1 – Les 4 règles 

Au cours des 22 précédentes Coupes du monde, aucun pays n’a remporté le tournoi sans remplir ces 4 critères : 

  • Être un pays européen ou d’Amérique du Sud (ce qui élimine notamment les 3 pays organisateurs : États-Unis, Mexique et Canada) ; 
  • Être classé parmi les 17 meilleurs équipes au monde (sont donc éliminés le Paraguay, la Suisse et la Suède notamment) ; 
  • Avoir dans son équipe un ou plusieurs joueurs ayant été récompensé par un Ballon d’or (ce qui éliminerait la Belgique et la Croatie) ;
  • Et, enfin, avoir un sélectionneur issu du même pays que son équipe, ce qui éliminerait notamment le Brésil, entraîné par Carlo Ancelotti, ancien international italien, et l’Angleterre, dont l’équipe nationale s’est dotée en 2025 d’un sélectionneur allemand, Thomas Tuchel.

En se basant sur ces critères, cinq équipes se démarquent : l’Espagne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Argentine. Cela ne permet toutefois pas de déterminer qui sera le vainqueur.

2 – Les marchés de prédiction : Espagne

L’augmentation depuis 2024 des volumes pariés sur les principaux marchés de prédiction en ligne donne une certaine crédibilité à ces plateformes, même si celles-ci n’appliquent pas de modèle statistique.

  • Polymarket et Kalshi, les deux principales plateformes en termes de volume, placent toutes deux l’Espagne en tête, suivie par la France.
  • Sur Polymarket, où le pari portant sur le vainqueur de la Coupe du monde a atteint un volume de 1,7 milliard de dollars, l’écart entre les deux équipes est inférieur à 0,1 %.
  • La probabilité que l’un ou l’autre de ces pays remporte la compétition se situe actuellement autour de 16 % sur les deux plateformes.

La France et l’Espagne sont suivis par le Portugal et l’Angleterre, autour de 10 %.

3 – Le modèle Klement : Pays-Bas

Le mathématicien allemand Joachim Klement, qui a su anticiper les vainqueurs des trois précédentes Coupe du monde (Allemagne en 2014, France en 2018 puis Argentine en 2022) est l’un des rares analystes à anticiper une victoire des Pays-Bas.

  • Bien que le pays a disputé trois finales (en 1974, 1978 puis en 2010), il n’a jusqu’à présent jamais remporté la compétition.
  • Il est d’ailleurs rare que le vainqueur de la Coupe du monde soit un pays qui se situe en-dehors du club des précédents gagnants.
  • Ce groupe comprend huit pays : le Brésil, l’Allemagne, l’Italie, l’Argentine, la France, l’Uruguay, l’Angleterre et l’Espagne. Il s’est étendu pour la dernière fois en 2010, après la première et seule victoire de l’Espagne à ce jour.

Le modèle de Klement, un économiste qui travaille dans une banque d’investissement britannique, prend en compte plusieurs facteurs, dont la prospérité du pays, qui détermine les infrastructures sportives et économiques, la taille de la population, l’ancrage du football dans la société et le classement mondial. Klement précise qu’à cela s’ajoute un « certain facteur aléatoire », à partir duquel ses prédictions sont élaborées 1.

4 – Goldman Sachs : Espagne

Goldman Sachs a échoué à prédire les vainqueurs des trois précédentes éditions. Cette année, le modèle développé par la banque d’investissement américaine estime que l’Espagne a 26 % de chances de remporter la compétition, soit bien plus que la France (19 %) ou l’Argentine (14 %).

  • Dans une note confidentielle, la banque note que l’Espagne est favorite notamment car elle affiche le meilleur classement Elo 2.
  • La France perdrait quant à elle contre l’Espagne en demi-finale, et l’Argentine serait pénalisée par le « syndrome du champion ».

Seulement deux pays ont réalisé l’exploit de remporter deux Coupe du Monde consécutives : l’Italie et le Brésil.

La dernière fois que cela s’est produit remonte à 1962, lors de la deuxième victoire brésilienne. Le Brésil a failli réitérer cet exploit en remportant la Coupe en 1994 puis en 2002.

5 – Bank of America : France

Un sondage interne, réalisé par Bank of America auprès de 65 analystes de son département recherche globale, place la probabilité d’une victoire française à 37 %, soit 7 points de plus que l’Espagne (30 points).

  • Selon la banque américaine, l’attaquant français Kylian Mbappé réaliserait l’exploit d’être meilleur buteur pour le deuxième fois en quatre ans.
  • L’attaquant espagnol Lamine Yamal, âgé de 18 ans, serait quant à lui nommé meilleur joueur de la compétition.

6 – Le modèle Silver : Argentine

L’analyste électoral américain Nate Silver a développé cette année un modèle baptisé « PELE », qui octroie le score le plus élevé à l’Argentine.

  • PELE est un modèle statistique qui calcule un score pour chaque équipe sur la base de 100 000 simulations du tournoi.
  • L’Argentine obtient un score de 2 064 points, soit légèrement plus que l’Espagne (2 046), l’Angleterre (2 025) et la France (2 023).
  • Toutes les autres équipes ont obtenu un score inférieur à 2 000 points.

Silver précise que les pays donnés favoris par PELE n’ont remporté que 3 des 11 précédentes éditions. Le modèle sera toutefois affiné en temps réel, à mesure que les matchs produiront de nouvelles données pour mesurer la qualité et la performance des équipes durant la compétition.

7 – Opta : Espagne

Opta, une entreprise britannique qui a été parmi les premières à compiler des statistiques sur le football, et dont les données sont à l’origine de la plupart des analyses mathématiques portant sur le sport, place l’Espagne en tête, avec 15,6 % de chance de victoire, contre 12,75 % pour la France.

Sources
  1. Peter Ahrens, « Der Mann, der (vielleicht) schon weiß, wer Weltmeister wird », Der Spiegel, 4 juin 2026.
  2. World Cup 2026 : Predictions, Probabilities, and Paths to Victory, Goldman Sachs Research, 29 mai 2026.