l’équipe universitaire de USC avant de mener une riche carrière professionnelle chez les Bills de Buffalo puis chez les 49ers de San Francisco. Il est le premier joueur à effectuer plus de 2 000 yards à la course et en 1973 il est élu « Most Valuable Player » de la NFL mais aussi athlète de l’année par l’Associated Press américaine.

Dans la culture populaire américaine, OJ Simpson est considéré par certains comme l’un des premiers noirs à devenir une figure « mainstream » largement accepté par la société blanche comme une vedette de télévision à part entière et pas comme un « athlète de couleur ».

XAVIER OLESSA-DARAGON

Dans la culture populaire américaine, OJ Simpson est considéré par certains comme l’un des premiers noirs à devenir une figure « mainstream » largement accepté par la société blanche comme une vedette de télévision à part entière et pas comme un « athlète de couleur ». Décrit en 1975 par People Magazine comme « le premier athlète noir à devenir une bona fide media super star »4, il convertit ses performances et sa notoriété en présence à l’écran et il en enchaîne les rôles, à la télévision en tant que commentateur bien sûr mais aussi dans quantité de publicités. Il apparaît dans des séries et a même un rôle proéminent dans la trilogie des Y a-t-il un flic ?

En 1994 pourtant, cette carrière triomphale s’arrête lorsque sa femme Nicole Brown Simpson et son amant Ron Goldman sont retrouvés morts poignardés dans la maison de Nicole à Brentwood, Los Angeles. OJ Simpson est rapidement soupçonné, mais il refuse de se rendre, et tente de s’enfuir dans une course poursuite filmée et diffusée en direct qui reste aujourd’hui encore l’une des séquences les plus célèbres de l’histoire de la télévision américaine.  Toutes les stations de télévision diffusent les images prises d’hélicoptères, allant jusqu’à interrompre leur diffusion de la finale NBA de 1994. 95 millions d’américains regardent la chute d’une idole du football américain.

D’un point de vue juridique, le procès OJ Simpson, véritable « procès du siècle » va mettre en lumière la justice à deux vitesses qui existe aux États-Unis en montrant la qualité de la défense que l’on peut s’offrir lorsqu’on en a les moyens.

Xavier Olessa-Daragon

Il est finalement  arrêté sain et sauf. Son procès marque l’histoire des procédures judiciaires aux États-Unis. D’un point de vue légal, le procès OJ Simpson, véritable « procès du siècle » va mettre en lumière la justice à deux vitesses qui existe aux États-Unis en montrant la qualité de la défense que l’on peut s’offrir lorsqu’on en a les moyens. OJ Simpson va pouvoir s’offrir les services de la Legal Dream Team composée de Johnnie Cochran, Robert Kardashian, Robert Shapiro, et F. Lee Bailey. Tous deviendront des avocats stars pouvant facturer des honoraires à 6 chiffres de l’heure. Mais il va aussi mettre à vif des lignes de division raciales profondes. Enfin, ce procès ouvre l’ère des procès criminels comme lieux de grand spectacle télévisuel. Certains moments spectaculaires marquèrent l’opinion. Par exemple, lorsque le ministère public fit essayer à OJ Simpson une paire de gants trouvés sur les lieux du crime et que ceux-ci s’avérèrent trop petits. Dans sa plaidoirie finale,  Johnnie Cochrane fit référence à ce tournant du procès en disant : « If it doesn’t fit, you must acquit ». Et il le fut.

Jouant à fond la carte raciale, les avocats d’OJ parviendront à convaincre le jury qu’il n’est qu’une victime de plus du racisme de la police de Los Angeles – les émeutes de 1992 provoquées par l’acquittement de policiers blancs filmés en train de tabasser au sol Rodney King sont alors encore dans tous les esprits. Son acquittement fut vécu par beaucoup comme le signe que l’on pouvait acheter son impunité, et fut vécu par  nombre de procureurs comme un avertissement avant de pousser la procédure jusqu’à aller au procès avec des personnes riches et célèbres.

Son acquittement fut aussi un véritable thermomètre des fractures raciales qui parsèment l’Amérique : une grande majorité de blancs pensent qu’il est coupable et une grande majorité de noirs affirmant le contraire. OJ Simpson eut de nombreux autres ennuis avec la justice et finit par être condamné à 33 ans de prisons en 2008 pour un braquage à mains armés à Las Vegas avant d’être libéré sur parole en 2017. C’est son premier procès pourtant qui avait remué les chairs de l’Amérique.

Sources
  1. https://www.seattletimes.com/nation-world/nation-politics/trump-no-white-house-run-if-hed-bought-the-buffalo-bills/
  2. Les San Francisco 49ers disputeront cette année le Superbowl LIV, leur premier depuis l’époque de Colin Kaepernick.
  3. Je me dois d’énoncer le conflit d’intérêt qui m’anime ici étant donné qu’il s’agit de l’équipe que je supporte à titre personnel
  4. https://people.com/archive/buffalo-turns-on-the-juice-and-o-j-simpson-tramples-the-pro-football-record-books-vol-4-no-15/