Les armées israélienne et américaine ont continué leur campagne de frappe en Iran à un rythme soutenu hier, dans la soirée, et dans la nuit. Des explosions ont été entendues dans la capitale, Téhéran, ce matin. Trump a laissé entendre hier, dans un entretien, que la guerre pourrait durer jusqu’à un mois, en déclarant : « Nous avons estimé que cela prendrait environ quatre semaines. […] C’est un grand pays ».
Les deux armées auraient frappé plus de 2 000 cibles en Iran depuis le vendredi 28.
- À elle seule, Tsahal revendique avoir largué plus de 2 000 bombes lors de centaines de frappes et avoir atteint la supériorité aérienne en Iran, soit la capacité à mener des opérations sans être inquiété par les défenses anti-aériennes.
- Les principales cibles sont les capacités militaires du régime iranien, à la fois offensives (lanceurs de missiles, de drones, sites de stockage, aérodromes, navires…) et défensives (systèmes de radars, défense anti-aérienne…)
- Plusieurs cibles politiques ont également été frappées hier, dimanche 1er, à Téhéran dont le siège de la radio et de la télévision d’État, le tribunal révolutionnaire islamique ainsi que des quartiers-généraux des forces de l’ordre.
L’ambassadeur iranien auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique, à Vienne, a également déclaré ce matin que l’installation nucléaire de Natanz avait été ciblée par des frappes américano-israéliennes.
- Le directeur de l’AIEA, Rafael Grossi, affirme que rien ne permet à ce jour d’affirmer que des infrastructures nucléaires avaient été touchées par des frappes.
L’ouest du pays, où se situent notamment des sites de lancement de missiles dirigés vers le territoire israélien, continue de faire l’objet du plus grand nombre de frappes.
- Plusieurs bases navales iraniennes du sud du pays ont toutefois été visées, comme à Konarak et à Chabahar, ainsi que des quartiers-généraux de la marine à Bandar Abbas, en face du détroit d’Ormuz.
- Trump a déclaré hier, dimanche 1er, que neuf navires de guerre iraniens avaient été coulés, et que l’armée américaine allait « s’attaquer au reste ».
- En plus des navires de surface, l’armée américaine revendique avoir frappé des sous-marins iraniens, sans toutefois préciser de quels bâtiments il pourrait s’agir étant donné que Téhéran ne disposerait d’aucun sous-marin actif.
La diminution du nombre de missiles tirés depuis l’Iran hier, dimanche 1er, suggère que les capacités de riposte du régime ont été sérieusement endommagées par les frappes israélo-américaines.
- Les tirs de missiles iraniens continuent néanmoins. Des sirènes ont retenti en Israël et en Jordanie dans la matinée aujourd’hui, lundi 2.
- Les défenses anti-aériennes des États du Golfe ont intercepté plusieurs drones iraniens dans la matinée, notamment à Abou Dhabi.
Au moins 10 pays ont été visés à ce jour par des frappes de drones et de missiles iraniens depuis samedi 28. Un drone s’est notamment écrasé hier, dimanche 1er, sur une base de l’armée britannique à Chypre, pays membre de l’Union européenne.
- Durant le week-end, la République islamique a étendu sa riposte au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, frappant au moins quatre pétroliers.
- La plus grande raffinerie de pétrole d’Arabie saoudite a également été fermée, lundi 2 mars, après une attaque de drone qui ne semble toutefois pas avoir provoqué de dégâts majeurs.
- Des infrastructures énergétiques ont également été touchées au Qatar.
- Les grands centres urbains des États du Golfe continuent de faire l’objet d’une campagne iranienne soutenue qui a provoqué plusieurs morts à ce jour, dont trois soldats de l’armée américaine.
Aucune information précise n’est disponible à ce jour quant aux réserves iraniennes de missiles. Le pays aurait toutefois les capacités de produire plusieurs milliers de drones Shahed par an, soit un nombre bien supérieur aux stocks de missiles intercepteurs dont disposent les États du Golfe.
- Si l’Iran parvient à maintenir un rythme élevé d’attaques, cela pourrait compromettre la capacité des États-Unis et des pays de la région à les contrer, en particulier si le conflit s’étend sur plusieurs semaines.