Florent Corneau


Les dirigeants de United Technologies et de Raytheon ont annoncé leur fusion prochaine pour faire émerger un colosse américain de l’aéronautique, 2ème mondial du secteur derrière Boeing. Cette course au gigantisme donne le vertige avec un chiffre d’affaires estimé à 74 milliards de dollars et fait craindre une concurrence déséquilibrée, dans les négociations avec le Pentagone notamment. Le président Trump s’est montré inquiet de ce rapprochement.

Au vue des avancées des initiatives en faveur de l’Europe de la défense, des responsables américains ont menacé l’Union de sanctions économiques, au travers d’une lettre adressée à la chef de la diplomatie européenne, concernant les conditions d’accès des entreprises américaines aux financements de ces initiatives et la possibilité d’y participer. Les américains dénoncent une duplication au niveau de l’OTAN. Mme Mogherini a été sommée de répondre avant le 10 juin sous peine de sanctions économiques.

Lors de la 55ème édition de la Conférence de Munich sur la sécurité, les principaux décideurs politiques n’ont pas parlé à l’unisson. Avec l’absence de la France, peu ont défendu les nouvelles initiatives européennes en matière de défense. Ainsi, pour le Secrétaire d’État à la Défense britannique Gavin Williamson, «  l’OTAN est le meilleur garant de notre sécurité  », face à la menace russe notamment.

Au coeur de l’Europe de la Défense se trouve la question de la dissuasion nucléaire, dont la réponse est aujourd’hui confiée à l’OTAN. La prééminence des États-Unis sur cette question limite partiellement l’autonomie stratégique européenne, notamment en matière d’industrie. Le contexte géopolitique incertain ouvre un débat sur le rôle de la France, qui pourrait peut-être constituer une alternative au parapluie nucléaire américain.