J. D. Vance

À Budapest, J. D. Vance attaque les « bureaucrates de Bruxelles » pour aider Orbán à prendre l’élection hongroise

Aux côtés de Viktor Orbán, le vice-président des États-Unis a reproduit un procédé typique du Kremlin : l’inversion accusatoire.

Il a surtout explicitement confirmé l’objectif ultime de Washington en Europe : obtenir un changement de régime au prix de toutes les ingérences possibles.

Nous traduisons et commentons leur conférence de presse.

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Le Grand Continent
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© AP/Denes Erdos

Dans une conférence de presse conjointe donnée aujourd’hui mardi 7 avril à Budapest, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et le vice-président des États-Unis J. D. Vance ont répondu aux questions de la presse. Quelques heures plus tard, ce dernier a prononcé un grand discours de campagne — commenté demain matin dans les pages de la revue — marquant une étape supplémentaire dans l’ingérence de Washington dans la politique européenne.

La temporalité du déplacement de J. D. Vance n’était pas purement anodine : le vice-président est en Europe en pleine guerre au Moyen-Orient et alors que l’ultimatum lancé par Donald Trump contre le régime iranien touche à sa fin.

Durant une trentaine de minutes, Vance et Orbán, reprenant parfois mot pour mot des éléments de langage scriptés du Kremlin — le vice-président des États-Unis accuse notamment l’Ukraine d’interférer contre Budapest et Washington — s’en sont pris à la souveraineté des États européens et à l’Union dans son ensemble : « l’une des raisons pour lesquelles le président des États-Unis m’a envoyé ici, c’est parce que nous estimons que le niveau d’ingérence de la bureaucratie bruxelloise a été véritablement scandaleux. »

Si la vassalisation de la Hongrie d’Orbán à la Russie de Poutine est déjà bien documentée — y compris récemment par des transcriptions particulièrement accablantes dans lesquelles le Premier ministre hongrois se présente comme une « souris » au service d’un « lion » —, le déplacement et les prises de parole particulièrement dures de J. D. Vance à quelques jours de la fin de la campagne électorale hongroise témoignent de deux choses. D’une part, Viktor Orbán et ses alliés semblent réellement inquiets face à la poussée de Peter Magyar qui pourrait mettre fin au règne du Fidesz, poussant le vice-président des États-Unis à se déplacer en reprenant les éléments de langage du Kremlin sur lesquels Orbán a bâti sa campagne. D’autre part, après la mise en application de la « géopolitique hémisphérique » au Venezuela et le déclenchement d’une guerre d’ampleur au Moyen-Orient ayant conduit au blocage du détroit d’Ormuz, la priorité politique des États-Unis en Europe reste fondamentalement la même que celle que Vance avait annoncée à Munich il y a plus d’un an : le changement de régime.

L’Europe se dirige vers la pire crise énergétique de son histoire. Une flambée des prix dramatique est en vue si nous n’agissons pas dans les temps. Nous risquons d’être confrontés à des pénuries d’énergie, de gaz et de pétrole. 

Il peut paraître étonnant d’entendre Viktor Orbán parler de crise énergétique aux côtés du vice-président des États-Unis alors que la flambée des prix en Europe est surtout due à la fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran, à la suite de la guerre américano-israélienne lancée contre l’Iran.

L’Agence américaine d’information sur l’énergie a elle-même averti aujourd’hui que les prix de l’énergie devraient rester élevés pendant une grande partie de l’année, car il faudra probablement des mois pour rétablir l’approvisionnement en pétrole perturbé par la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz.

Dans ce contexte, il est crucial de garantir une coopération énergétique solide entre les États-Unis et la Hongrie, sans laquelle nous ne serons pas en mesure de nous approvisionner suffisamment. Nous avons parlé des efforts des États-Unis pour développer et atteindre la paix dans le monde. La Hongrie soutient avec force ces efforts.

Alors que l’Union a réduit sa dépendance vis-à-vis des importations de combustibles fossiles russes depuis 2022, les importations d’énergie en provenance des États-Unis ont augmenté — ce qui donne un levier important à Washington. Les États-Unis avaient notamment mis en garde l’Union en mars dernier, lui enjoignant d’adopter l’accord commercial sans y apporter de modifications sous peine de perdre son accès « favorable » aux livraisons de gaz naturel liquéfié. 

Nous nous trouvons dans l’ombre d’une guerre depuis maintenant plus de quatre ans. Les efforts du président Trump sont louables et s’il avait été véritablement élu en 2020, il n’y aurait pas eu de guerre en Ukraine. La paix prospérerait aujourd’hui et ça aurait été le cas depuis bien longtemps. 

J’ai eu l’occasion d’expliquer au vice-président des États-Unis que la Hongrie fait l’objet d’interférences fortes et ouvertes dans le cadre des élections législatives imminentes. 

La question financière de ces interférences dans les élections est tout particulièrement importante et se doit d’être évoquée ici. 

Viktor Orbán a largement fait campagne en s’opposant à l’Union européenne et à l’Ukraine, présentant le pays, qui combat l’agression russe depuis 2022 comme une menace pour la Hongrie. 

À Budapest, des affiches montrent le président ukrainien accompagné du message : « Ne laissez pas Zelensky avoir le dernier mot. » Sur d’autres, il apparaît aux côtés de Péter Magyar et d’Ursula von der Leyen avec le slogan : « Ils représentent un risque. Le Fidesz est le choix sûr. » Des vidéos générées par l’IA sur TikTok montrent Magyar chantant l’hymne national ukrainien ou avec le message : « je garde le silence parce que mes maîtres à Bruxelles m’ont interdit de défendre la patrie ».

Aujourd’hui, la majorité des fonds européens alloués à la Hongrie — soit 17 milliards d’euros sur un total de 27 milliards — demeurent gelés en raison de soupçons de corruption et de préoccupations concernant le respect de l’État de droit.

La conditionnalité des fonds européens au respect des principes de l’État de droit est un instrument relativement nouveau, la Cour de justice ayant validé le mécanisme en 2022. Il a surtout été appliqué depuis à la Pologne et à la Hongrie.

Je suis également très reconnaissant d’avoir pu échanger avec le vice-président sur la question civilisationnelle de l’Europe. Les discussions continueront entre nos deux pays. Quatre sujets clés — l’immigration, l’idéologie du genre, la politique familiale et la sécurité dans le monde — nous importent particulièrement. La Hongrie dispose d’une grande expérience dans chacune de ces catégories et nos discussions du jour ont débouché sur un accord visant à renforcer la coopération entre nos deux pays. 

La stratégie de sécurité nationale de Trump, publiée en décembre 2025, présente l’Europe comme menacée d’une « disparition civilisationnelle » et appelle les États-Unis à soutenir les « nations saines » d’Europe centrale et orientale. 

Merci beaucoup, M. le Vice-président, de vous être rendu en Hongrie en ce jour. Je laisse la parole maintenant au Vice-président. 

J. D. VanceMerci, Monsieur le Premier ministre, tout d’abord, et merci au peuple hongrois de m’accueillir. C’est une ville magnifique, une ville où je me suis déjà rendu une fois lors d’un voyage personnel, il y a probablement cinq ou six ans. Je me souviens que la première fois que je suis venu dans ce beau pays, ma femme était enceinte d’environ 20 semaines de notre deuxième enfant, et aujourd’hui, nous sommes de retour à Budapest, et ma femme est enceinte de 20 semaines de notre quatrième enfant. Il y a donc une coïncidence intéressante entre nos voyages en Hongrie.

Je tiens également à remercier le président des États-Unis, qui est bien sûr un ami cher du Premier ministre Orbán et un fervent défenseur de ce dernier, car ensemble, le président des États-Unis et le Premier ministre hongrois ont accompli des choses extraordinaires. Nous sommes ici pour célébrer ces réalisations exceptionnelles. Nous voulons nous appuyer sur ces réalisations exceptionnelles. 

Et bien sûr, je veux aider autant que possible le Premier ministre, alors qu’il fait face à cette période électorale, qui, je crois, aura lieu dans environ une semaine, l’élection pour choisir le prochain Premier ministre de Hongrie.

Je ne m’attends pas, bien sûr, à ce que le peuple hongrois écoute le vice-président des États-Unis. Ce n’est pas la raison principale de ma présence ici. Mais je tenais à envoyer un signal à tout le monde, en particulier aux bureaucrates de Bruxelles qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour freiner le peuple hongrois parce qu’ils n’aiment pas le dirigeant qui a réellement pris la défense du peuple hongrois. Je pense qu’il est important de le dire.

Selon la plupart des estimations, les fonds européens ont représenté environ 3,5 % du PIB hongrois entre 2005 et 2022. Le Fonds monétaire international indique que les fonds européens ont financé environ 70 % des investissements publics de la Hongrie en 2015.

Il y a tant de choses que nous pourrions mettre en avant. Il y a tant de coopérations économiques, tant d’investissements qui sont venus des États-Unis en Hongrie. Je pense que Viktor Orbán a été le dirigeant le plus marquant d’Europe sur la question de la sécurité et de l’indépendance énergétiques. 

Il est drôle de voir les Premiers ministres et les dirigeants de certaines capitales d’Europe occidentale parler de la crise énergétique alors que, franchement, ils auraient dû suivre les politiques de Viktor Orbán en Hongrie. Et s’ils l’avaient fait, la crise énergétique qu’ils traversent serait bien moins grave. Car voici ce qui se passe actuellement en Hongrie : certes, les prix de l’énergie sont élevés, mais ils le sont bien moins ici que presque partout ailleurs en Europe. C’est grâce au leadership de l’homme qui se tient à mes côtés.

Pour Vance, la sécurité et l’indépendance énergétiques semblent synonymes de la dépendance continue de Budapest aux importations de pétrole et de gaz russes.

La Hongrie est aujourd’hui l’un des trois pays de l’Union les plus dépendants de l’énergie russe, et depuis 2022, le pays a même accru sa dépendance à Moscou. Selon les chiffres du Center for the Study of Democracy, le pétrole brut russe représente désormais jusqu’à 93 % des importations de pétrole hongroises, contre 61 % en 2021.

En février, la Hongrie a intenté une action en justice contre le règlement REPowerEU visant à interdire les importations d’énergie russe, arguant que cette décision mettait en péril la sécurité énergétique. 

La confrontation avec l’Ukraine, qui a lieu en amont de l’élection, concerne surtout l’oléoduc Druzhba, qui achemine du pétrole depuis la Russie en traversant l’Ukraine. Orbán accuse le président Zelensky de l’avoir bloqué délibérément, tandis que l’Ukraine affirme que l’oléoduc a été endommagé lors d’une frappe de drone russe. 

Le Premier ministre hongrois a déclaré ce week-end que le président serbe Aleksandar Vučić l’avait informé de la découverte d’explosifs près du gazoduc transportant du gaz russe vers la Hongrie. Le candidat de l’opposition, Péter Magyar, a mis en doute l’incident, suggérant qu’il pourrait s’agir d’une opération destinée à influencer les élections hongroises.

Je pense que ce leadership peut servir de modèle au continent. 

Nous voulons que l’Europe réussisse. Nous voulons que les familles européennes aient les moyens de chauffer leur foyer et de réaliser de grandes choses. Nous voulons que l’Europe soit indépendante sur le plan énergétique, voire dominante, mais elle ne pourra pas assurer sa sécurité énergétique si elle continue à suivre les politiques ratées du passé.

Je pense donc que Viktor a été un excellent exemple et qu’il a tracé une voie qui pourrait mener à une Europe meilleure, plus prospère et plus sûre sur le plan énergétique. Il existe de nombreuses autres coopérations dans les domaines de la technologie, de l’intelligence artificielle et de l’industrie manufacturière. Les États-Unis et la Hongrie ont été d’excellents partenaires économiques à bien des égards, et ce partenariat s’est véritablement accéléré ces deux dernières années sous la direction du président Trump.

Mais Mesdames et Messieurs, Viktor, je ne suis pas ici pour parler de la coopération économique entre nos pays.

Je suis ici pour parler de la coopération morale entre nos deux pays, car ce que les États-Unis et la Hongrie représentent ensemble, sous la direction de Viktor et sous la direction du président Trump, c’est la défense de la civilisation occidentale, la défense de l’idée que les enfants devraient pouvoir aller à l’école et recevoir une éducation sans être endoctrinés, la défense de l’idée que les familles européennes et américaines devraient pouvoir se déplacer et avoir les moyens de chauffer et de climatiser leurs maisons, la défense de l’idée que nous sommes fondés sur une certaine civilisation chrétienne et des valeurs chrétiennes qui animent tout — de la liberté d’expression à l’État de droit, en passant par le respect des droits des minorités et la protection des plus vulnérables. Il y a tant de choses qui unissent les États-Unis et la Hongrie. Malheureusement, trop peu de personnes ont été disposées à défendre les valeurs de la civilisation occidentale.

Là encore, il est particulièrement ironique — et relativement rare — de voir J. D. Vance présenter la Hongrie de Viktor Orbán et les États-Unis de Donald Trump comme des modèles de l’État de droit.

Viktor Orbán est la rare exception qui a malheureusement confirmé la règle.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis ici. Je suis ici parce que Viktor est un homme d’État et que nous avons entendu tant de discours dans les capitales européennes sur la nécessité de mettre fin à la guerre en Russie et en Ukraine, et nous sommes tout à fait d’accord avec cela. La guerre n’aurait jamais éclaté si le président Trump avait été au pouvoir il y a quatre ans. 

Mais maintenant qu’elle a éclaté, les deux dirigeants qui ont probablement le plus œuvré pour mettre fin à ce conflit destructeur sont Donald J. Trump et Viktor Orbán en Hongrie. Et ils l’ont fait par la diplomatie, en dialoguant avec les gens, en essayant de comprendre ce dont les Ukrainiens et les Russes ont besoin pour mettre fin à la guerre. Nous allons continuer à participer à ce processus, mais je pense que cela témoigne de la force du peuple hongrois : vous êtes un pays de 10 millions d’habitants.

Mais je vous le dis, j’ai pris part à toutes les réunions et à tous les appels téléphoniques dans ces négociations, votre leader a été un partenaire de paix bien plus important et constructif que presque n’importe qui ailleurs dans le monde. Et c’est, je pense, un formidable témoignage de la sagesse et du courage du peuple hongrois. 

Et enfin, je voudrais juste dire quelque chose, une dernière remarque au sujet de cette élection. Ce qui s’est passé dans ce pays, ce qui s’est passé au cours de cette campagne électorale, est l’un des pires exemples d’ingérence étrangère dans une élection que j’aie jamais vu ou même lu. 

Il peut sembler ironique d’entendre Vance parler de l’ingérence de Bruxelles dans les élections en Hongrie, alors qu’il se trouve littéralement dans le pays pour soutenir Orbán, que l’administration Trump a fait de la survie de ce dernier une priorité stratégique, et que la visite de Vance fait suite à celle de Rubio en février. 

Le gouvernement d’Orbán est aussi un allié clef de la Russie, tant au sein de l’OTAN que de l’Union, bloquant l’aide à l’Ukraine et opposant son veto aux sanctions. 

Dans une transcription d’un appel téléphonique entre Orbán et Poutine le 17 octobre, obtenue par Bloomberg, Orbán compare leur relation à celle d’une « souris » prête à venir en aide au « lion » russe en cas de besoin.

« Hier, notre amitié a atteint un tel niveau que je peux vous aider de toutes les manières possibles », aurait déclaré Orbán à Poutine. « Pour tout ce en quoi je peux vous être utile, je suis à votre service. »

Les bureaucrates de Bruxelles ont tenté de détruire l’économie hongroise. Ils ont tenté de réduire l’indépendance énergétique de la Hongrie. Ils ont tenté de faire grimper les coûts pour les consommateurs hongrois, et ils ont fait tout cela parce qu’ils détestent ce type.

Mais je pense que ce que le peuple hongrois devrait faire, ce que je l’encourage à faire, c’est de se poser la question suivante : non pas qui est pro ou anti-Europe, ni qui est pro ou anti-États-Unis, mais qui est de votre côté ? Qui est du côté du peuple hongrois ? D’après mon expérience, j’ai vu un homme qui a farouchement défendu les intérêts de la Hongrie. Je suis ici pour l’aider dans cette campagne électorale. Et pourtant, lorsque je me suis assis avec Viktor, nous n’avons pas parlé de politique. Nous avons parlé de choses concrètes, de choses concrètes, de choses concrètes : « Voici cinq choses dont nous avons besoin, dont le peuple hongrois a besoin de la part des États-Unis pour renforcer notre partenariat et pour atteindre la prospérité. » C’est le genre de leadership dont nous avons besoin.

Et sur tous les sujets, de la censure numérique à la question suivante : pourquoi les bureaucrates de Bruxelles dictent-ils aux entreprises de réseaux sociaux quelles informations elles doivent fournir aux électeurs hongrois ? Je pense que les électeurs hongrois sont des adultes. Ils sont souverains dans leur propre pays et devraient pouvoir consulter toutes les informations qu’ils souhaitent concernant les élections sans que quelqu’un, dans une capitale lointaine, les traite comme des enfants. La souveraineté et la démocratie reposent fondamentalement sur le choix du peuple. 

Et l’une des raisons pour lesquelles nous sommes ici, et l’une des raisons pour lesquelles le président des États-Unis m’a envoyé ici, c’est parce que nous estimons que le niveau d’ingérence de la bureaucratie bruxelloise a été véritablement scandaleux.

Je ne dirai pas au peuple hongrois comment voter. J’encourage les bureaucrates de Bruxelles à faire exactement la même chose. 

Juste après cette conférence de presse, dans un discours plus long, J. D. Vance a littéralement appelé les Hongrois à voter pour Viktor Orbán.

Alors Viktor, merci. Et je suis ravi de vous voir.

J’ai deux questions, une pour le Premier ministre et l’autre pour le Vice-Président. Pour M. Orbán, j’ai une question concernant les possibilités d’une fin de la guerre en Russie. Y a-t-il des progrès ? Pour M. Vance, j’ai une question concernant les menaces du président ukrainien à l’encontre du Premier ministre. 

Viktor Orbán Pour rebondir sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine, c’est un sujet difficile à évoquer, douloureux. Une guerre entre deux pays chrétiens sur le territoire européen. Ces deux éléments rappellent que cette guerre est extrêmement grave. J’ai toujours été sur la même ligne que le président Trump. Dès le début de la guerre, nous avons été d’accord sur les bases. L’Europe ne peut pas se permettre d’avoir une guerre sur son territoire avec des dizaines de milliers de personnes mourant semaine après semaine. C’est terrible. Il faut terminer cette guerre à tout prix. 

Avant que le président Trump ne revienne au pouvoir, les États-Unis étaient pour continuer cette guerre. 

Le retour de Trump est inestimable, car il contribuera à la paix. 

On ne peut pas ne pas parler de cette guerre entre la Russie et l’Ukraine. Mais il y a aussi des Hongrois qui meurent dans cette guerre, des Hongrois qui habitent en Ukraine. Trop souvent, certains citoyens hongrois sont transférés de force sur le champ de bataille où ils finissent par mourir. 

Le président des États-Unis, en tant que président de la paix, a essayé de créer un Conseil de la paix pour l’Ukraine. Il faut en effet trouver une solution à ce conflit. 

La Hongrie s’engage en faveur d’une résolution pacifique du conflit. Il y a des négociations. 

Nous avons vu ce qui s’est passé lors des discussions entre le président russe et le président américain. La Hongrie est prête à aider les deux pays à mener des pourparlers fructueux. Nous sommes à leur disposition.

J. D. VanceMerci encore de votre volonté d’accueillir cette rencontre. Et pour répondre à votre question, je n’ai pas connaissance que le président Zelensky ait menacé Viktor Orbán. 

Je sais que beaucoup de gens ont menacé Viktor et, franchement, non seulement ils ont menacé le peuple hongrois, mais ils ont en fait tenté de faire payer un prix au peuple hongrois parce que ses dirigeants ont été parmi les rares à faire preuve de sagesse et d’intelligence face au conflit entre la Russie et l’Ukraine. 

Écoutez, vous n’avez pas à défendre la moralité de la guerre. Je pense que Viktor l’a fait. Je l’ai certainement fait. Le président des États-Unis a condamné l’invasion. Nous n’aimons pas la guerre. Nous voulons qu’elle cesse. 

Ce n’est pas la question. La question est : comment y mettre fin ? Et la réponse ne vient pas de politiciens qui se tiennent devant des micros, se frappent la poitrine et jouent les durs alors que ce sont les enfants d’autrui qui partent se battre dans un conflit ; on y parvient par une diplomatie soutenue.

Je voudrais donc demander au peuple hongrois, et pas seulement à la Hongrie, mais aux peuples de toute l’Europe : quelle est l’alternative à la paix ? Est-ce continuer à envoyer des jeunes hommes dans cette terrible, terrible guerre pour perpétuer ce cycle de violence complètement ridicule, ou est-ce prendre la diplomatie au sérieux ? Est-ce de continuer à voir les prix de l’énergie monter en flèche au point où les économies européennes sont au bord de l’effondrement, ou est-ce de s’asseoir et de s’engager sérieusement dans une résolution pacifique ? La raison pour laquelle le président des États-Unis s’est tant investi dans cette cause n’est pas parce que cela nous touche aussi personnellement que cela touche les peuples de Hongrie ou d’Europe. En fait, comme vous le savez tous, nous sommes bien plus à l’abri de ce qui se passe en Russie et en Ukraine que la plupart des autres pays du monde.

Le président nous a demandé de travailler avec tant d’ardeur sur ce dossier parce qu’il sait que la situation est grave. Elle est grave pour le commerce, elle est grave pour la morale, elle est grave pour la vie humaine. Nous devons nous engager dans une véritable diplomatie. Viktor a su mieux que quiconque nous aider à comprendre ce dont les Ukrainiens ont besoin et ce dont les Russes ont besoin pour parvenir à la paix. Nous allons continuer à travailler sur ce processus. Comme vous l’avez tous entendu dire par le président, cette guerre a été la plus difficile de toutes celles qu’il a tenté de résoudre, mais nous allons continuer à y travailler. Le président nous a ordonné de continuer à y travailler, mais nous avons besoin de personnes.

Nous avons besoin de personnes en Europe qui comprennent les enjeux et savent comment mener à bien cette négociation. Victor a joué un rôle essentiel dans ce domaine, c’est pourquoi le président lui a demandé son avis sur le sommet de Budapest, car je pense que quel que soit l’endroit où nous réunirons ces dirigeants, c’est l’endroit idéal pour le faire, un lieu où règne un véritable sens de l’État, un lieu qui s’est montré très disposé à être une force positive pour la paix.

Nouvelle question pour chacun d’entre vous. M. Orbán, vous avez évoqué la flambée des prix de l’énergie, à cause notamment du blocage du détroit d’Ormuz. Maintenant qu’il n’y a plus de pétrole russe ou du Moyen-Orient, que va-t-il se passer en Europe ? Que va-t-il se passer en Hongrie ? Qu’en est-il de la coopération énergétique entre les États-Unis et la Hongrie ? Pensez-vous que Bruxelles allègera les sanctions vis-à-vis de la Russie ? Selon un rapport des services secrets américains, l’Ukraine serait intervenue dans la campagne vis-à-vis des élections législatives. Quels sont les potentiels objectifs de l’Ukraine en ayant recours à une telle interférence ? Merci. 

Viktor OrbánLa situation en Europe est nouvelle. Les élections en Hongrie sont peut-être un nuage noir à l’horizon. Peut-être que la crise énergétique nous détourne de ce sujet alors qu’il arrive dimanche. 

Mais il y a quelque chose qui va tout changer. 

La stratégie suivie par les Européens de soutenir l’Ukraine est un échec. Cette stratégie est un échec. Et ce, dès le départ. Il me semblait que c’était une idée très étrange. Cette guerre entre la Russie et l’Ukraine met à l’épreuve l’économie russe. L’Europe soutient l’Ukraine. Et à terme, la Russie devrait être forcée d’écouter les demandes des Européens et des Ukrainiens. Or la Russie est un pays avec des ressources énergétiques quasiment illimitées. 

Ce n’est pas le cas des Européens ni des Ukrainiens. C’est pareil pour les matières premières. 

Pendant un certain temps, les Européens pensaient que ces sanctions seraient suffisantes pour remporter la guerre économique. Mais, tout d’un coup, toutes les terres rares russes et les hydrocarbures russes reviennent sur le devant de la scène. La stratégie européenne en Ukraine est un échec. C’est peut-être pour cela également qu’on n’a pas tant parlé que cela de l’importance des élections en Hongrie de dimanche. 

La situation est difficile, je suis très clair sur ce sujet. Depuis 2022, les Ukrainiens ont coupé leur gazoduc qui les reliait à la Russie. Nous avons pu garantir notre approvisionnement en hydrocarbures par la Turquie. Nous avons dû subir les attaques du gouvernement ukrainien qui nous a coupé notre aliment, notre approvisionnement en hydrocarbures vis-à-vis de la Russie. C’était notre cordon ombilical. Il faut approvisionner notre économie en matière première. 

Il faut forcer l’Ukraine à rouvrir les gazoducs et nous avons un plan pour cela, étape par étape. À l’issue de ce plan, je suis convaincu que nous gagnerons et que l’Ukraine n’aura plus aucune option si ce n’est rouvrir les gazoducs et donc garantir notre approvisionnement énergétique. Voilà mon plan, voilà le déroulé des prochaines semaines et mois. 

J. D. VancePour répondre à votre question : oui, nous sommes tout à fait conscients qu’il existe des éléments au sein des services de renseignement ukrainiens qui ont tenté d’influencer les élections américaines et les élections hongroises. 

Comme dans le passage qui suit, le vice-président des États-Unis reprend ici presque mot pour mot des éléments de langage sur la propagande du Kremlin. Si J. D. Vance relaye une fausse accusation en ingérence, il omet de rappeler qu’il est avéré que la Russie a bel et bien joué un rôle dans la première élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis en 2016.

C’est tout simplement ce qu’ils font. Cela fait partie du prix à payer pour faire des affaires avec certains éléments de leur système. J’essaie de me rappeler que l’Ukraine, tout comme les États-Unis, est un pays très complexe. Il y a des gens bien et il y a des gens mal intentionnés. Il y a des gens qui tentent d’interférer dans les élections d’autres pays, et il y a des gens qui disent simplement : « Vous savez quoi ? Nous croyons en la souveraineté de chacun, et c’est ce que nous soutenons. »

Par exemple, il y avait des gens au sein du système ukrainien qui faisaient campagne aux côtés des démocrates littéralement dans les semaines précédant l’élection présidentielle où Donald Trump a remporté une victoire très confortable en novembre 2024. Je suis donc au courant de tout ça, mais je ne pense pas que Victor se laisse affecter par ça. Je ne me laisse pas affecter par ça. Nous sommes ici pour essayer de résoudre les problèmes des personnes que nous représentons. Et quoi qu’en pensent certains éléments au sein du système ukrainien à mon sujet ou au sujet de n’importe qui d’autre, je crois sincèrement qu’il est dans l’intérêt de l’Ukraine, dans l’intérêt de l’Europe et de la Hongrie, dans l’intérêt des États-Unis que cette guerre se termine le plus rapidement possible.

Les germes de cette guerre, les germes de ce conflit ont en réalité été semés bien avant le début des combats, et ils ont été semés lorsque les dirigeants européens ont décidé de s’enfoncer si profondément dans une économie énergétique particulière qu’ils allaient se couper du pétrole et du gaz naturel provenant de l’Est. C’était une énorme erreur à l’époque, et il est évident que c’est une énorme erreur aujourd’hui. Et c’est drôle, quand j’entends des gens accuser mon président, par exemple, d’être pro-russe, alors que mon président a fait plus que quiconque au monde pour aider l’Europe en matière d’énergie et de gaz naturel liquéfié, ce qui affaiblit la Russie, car nous aimerions que nos alliés et nos amis mènent des politiques énergétiques intelligentes afin que leurs consommateurs paient moins cher, mais aussi que, si jamais un conflit venait à éclater, ils puissent compter sur nous plutôt que sur un autre pays pour l’énergie dont ils ont besoin.

Je trouve donc très drôle que, très souvent, ceux-là mêmes qui accusent ce dirigeant d’être pro-russe soient précisément ceux qui ont créé, au départ, une économie européenne vulnérable sur le plan énergétique. Et cela a contribué plus que tout autre facteur à affaiblir l’Ukraine et à renforcer la Russie. Nous voulons simplement que les tueries cessent. Nous voulons revenir au commerce. Nous reconnaissons qu’il y a beaucoup de questions difficiles, mais la manière de résoudre ces questions est de se parler et de s’engager réellement dans une diplomatie de terrain.

L’heure tourne, l’ultimatum du président Trump arrive bientôt à échéance. Le président Trump avait dit sa volonté de « renvoyer l’Iran à l’âge de pierre ». Pensez-vous qu’un accord peut être trouvé d’ici là ? En outre, on a entendu parler des déclarations du président Trump disant que Dieu est du côté des États-Unis. En êtes-vous convaincu ? 

J. D. VanceVous m’avez demandé s’il y avait de nouvelles informations, à moins que je n’aie reçu un SMS de Steve… En fait, j’ai bien reçu un SMS de Steve Witkoff. Vous aimeriez connaître l’objet de ce message ? Mais non, je dois d’abord le lire avant d’en parler.

Sur cette question de l’accord, je pense vraiment qu’il y a deux voies possibles. Le président a été très clair à ce sujet. Il y a deux voies possibles pour que cette affaire aboutisse finalement. Tout d’abord, les États-Unis ont largement atteint leurs objectifs militaires. Il reste encore certaines choses que nous aimerions faire, par exemple concernant la capacité de l’Iran à fabriquer des armes, sur laquelle nous aimerions travailler un peu plus sur le plan militaire, mais fondamentalement, les objectifs militaires des États-Unis ont été atteints. Cela signifie donc, comme l’a dit le président, que cette guerre va prendre fin très prochainement. Et je pense que la nature de cette conclusion dépend en fin de compte des Iraniens. Je pense qu’il y a vraiment deux scénarios possibles.

Je simplifie un peu trop les choses, mais je pense que le premier scénario est celui où les Iraniens décident de devenir un pays normal. Ils ne financeront plus le terrorisme. Ils s’intégreront au système mondial du commerce et des échanges. Et cela sera bien plus bénéfique pour eux sur le plan économique. Cela sera bénéfique pour la paix et la sécurité dans le monde. Cela apportera beaucoup de bienfaits à de nombreuses personnes partout sur la planète. C’est l’option A. L’option B est que les Iraniens ne viennent pas à la table des négociations et restent engagés dans le terrorisme, dans la terreur de leurs voisins, pas seulement Israël, mais bien sûr aussi leurs voisins arabes. Dans ce cas, la situation économique en Iran restera très, très mauvaise, et franchement, elle risque même de s’aggraver.

Le président a donc demandé à toute son équipe, en particulier à Steve Witkoff et Jared Kushner, de déterminer les contours d’un accord potentiel. Que sont-ils prêts à faire ? Car sur le plan militaire, franchement, cela n’a pas d’importance pour nous, quelle que soit l’issue. Il s’agit fondamentalement de savoir à quoi cela ressemblera par la suite. Et c’est sur cela que les négociations se sont concentrées. Le président a également été très clair sur le fait que, tandis que les Iraniens tentent d’imposer un maximum de coûts économiques via le détroit d’Ormuz, les États-Unis ont la capacité d’imposer des coûts économiques bien plus importants à l’Iran que l’Iran n’a la capacité de nous en imposer, à nous ou à nos alliés dans le monde. J’espère donc qu’ils feront preuve d’intelligence. Le président a fixé un délai d’environ 12 heures à compter de maintenant aux États-Unis. Nous allons voir ce qu’il en est. Mais il y aura beaucoup de négociations d’ici là, et j’ai bon espoir que cela aboutisse à une bonne résolution.

La deuxième question que vous avez posée concernait : « Dieu est-il de notre côté ? De quel côté est Dieu ? » Je pense que mon attitude face aux conflits militaires a toujours été de prier pour que nous soyons du côté de Dieu. Et mon opinion personnelle est que nous agissons pour les bonnes raisons. Nous agissons ainsi parce que nous ne voulons pas qu’un régime qui se livre à des actes de terrorisme dispose de l’arme la plus dangereuse au monde, car cela entraînerait la mort de nombreux innocents. J’espère sincèrement que Dieu approuve la décision selon laquelle l’Iran ne devrait pas posséder d’arme nucléaire, mais je continuerai à prier à ce sujet. Et s’Il me donne une bonne réponse, vous serez les premiers à le savoir.

Merci, Monsieur le Vice-président. J’ai quelques questions pour vous. Selon nos informations, les États-Unis vont frapper l’île de Kharg. Vous avez affirmé que les objectifs militaires de cette guerre avaient été atteints. Expliquez-nous pourquoi le Président continue de menacer et d’attaquer chaque installation nucléaire ou énergétiques en Iran ? Le calendrier de la guerre n’est pas clair. Nous en sommes à la sixième semaine de combats. Le président avait dit que la guerre se terminerait dans six semaines. Est-ce qu’on va vraiment vers la fin du conflit ? Enfin, si le Premier ministre Orbán perd ses élections, l’âge d’or des relations entre la Hongrie et les États-Unis se perpétuera-t-il ? Continuerez-vous à travailler avec Budapest ?

Les États-Unis ont en effet frappé le 7 avril des sites militaires iranien sur l’île de Kharg.

J. D. VanceCela fait beaucoup de questions.

Eh bien, bien sûr, nous travaillerons avec celui qui remportera les élections hongroises, car nous aimons le peuple hongrois et il s’agit d’une relation importante, mais Viktor Orbán va remporter les prochaines élections en Hongrie, je suis donc très confiant et je pense que nos relations positives se poursuivront… Viktor, c’est bien ça ?

Viktor OrbánC’est ce qui est prévu.

J. D. VanceParfait. 

Vous avez donc posé une question sur l’île de Kharg. D’après ce que j’ai compris en discutant de cela avec Pete et le général Caine, nous allions frapper certaines cibles militaires sur l’île de Kharg. Je crois que nous l’avons fait. Nous avons respecté le délai fixé par le président, tout comme tout le monde. Et il a dit très clairement : « Nous n’allons pas frapper des cibles énergétiques et d’infrastructure tant que les Iraniens n’auront pas fait une proposition que nous pouvons soutenir ou tant qu’ils n’auront pas fait de proposition », mais il leur a donné jusqu’à mardi 8 heures [heure de Washington]. Je ne pense donc pas que les informations concernant l’île de Kharg représentent un changement de stratégie ou un revirement de la part du président des États-Unis.

Il continue de dire que le délai est fixé à 8h, mais pour quoi faire ? Fondamentalement, ce que l’Iran tente de faire, puisqu’il a été vaincu militairement, c’est d’infliger autant de souffrances économiques que possible au monde. Et le président des États-Unis est un homme qui sait reconnaître les leviers de pression : s’il les Iraniens veulent infliger un certain degré de souffrance, les États-Unis ont la capacité d’infliger une souffrance bien, bien plus grande. Le président ne veut pas faire cela. Je ne veux pas faire cela. C’est pourquoi nous négocions de manière si agressive. Mais fondamentalement, la balle est dans le camp des Iraniens. Je pense que le président en a parlé. Une chose que je dirai, c’est que les Iraniens n’étaient pas les négociateurs les plus rapides avant le début de la guerre, et ils ne sont certainement pas les plus rapides aujourd’hui. Nous reconnaissons donc qu’il y a parfois un certain retard dans la transmission des messages d’une personne à l’autre, mais nous sommes convaincus que nous obtiendrons une réponse. Qu’elle soit positive ou négative, nous aurons une réponse des Iraniens d’ici 8h ce soir.

J’espère qu’ils donneront la bonne réponse, car ce que nous voulons vraiment, c’est un monde où le pétrole et le gaz circulent librement, où les gens ont les moyens de chauffer et de climatiser leurs maisons, où les gens ont les moyens de se rendre au travail. Cela n’arrivera pas si les Iraniens se livrent à des actes de terrorisme économique. Ils doivent donc savoir que nous disposons d’outils dans notre boîte à outils que nous n’avons pas encore décidé d’utiliser. 

Le président des États-Unis peut décider de les utiliser et il décidera de les utiliser si les Iraniens ne changent pas de comportement. 

Cette dernière phrase a donné lieu à une interprétation nucléaire du message de Donald Trump qui annonçait le même jour « une civilisation entière va mourir ce soir ». Via le compte Twitter « Rapid Response », la Maison-Blanche a par la suite nié que c’était ce que sous-entendait J. D. Vance. 

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