Selon un rapport du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) publié aujourd’hui, 24 février, les revenus fossiles russes ont diminué de 19 % au cours de la quatrième année de guerre contre l’Ukraine et de 27 % par rapport à 2021, avant le lancement de l’invasion 1.
Si cette baisse confirme l’efficacité des sanctions, les chiffres du CREA montrent que Moscou a perçu plus de 1 000 milliards d’euros pour ses ventes d’hydrocarbures depuis 2022.
- La guerre a profondément bouleversé la géographie des exportations russes.
- Vers l’Europe, le gaz naturel liquéfié (GNL) est désormais le premier produit énergétique russe acheté, devant le pétrole.
- En 2025, la quasi-totalité (93 %) du pétrole brut russe a été exporté vers la Chine, l’Inde et la Turquie.
- Au sein de l’Union, la Hongrie et la Slovaquie continuent d’importer du pétrole russe via l’oléoduc Druzhba, et ont représenté 6 % des ventes de pétrole du pays en janvier 2.
Si les revenus énergétiques perçus par la Russie sont en baisse par rapport aux années précédant le lancement de l’invasion de 2022, les producteurs sont toutefois en mesure de maintenir les volumes exportés en s’appuyant sur la « flotte fantôme », composée de centaines de pétroliers vieillissants qui changent de pavillon et coupent leurs transpondeurs pour contourner les sanctions.
- Selon le CREA, plus d’un tiers des 8,4 milliards d’euros de pétrole et de produits pétroliers russes transportés par des navires battant pavillon fictif ont transité par les eaux de l’Union en 2025.
- Pour lutter contre cette flotte dont les navires violent la convention des Nations unies sur le droit de la mer, les États européens ont multiplié les interventions et les opérations de patrouille en mer en 2025.
La présence d’escortes militaires russes autour de certains navires fantômes ne laisse aucun doute quant à l’importance que le Kremlin accorde à ces exportations, tant pour les revenus qu’elles génèrent que pour leur rôle présumé dans des activités de déstabilisation.
- En septembre, en Allemagne, l’équipage d’un cargo russe avait été arrêté alors qu’il naviguait sur le canal de Kiel, sous le soupçon d’espionnage par drone aux abords de sites sensibles.
- Hier, lundi 23, le parquet de Brest a requis la peine maximale (un an de prison et 150 000 euros d’amende) contre le commandant d’un pétrolier de la flotte fantôme russe, le Boracay, arraisonné par des commandos au large de la Bretagne en septembre.
- Selon des sources françaises, deux agents russes d’une société de sécurité privée étaient également présents à bord du Boracay. Leur rôle était de collecter du renseignement et de surveiller les membres de l’équipage.
Sources
- Fourth year of full-scale invasion : Russian fossil fuel revenues tank to 27 % below pre-invasion levels, CREA, 24 février 2026.
- Vaibhav Raghunandan, January 2026 — Monthly analysis of Russian fossil fuel exports and sanctions, CREA, 18 février 2026.