Aujourd’hui, mardi 27 janvier, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, le président du Conseil António Costa et le Premier ministre indien, Narendra Modi, ont annoncé la conclusion d’un accord de libre-échange – partiel — dont les négociations avaient commencé en 2007 avant d’être suspendues en 2013, puis relancées il y a quatre ans.

  • Alors que le taux moyen de droits de douane appliqué par l’Inde aux exportations européennes est déjà relativement bas, aux alentours de 9 %, l’accord devrait prévoir une baisse des tarifs douaniers sectoriels imposés par New Delhi, notamment sur les voitures dont la valeur est supérieure à 15 000 euros (1,6 million de roupies). Ceux-ci devraient ainsi passer de 110 % à 40 %.
  • Le taux devrait être davantage réduit « au fil du temps » 1.
  • L’accord pourrait également prévoir des mesures concernant les barrières non tarifaires, notamment des règles relatives aux marchés publics, et faciliter les exportations indiennes de textiles et de bijoux vers l’Europe, tandis que les droits de douane sur les vins et spiritueux européens devraient être réduits.
  • Le secrétaire indien au Commerce, Rajesh Agrawal, a fait savoir hier, lundi 26, que les secteurs des télécommunications, des services maritimes et financiers « devraient bénéficier » de l’accord 2.
  • Le premier ministre Modi à déclaré : « un accord majeur a été signé entre l’Union européenne et l’Inde. Les gens le qualifient de « mère de tous les accords ». Cet accord offrira des opportunités considérables aux populations indiennes et européennes. Il s’agit d’un exemple parfait de partenariat entre deux grandes économies mondiales… Cet accord représente 25 % du PIB mondial et un tiers du commerce mondial. »
  • La signature officielle devrait avoir lieu dans les six prochains mois. 

L’Union est le premier partenaire commercial de l’Inde, avec 124 milliards d’euros d’échanges de biens en 2023, soit 12,2 % du commerce total indien. À l’inverse, l’Inde ne se classe qu’au neuvième rang des partenaires commerciaux des 27, avec seulement 2,2 % du commerce total de biens (contre 17,3 % pour les États-Unis et 14,6 % pour la Chine). 

  • Les exportations européennes de biens vers l’Inde s’élèvent à un peu moins de 50 milliards d’euros par an. Ajoutées aux services (environ 26 milliards d’euros), elles ne représentent qu’environ 0,4 % du PIB européen.

Pour l’Inde, qui est confrontée à des droits de douane américains de 50 %, l’impact économique pourrait être plus important, mais étant donné le faible niveau des droits de douane européens (4 % en moyenne appliqués aux importations indiennes), il devrait rester modeste.

  • Cet accord envoie toutefois un signal stratégique important, alors que les Européens espèrent éloigner l’Inde de la Russie. 
  • Un partenariat en matière technologique et de défense a également été signé.
  • Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a critiqué l’accord, déclarant que l’Europe « finançait une guerre contre elle-même » et que cela compromettait les efforts des États-Unis visant à sanctionner New Delhi pour l’achat de pétrole russe. « Nous avons imposé des droits de douane de 25 % à l’Inde pour avoir acheté du pétrole russe. Devinez ce qui s’est passé la semaine dernière ? Les Européens ont signé un accord commercial avec l’Inde. »
  • Dans un entretien avec le Hindustan Times, le président du Conseil Costa a déclaré : « Dans notre monde multipolaire, il est essentiel que l’Union et l’Inde deviennent des partenaires de plus en plus proches, car ensemble, nous pouvons être de solides garants de la stabilité, de la protection et de la fiabilité dans les relations internationales, et protéger notre ordre international fondé sur des règles. »
Sources
  1. Aditi Shah et Philip Blenkinsop, « India to slash tariffs on cars to 40 % in trade deal with EU, sources say », Reuters, 26 janvier 2026.
  2. Camille Gijs, « EU, India reach agreement on trade deal », Politico, 26 janvier 2026.