En Lettonie, les partis « traditionnels » animent le débat européen

Riga. Malgré la multiplicité des petites listes qui ont émergé pour les élections européennes en Lettonie avec des revendications diverses, les partis plutôt bien ancrés dans la vie politique lettonne et les noms bien connus sur la scène politique européenne ont animé la campagne européenne de cette année.

Les élections européennes en Lettonie se déroulent 7 mois après les élections législatives qui ont eu lieu le 6 octobre 2018. Les événements politiques qui ont suivi cette dernière consultation ont eu une certaine influence, surtout pour les nouveaux partis, émergés lors de l’élection parlementaire. Le parti populiste PVK-LV et le Nouveau parti conservateur, les deux formations actuellement au gouvernement, sont donnés en baisse dans les sondages pour les élections européennes.

Ce sont surtout les partis « traditionnels », disposant d’un électorat stable, qui sont les plus populaires : Harmonie (Saskaņa), qui remporte autour de 20 % à chaque élection parlementaire depuis le début des années 2010 et qui gouverne la capitale Riga ; et Nouvelle Unité (Vienotība) dont la liste est menée par les « poids lourds » de la politique européenne, Valdis Dombrovskis et Sandra Kalniete. Une formation relativement nouvelle, libérale et pro-européenne, Attīstībai/Par! (« Développement/Pour! »), compte sur sa liste des noms connus et respectés, comme la politiste Ivars Ijabs, ancienne directrice de Rail Baltica, Baiba Rubesa, ainsi que l’épouse de l’ex-président estonien, une fonctionnaire du ministère de la Défense letton, Ieva Ilves. La liste de l’Union des Russes de la Lettonie, menée par Tatjana Ždanoka, membre actuelle du Parlement européen, a aussi été bien visible.

L‘enjeu principal des élections européennes est la participation, qui a été traditionnellement peu élevée (30 % en 2014). Le vote anticipé, possible jusqu’à vendredi soir, a été plébiscité par 11 % des électeurs. Un signe que l’intérêt des citoyens pour des élections européennes est en hausse ?

Malte : Les élections européennes, une affaire personnelle ?

Valletta. Dans le plus petit des États-membres de l’Union européenne, le Premier ministre travailliste (de centre-gauche) Joseph Muscat s’est efforcé de transformer le scrutin européen du 25 mai en un concours de popularité l’opposant à Adrian Delia, chef de l’opposition et leader du Parti nationaliste (de centre-droit et historiquement pro-européen).

Affaibli et divisé sur la scène nationale, le Parti nationaliste a tenté de répliquer en attaquant le programme du Parti socialiste européen auquel appartient le Parti travailliste. Delia a en particulier accusé le PSE de vouloir remettre en cause l’interdiction complète de l’avortement toujours en vigueur à Malte et de promouvoir une harmonisation fiscale qui nuirait à la croissance économique de l’île.

A l’issue de cette campagne où les questions environnementales et sociales n’ont quasiment pas été abordées, le Parti travailliste dépasse de 15 % le Parti nationaliste dans les intentions de vote. Il devrait obtenir à lui seul 4 des 6 sièges réservés aux eurodéputés maltais. Toujours selon les sondages, les autres listes ne devraient recevoir qu’une part résiduelle des voix. La troisième liste n’y dépasse pas les 1,2 % : c’est celle de l’ultra-nationaliste et partisan de la Nouvelle Droite Norman Lowell (Imperium Europa).

Au-delà du succès annoncé des travaillistes à l’échelle nationale, ce sont les équilibres de force continentaux qui devraient déterminer la suite de la carrière politique de Jospeh Muscat. La presse maltaise et européenne rapporte en effet que le Premier ministre et ancien eurodéputé s’imaginerait volontiers Commissaire européen, voire Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

La route s’annonce cependant longue pour Muscat. Il occupe une place marginale au sein du PSE, formation à qui la victoire était loin d’être promise à la veille du scrutin (ce qui explique la surprise médiatique suscitée par les bons résultats engrangés  jeudi aux Pays-Bas par le parti de Frans Timmermans, chef de file des socialistes à l’échelle continentale). Le gouvernement de Joseph Muscat est en outre fréquemment critiqué par diverses institutions européennes. Le Conseil de l’Europe prépare ces jours-ci un rapport fustigeant la corruption et l’affaiblissement général de la démocratie à Malte.