De l’Empire Trump : sources intellectuelles d’une révolution culturelle

Coloniser Mars — avec des suprémacistes blancs. De l’avenir post-humain préparé par la Silicon Valley aux redneck conservateurs en passant par les nationalistes chrétiens ou les géants de la finance, Donald Trump a gagné en 2024 en construisant une nouvelle formule politique qui allie des éléments autrefois totalement hétérogènes.

Pour comprendre cet alliage qui définit une nouvelle phase, nous lançons une nouvelle série de publications : aux sources intellectuelles de la révolution culturelle trumpiste.

Changement de régime : le discours intégral de J.D. Vance à Munich

Europe

Gaza Inc. : l’influence cachée derrière le plan de Trump

Amériques
Long format

Pour gouverner les États-Unis et rester au pouvoir, Donald Trump a besoin de mettre en scène un rituel sacrificiel continu  : détruire l’Amérique et les Américains. Cette nouvelle politique n’a pas de stratégie. Elle ne cherche aucune fin. Elle absorbe toute forme d’opposition.

Ian Garner forge un concept pour saisir ce vertige  : la destruction spectaculaire.

Autour de la «  lutte pour les valeurs traditionnelles  », un grand arc mondial est en train de prendre forme de la Silicon Valley à Saint-Pétersbourg en passant par le palais présidentiel de Budapest et, désormais, Washington — celui des «  wokistes de droite  ».

Dans une perspective fouillée, Guillaume Lancereau retrace les origines d’une étrange convergence qui va des entrepreneurs de morale russes autour du patriarche Kirill aux protagonistes de l’accélération réactionnaire dans l’Amérique de Trump.

Restaurer l’empire — avec des geeks aux commandes. Inaugurer une nouvelle ère — celle des Lumières noires. Transformer l’État en startup et enfermer les individus jugés inutiles. Mélangeant Matrix et Aristote, le blogueur néo-réactionnaire Curtis Yarvin veut mettre fin à «  l’expérience démocratique ratée des deux derniers siècles  » et instaurer une nouvelle monarchie. Cela pourrait prêter à sourire mais l’auteur a l’oreille du premier cercle de Trump  : il faut le prendre au sérieux.

Nous le traduisons et le commentons.

Les hommes les plus riches des États-Unis ont un projet radical. Électrisés par des gains colossaux et par l’intensité des guerres culturelles, ils ont contribué à porter Donald Trump à la Maison Blanche et sont devenus aujourd’hui sa garde rapprochée.

Selon David Bell, professeur d’histoire à Princeton, derrière leur promotion du libertarianisme, de la conquête spatiale ou de «  l’antiwokisme  », ils ont un objectif fondamental  : renverser la démocratie américaine.

De Musk à Thiel en passant par Sacks, Yarvin ou Andreesen, les hommes du président pourraient vouloir franchir le Rubicon.