Le prix réel de la guerre en Iran
Dans une étude inédite, Thierry Breton chiffre l’impact de la guerre en Iran sur l’économie mondiale jusqu’à présent : 600 milliards de dollars.
Observatoire de la bataille d’Ormuz
Dernière mise à jour : 28 avril 2026
Après quarante-huit jours de fermeture, l’Iran a annoncé, le 17 avril, la réouverture du détroit. Le lendemain, le 18 avril, Téhéran a déclaré qu’Ormuz était à nouveau fermé.
Depuis le début de la guerre contre l’Iran le 28 février, au moins 24 navires civils — pétroliers, porte-conteneurs et autres cargos — ont été attaqués dans le détroit d’Ormuz.
La guerre s’accompagne d’une mise en scène visuelle revendiquée par la Maison-Blanche, une dimension spectaculaire et ludifiée que nous avons analysée ici. Le régime iranien applique une stratégie similaire : des images de destruction, souvent produites par intelligence artificielle, lui permettent de mettre en scène sur les réseaux sociaux la perturbation de la circulation maritime et les attaques dans les pays du Golfe. Conformément à notre protocole éditorial, nous avons analysé les principales images circulant en source ouverte concernant le détroit d’Ormuz, en les soumettant à une analyse systématique de géolocalisation et d’authentification avant leur publication.
Selon Olivier Blanchard, le scénario central qui s’impose est celui de prix du pétrole durablement élevés vers 150–200 dollars le baril, nettement supérieurs aux prix actuels du marché, en raison de trois contraintes structurelles : la perte de contrôle du détroit d’Ormuz, l’insuffisance des capacités de substitution de l’offre et la faible élasticité-prix de la demande à court terme.
Les craintes d’une perturbation longue des approvisionnements ont fait bondir le prix du Brent, qui a frôlé les 120 dollars par baril à l’ouverture des marchés le lundi 9 mars.
Plusieurs rapports font déjà état d’une sous-estimation par Washington de la capacité et de la volonté de Téhéran de fermer le détroit d’Ormuz avant le lancement de l’opération Epic Fury.
Une seule mesure a été prise pour le moment au niveau international :
Le président français, Emmanuel Macron, avait proposé une mission « purement défensive » pour « rouvrir » le détroit d’Ormuz et escorter les navires « après la fin de la phase la plus chaude du conflit ». Le secrétaire au Trésor américain a pour sa part déclaré le 12 mars que la marine américaine pourrait escorter des navires dans le détroit d’Ormuz dans le cadre d’une coalition internationale. Une nouvelle réunion menée par la France et le Royaume-Uni en vue de la constitution d’une mission multinationale afin de protéger la liberté de navigation a eu lieu ce 17 avril.
Les principaux pays producteurs du Golfe — l’Arabie saoudite, l’Irak, l’Iran, le Koweït, Bahreïn, le Qatar et les Émirats arabes unis — utilisent le détroit pour exporter leur brut.
Les pays d’Asie sont les plus exposés à la fermeture du détroit. Mais les prix du pétrole étant déterminés sur les marchés mondiaux, le blocage d’Ormuz a une influence considérable sur les coûts énergétiques mondiaux.
Situé entre l’Iran au nord et les Émirats arabes unis et Oman au sud, le détroit d’Ormuz constitue l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde. Il relie le golfe Persique à l’océan Indien et s’étend sur près de 212 kilomètres de long. À son point le plus étroit, il ne mesure qu’environ 55 kilomètres, avec une profondeur moyenne de 80 mètres.
Dans une étude inédite, Thierry Breton chiffre l’impact de la guerre en Iran sur l’économie mondiale jusqu’à présent : 600 milliards de dollars.