Résultat pour : routes de la soie


Lors d’une conférence de presse historique dans sa résidence de Mar-a-Lago, le président élu Donald Trump a dessiné les contours de ce qu’on pourrait désormais appeler une doctrine géopolitique  : les États-Unis doivent devenir un Empire, en étendant leur territoire du Panama au Groenland en passant par le Canada  ; l’OTAN doit se transformer en une alliance purement asymétrique, sur le modèle du Pacte de Varsovie.

Ironie, bluff, annonce d’un plan  : les mots de Donald Trump marquent un tournant — il faut les lire.

Xi Jinping a un plan. Pour contrer l’hégémonie américaine sur les satellites, le Parti communiste chinois est en train de développer sa propre méga-constellation  : Qianfan. Avec ces «  satellites pour le sud global  », Pékin vise à proposer une alternative à Starlink, le service américain d’Elon Musk, et à garantir à la Chine sa souveraineté dans un domaine particulièrement sensible.

Pour rattraper le retard qu’elle accuse au niveau mondial, la deuxième Commission von der Leyen est en train d’élaborer un plan fondé sur les recommandations du rapport Draghi. Selon l’économiste Benjamin Bürbaumer, son cadre conceptuel — celui d’une mondialisation qui se déploie depuis Washington — fait une impasse dangereuse  : elle néglige l’ambition chinoise de devenir le cœur de la nouvelle infrastructure mondiale.

Malgré des relations commerciales réduites, Pékin était l’un des principaux sponsors du régime baassiste, aux côtés de la Russie et de l’Iran. Avec l’exil de Bachar al-Assad, la Chine perd un précieux allié dans la région ainsi qu’un terrain de lutte pour lutter contre «  l’impérialisme occidental  » aux côtés de Moscou.

La Chine est le principal créancier bilatéral au monde, et prête aujourd’hui plus que le FMI et la Banque mondiale réunis. En raison des pratiques chinoises et du non-respect de certaines normes de transparence, les pays particulièrement exposés à la dette émise par Pékin et faisant face à des situations de surendettement ont plus de difficultés à résoudre leurs crises de la dette auprès du FMI.

Réconcilier «  les discours du dimanche et les actions du lundi  ».

C’est le sens de la mission que s’était fixée il y a cinq ans Josep Borrell, lorsqu’il a entamé dans son mandat de Haut Représentant. Dans ce texte personnel, le premier depuis qu’il a quitté ses fonctions, il dresse une rétrospective et bilan critique — tout en suggérant quelques pistes pour aller de l’avant.

Aujourd’hui, lundi 2 décembre, le Premier ministre népalais Sharma Oli se rend en Chine pour la première visite à l’étranger de son quatrième mandat. En choisissant Pékin plutôt que New Delhi, Oli marque une rupture avec ses prédécesseurs qui témoigne de la rivalité croissante entre les deux grandes puissances régionales pour les ressources naturelles du Népal.

Quelle génération remboursera les dividendes de la paix  ?

La présidence de Trump est un «  éléphant noir  » pour l’Europe — une menace évidente mais qu’on prend soin de ne pas regarder en face. Alors que le scénario du pire pour le futur de la relation transatlantique devient de plus en plus probable, une série de blocages augure de conflits politiques à venir et laisse craindre l’installation d’une menace sur deux fronts  : une plus grande dépendance à la Chine et la mise en place d’un «  racket de protection  » depuis Washington.

Articuler la Méditerranée au monde.

Si l’Union veut réussir dans la nouvelle phase, elle doit se tourner vers le Sud. Pour Amedeo Lepore, la politique de cohésion peut permettre d’enchâsser l’Europe aux transformations profondes de la mondialisation — à condition qu’elle soit capable de déployer une méthode euro-méditerranéenne.