Selon des sources proches de Kiev et de Moscou, Poutine se serait recentré ces derniers mois sur la conquête militaire du Donbass plutôt que sur la perspective d’obtenir les régions de Donetsk et de Louhansk dans le cadre d’un accord 1.

  • Depuis 2022, le président russe avait exprimé à plusieurs reprises sa volonté de geler le front sur ses lignes actuelles en échange d’un retrait ukrainien du Donbass.
  • Bien qu’il n’a jamais cessé de nourrir l’espoir de de s’emparer militairement de l’Ukraine, Poutine avait demandé à Trump l’an dernier lors de leur rencontre bilatérale en Alaska de convaincre Zelensky d’accéder à ses demandes pour mettre fin à la guerre 2.

Poutine aurait été convaincu par son état-major que les forces russes pourraient s’emparer de la totalité du Donbass d’ici l’automne. Selon ses commandants, l’armée ukrainienne serait sur le point de s’effondrer et serait à court d’effectifs.

Cette évaluation ne correspond pas à la réalité du terrain.

  • Le groupe d’analystes ukrainiens Deep State estime qu’il faudrait 3 ans et demi de guerre à la Russie pour contrôler la totalité de l’oblast de Donetsk, en maintenant son rythme enregistré au cours du premier trimestre de l’année — soit pas avant 2029.
  • L’intensification des frappes ukrainiennes en profondeur dans le territoire russe fragilisent de plus en plus les lignes d’approvisionnement de l’armée, entraînent des pénuries de munitions sur le front et perturbent la rotation des troupes.
  • Il faut désormais 36 assauts en moyenne à l’armée russe pour capturer 1 km² de territoire ukrainien supplémentaire, soit un ratio très élevé par rapport aux mois et années précédents.

Cette faible progression résulte autant d’une déconnexion entre les objectifs fixés par le Kremlin et les capacités de l’armée russe que d’une stratégie efficace de contre-attaques localisées menées par l’armée ukrainienne.

  • Selon des sources militaires ukrainiennes, l’offensive russe a échoué à s’emparer de la ville de Kostiantynivka, dans la région de Donetsk, avant le 25 avril, comme le prévoyait l’objectif fixé par le Kremlin.
  • En février, des services de renseignement de plusieurs pays occidentaux concluaient que Poutine estimait qu’il « était en train de gagner » 3, malgré l’amélioration des capacités militaires ukrainiennes.
Sources
  1. Max Seddon, Christopher Miller et Henry Foy, « Vladimir Putin and Volodymyr Zelenskyy cool on US-led peace talks », Financial Times, 13 mai 2026.
  2. Christopher Miller, Amy Mackinnon, Max Seddon et Anne-Sylvaine Chassany, « Putin demanded Ukraine cede Donetsk and Luhansk in exchange for freezing rest of front line », Financial Times, 16 août 2025.
  3. David E. Sanger et Anton Troianovski, « Trump Bets on Diplomacy Without Diplomats », The New York Times, 17 février 2026.