Plusieurs études indiquent que les chiens domestiques ont tendance à vivre plus longtemps en ville qu’en milieu rural. C’est notamment le cas à Paris — l’une des villes les plus densément peuplées au monde pour les humains, et la plus dense pour les chiens, avec plus de 2 800 canidés par km² —, où les chiens vivent en moyenne 13 ans, contre 11 dans le reste de la France, selon une étude de l’ICAD 1.
Si cela peut paraître contre-intuitif, plusieurs facteurs sont à considérer.
- Tout d’abord, la proximité géographique des propriétaires avec de nombreux vétérinaires et autres spécialistes contribue au maintien en bonne santé et au suivi des chiens tout au long de leur vie.
- Une étude menée en 2007 dans l’État mexicain du Yucatán a conclu que ces derniers avaient plus tendance à être vaccinés contre la rage en ville (90,1 %) qu’à la campagne (63,3 %), de même pour la stérilisation.
- Selon cette même étude, les conditions socio-économiques du foyer jouent également un rôle important dans la longévité des chiens : des propriétaires plus aisés auront tendance à fournir une meilleure alimentation, un meilleur abri et une meilleure médecine préventive à l’animal 2.
La longévité des chiens est également en partie déterminée par leur race et leur taille : un dogue allemand, dont le poids peut atteindre 90 kilos, vivra en moyenne de 6 à 8 ans, tandis qu’un spitz (15 à 18 kilos) peut vivre jusqu’à 15 ans, et un chihuahua (2 à 3 kilos) jusqu’à 18 ans. En raison des faibles surfaces d’habitation dans les grandes villes, comme à Paris, les propriétaires se tournent plus vers des chiens de petite taille.
Si les chiens urbains sont plus exposés à la pollution et au risque d’obésité, qui est susceptible de mener à des problèmes de santé, ils sont plutôt en bonne santé.
- Contrairement aux animaux vivant à la campagne, les chiens urbains ont en effet moins tendance à attraper des tiques, des puces ou des vers, et sont aussi moins exposés à des produits chimiques notamment utilisés pour l’agriculture.
- Le magazine 30 millions d’amis place d’ailleurs plusieurs grandes métropoles — Lille, Nice ou Paris — parmi les villes les plus accueillantes pour les chiens en France, en se basant sur l’accessibilité de la ville aux animaux, aux espaces verts ou la propreté.
- Paris progresse depuis cinq années consécutives, et a atteint la 8e place dans le classement 2026, alors qu’elle se rangeait à la 12e place l’an dernier et la 29e en 2021.
S’ils ont tendance à vivre plus longtemps en ville, le milieu urbain contribue toutefois un facteur extrêmement significatif dans la peur et l’anxiété des chiens. Selon une étude publiée en 2020 dans la revue Scientific reports, les chiens vivant dans les environnements les plus urbanisés ont tendance à présenter des scores de peur supérieurs d’environ 45 % à ceux des chiens vivant dans les zones les plus rurales 3.
Sources
- Valentine Letesse, « « Depuis le Covid, la population des propriétaires de chiens s’est rajeunie », selon Alain Lambert, médiateur canin », Radio France, 24 avril 2026.
- ORTEGA-PACHECO, Antonio, RODRIGUEZ-BUENFIL, Jorge Carlos, BOLIO-GONZALEZ, Manuel Emilio, et al., « A survey of dog populations in urban and rural areas of Yucatan, Mexico », Anthrozoös, 2007, vol. 20, n°3, p. 261-274.
- PUURUNEN, Jenni, HAKANEN, Emma, SALONEN, Milla K., et al.,« Inadequate socialisation, inactivity, and urban living environment are associated with social fearfulness in pet dogs », Scientific reports, 2020, vol. 10, n°1, p. 3527.