Les pays du Golfe dépendent en grande partie d’usines de dessalement pour leur consommation d’eau potable : jusqu’à 90 % pour le Koweït, 86 % pour Oman, 70 % pour l’Arabie saoudite et 42 % pour les Émirats arabes unis. Ces derniers sont particulièrement visés par l’Iran : plus de 1 000 drones et missiles ont été tirés depuis l’Iran depuis le 28 février.

Alors que Téhéran a étendu sa riposte aux infrastructures énergétiques, le régime pourrait également viser les infrastructures civiles vitales.

  • Le Moyen-Orient concentre près de la moitié (48,5 %) de la capacité mondiale de dessalement de l’eau, soit bien plus que l’Asie de l’Est (17,5 %) ou l’Amérique du Nord (11,3 %).
  • Ces usines sont des cibles relativement faciles à atteindre, car elles sont construites en surface et ne disposent pas de capacités de défense aérienne propres, contrairement à d’autres sites sensibles.
  • À elle seule, l’usine saoudienne de Jubail fournit environ 90 % de l’eau potable consommée à Riyad, la capitale, où vivent près de 8 millions d’habitants.

Une campagne iranienne délibérée contre les infrastructures de production d’énergie, de transport d’électricité de dessalement de l’eau constituerait un « scénario cauchemardesque » pour les pays de la région, dont les réserves de missiles intercepteurs sont réduites par la guerre d’attrition menée par Téhéran 1.

  • Le manque d’eau potable ou bien les coupures d’électricité, qui pourraient notamment mettre à mal les systèmes de climatisation, menaceraient une part importante de l’activité économique et du secteur touristique.
  • Les économies du Golfe pourraient également être impactées par des frappes de drones contre leurs centres de données, qui abritent plusieurs centaines de millions de dollars d’équipements.
  • Ainsi, plusieurs centres de données d’Amazon aux Émirats arabes unis et à Bahreïn ont été endommagés dimanche 1er mars par des frappes de drones 2.

Après avoir ciblé les bases militaires américaines dans la région dans les heures suivant le lancement des opérations israélo-américaines, le régime iranien a commencé à viser des infrastructures énergétiques et civiles, dans le but d’accroître le coût de la guerre pour les alliés de Washington et de les inciter à exercer une pression sur la Maison-Blanche.

  • En coulisses, les Émirats arabes unis et le Qatar mèneraient des démarches pour rallier des pays à une initiative visant à convaincre le président américain de privilégier une option de désescalade afin de limiter la durée des opérations militaires et d’éviter une extension régionale du conflit 3.
  • Mardi 3 mars, dans le Bureau ovale, Trump a déclaré avoir été surpris par la riposte de l’Iran contre les pays arabes de la région : « De manière assez incroyable, ils s’en prennent à des pays qui étaient, disons, neutres. Ils ont coexisté pendant longtemps. Je pense qu’ils ont été surpris. J’ai moi-même été surpris, et désormais, ces pays se battent tous contre eux avec détermination. »
  • Le 3 mars, le département d’État a exhorté les Américains à quitter 14 pays de la région (Bahreïn, Égypte, Iran, Irak, Israël, Cisjordanie, Gaza, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Syrie et Émirats arabes unis) en raison de risques sérieux pour leur sécurité.
Sources
  1. Urooba Jamal, « After Iran’s salvo hit their skylines, will Gulf states enter the war ? », Al Jazeera, 2 mars 2026.
  2. Shubham Kalia, Aditya Soni et Mrinmay Dey, « Amazon cloud unit’s data centers in UAE, Bahrain damaged in drone strikes », Reuters, 2 mars 2026.
  3. Alex Wickham, Ben Bartenstein, UAE and Qatar Urge Allies to Help Trump Find Iran Off-Ramp, Bloomberg, 2 mars 2026.