Aujourd’hui, mardi 13 janvier, Donald Trump discutera des « options » pour une possible intervention en Iran lors d’une réunion à la Maison-Blanche avec le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef d’état-major des armées, Dan Caine.

Le président américain a multiplié les menaces à l’encontre du régime de Téhéran, qui réprime brutalement le mouvement de protestation. La connexion Internet dans le pays est coupée depuis vendredi, 9 janvier. 

  • Hier, dans une publication sur Truth Social, il a annoncé l’imposition immédiate de droits de douane de 25 % sur tous les pays commerçant avec l’Iran.
  • Trump a déclaré le 11 janvier, que les États-Unis envisageaient des « options très musclées » contre l’Iran, ajoutant : « L’armée examine la situation, et nous envisageons des options très fortes. Nous prendrons une décision » 1.
  • Selon le groupe d’activistes Human Rights Activists News Agency (HRANA), 544 personnes sont mortes et plus de 10 000 manifestants ont été arrêtés au 11 janvier 2.

À cette heure, les champs d’intervention les plus plausibles sont : 

  • Un soutien fourni aux manifestants. Celui-ci pourrait notamment passer par l’envoi de terminaux Starlink afin de pallier les coupures d’accès à Internet. Trump a déclaré dimanche 11 janvier qu’il « parlerait avec Elon Musk » à ce propos, bien que l’organisation d’une telle opération demeure pour l’heure floue. Musk a déjà apporté son soutien à la mise à disposition des services Starlink lors des précédentes manifestations en 2022 3.
  • Une pression économique. L’imposition de sanctions supplémentaires pourrait contribuer à accroître la pression sur le régime. Celles-ci pourraient inclure des mesures visant des responsables du gouvernement ainsi que des secteurs spécifiques, comme l’énergie ou la finance. L’Union européenne a également déclaré qu’elle étudiait la possibilité de prendre des mesures restrictives supplémentaires. 
  • La Maison-Blanche pourrait également décider d’intervenir en privilégiant des attaques hybrides, similaires à celles menées par la Russie contre l’Europe depuis 2022 : attaques cyber, activités de sabotage, champ informationnel, soutien à des médias anti-gouvernement. 
  • Le chef d’État-major des armées, Dan Caine, pourrait également proposer à Donald Trump des frappes « symboliques » visant notamment le corps des Gardiens de la révolution islamique, les forces de maintien de l’ordre ou bien des responsables politiques. 

Une opération militaire, qui inclurait une campagne aérienne à grande échelle, voire une opération au sol, semble moins probable, l’armée américaine ne disposant pas actuellement de porte-avions déployé dans la région. Ce manque pourrait toutefois être compensé par les bases dont dispose Washington dans les pays voisins. 

Les États-Unis pourraient être aussi dissuadés d’intervenir militairement, craignant qu’une frappe n’affaiblisse le régime tout en renforçant la cohésion sociale en lui offrant un narratif mobilisateur.

  • Dans sa communication, Téhéran fait déjà la différence entre les manifestants et les « émeutiers » « entraînés à l’étranger » : le président Pezeshkian a déclaré ce weekend : « Notre responsabilité première est d’empêcher un groupe d’émeutiers de détruire toute la société. » « Les États-Unis et Israël ont entraîné des gens à l’intérieur et à l’extérieur du pays et ont importé en Iran des terroristes pour enflammer les mosquées, les bazars et les lieux publics. ». 
  • Le succès de toute action dépendra également de la volonté — et de l’existence d’un plan — de Washington pour l’après-intervention.
  • Une opération similaire à celle au Venezuela, qui conduirait à l’assassinat, à l’enlèvement ou à la fuite du Guide suprême, ouvrirait certainement une phase d’incertitude politique profonde. Le maintien du statu quo, l’élection d’un Guide suprême par intérim par l’Assemblée des experts ou l’ouverture d’une période de vacance durant laquelle le Bureau du guide assurerait la gestion des affaires courantes, laisseraient le gouvernement et les Gardiens de la révolution en place, sans faire tomber la République islamique. 
Sources
  1. Alayna Treene, « Trump weighs potential military intervention in Iran », CNN, 12 janvier 2026.
  2. Day Fifteen of Iran’s Nationwide Protests : Sharp Rise in Human Casualties, Human Rights Activists News Agency (HRANA), 11 janvier 2026.
  3. Elon Musk says around 100 Starlinks now active in Iran, Reuters, 27 décembre 2022.