Le président américain Donald Trump a laissé entendre hier, dimanche 7 décembre, que Zelensky était responsable du blocage de la dernière version d’un accord de paix américain en Ukraine, suite à un cycle de négociations qui s’est tenu en fin de semaine en Floride.
- Dans une publication sur ses réseaux sociaux dimanche 7 décembre dans la soirée, le président ukrainien a évoqué une « conversation constructive, bien que difficile » avec les négociateurs américains Steve Witkoff et Jared Kushner la veille.
- Tandis que les discussions se poursuivent entre Kiev et Washington sur les garanties de sécurité et les concessions que l’Ukraine serait prête à faire, Poutine a déclaré la semaine dernière qu’aucun progrès n’avait été réalisé lors de sa dernière réunion avec Witkoff et Kushner à Moscou, mardi 2 décembre.
- En amont d’une visite de deux jours en Inde jeudi 4, le président russe avait maintenu ses revendications territoriales maximalistes en affirmant, à propos du Donbass et de la Novorossiya : « Soit nous libérons ces territoires par la force des armes. Soit les soldats ukrainiens se retirent de ces territoires et arrêtent les combats là-bas ».
La réunion de Londres qui se tient aujourd’hui entre Zelensky, Starmer, Macron et Merz vise à évaluer le projet d’accord de paix initialement conçu par des émissaires américains et russes, afin de garantir la sécurité de l’Ukraine après un cessez-le-feu. La question est de parvenir à un consensus européen autour d’un cadre de paix acceptable pour l’Ukraine, avant de le soumettre éventuellement à Washington.
- Zelensky a déclaré que « l’Ukraine s’engage à continuer de travailler honnêtement avec la partie américaine pour instaurer une paix véritable ».
- Les détails de l’évolution du plan n’ont pas été dévoilés mais le commandant en chef ukrainien, le général Oleksandr Syrskyi, a déclaré qu’une paix juste ne serait possible qu’après l’instauration d’un cessez-le-feu le long des lignes de front actuelles, à la suite duquel la Russie et l’Ukraine pourraient entamer des négociations.
- La Russie continue quant à elle d’affirmer qu’un accord signé avec Zelensky serait « inutile » car celui-ci n’est pas un « président légitime ».
La réunion de Londres devrait permettre de concrétiser l’idée d’une force de maintien de la paix européenne qui serait déployée lors d’un éventuel cessez-le-feu. Cette force viserait à assurer la sécurité à long terme de l’Ukraine après la signature d’un accord, alors que l’alignement de Washington et de Moscou est de plus en plus évident.
- Les inquiétudes des Européens vis-à-vis de la position de Washington ont été renforcées par la publication jeudi 4 décembre de la nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine.
- Dans celle-ci, l’administration Trump identifie la négociation d’une « cessation rapide des hostilités en Ukraine » comme faisant partie de « l’intérêt fondamental des États-Unis ».
- Washington considère que « la guerre en Ukraine a eu « pour effet pervers d’accroître les dépendances extérieures de l’Europe » et que son objectif « devrait être d’aider l’Europe à corriger sa trajectoire actuelle » en matière de démocratie « authentique » et de liberté d’expression.
- Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré le 7 décembre que la nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine était « largement conforme à la vision » de la Russie.