Politique

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Souvent présenté comme un modèle de résistance à Trump, le Mexique dirigé par l’héritière politique d’AMLO Claudia Sheinbaum est en train de connaître un tournant inquiétant.

Pour la politologue mexicaine Denise Dresser, le vote du 1er juin pour élire les magistrats du pays met fin à trois décennies d’État de droit  : le parti au pouvoir contrôle désormais les tribunaux mexicains.

Au prétexte de vouloir renforcer la démocratie par la «  volonté du peuple  », il remet le pays sur la pente d’un régime autoritaire.

Écouté par Bernie Sanders et AOC, le sociologue et théoricien radical est en train de construire une stratégie pour enrayer la contre-révolution de Donald Trump.

Avec une plateforme électorale fondée sur le «  populisme économique  » et une nouvelle génération d’élites politiques, il soutient que certaines batailles décisives pourraient ouvrir un chemin vers la victoire. Mais pour cela, le Parti démocrate doit changer — de fond en comble.

De passage à Paris, nous l’avons rencontré.

Curtis Yarvin, Bronze Age Pervert, Marc Andreessen. Dans les écrits de la nébuleuse composite du canon trumpiste, un nom revient souvent  : Friedrich Nietzsche.

Érigé en saint-patron, l’auteur de Zarathoustra est pourtant l’objet d’un contresens total par les techno-césaristes de la Silicon Valley.

Patrick Wotling, l’un des plus grands spécialistes de Nietzsche, tente d’expliquer pourquoi.

Pour faire face à la Russie de Poutine il faut comprendre les sources idéologiques et les doctrines du régime qui, en envahissant l’Ukraine, a déclaré une guerre sans fin à l’Europe.

Le principal de ces «  producteurs d’idéologie  » poutiniens s’appelle Sergueï Karaganov.

Il accorde un entretien exclusif au Grand Continent.

En Iran, un changement radical pourrait être imminent.

Mais alors qu’un accord avec les États-Unis sur le nucléaire permettrait une réouverture partielle du pays, la population semble bien mieux préparée que le régime à cette éventualité.

Si Washington et Téhéran ont chacun besoin d’un deal, la République islamique a intérêt à préserver en partie le statu quo sur lequel elle a fondé son modèle.

Ali Vaez (Crisis Group) livre des éclairages sur l’état de ces négociations complexes dont dépend l’avenir du Moyen-Orient.

Dans le «  mémorandum  » adressé aux Ukrainiens à Istanbul, la Russie de Poutine exprime noir sur blanc ses conditions pour la fin de la guerre.

Plutôt qu’une ouverture à la négociation, ce document est un ultimatum listant les étapes d’une reddition de l’Ukraine, que le Kremlin — enlisé depuis trois ans une guerre d’invasion — continue de ne pas considérer comme un véritable État.

Nous le traduisons et le commentons ligne à ligne.

«  Des convergences fortes  » — c’est l’expression clef à retenir du communiqué commun publié par la France et l’Italie après la rencontre éclair du 3 juin.

Pour comprendre pourquoi cet exercice diplomatique était nécessaire, il faut remonter aux sources des tensions inquiétantes qui ont agité ces dernières années les sœurs latines.

Bilan et perspectives signés Marc Lazar.

Une nouvelle idée a le vent en poupe dans la Russie de Poutine  : provoquer l’essor économique et social des périphéries pour réaliser le destin impérial d’une extension à la «  Grande Eurasie  ».

Ce rêve bizarre a désormais un nom  : Sibérisation — il a même son propre think tank.

Signe de son importance, le principal producteur idéologique de Poutine, Sergueï Karaganov, s’en est saisi.

Du «  deuxième tournant vers l’Est  » au «  Lebensraum climatique  », nous traduisons et commentons son inquiétante théorie du bonheur pour la Russie.