En bref

Loin désormais d’une image d’un espace arctique unifié, gelé et exotique, ce colloque aura à cœur de discuter et de réfléchir sur la diversité de ces mondes arctiques en s’appuyant sur des recherches innovantes et transdisciplinaires. Les liens entre différents prismes d’analyse – géographique, stratégique, historique, politiste etc. – permettent de voir dans la région arctique un espace particulièrement sensible à la recomposition de la scène politique internationale comme aux bouleversements climatiques qui modifient singulièrement cette région vulnérable.

Argumentaire

Tout d’abord, l’objectif de ce colloque international est d’initier une plateforme de discussion pour fédérer la recherche arctique en sciences humaines et sociales, dans une perspective de recherche multiscalaire et transdisciplinaire. Trop souvent, les colloques se limitent à une succession d’interventions sans forcément de lien, et se terminent par des vœux pieux de collaboration. Au-delà du format classique des colloques, le but ici est de profiter de la présence en un même lieu des chercheurs pour les faire travailler ensemble de manière concrète afin d’enclencher des partenariats scientifiques.

Ensuite, au-delà de la fédération des chercheurs et en particulier de jeunes chercheurs, l’ambition poursuivie est de faire connaître aux étudiants et chercheurs un champ d’études régionales en pleine mutation, et de le proposer dans un cadre international.

En fonction de ce double objectif, le colloque se déroulera en deux temps.

1)  Une journée ouverte au public (jour 1), organisée autour de trois tables rondes (à équilibrer selon les propositions reçues). Le but est de permettre à un public non-expert de la question de se familiariser avec les enjeux des “politiques de l’Arctique”.

2)  Une demi-journée (jour 2) se déroulera en comité plus restreint et sous la forme de groupes de travail entre les intervenants. Les participants seront rassemblés en trois groupes de travail pour partager ensemble et proposer dans un second temps une restitution, suivie d’une discussion collective.

Thème 1. Un pôle peuplé – dynamiques économiques et sociales

Le premier thème de recherche englobe les enjeux sociaux, économiques, et culturels à l’échelle locale, nationale, régionale ou internationale en Arctique. Les régions arctiques sont très peu peuplées : on compte au total environ quatre millions d’habitants. Quelles sont les dynamiques économiques et commerciales qui se dessinent ? Quelles convoitises attisent-elles parmi les puissances géoéconomiques ? Quelles recompositions sociales ces bouleversements engendrent-ils à l’échelle locale, dans des contextes encore souvent (post) coloniaux ? Quels sont les nouveaux acteurs de la région, exogènes d’une part (entreprises multinationales, pays asiatiques), et endogènes d’autre part (société civile et associations, organisations de populations autochtones et ONG) ?

Thème 2. Questions de sécurités au XXIe siècle

Autour d’une seconde table-ronde, il s’agira de questionner les grilles d’analyse de la sécurité existantes dans une région qui est confrontée à des mutations importantes et rapides. Alors que les prismes d’analyse de la Guerre froide perdurent trop souvent, les enjeux de sécurité traditionnels sont relativement sous contrôle dans la région, mais les évolutions récentes et les incertitudes nombreuses quant aux évolutions futures invitent à repenser la question de la sécurité, en élargissant le concept à la sécurité humaine ou encore environnementale. Le fait qu’il s’agisse par ailleurs d’un territoire majoritairement océanique appelle à interroger les politiques et pratiques de sécurité à l’aune de ces spécificités. Quelles sont les principaux axes identifiés et discutés sur la scène arctique ? Quels sont les instruments pour répondre aux enjeux de sécurité ? En quoi la région arctique est-elle originale lorsqu’on aborde ces enjeux ?

Thème 3. Gouvernances multiscalaires – la place du multilatéralisme en Arctique

En même temps que le changement climatique comporte des risques pour les sociétés et peut constituer un facteur de tensions voire de conflit avec des implications en termes de défense et de sécurité pour les États, il présente également des opportunités de coopération dans un contexte d’après-Guerre froide. Face aux enjeux environnementaux et climatiques globaux, la gouvernance de l’Arctique doit-elle se limiter aux acteurs de la région, ou au contraire prendre en compte la dimension internationale du problème, au risque d’ôter une part de leur souveraineté aux États et habitants de la région ? Quels sont les acteurs de la gouvernance arctique et comment interviennent-ils à toutes les échelles ? Comment cette gouvernance évolue dans le temps et l’espace ? Comment les différentes échelles de la gouvernance se rencontrent-elles ? Enfin, une compréhension commune des risques d’instabilité émanant des conséquences du changement climatique dans la région, et une adaptation commune à ses risques se construit-elle ?

Modalités de participation

Nous encourageons les contributions adoptant des points de vue conceptuels, méthodologiques et/ou empiriques à partir de perspectives disciplinaires variées (science politique, géographie, histoire, droit, sociologie, anthropologie, etc.). Tous types de présentations, de la théorie au cas d’étude en passant par les réflexions méthodologiques ou comparative sont bienvenues. Les présentations de jeunes chercheurs sont encouragées.

Chaque communication comprendra un résumé (en français ET en anglais) ; 3 à 6 mots clés (en français ET en anglais) ; un texte principal impérativement compris entre 10 000 et 15 000 signes (espaces compris), composé d’une introduction donnant l’objectif de la communication et la replaçant dans son domaine scientifique et de sections présentant les idées et résultats principaux de la communication en lien avec la thématique dans laquelle elle s’inscrit ; une bibliographie de 5 à 10 références.

Les propositions seront envoyées sous forme de recueil à tous les participants un mois avant le colloque pour favoriser les discussions et échanges. En fonction des propositions reçues, et sur validation du comité scientifique, une publication collective pourra être envisagée sous la forme d’un numéro spécial de revue scientifique.

Nous invitons les candidats à envoyer leur proposition et une courte biographie

Avant le 15 septembre

à l’adresse : politiquesdelarctique2019@gmail.com. Ils seront informés de leur participation avant le 15 octobre 2019.

Financements

Un nombre limité de financements est disponible pour les personnes participant au colloque qui en feront la demande lors de la soumission de leur communication.

Comité d’organisation

  • Guillaume Devin (Sciences Po – CERI / GRAM)
  • Camille Escudé (Sciences Po – CERI / GEG)
  • Pauline Pic (Université Laval – Département de Géographie / GEG)
  • Florian Vidal (LIED – UMR 8236 / GEG)

Comité scientifique

  • Yohann Aucante (EHESS – CESPRA)
  • Bertrand Badie (Sciences Po – CERI)
  • Eric Cannobio (Université Paris 8 – Ladyss)
  • Anne Choquet (Brest Business School – Comité National Français des Recherches Arctiques et Antarctique)
  • Yvon Csonka (Université du Groenland – International Arctic Social Sciences Association)
  • Guillaume Devin (Sciences Po – CERI / GRAM)
  • Matthias Finger (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne)
  • Sophie Hohmann (INALCO – Centre de recherches Europes-Eurasie)
  • Sophie Hou (Université Paris 1 – PRODIG)
  • Jean-Michel Huctin (Université Versailles Saint-Quentin – CEARC)
  • Marlène Laruelle (George Washington University)
  • Frédéric Lasserre (Université Laval, Québec – Centre Québécois d’Etudes Géopolitiques)
  • Alexandra Lavrillier (Université Versailles Saint-Quentin – CEARC)
  • Thomas Lindemann (Université Versailles Saint-Quentin – CERAPS)
  • Dominique Samson Normand de Chambourg (INALCO – Centre de recherches Europes-Eurasie)
  • Eva Toulouze (INALCO – Centre de recherches Europes-Eurasie)
  • Jean-Paul Vanderlinden (Université Versailles Saint-Quentin – CEARC)