Entretiens


«  Il y a une énigme Borges que je crois avoir en partie résolue.  »

Nucléaire, fin des temps, violence et sacré — presque toutes les «  obsessions  » intellectuelles de Jean-Pierre Dupuy doivent beaucoup à Borges.

Le philosophe des catastrophes signe un essai vertigineux qui dévoile une clef de lecture inédite pour comprendre l’œuvre du maître argentin.

Nous l’avons rencontré.

«  Nous sommes en train de dépasser un vieux clivage entre le Nord et le Sud, les frugaux et les dépensiers.  »

Dans une Europe tournée vers l’investissement, Madrid veut sa place au centre du jeu — et l’Espagne entend bien devenir un moteur de la croissance continentale.

Après le choc de la méga-coupure électrique et au cœur des négociations commerciales avec la Maison-Blanche de Donald Trump, nous rencontrons le ministre espagnol de l’Économie, du Tourisme et du Commerce.

De Proust à Kafka en passant Annie Ernaux — quelque part entre la mer de Cadaqués et un bel appartement de Barcelone — Milena Busquets nous plonge dans un voyage intime où elle se débat contre les pièges de l’autofiction.

En explorant dans son dernier livre un jeu parfois complexe et troublant entre ses souvenirs et leur représentation au cinéma, c’est hors du roman qu’elle nous invite à méditer une évidence oubliée  : vivre peut être doux.

«  Le gouvernement de Bukele a passé 269 jours complets sur mon téléphone grâce à Pegasus. Même pour une opération d’espionnage, c’est beaucoup de temps.  »

Depuis le 1er mai, une révélation est en train de changer l’histoire du Salvador au-delà du mythe crypto-carcéral bling bling imposé par son dirigeant autoritaire.

À l’origine, un journal — El Faro — et la longue enquête d’un journaliste, Carlos Martínez.

Nous l’avons rencontré.

«  L’accord annoncé avec la Chine n’a rien d’un ‘deal’  : les États-Unis ont tout simplement cédé.  »

Pour Abraham Newman, les tarifs de Trump sont d’abord le fait d’un roi qui veut enrichir sa famille et plaire à sa cour — ils fragilisent la puissance américaine.

Face à cette disruption néo-monarchiste, l’Europe devrait accélérer la conclusion d’accords commerciaux avec le reste du monde.

Grand entretien.

Encore trop peu connu en France, Tomasz Różycki est l’une des voix les plus profondes, intéressantes et influentes de la littérature polonaise contemporaine.

Alors qu’Emmanuel Macron et Donald Tusk se réunissaient à Nancy pour signer un nouveau traité bilatéral, nous avons proposé à l’auteur du Les Voleurs d’ampoules — Prix littéraire Grand Continent —, de revenir sur cette relation faite d’amitiés et d’asymétries qui pourrait structurer l’avenir du continent.

«  Si l’Église cherchait un bouclier face à Trump, celui offert aujourd’hui par un pape américain est une aubaine.  »

Pour l’instant, personne n’en parle. Mais l’explication du choix du nom du premier pape originaire des États-Unis pourrait se trouver dans une lettre apostolique, Testem Benevolentiae, rédigée par Léon XIII en 1899 pour dénoncer un danger menaçant l’Église à la fin du XIXe siècle  : «  l’américanisme  ».

Selon Pasquale Annicchino, face à l’option carolingienne portée par Donald Trump et J. D. Vance, le nouveau pontife pourrait avoir fait référence à ce contexte en choisissant le nom de Léon XIV — de manière discrète mais programmatique.

Depuis quelques mois, un petit pays d’Amérique centrale est au cœur de l’attention.

Son président, Nayib Bukele — autoproclamé «  dictateur le plus cool du monde  » — aurait trouvé une solution révolutionnaire pour vider les rues des criminels. Aujourd’hui, il vend les services pénitentiaires des méga-prisons du Salvador au reste du monde.

Nous avons rencontré son vice-président, Félix Ulloa, l’architecte de cette contre-révolution sécuritaire et carcérale.

Rares sont les personnes à avoir été autorisées à visiter et à filmer les méga-prisons de Bukele au Salvador.

Lucas Menget, qui vient de sortir le reportage «  Salvador, un modèle qui dérange  », diffusé ce soir sur Arte, en fait partie.

Nous l’interrogeons à partir des images qu’il rapporte depuis l’enfer carcéral du «  dictateur le plus cool du monde  ».