Un drone russe s’est écrasé vers 2 heures du matin sur le toit d’un immeuble de dix étages du quartier Mazepa, dans la ville de Galați, au sud-est de la Roumanie, provoquant une explosion et un incendie qui ont fait deux blessés légers. Selon les services de secours, l’engin était de type Shahed et sa charge explosive a entièrement détoné à l’impact.
- C’est la première fois qu’un drone touche un immeuble résidentiel en Roumanie et y fait des blessés, un cap symbolique qui ravive les craintes d’un débordement de la guerre en Ukraine sur le flanc oriental de l’OTAN. Pour mémoire : la Roumanie partage 650 kilomètres de frontière terrestre avec l’Ukraine.
- Selon le ministère roumain de la Défense, depuis le début de la guerre, des fragments de drones russes ont été identifiés 47 fois sur le territoire roumain, dont 12 depuis le début de l’année 2026.
Selon l’agence Agerpres, reprise par Reuters, une femme et son enfant ont été hospitalisés pour des blessures légères.
- Deux autres personnes ont reçu des soins sur place pour des crises de panique.
- Environ 70 résidents ont été évacués.
- Le vice-ministre de l’Intérieur Raed Arafat, en charge du Département des situations d’urgence, a précisé sur Digi24 que deux cages d’escalier étaient touchées et que cinq véhicules avaient été endommagés.
Le ministère roumain de la Défense (MApN) a fait décoller deux F-16 de la base de Fetești, appuyés par un hélicoptère IAR 330 SOCAT des Forces aériennes roumaines.
- Les pilotes étaient autorisés à engager les cibles pendant toute la durée de l’alerte, a précisé le MApN. La législation roumaine, en vigueur depuis mai 2025 (Loi n°73/2025), permet d’abattre des drones en temps de paix lorsque des vies ou des biens sont menacés, mais cette prérogative n’a jamais été utilisée à ce jour.
- Un message RO-Alert a été diffusé dans les comtés de Brăila, Tulcea et Galați, invitant les habitants à se mettre à l’abri.
Dans un communiqué publié dans la nuit, le ministère roumain des Affaires étrangères a qualifié l’incident d’« escalade grave et irresponsable » de la part de la Fédération de Russie.
- « La Roumanie prendra les mesures diplomatiques nécessaires concernant cette violation grave du droit international et de son espace aérien », indique le texte.
- Bucarest a informé ses alliés et le secrétaire général de l’OTAN, et a demandé une accélération du transfert de capacités anti-drones vers son territoire.
- Le ministère désigne la Russie comme « directement responsable de ces actions graves et irresponsables » et indique que « la Roumanie agira avec la plus grande détermination pour accroître la pression internationale sur la Fédération de Russie en vue d’obtenir un cessez-le-feu immédiat et complet ».
Galați avait déjà été touchée le 25 avril 2026, lorsqu’un drone russe avait endommagé un poteau électrique et une annexe d’habitation dans le quartier de Bariera Traian.
- À l’époque, 535 personnes avaient été évacuées et le gaz avait été coupé dans une vingtaine de rues. Le président Nicușor Dan avait alors qualifié l’incident de « premier cas où des biens roumains ont été effectivement endommagés, un seuil que nous prenons très au sérieux », et le Premier ministre Ilie Bolojan avait dénoncé « un acte irresponsable et une violation grave du droit international ».
- Côté ukrainien, le port d’Izmaïl, dans la région d’Odessa et tout proche de la frontière roumaine, a lui aussi été visé par plusieurs drones dans la nuit de jeudi à vendredi. Plus largement, des drones ukrainiens égarés ont récemment pénétré l’espace aérien des pays baltes, accentuant les tensions sur le flanc est de l’Alliance atlantique.
- Un second drone, dépourvu de charge explosive et doté d’une envergure d’environ trois mètres, a été retrouvé jeudi soir près de Basești, dans le comté de Maramureș, au nord-ouest du pays. Les autorités enquêtent sur son origine.