L’Alternative für Deutschland (AfD) a remporté hier, dimanche 6 septembre, l’élection dans le Land de Saxe-Anhalt, récoltant près de 44 % des voix. Le parti a ainsi plus que doublé son score de 2021, laissant loin derrière la CDU.

À l’échelle européenne, les réactions des formations d’extrême droite laissent voir une fracture entre formations révolutionnaires et contre-révolutionnaires.

  • En Espagne, la victoire de l’AfD a été saluée par le leader de Vox, Santiago Abascal, qui a souligné un « résultat spectaculaire » et « un grand espoir pour l’Allemagne et pour l’Europe ».
  • Le dirigeant de la formation d’extrême droite portugaise Chega, André Ventura, a lui aussi félicité le parti, publiant sur Twitter une photo aux côtés d’Alice Weidel, accompagnée du message : « Les Allemands ouvrent aussi les yeux contre l’immigration illégale et incontrôlée, la corruption et la capture de notre liberté et de notre identité ».
  • Tom Van Grieken, à la tête du parti nationaliste flamand Vlaams Belang, a également félicité Weidel, tout comme le leader du SPD (Liberté et démocratie directe) tchèque, Tomio Okamura et Geert Wilders, à la tête du Parti pour la liberté (PVV) néerlandais.

En Finlande, la leader du Parti des Finlandais, Riikka Purra, a évoqué « la pire tourmente politique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

En Italie, la coalition de Giorgia Meloni est quant à elle divisée.

  • Matteo Salvini, leader de la Ligue du Nord, a apporté ses félicitations à Weidel pour sa victoire décrite comme un « succès retentissant, qui met en lumière la forte demande de changement, de sécurité et d’emploi. Au nez et à la barbe de ceux qui, à gauche, alimentaient les peurs et les scénarios catastrophiques ».
  • Le dirigeant de Forza Italia et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a quant à lui présenté la victoire comme « une très mauvaise nouvelle » et « un résultat douloureux qui nous oblige à comprendre les craintes de nombreux Européens, et qui rappelle à l’Union que l’intégration communautaire n’est pas un processus automatique ».
  • Il ajoute : « les valeurs de liberté, de solidarité et de rejet de toute tentation autocratique ne constituent pas une conquête définitive, mais un objectif qu’il faut préserver et poursuivre jour après jour ».

Meloni a quant à elle jusqu’à présent gardé le silence, ses collaborateurs ayant expliqué que la présidente du Conseil italien « ne s’est jamais ingérée dans les élections d’autres pays ».

  • Roberto Vannacci, le général à la tête de la nouvelle formation d’extrême droite Futuro Nazionale a quant à lui exulté.
  • Sur X, le réseau social d’Elon Musk – qui a lui aussi félicité l’AfD pour sa victoire –, il a ainsi déclaré : « Si la moitié de la population est avec l’AfD, les accusations d’extrémisme, par définition, s’évaporent et disparaissent. L’extrémisme se trouve aux extrêmes : la moitié ne peut pas être extrême ».

En France, la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt a été dénoncée comme un « moment grave », un « désastre » ou bien un « signal très préoccupant » par la quasi-totalité du spectre politique, à l’exception d’Eric Zemmour, le président du parti Reconquête, pour qui le cordon sanitaire « n’a fait que retarder l’heure de vérité. Cette heure est venue. Et elle sonnera partout ».

  • Ni Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National à l’élection présidentielle, ni le président du parti, Jordan Bardella, n’ont réagi à la victoire de l’AfD. Ce dernier avait déclaré samedi 5 septembre qu’aucune alliance n’était prévue avec la formation d’extrême droite allemande, soulignant « un certain nombre de désaccords ».
  • Le député du RN Jean-Philippe Tanguy a déclaré hier, dimanche 6, « prendre acte d’un vote populaire de ras-le-bol face à des partis du système qui ne gèrent pas l’immigration, l’économie, les prix de l’énergie », tout en rappelant la rupture de son parti avec l’AfD.