Le cabinet de Zelensky n’a, pour l’heure, pas encore confirmé son intention d’annoncer, le 24 février, à l’occasion du quatrième anniversaire du lancement de l’invasion russe, la tenue d’une élection présidentielle et d’un référendum sur un accord avec la Russie pour mettre fin à la guerre d’ici le 15 mai 1.

  • Depuis l’entrée en vigueur de la loi martiale en février 2022, l’organisation d’élections est impossible en Ukraine.
  • L’article 108 de la Constitution prévoit que le chef de l’État doit remplir ses fonctions jusqu’à ce qu’un nouveau président soit élu.
  • Des travaux ont été lancés à l’initiative de Zelensky pour modifier la législation électorale durant la loi martiale, mais aucun amendement n’a pour l’heure été adopté par la Rada 2.

Zelensky demeure une figure très populaire en Ukraine. Si la confiance des électeurs a diminué par rapport aux premiers mois de l’invasion à grande échelle, qui avaient contribué à un « effet drapeau », celle-ci est toujours supérieure à 60 % selon la dernière enquête réalisée fin janvier par le KIIS 3.

À ce jour, le principal rival de Zelensky semble être l’ancien commandant en chef des armées, Valeri Zaloujny.

  • Une enquête Ipsos réalisée en novembre place Zaloujny devant Zelensky au cours d’un hypothétique premier tour, avec 23 % d’intentions de vote contre 20 %.
  • Zaloujny, en poste à l’ambassade de Londres depuis 2024, semble par ailleurs disposer d’une réserve plus importante : 7 % des électeurs seulement disent « refuser » de voter pour lui, contre 27 % pour Zelensky, selon ce même sondage.
  • La majeure partie des sondages indiquent que, dans l’hypothèse d’un second tour l’opposant à Zelensky, Zaloujny remporterait la majorité des voix (entre 60 à 70 %, selon les enquêtes) 4.

Zaloujny, qui avait été nommé à la tête des armées ukrainiennes seulement quelques mois avant le lancement de l’invasion russe, est devenu un héros de guerre pour avoir repoussé les forces russes. Si des rumeurs annonçaient qu’il allait quitter son poste à Londres pour revenir en Ukraine en janvier, une publication sur son compte Telegram datée du 4 février indique qu’il n’a pas renoncé à ses fonctions. 

Son temps passé hors d’Ukraine pourrait jouer en sa faveur.

  • Les scandales de corruption de ces derniers mois ont éclaboussé le gouvernement de Zelensky, poussant fin novembre à la démission son influent directeur de cabinet, Andriy Yermak, et plusieurs ministres.

L’image de Zaloujny est par ailleurs toujours associée à celle de l’armée, l’institution qui suscite le plus grand degré de confiance de la population en Ukraine, avec 81 % contre seulement 26 % pour la présidence.

  • Son opposition à la tenue d’élections alors que la guerre est toujours active correspond à l’opinion de la majorité des Ukrainiens.
  • Zaloujny est par ailleurs resté discret sur ses éventuelles ambitions politiques, et n’a ni confirmé ni nié son intention de se présenter si un scrutin était organisé.