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Dans quelle recomposition du Moyen-Orient s’inscrit la guerre en cours ?
C’est la compétition entre Israël et l’Iran qui a façonné l’équilibre des pouvoirs de la région. Alors que l’équilibre des forces s’est maintenant déplacé en faveur d’Israël, il est très difficile d’imaginer un retour à la situation qui prévalait en septembre 2023.
Dans le passé, la puissance militaire de l’Iran, comme celle de ses mandataires — en particulier le Hezbollah — ont servi de moyen de dissuasion : elles circonscrivaient la capacité d’action d’Israël. Ces moyens ont désormais disparu, ce qui transforme la région.
Comment Israël est-il parvenu à cette position ?
Si les attaques du Hamas ont provoqué une rupture, le véritable tournant a été pris lors de l’attaque israélienne contre le Hezbollah en septembre 2024. Celle-ci a porté un coup sévère au régime iranien qui lui fournissait un soutien colossal.
La chute du régime d’Assad en décembre 2024 en est une conséquence. Ce dernier, en place depuis longtemps, jouait un rôle central dans plusieurs conflits au Moyen-Orient. Sa chute, principalement sous l’action de rebelles soutenus par la Turquie, a ouvert la voie à une compétition entre Israël et la Turquie pour le contrôle de certaines parties de la Syrie. Désormais, un « Grand Israël » est possible.
En octobre 2024, une deuxième série d’attaques menées par Israël contre l’Iran, après que celui-ci eut frappé le pays, a de même causé d’importants dommages au système de défense iraniens, qui était déjà affaibli. Ces dommages ont facilité les nouvelles opérations aériennes de juin 2025, menées cette fois avec les États-Unis. Sur le plan technique et militaire, elles ont été couronnées de succès.
La Stratégie de défense nationale publiée par la Maison-Blanche annonçait pourtant un repli des forces états-uniennes sur l’hémisphère occidental. L’implication de Washington dans le conflit qui s’ouvre peut-elle être conciliée avec cette doctrine ?
L’administration Trump tente d’endiguer la menace chinoise dans l’hémisphère occidental : c’est ce qui détermine ses prises de position. Bien que le Moyen-Orient ne fasse évidemment pas partie de cet hémisphère, je pense que Trump souhaite y faire une démonstration de force à destination de Pékin, pour montrer que les États-Unis sont en mesure de perturber la sécurité énergétique de la Chine. C’était l’un des objectifs de l’opération au Venezuela.
Cette politique semble être une réponse états-unienne à l’embargo sur les terres rares déclaré par la Chine au debut de la guerre commerciale d’avril 2025. Ce dernier a été très efficace et l’on pourrait considérer les opérations militaires des derniers mois comme une forme de riposte : à leur tour, les États-Unis exploitent les vulnérabilités de la Chine en attaquant ses sources d’approvisionnement — le Venezuela et surtout l’Iran.
En déclarant cette guerre, les États-Unis profitent également d’une opportunité stratégique créée au Moyen-Orient : comme je l’ai évoqué, l’Iran s’est affaibli depuis l’automne 2023.
Avant de revoir à la s États-Unis n’ont pas caché qu’ils menaient cette guerre pour provoquer un changement de régime. Les tentatives de Washington pour remodeler le Moyen-Orient au cours des deux dernières décennies se sont pourtant soldées par des désastres. Serait-ce la fin du désengagement des États-Unis au Moyen-Orient ?
Les États-Unis ne se sont jamais désengagés. La présence militaire et navale américaine autour du golfe Persique n’a jamais été remise en question, comme en témoigne la présence de bases militaires américaines dans la région.
Les États-Unis ont en effet un intérêt permanent à préserver le passage par le golfe Persique pour leurs propres importations de pétrole en provenance du Moyen-Orient — en quantité limitée —, mais aussi pour leurs alliés nominaux comme ceux de l’OTAN. En contrôlant ce passage, ils empêchent la Chine de le faire à leur place.
Il est vrai que tous les présidents américains depuis Obama ont tenté de réduire l’engagement des États-Unis au Moyen-Orient, y compris Trump pendant son premier mandat. Chacun d’entre eux n’a pourtant fait qu’enliser davantage le pays dans la région.
Les États-Unis ne sont pas revenus aux rêves néoconservateurs d’instaurer des démocraties au Moyen-Orient. Cette fois, l’objectif semble très différent de celui poursuivi en Irak.
Helen Thompson
Comment l’Europe pourrait-elle être entraînée dans ce conflit ?
Si les Houthis revenaient en premier plan du conflit militaire, la mer Rouge pourrait de nouveau revenir au centre de l’attention. Les États-Unis pourraient facilement y intervenir militairement — comme sous Biden, où une opération avait été menée avec le Royaume-Uni — tout en demandant davantage d’aide européenne dans le golfe Persique. Il est probable aussi qu’ils demanderaient aussi que les gouvernements européens les condamnent moins, comme nous l’avons vu jusqu’ici. Contrairement au Golfe, très peu de navires en direction des États-Unis transitent par le canal de Suez : si ceux-ci veulent le maintenir ouvert, c’est donc principalement pour des raisons indirectes
Il est cependant possible que les différents pays européens ne s’accordent pas sur la conduite des opérations en mer Rouge. L’Allemagne est en effet beaucoup moins disposée que les Britanniques et les Français à utiliser la puissance militaire dans cette région. Chacun de ces pays envisage différemment quelle forme pourrait prendre une alliance avec les États-Unis dans la région.
Aujourd’hui, le Premier ministre britannique a autorisé les États-Unis à utiliser la base de Diego Garcia, dans l’océan Indien, pour la prochaine série d’attaques. Cette décision fait suite à de fortes pressions de la part de Trump, qui reprochait à Starmer de lui avoir refusé l’accès à la base pour mener la première série de frappes contre l’Iran.
Les pays européens ont réagi de manière très différente aux frappes : certains ont appelé à la désescalade, d’autres ont invoqué le droit international. Il est vrai qu’il est peu fréquent qu’ils s’accordent au sujet d’une intervention des États-Unis…
La crise de Suez est pourtant un exemple de consensus : l’Allemagne de l’Ouest avait grandement soutenu l’action britannique et française avant que les Américains n’y mettent fin, ce qui a rendu Adenauer furieux.
Cela étant dit, je crois qu’un tel accord n’a que rarement été observé depuis. Certes, lors de la première guerre du Golfe, l’Allemagne de l’Ouest envisageait de s’impliquer dans le conflit, mais elle n’a finalement pas participé aux opérations de patrouille aérienne menées par les Français et les Britanniques dans les années 1990.
En 2003, les néoconservateurs croyaient encore en la promotion de la démocratie à l’étranger et pensaient pouvoir l’exporter par la force. Aujourd’hui, Trump invite les Iraniens à « prendre le contrôle de leur gouvernement » une fois l’exécutif décapité. Si la promotion de la démocratie dans le monde est passée au second plan, comment Trump envisage-t-il la coopération avec un nouveau régime à Téhéran ?
Je ne pense pas que les États-Unis soient revenus aux rêves néoconservateurs d’instaurer des démocraties au Moyen-Orient. Cette fois, l’objectif semble très différent de celui poursuivi en Irak, où le parti Baas lié à la minorité sunnite a été en définitive remplacé par un système démocratique au sein duquel la population chiite était majoritaire.
L’objectif de Trump en Iran n’est peut-être pas de mettre en place un gouvernement pro-occidental, mais simplement un gouvernement qui ne soit pas hostile à l’Occident. Il se peut toutefois que cela soit encore difficile à mettre en pratique.
D’après certaines de ses déclarations, on peut penser que Trump espérait la répétition du scénario vénézuélien : une démonstration de force — dans un cas, l’enlèvement d’un dirigeant, dans l’autre, l’assassinat d’un dirigeant par un allié — afin de provoquer un changement de régime qui ne détruirait pas entièrement les fondements du précédent, mais effraierait les forces restantes pour les pousser à s’aligner sur les objectifs des États-Unis.
Pour que le nouveau régime iranien ne reconduise pas le pouvoir des clercs, il faudrait sans doute que l’Iran s’effondre. Étant donné la taille de sa population, cela pourrait conduire au chaos.
S’agirait-il donc de renverser des gouvernements hostiles sans pouvoir remodeler les sociétés qu’ils régissaient — comme la France et la Grande-Bretagne l’ont fait en Afrique dans les années 1960 ou 1970 ?
Oui, je pense que c’est un bon exemple de comparaison. Il s’agit de mettre en place un régime beaucoup plus favorable aux intérêts des États-Unis et d’Israël que ne l’était celui de Khamenei.
À l’approche des élections de mi-mandat de 2026, est-il possible d’inscrire cette intervention spécifique dans le contexte politique général des États-Unis ?
Quoi qu’il arrive en Iran, la déclaration de guerre de Trump l’a déjà affaibli sur le plan politique.
Les premiers sondages réalisés depuis son discours du 28 février indiquent un soutien très faible à la guerre de la part de l’électorat américain, d’environ 20 %. À titre de comparaison, l’invasion de l’Irak avait bénéficié d’un soutien initial beaucoup plus important, avant que celui-ci ne s’amenuise.
Certes, la dynamique pourrait être inverse : le soutien pourrait croître au fur et à mesure. L’administration Trump a indiqué qu’elle ne souhaitait pas envoyer de troupes au sol et que cette guerre reposerait entièrement sur la puissance aérienne. Pour le moment, le conflit ne présente donc pas les mêmes risques que la guerre en Irak.
Cela dit, le noyau dur des partisans de Trump n’est pas constitué d’électeurs favorables aux guerres au Moyen-Orient.
Cette déception pourrait jouer contre le président, qui est également critiqué pour avoir choisi de mener cette guerre aux côtés d’Israël — et alors qu’une partie de la droite critique très vivement les relations entre les États-Unis et l’État hébreu.
L’équilibre des forces s’est maintenant déplacé en faveur d’Israël, il est très difficile d’imaginer un retour à la situation qui prévalait au Moyen-Orient en septembre 2023.
Helen Thompson
Ces événements sont susceptibles d’avoir un impact considérable sur la politique intérieure américaine. Trump a peut-être compris qu’après les élections de mi-mandat, il risquait de devenir un président impuissant. Il se peut donc qu’il tente simplement de saisir une occasion — l’Iran étant affaibli —, sans se soucier outre mesure des conséquences sur le plan intérieur.
Il est évident que d’autres personnes de son entourage, notamment J. D. Vance et les candidats à l’investiture républicaine de 2028, ne peuvent pas raisonner de cette manière.
Tous les grands conflits au Moyen-Orient ont bouleversé les structures d’alliance de la région. Voyez-vous un remaniement se profiler aujourd’hui ?
La position finale de la Turquie dans ce conflit sera importante. Sa rivalité avec l’Iran est ancienne, et sa puissance n’a augmenté que dans la mesure où celle de son adversaire a diminué.
L’Arabie saoudite est un autre pays dont le rôle sera clef. Avant le 7 octobre 2023, les Saoudiens tentaient de jouer sur deux tableaux dans le conflit opposant la Chine aux États-Unis. Désormais, et malgré les difficultés causées par Israël à l’Arabie saoudite, celle-ci s’est davantage tournée vers les États-Unis, en particulier depuis le retour de Trump au pouvoir. La volonté de l’Iran d’attaquer les États arabes en représailles ne fera qu’accentuer cet alignement.
Quelle sera la principale conséquence de cette crise pour les monarchies du Golfe ?
Les bombardements pourraient plonger les monarchies du Golfe dans une situation très grave s’ils duraient davantage que quelques jours. Outre les dommages matériels et humains, la stratégie économique des pays du Golfe en serait fragilisée.
Dubaï, par exemple, se présente comme un havre de stabilité dans le monde dangereux du Moyen-Orient. Elle dispose de la richesse et des ressources nécessaires pour attirer des expatriés occidentaux, notamment grâce à son régime fiscal avantageux, mais aussi à un écosystème propice à l’innovation technologique. Dans l’hypothèse d’une guerre de longue durée, il sera bien plus difficile d’attirer des investissements et des personnes aux Émirats arabes unis.
L’industrie pétrolière de ces États est également exposée aux attaques iraniennes : Aramco a ainsi fermé sa plus grande raffinerie en Arabie saoudite à la suite d’une frappe de drone. Est-il possible que la crise ne débouche pas sur un choc pétrolier ?
Nous ne sommes encore qu’au tout début de la guerre. Je suis donc réticente à faire des prévisions. S’il est trop tôt pour dire quelle sera l’ampleur de ce choc pétrolier, il est probable qu’il sera assez important.
Si les frappes iraniennes prennent fin rapidement — et que le conflit entre dans une nouvelle phase — le trafic pétrolier dans le golfe Persique ne devrait pas être affecté. En revanche, si la guerre s’éternise, les marchés énergétiques et alimentaires mondiaux seront profondément déstabilisés.
On constate d’ailleurs dès aujourd’hui que le nombre de pétroliers empruntant le détroit d’Ormuz a diminué de manière significative, à cause de la hausse des prix et des difficultés pour ces navires d’être assurés.
La guerre n’a-t-elle donc fait que révéler la fragilité du marché pétrolier — ou bien celui-ci était-il en voie de consolidation avant le conflit ?
Avant le début de cette guerre, je pense que l’on se trompait à penser que l’offre de pétrole était surabondante et exerçait une pression structurelle à la baisse sur le prix du baril. Si tel était le cas, les prix auraient chuté bien plus bas.
La fin du boom du pétrole de schiste aux États-Unis — c’est-à-dire la fin de l’augmentation de l’offre — est en train de se dessiner. S’il est difficile de prévoir quand la production commencera à décliner, il faudrait des prix du pétrole bien plus élevés pour la relancer.
Ces dernières années, de nouveaux marchés pétroliers sont apparus en dehors des États-Unis. Le Guyana produisait près de 900 000 de barils chaque jour, mais il est encore loin d’être un producteur intermédiaire, encore moins un producteur de premier plan comme l’Arabie saoudite.
Quelles pourraient être les principales conséquences linéaires d’un choc pétrolier aujourd’hui ?
Les crises pétrolières ont tendance à avoir un impact immédiat sur la géopolitique, en soulevant des questions énergétiques importantes. On ne peut par exemple pas comprendre les années 1970 sans considérer le rôle qu’y a joué le pétrole : les réactions des gouvernements au choc énergétique et leur attitude à l’égard des autres sources d’énergie ont déterminé leur trajectoire future. Si la France privilégiait déjà le nucléaire avant cette période, cet engagement a été grandement renforcé après le choc pétrolier de 1973.
Il faut donc s’attendre à ce qu’un choc pétrolier ait des répercussions sur les choix de nombreux pays en matière de politique énergétique.
Dans le passé, la puissance militaire de l’Iran, comme celle de ses mandataires ont servi de moyen de dissuasion : elles circonscrivaient la capacité d’action d’Israël.
Helen Thompson
À quels pays pensez-vous ?
Chaque fois que les prix du pétrole augmentent de manière significative, la Russie en tire profit. Une perturbation continue de l’approvisionnement en provenance du golfe Persique renforcerait la position de Moscou qui pourrait alors vendre son pétrole plus facilement. Compte tenu de sa situation budgétaire actuelle et de ses difficultés générales en tant qu’exportateur, ces recettes seraient les bienvenues pour le Kremlin.
La Chine est également très exposée dans la situation actuelle, puisqu’elle représente 90 % des exportations de pétrole iranien. Depuis une vingtaine d’années, elle a considérablement investi en Iran pour lui fournir de l’énergie et, en 2021, les deux pays ont signé un nouvel accord de 25 ans.
L’Europe serait-elle donc plus à l’abri ?
Certains pays d’Europe sont plus exposés que d’autres. La Grande-Bretagne, par exemple, est aujourd’hui l’un des rares gouvernements occidentaux à maintenir, dans ses décisions concernant l’énergie, un engagement ferme en faveur d’une politique de zéro émission nette. Cependant, toute perturbation importante des marchés pétroliers au cours du mois prochain rendra plus difficile pour l’administration Starmer de respecter son engagement à réduire la production britannique de gaz et de pétrole en mer du Nord.
Les crises au Moyen-Orient ont également une incidence directe sur l’ordre monétaire international, le dollar étant lié aux prix du pétrole. Au cours des décennies passées, quels événements ont mis à l’épreuve cette relation ?
Jusqu’à la fin des années 1960, le prix du pétrole était fixé en dollars ou en livres sterling. Le retrait britannique d’Aden, puis la dévaluation de la livre sterling ainsi que les pressions qui pesaient sur la zone sterling, ont rendu beaucoup plus difficile pour les États arabes et l’Iran d’accepter cette monnaie. Au milieu des années 1970, la grande majorité des États pétroliers et des compagnies pétrolières la refusaient.
De la fin des années 1960 au milieu des années 1970, le régime pétrolier à double devise s’est ainsi modifié. Le dollar est alors devenu la monnaie dominante, alors que les États-Unis sont devenus, au terme des années 1970, le plus grand importateur mondial de pétrole.
Le système monétaire de Bretton Woods reposait sur le principe selon lequel les États-Unis étaient autosuffisants et n’avaient pas besoin d’un afflux de capitaux étrangers pour financer leur déficit commercial pétrolier. Cette indépendance a disparu dans les années 1970. Lorsque ce fut le cas, le système de Bretton Woods ne pouvait plus être maintenu.
Cette situation a provoqué une grande instabilité, notamment à la suite du choc pétrolier de 1973, après que des flux massifs de dollars se soient dirigés vers l’Arabie saoudite et d’autres États producteurs de pétrole du Moyen-Orient — d’autres États d’Afrique comme le Nigeria et la Libye en bénéficiant aussi. En effet, malgré leurs réserves de dollars, l’architecture monétaire du FMI, gérée depuis Washington n’a réservé aucune place à ces États. Ces pétrodollars ont alors été en partie recyclés par des emprunts directs des États-Unis à l’Arabie saoudite et en partie via le marché de l’eurodollar. Tout choc sur le système énergétique se répercutait alors sur le système monétaire.
Quoi qu’il arrive en Iran, la déclaration de guerre de Trump l’a déjà affaibli aux États-Unis.
Helen Thompson
Compte tenu des chocs que le système du dollar a subis entre 2022 et 2025, faut-il donc s’attendre à ce que la crise pétrolière à venir ait des conséquences monétaires imprévues ?
Je ne pense pas que la situation conduira à ce que le dollar cesse c’être la monnaie du pétrole. Toutefois, toute hausse des prix du pétrole pendant plus de quelques semaines se traduira par un choc inflationniste.
Si le prix du pétrole augmentait pendant plusieurs mois, nous nous retrouverions dans une situation similaire à celle qui régnait en 2022, au début de la guerre en Ukraine — bien qu’il faille noter que les prix de l’énergie avaient commencé à augmenter en 2021, l’invasion russe ayant provoqué une accélération de cette hausse.
Les conséquences qu’a eues cette hausse des prix peuvent nous éclairer sur celles auxquelles nous pouvons nous attendre aujourd’hui. Suite à l’envolée des cours du pétrole, l’inflation a poussé la Réserve fédérale, puis les autres banques centrales à l’exception de la Banque du Japon à entamer un cycle de resserrement monétaire. Cette décision a marqué la fin de l’assouplissement quantitatif mis en place pendant la pandémie. Les taux d’intérêt ont été relevés et l’environnement monétaire et financier est devenu moins propice à l’investissement — y compris dans la transition énergétique.
Il faut s’attendre à ce que la même chose se reproduise aujourd’hui si l’instabilité des marchés pétroliers devient structurelle.