Dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 avril en Europe, Donald Trump a annoncé sur son réseau Truth Social « accepter de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pour une période de deux semaines ». L’accord de cessez-le-feu intervient ainsi quelques heures après l’ultimatum du président américain, qui avait menacé de « rayer de la carte toute la civilisation iranienne ».
- Les États-Unis auraient ainsi accepté un plan iranien en 10 points prévoyant notamment un arrêt des combats pendant 10 jours, l’ouverture limitée du détroit d’Ormuz pendant cette période, mais aussi le droit pour l’Iran d’enrichir de l’uranium et la levée des sanctions internationales visant le pays.
- Ce plan servira de base aux pourparlers qui s’ouvriront vendredi 10 avril au Pakistan et qui devraient être menés par le vice-président américain J.D. Vance.
Selon une source israélienne et du Golfe, le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, qui a succédé le 8 mars à son père, Ali Khamenei, tué par une frappe israélienne dès le premier jour de la guerre, le 28 février, aurait donné pour instruction à ses négociateurs de « s’orienter vers un accord » 1.
- Il s’agit de la première fois depuis le début de la guerre que celui-ci aurait signalé chercher une ouverture à la fin du conflit.
- Il reste à suivre dans les prochains jours à quel point l’Iran autorisera la reprise du trafic maritime, mais aussi dans quelle mesure le Premier ministre israélien Netanyahou respectera le cessez-le-feu.
- Les opposants à Netanyahou ont critiqué les conséquences du cessez-le-feu, tant Yaïr Lapid, chef du plus grand groupe d’opposition Yesh Atid, que Golan, chef du parti de gauche Les Démocrates, affirmant qu’Israël n’avait pas atteint ses objectifs de guerre. Golan a écrit ainsi sur X : Netanyahu « avait promis une « victoire historique » et la sécurité pour des générations, et dans les faits, nous avons connu l’un des échecs stratégiques les plus graves qu’Israël ait jamais connus. Aucun des objectifs n’a été atteint : le programme nucléaire n’a pas été détruit. La menace balistique demeure. Le régime est toujours en place et sort même renforcé de cette guerre ».
- L’agence de presse iranienne Tasnim a signalé que l’Iran et Oman prévoyaient de percevoir des frais de transit auprès des navires commerciaux empruntant le détroit durant le cessez-le-feu. Selon Tasnim, les fonds serviront à la « reconstruction » de l’Iran.
Il s’agit d’un cessez-le-feu particulièrement fragile, alors que les positions des deux pays restent très éloignées.
- Il semble peu probable que les États-Unis acceptent de retirer leurs bases de la région, par exemple.
- La question de l’enrichissement de l’uranium est également particulièrement délicate : lors des négociations à Genève qui ont eu lieu avant le 28 février, les États-Unis ont demandé à Téhéran de renoncer à tout enrichissement, en échange de quoi Washington a promis de fournir gratuitement du combustible nucléaire pour toute la durée de vie de leur programme nucléaire civil. Cette offre a été refusée par les négociateurs iraniens.
Sources
- Barak Ravid et Marc Caputo, « U.S.-Iran peace talks expected Friday in Pakistan, sources say », Axios, 8 avril 2026.