Géopolitique de Donald Trump

Stratégie de défense nationale des États-Unis : le texte intégral

Le Pentagone a publié la déclinaison militaire de la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis.

En 35 pages, le mot « Taïwan » n'apparaît pas une seule fois.

Pour comprendre pourquoi le Venezuela et le Groenland ne sont peut-être que le début, il faut l’étudier de près.

Nous le traduisons avec les explications d'Elie Tenenbaum.

Le 24 janvier, le département de la Guerre des États-Unis a publié la Stratégie de défense nationale (National Defense Strategy ou « NDS ») de l’administration Trump. Déclinaison en termes de politique de défense de la Stratégie de sécurité nationale (« NSS ») produite par la Maison Blanche et de nature interministérielle, la vocation de ce document — relativement court pour un texte de déclinaison doctrinale — est de mettre en œuvre les grandes orientations de la NSS publiée en décembre. En l’occurrence, s’il reflète et insiste sur les priorités de la présidence de Donald Trump telles qu’exprimées au fil des discours de Pete Hegseth, il permet aussi de mettre en lumière les concurrences qui peuvent exister entre différents courants de pensée au Pentagone qui cherchent à influencer la politique militaire de la Maison-Blanche.

On y retrouve ainsi largement l’influence du sous-secrétaire à la Guerre Elbridge Colby et la logique de « priorisation » qu’il a promue activement pendant les années Biden au sein de son think tank The Marathon Initiative. Faucon sur la Chine et partisan du retrait d’autres théâtres — notamment en Europe — Colby est resté relativement discret depuis sa nomination mais joue un rôle clef dans la formulation de la politique de sécurité et de défense de l’administration Trump.

Par son découpage même, le document met en avant une hiérarchie très claire des priorités.

La défense du strict territoire national (Homeland) s’inscrit d’abord de façon quasi symbiotique avec l’hégémonie sur l’hémisphère occidental, c’est-à-dire le continent américain, du Groenland à la Terre de Feu : elle est la priorité absolue déclarée de cette stratégie et l’expression directe du mantra « America First ».

Ce premier axe est suivi de l’Indopacifique — et donc de la Chine — puis de la Russie — présentée certes comme une menace, mais uniquement pour « les membres orientaux de l’OTAN », en rupture claire avec la logique de solidarité de l’Alliance. Viennent enfin l’Iran et la Corée du Nord.

Sur l’hémisphère occidental, c’est le paradigme des sphères d’influence qui prime : la volonté de contrôle sur l’espace continental selon une logique d’accès facilité — et d’exclusion des adversaires des États-Unis — est réaffirmée avec force, dans la continuité du « corollaire Trump à la doctrine Monroe » déjà présent dans la NSS qui présentait la suprématie régionale comme une priorité stratégique. Comme pour marquer symboliquement cette prééminence et son inscription dans un héritage historique, la première partie intitulée « L’environnement de sécurité » est illustrée en page de garde par une carte ancienne du XVIIe siècle — probablement copiée de « ​L’Amérique nouvellement cartographiée » du géographe Josse de Hond, qui trace les frontières du continent américain à la manière d’un portulan.

Cette hiérarchisation n’apporte fondamentalement rien de nouveau mais elle a le mérite de rappeler que, si la pression sur le Groenland semble être retombée avec les déclarations de Trump à Davos, le contrôle sur ce pays, comme sur le reste de l’espace régional restera l’une des boussoles de cette administration, et a de fortes chances de s’inviter à nouveau dans les agendas diplomatiques.

Sur la Chine et l’Indopacifique, la tonalité du document est résolument ancrée dans l’idée de stabilité stratégique et de maintien d’un statu quo. Pour reprendre le vocabulaire de la Guerre froide, on se situe davantage dans une logique de « Détente » (consolidation des blocs, mesures de réduction des risques et déconfliction stratégique) que d’endiguement (containment) actif ou de reflux (rollback). On note malgré tout la volonté affichée de maintenir un solide dispositif de « déni » le long de la « première chaîne d’îles » renvoyant aussi bien au Japon qu’à Taïwan qui semble ainsi couvert… pour l’instant. La NDS n’avance toutefois pas de garantie inconditionnelle de soutien à l’île, qui n’est jamais citée et qui pourrait, à la lecture du document, être sacrifiée sur l’autel de la stabilité.

En ce qui concerne la Russie, si elle mentionnée — un peu plus abondamment que dans la NSS —, son caractère de « menace » est toutefois largement minoré, présenté comme ne portant que sur « les membres orientaux de l’OTAN ». Reprenant un poncif souvent utilisé par ceux qui cherchent à minorer la menace russe, la NDS souligne l’écart entre le PIB de la Fédération et celui, dix fois supérieur, des Alliés européens de l’OTAN. C’est méconnaître l’usage stratégique qui est fait des ressources de chacun et la fragmentation européenne. Si la Russie a effectivement « le même PIB que l’Italie » comme on dit souvent, sa production est plus stratégique (hydrocarbures, céréales, engrais, défense), elle a aussi fait passer son économie en économie de guerre depuis 2022, et son budget de défense dépasse, à parité de pouvoir d’achat, celui de l’ensemble de l’Union européenne, ses capacités conventionnelles la mettent à l’équilibre dans un certain nombre de domaines. Son arsenal nucléaire, enfin, avec 1700 têtes déployées et 3700 en réserve, est équivalent à celui des États-Unis.

Enfin, la NDS peut surprendre par ses silences, notamment sur le cœur attendu de la politique de défense américaine : le format des armées et leur financement avec un appel récent à doter le Pentagone d’un budget record de 1 500 milliards de dollars en 2027, sans que cette hausse ne soit corrélée à la politique de priorisation stratégique évoquée précédemment.

Traduction peut-être de divergences politiques fortes au sein du Département de la Guerre, rien n’est dit non plus sur l’évolution du format des armées américaines ni sur leur capacité à maintenir la doctrine du double théâtre — la capacité des États-Unis à mener plus d’une guerre concomitamment héritée de la Seconde guerre mondiale.

De même, certains espéraient que la NDS propose également une « Nuclear Posture Review » en annexe, proposant une clarification de la doctrine nucléaire américaine — notamment après les déclarations de Donald Trump l’an dernier sur la reprise des « essais » de vecteurs — le document reste particulièrement évasif sur le sujet, avec seulement un paragraphe, qui n’évoque plus explicitement la notion de « dissuasion élargie » permettant de couvrir les intérêts vitaux des alliés des États-Unis.

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MÉMORANDUM À L’ATTENTION DES HAUTS RESPONSABLES DU PENTAGONE COMMANDANTS DES COMMANDEMENTS DE COMBAT, AGENCES DE DÉFENSE ET DIRECTEURS DES ACTIVITÉS SUR LE TERRAIN DU DÉPARTEMENT DE LA GUERRE

Objet : la stratégie de défense nationale 2026

Pendant trop longtemps, le gouvernement américain a négligé, voire rejeté, l’idée de donner la priorité aux Américains et à leurs intérêts concrets. Les administrations précédentes ont gaspillé nos avantages militaires, les vies, la bonne volonté et les ressources de notre peuple dans des projets grandioses de construction nationale et des promesses auto-congratulatoires visant à défendre des abstractions chimériques telles que l’ordre international fondé sur des règles. Ces anciens dirigeants ont négligé et souvent activement sapé la philosophie guerrière de nos combattants et le rôle essentiel et irremplaçable de notre armée : combattre, gagner et ainsi dissuader les guerres qui importent vraiment à notre peuple. En conséquence, le président Trump est entré en fonction alors que la nation était au bord de guerres désastreuses auxquelles nous n’étions pas préparés.

Le président Trump a changé cela de manière décisive, en mettant courageusement les Américains au premier plan afin de rendre véritablement à l’Amérique sa grandeur. Sous sa direction, les États-Unis disposent de l’armée la plus forte, la plus meurtrière et la plus compétente au monde, en fait, l’armée la plus puissante que le monde ait jamais connue. Le ministère ne sera plus distrait par l’interventionnisme, les guerres sans fin, les changements de régime et la construction nationale. Au contraire, nous donnerons la priorité aux intérêts pratiques et concrets de notre peuple. Nous soutiendrons une politique de véritable paix par la force. Nous serons l’épée et le bouclier qui dissuadera les conflits dans un but de paix, mais qui reste prête à combattre et à vaincre dans les guerres nécessaires de la nation si on l’y appelle. 

Cela ne signifie pas pour autant l’isolationnisme. Au contraire, cela signifie une approche ciblée et véritablement stratégique des menaces auxquelles notre nation est confrontée et de la meilleure façon de les gérer. Cette approche repose sur un réalisme flexible et pratique qui considère le monde avec lucidité, ce qui est essentiel pour servir les intérêts des Américains. Comme l’indique la Stratégie de Sécurité Nationale, c’est l’approche de bon sens que le président Trump a mise en avant.

L’Amérique d’abord. La paix par la force. Le bon sens.

Nous conservons les particularités de mise en page du document (utilisons de texte en gras et parfois de segments en lettres capitales).

Il est essentiel dans cette approche d’être réaliste quant à l’ampleur des menaces auxquelles nous sommes confrontés et aux ressources disponibles pour y faire face. Nous reconnaissons qu’il n’est ni du devoir de l’Amérique ni dans l’intérêt de notre nation d’agir partout de notre propre chef, et nous ne comblerons pas les lacunes en matière de sécurité de nos alliés résultant des choix irresponsables de leurs dirigeants. Au lieu de cela, le ministère donnera la priorité aux menaces les plus importantes, les plus graves et les plus dangereuses pour les intérêts des Américains. Nous restaurerons la philosophie guerrière et reconstruirons la force interarmées afin que les ennemis de l’Amérique ne doutent jamais de notre détermination ou de notre capacité à répondre de manière décisive à ces menaces. Nous insisterons pour que nos alliés et partenaires fassent leur part et leur tendrons la main lorsqu’ils s’engageront. Nous serons les gardiens responsables de la vie, de l’argent et du soutien des Américains.

Nous défendrons la patrie et veillerons à ce que nos intérêts dans l’hémisphère occidental soient protégés. Nous dissuaderons la Chine dans la région indo-pacifique par la force, et non par la confrontation. Nous augmenterons le partage des charges avec nos alliés et partenaires à travers le monde. Et nous reconstruirons la base industrielle de défense américaine dans le cadre de la relance centenaire de l’industrie américaine par le président.

Ce faisant, nous rétablirons la paix par la force, non seulement pendant la durée du mandat du président Trump, mais aussi pour les décennies à venir, comme le mérite le peuple américain. La stratégie de défense nationale 2026 montre comment.

Cette stratégie reflète l’approche historique du président Trump en matière de défense de notre nation. Elle doit être mise en œuvre de manière approfondie, rapide et exhaustive. Tous les services du ministère de la Guerre se conformeront aux directives et orientations ci-jointes.

INTRODUCTION 

Le président Trump, au cours de son premier mandat et depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, a reconstruit l’armée américaine pour en faire la meilleure au monde, la force de combat la plus redoutable. Mais il est essentiel de souligner à quel point cela a été un exploit. 

Le fait est que le président Trump a pris ses fonctions en janvier 2025 dans l’un des environnements sécuritaires les plus dangereux de l’histoire de notre nation. Sur le plan intérieur, les frontières américaines étaient envahies, les narcoterroristes et autres ennemis gagnaient en puissance dans tout l’hémisphère occidental, et l’accès des États-Unis à des zones stratégiques telles que le canal de Panama et le Groenland était de plus en plus remis en question. Pendant ce temps, en Europe, où le président Trump avait précédemment incité les alliés de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à prendre leurs défenses au sérieux, la dernière administration les avait en fait encouragés à profiter du système, laissant l’Alliance incapable de dissuader ou de répondre efficacement à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Au Moyen-Orient, Israël a montré qu’il était capable et disposé à se défendre après les attaques barbares du 7 octobre, bref, qu’il était un allié modèle. Pourtant, plutôt que de renforcer Israël, la dernière administration lui a lié les mains. Pendant ce temps, la Chine et son armée ont vu leur puissance grandir dans la région Indo-Pacifique, la zone de marché la plus vaste et la plus dynamique au monde, avec des implications importantes pour la sécurité, la liberté et la prospérité des Américains. 

Rien de tout cela n’était prédéterminé. À l’issue de la Guerre Froide, les États-Unis sont devenus de loin la nation la plus puissante du monde. Nous étions en sécurité dans notre hémisphère, avec une armée axée sur le combat et largement supérieure à toutes les autres, des alliés engagés et une industrie puissante. Mais au lieu de préserver et de cultiver ces avantages durement acquis, les dirigeants et les responsables de la politique étrangère de notre nation après la guerre froide les ont gaspillés. Au lieu de protéger et de promouvoir les intérêts des Américains, ils ont ouvert nos frontières, oublié la sagesse de la doctrine Monroe, cédé notre influence dans notre hémisphère et externalisé l’industrie américaine, y compris la base industrielle de défense sur laquelle reposent nos forces armées. Ils ont envoyé les courageux fils et filles de l’Amérique se battre dans des guerres sans issue pour renverser des régimes et reconstruire des nations à l’autre bout du monde, érodant ainsi la préparation de notre armée et retardant sa modernisation. Ils ont condamné nos combattants, critiquant et négligeant la philosophie guerrière qui était autrefois cultivée et proclamée par nos prédécesseurs, et qui faisait de l’armée américaine l’envie du monde entier. Ils ont permis, voire encouragé, nos adversaires rusés à devenir plus puissants, tout en incitant nos alliés à se comporter comme des dépendants plutôt que comme des partenaires, affaiblissant ainsi nos alliances et nous rendant plus vulnérables. C’est ainsi qu’en janvier 2025, nous nous sommes retrouvés confrontés non seulement à un monde où certaines régions étaient en guerre ou s’enfonçaient dans la guerre, mais aussi à un risque accru de voir les États-Unis eux-mêmes entraînés dans des guerres majeures simultanées sur plusieurs théâtres d’opérations – une troisième guerre mondiale, comme l’avait lui-même averti le président Trump. 

Tout cela est en train de changer. Sous la direction du président Trump, conformément à sa vision et à ses directives telles qu’énoncées dans la Stratégie de Sécurité Nationale (National Security Strategy, NSS), le Ministère de la Guerre (Departement of War, Département de la Guerre) se concentre exclusivement sur le rétablissement de la paix par la force. Comme le précise la NSS, l’approche du président est celle d’un réalisme flexible et pratique qui considère le monde avec lucidité, ce qui est essentiel pour servir les intérêts des Américains. 

Cela a des implications claires pour le ministère de la Guerre. Avant tout, cela signifie donner la priorité aux missions qui comptent le plus pour la sécurité, la liberté et la prospérité des Américains. Cela signifie concentrer les efforts du ministère sur : 

► La défense du territoire américain. Nous sécuriserons les frontières et les approches maritimes des États-Unis, et défendrons l’espace aérien de notre nation grâce au Golden Dome for America et à une attention renouvelée pour la lutte contre la menace des drones. Nous maintiendrons une force de dissuasion nucléaire robuste et moderne, capable de faire face aux menaces stratégiques qui pèsent sur notre pays, nous mettrons en place et maintiendrons des cyber défenses redoutables, et nous traquerons et neutraliserons les terroristes islamiques qui ont la capacité et l’intention de frapper notre territoire. Dans le même temps, nous défendrons activement et sans crainte les intérêts américains dans tout l’hémisphère occidental. Nous garantirons l’accès militaire et commercial des États-Unis à des zones clés, en particulier le canal de Panama, le golfe du Mexique et le Groenland. Nous fournirons au président Trump des options militaires crédibles à utiliser contre les narco-terroristes, où qu’ils se trouvent. Nous nous engagerons de bonne foi avec nos voisins, du Canada à nos partenaires d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, mais nous veillerons à ce qu’ils respectent et fassent leur part pour défendre nos intérêts communs. Et lorsqu’ils ne le feront pas, nous serons prêts à prendre des mesures ciblées et décisives qui serviront concrètement les intérêts des États-Unis. C’est le corollaire Trump à la doctrine Monroe, et l’armée américaine est prête à l’appliquer avec rapidité, puissance et précision, comme le monde l’a vu lors de l’opération ABSOLUTE RESOLVE. 

► Dissuader la Chine dans la région indo-pacifique par la force, et non par la confrontation. Le président Trump recherche une paix stable, un commerce équitable et des relations respectueuses avec la Chine, et il a montré qu’il était prêt à engager le dialogue directement avec le président Xi Jinping pour atteindre ces objectifs. Mais le président Trump a également montré combien il est important de négocier en position de force, et il a chargé le Département de la Guerre d’agir en conséquence. Conformément à l’approche du président, le Département de la Guerre cherchera donc à ouvrir un éventail plus large de communications entre forces armées avec l’Armée Populaire de Libération (Popular Liberation Army, PLA), en mettant l’accent sur le soutien à la stabilité stratégique avec Pékin ainsi que, de manière plus générale, sur la résolution des conflits et la désescalade. Mais nous serons également lucides et réalistes quant à la vitesse, l’ampleur et la qualité du renforcement militaire historique de la Chine. Notre objectif n’est pas de dominer la Chine, ni de l’étrangler ou de l’humilier. Notre objectif est plutôt simple : empêcher quiconque, y compris la Chine, de pouvoir nous dominer ou dominer nos alliés — en substance, créer les conditions militaires nécessaires pour atteindre l’objectif de la NSS, à savoir un équilibre des pouvoirs dans la région indo-pacifique qui nous permette à tous de jouir d’une paix décente. À cette fin, conformément aux directives de la NSS, nous mettrons en place une défense solide le long de la première chaîne d’îles (First Islands Chains, ou FIC, en anglais). Nous encouragerons et aiderons également nos principaux alliés et partenaires régionaux à s’impliquer davantage dans notre défense collective. Ce faisant, nous renforcerons la dissuasion par le déni afin que toutes les nations reconnaissent que leurs intérêts sont mieux servis par la paix et la retenue. C’est ainsi que nous établirons une position de force militaire à partir de laquelle le président Trump pourra négocier des conditions favorables pour notre nation. Nous serons forts, mais sans confrontation inutile. C’est ainsi que nous contribuerons à concrétiser la vision du président Trump d’une paix fondée sur la force dans la région vitale de l’Indo-Pacifique. 

Accroître le partage des charges avec les alliés et partenaires des États-Unis. Notre stratégie n’est pas une stratégie isolationniste. Comme le prévoit la NSS, il s’agit d’une stratégie d’engagement ciblé à l’étranger, clairement axée sur la promotion des intérêts concrets et pratiques des Américains. Dans cette optique « America First » et de bon sens, les alliances et les partenaires des États-Unis ont un rôle essentiel à jouer, mais pas comme les dépendances de la dernière génération. Au contraire, alors que le ministère donne à juste titre la priorité à la défense du territoire national et à la dissuasion de la Chine, d’autres menaces persisteront, et nos alliés seront essentiels pour y faire face. Nos alliés le feront non pas pour nous rendre service, mais dans leur propre intérêt. Dans la région indo-pacifique, où nos alliés partagent notre désir d’un ordre régional libre et ouvert, les contributions de nos alliés et partenaires seront essentielles pour dissuader et contrebalancer la Chine. En Europe et dans d’autres théâtres d’opérations, les alliés prendront l’initiative contre des menaces moins graves pour nous mais plus graves pour eux, avec un soutien crucial mais plus limité de la part des États-Unis. 

Dans tous les cas, nous serons honnêtes mais clairs sur la nécessité urgente pour eux de faire leur part et sur le fait qu’il est dans leur propre intérêt de le faire sans délai. Nous les inciterons et leur donnerons les moyens de passer à la vitesse supérieure. Cela nécessite un changement de ton et de style par rapport au passé, mais cela est nécessaire non seulement pour les Américains, mais aussi pour nos alliés et partenaires. Pendant trop longtemps, nos alliés et partenaires se sont contentés de nous laisser subventionner leur défense. Notre classe politique en a récolté les lauriers, tandis que les Américains ordinaires en ont payé la facture. Avec le président Trump, une nouvelle approche est en vigueur. Le président Trump a déjà établi une nouvelle norme mondiale en matière de dépenses de défense lors du sommet de l’OTAN à La Haye : 3,5 % du produit intérieur brut (PIB) pour les dépenses militaires de base et 1,5 % supplémentaire pour les dépenses liées à la sécurité, soit un total de 5 % du PIB. Nous encouragerons nos alliés et partenaires à respecter cette norme partout dans le monde, et pas seulement en Europe. Si nos alliés s’y conforment, avec les États-Unis, ils seront en mesure de déployer les forces nécessaires pour dissuader ou vaincre des adversaires potentiels dans toutes les régions clés du monde, même face à des agressions simultanées. C’est ainsi que nous créerons les conditions d’une paix durable par la force dans le monde entier. 

Dynamiser la base industrielle de défense américaine. Le président Trump mène une renaissance sans précédent de l’industrie américaine, en rapatriant des industries stratégiques aux États-Unis et en revitalisant les industries que les générations précédentes avaient délocalisées à l’étranger. Nous tirerons parti de cette initiative historique pour reconstruire l’industrie de défense de notre nation, qui sous-tend notre défense et celle de nos alliés et partenaires. Nous devons redevenir le premier arsenal mondial, capable de produire non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos alliés et partenaires, à grande échelle, rapidement et avec le plus haut niveau de qualité. Pour y parvenir, nous réinvestirons dans la production de défense américaine, en renforçant les capacités, en donnant les moyens d’agir aux innovateurs, en adoptant les nouvelles avancées technologiques, telles que l’intelligence artificielle (IA) ; et en supprimant les politiques, pratiques, réglementations et autres obstacles obsolètes qui entravent le type et l’échelle de production dont les forces interarmées ont besoin pour répondre aux priorités qui nous attendent. Nous tirerons simultanément parti de la production de nos alliés et partenaires, non seulement pour répondre à nos propres besoins, mais aussi pour les inciter à augmenter leurs dépenses de défense et les aider à déployer des forces supplémentaires le plus rapidement possible. Ce faisant, nous garantirons non seulement notre propre avantage industriel en matière de défense, mais nous renforcerons également nos alliances afin qu’elles puissent contribuer à maintenir la paix par la force, sur une base solide, équitable et durable. 

Le ministère se concentrant exclusivement sur ces priorités, nous veillerons à ce que la Force interarmées soit prête à dissuader et, si nécessaire, à l’emporter en accomplissant les objectifs nationaux contre les menaces les plus dangereuses pour les intérêts américains. Dans le même temps, cette stratégie permettra à la Force interarmées d’offrir au président Trump la flexibilité et l’agilité opérationnelles nécessaires à la réalisation d’autres objectifs, en particulier la capacité de lancer des opérations décisives contre des cibles partout dans le monde, y compris directement depuis le territoire américain, comme l’ont démontré de manière mémorable les militaires américains lors de l’opération MIDNIGHT HAMMER. En veillant à ce que la Force interarmées soit sans égale, nous garantirons au président la plus grande liberté d’action possible pour employer les forces armées américaines. 

La logique fondamentale de cette stratégie, conforme au changement historique et nécessaire opéré par le président Trump, consiste à donner la priorité aux intérêts des Américains de manière concrète et pratique. Cela nécessite d’avoir une vision claire des menaces auxquelles nous sommes confrontés, ainsi que des ressources dont nous disposons, nous et nos alliés, pour y faire face. Cela nécessite de donner la priorité à ce qui compte le plus pour les Américains et aux menaces les plus dangereuses et les plus lourdes de conséquences pour leurs intérêts. Cela exige d’être honnête et clair avec nos alliés et partenaires sur le fait qu’ils doivent simplement agir plus rapidement, non pas pour rendre service aux Américains, mais dans leur propre intérêt. Cela impliquera un changement radical en termes d’approche, de priorités et de ton. Mais c’est ce qu’il faut pour nous écarter de la voie traditionnelle qui mène au désastre et pour rendre à l’Amérique sa grandeur. C’est également ce qui permettra de créer les conditions d’une paix durable, non seulement chez nous, mais aussi à l’étranger. En d’autres termes, cela permettra d’obtenir de meilleurs résultats non seulement pour les Américains, mais aussi pour nos alliés et partenaires. Assez avec l’idéalisme utopique, place au réalisme intransigeant. Telle est la mission que nous devons embrasser au Département de la Guerre, avec audace, dynamisme et sans hésitation. 

Le président Trump conduit notre nation vers un nouvel Âge d’Or. Ce faisant, il parle souvent de rétablir la paix. Mais il est tout aussi clair que nous ne pouvons y parvenir qu’à partir d’une position de force, y compris, fondamentalement, d’une force militaire. Seul le département de la Guerre peut fournir cette puissance pour garantir la défense des intérêts de la nation, et nous le ferons sans complexe. Nous serons l’épée et le bouclier de notre nation, toujours prêts à être utilisés de manière décisive sous la direction du président, au service de sa vision d’une paix durable grâce à la force. Cette stratégie de défense nationale (National Defense Strategy, NDS) montre comment. 

L’ENVIRONNEMENT DE SÉCURITÉ 

En son cœur, comme le précise la NSS, une stratégie America First doit évaluer, trier et hiérarchiser. Elle doit mettre en corrélation de manière pratique les fins, les façons et les moyens de façon réaliste. Conformément à cette approche, cette stratégie se définit par une approche réaliste et pratique visant à comprendre clairement les menaces auxquelles les Américains sont confrontés et la manière dont ces menaces peuvent être traitées de manière réaliste et pragmatique, dans le respect des intérêts américains. 

Cette stratégie est fondamentalement différente des stratégies grandioses des administrations post-guerre froide, qui n’étaient pas axées sur les intérêts pratiques concrets des Américains. Elle ne confond pas les intérêts des Américains avec ceux du reste du monde, en considérant qu’une menace pesant sur une personne à l’autre bout du monde est la même que celle pesant sur un Américain. Elle ne considère pas non plus qu’il soit nécessaire d’imposer notre mode de vie par la force. Elle ne cherche pas à résoudre tous les problèmes du monde. Elle se concentre plutôt, de manière pratique, sur les menaces réelles et crédibles qui pèsent sur la sécurité, la liberté et la prospérité des Américains. Ce faisant, elle reconnaît que certaines menaces, comme celles qui pèsent sur notre territoire national, sont plus directes et plus viscérales que d’autres. Cependant, elle reconnaît également que même celles qui peuvent sembler lointaines, comme l’importance de maintenir l’accès des États-Unis à la région indo-pacifique, le plus grand marché mondial, ont des implications exceptionnellement réelles, voire fondamentales, pour les intérêts vitaux de notre nation. 

Comme le prévoit la NSS, cette stratégie reconnaît très clairement que toutes les menaces ne sont pas d’une gravité et d’une importance égales. Mais même celles qui sont moins importantes ont leur importance et ne doivent pas être ignorées. Par conséquent, même si cette stratégie donne la priorité aux menaces les plus graves pour la sécurité, la liberté et la prospérité de notre nation, elle positionne également notre nation, nos alliés et nos partenaires de manière à contrer les autres de manière efficace et durable. Ce faisant, elle établit les conditions d’une paix fondée sur la force, non seulement pour le reste du mandat du président, mais aussi pour de nombreuses années à venir. 

TERRITOIRE NATIONAL ET HÉMISPHÈRE

Pendant des décennies, les responsables de la politique étrangère américaine ont négligé la défense du territoire national. Cela s’explique en partie par l’idée que cette défense n’était plus nécessaire. Mais cela s’explique également par la volonté croissante des décideurs de Washington d’assouplir les contrôles aux frontières et de faciliter l’immigration clandestine et le flux incontrôlé et déloyal de marchandises. 

Les résultats désastreux parlent d’eux-mêmes. Au cours des dernières décennies, notre nation a été submergée par un afflux d’étrangers en situation irrégulière. Dans le même temps, les stupéfiants ont envahi nos frontières, empoisonnant des centaines de milliers d’Américains. Les trafiquants de stupéfiants de notre hémisphère ont tiré d’énormes profits de ce fléau et sont à juste titre désignés comme des organisations terroristes étrangères (Foreign Terrorist Organisations, FTO), mais ce n’est pas tout. L’opération SOUTHERN SPEAR montre que le président Trump est déterminé à empêcher les narco-terroristes de faire entrer des stupéfiants mortels dans notre pays. Le président est également déterminé à traduire les narco-terroristes en justice. Nicolas Maduro, par exemple, pensait pouvoir empoisonner les Américains en toute impunité. L’opération ABSOLUTE RESOLVE lui a appris qu’il n’en était rien, et tous les narco-terroristes devraient en prendre bonne note. 

Les menaces militaires directes qui pèsent sur le territoire américain se sont également accrues ces dernières années, notamment les menaces nucléaires ainsi que diverses capacités de frappe conventionnelle et de guerre spatiale, cybernétique et électromagnétique. Parallèlement, bien que les États-Unis aient considérablement affaibli les organisations terroristes islamiques telles qu’Al-Qaïda et Daech au cours des dernières décennies, ces acteurs continuent de s’adapter et de représenter une menace crédible.

Les intérêts américains sont également menacés dans tout l’hémisphère occidental. Dès le XIXe siècle, nos prédécesseurs ont reconnu que les États-Unis devaient jouer un rôle plus puissant et plus important dans les affaires hémisphériques afin de préserver la sécurité économique et nationale de notre pays. C’est cette idée qui a donné naissance à la doctrine Monroe et au corollaire Roosevelt qui a suivi. Mais la sagesse de cette approche a été perdue, car nous avons pris notre position dominante pour acquise alors même qu’elle commençait à s’effriter. En conséquence, nous avons vu l’influence de nos adversaires s’étendre du Groenland dans l’Arctique au golfe du Mexique, au canal de Panama et aux territoires plus au sud. Cela menace non seulement l’accès des États-Unis à des zones clés de l’hémisphère, mais cela rend également les Amériques moins stables et moins sûres, ce qui nuit à la fois aux intérêts des États-Unis et à ceux de nos partenaires régionaux. 

RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE (RPC) 

À tous égards, la Chine est déjà le deuxième pays le plus puissant au monde, derrière les États-Unis, et l’État le plus puissant par rapport à nous depuis le XIXe siècle. Et, bien que la Chine soit confrontée à des défis économiques, démographiques et sociétaux très importants sur le plan interne, le fait est que sa puissance ne cesse de croître. Pékin a déjà dépensé des sommes considérables pour l’APL ces dernières années, souvent au détriment des priorités nationales. Pourtant, la Chine peut encore se permettre de dépenser davantage pour son armée, si elle le souhaite, et elle a démontré qu’elle était capable de le faire efficacement. En effet, la rapidité, l’ampleur et la qualité du renforcement militaire historique de la Chine parlent d’elles-mêmes, notamment les forces conçues pour des opérations dans le Pacifique occidental ainsi que celles capables d’atteindre des cibles beaucoup plus éloignées. 

Cela revêt une importance pour les intérêts américains car, comme le reconnaît la NSS, la région indo-pacifique représentera bientôt plus de la moitié de l’économie mondiale. La sécurité, la liberté et la prospérité du peuple américain sont donc directement liées à notre capacité à commercer et à nous engager en position de force dans la région indo-pacifique. Si la Chine – ou n’importe quel autre pays, d’ailleurs – venait à dominer cette vaste région cruciale, elle serait en mesure de bloquer efficacement l’accès des Américains au centre de gravité économique mondial, avec des implications durables pour les perspectives économiques de notre nation, y compris notre capacité à nous réindustrialiser. 

C’est pourquoi la NSS demande au Département de la Guerre de maintenir un équilibre favorable des forces militaires dans la région indo-pacifique. Non pas dans le but de dominer, d’humilier ou d’étrangler la Chine. Au contraire, notre objectif est beaucoup plus limité et raisonnable que cela : il s’agit simplement de garantir que ni la Chine ni aucun autre pays ne puisse nous dominer, nous ou nos alliés. Cela ne nécessite pas de changement de régime ni aucune autre lutte existentielle. Au contraire, une paix décente, à des conditions favorables aux Américains mais que la Chine peut également accepter et respecter, est possible. C’est là le postulat judicieux de l’approche visionnaire et réaliste du président Trump en matière de diplomatie avec Pékin. Dans le même temps, les efforts du département fourniront la force sous-jacente nécessaire à cette approche. 

RUSSIE 

La Russie restera une menace persistante mais gérable pour les membres orientaux de l’OTAN dans un avenir prévisible. En effet, bien que la Russie souffre de diverses difficultés démographiques et économiques, la guerre qu’elle mène actuellement en Ukraine montre qu’elle dispose encore d’importantes réserves de puissance militaire et industrielle. La Russie a également démontré qu’elle avait la détermination nationale nécessaire pour mener une guerre prolongée dans son voisinage immédiat. En outre, bien que la menace militaire russe se concentre principalement sur l’Europe de l’Est, la Russie possède également le plus grand arsenal nucléaire au monde, qu’elle continue de moderniser et de diversifier, ainsi que des capacités sous-marines, spatiales et cybernétiques qu’elle pourrait utiliser contre le territoire américain. 

Compte tenu de cela, le ministère veillera à ce que les forces américaines soient prêtes à se défendre contre les menaces russes pesant sur le territoire américain. Le ministère continuera également à jouer un rôle essentiel au sein de l’OTAN, même si nous ajustons la posture et les activités militaires américaines et les activités des forces américaines dans le théâtre européen afin de mieux tenir compte de la menace russe pour les intérêts américains ainsi que des capacités propres de nos alliés. Moscou n’est pas en mesure de prétendre à l’hégémonie européenne. L’OTAN européenne éclipse la Russie en termes d’économie, de population et, par conséquent, de puissance militaire latente. D’un autre côté, bien que l’Europe reste importante, sa part dans la puissance économique mondiale est plus faible et en déclin. Il s’ensuit que, même si nous sommes et resterons engagés en Europe, nous devons donner la priorité à la défense du territoire américain et à la dissuasion de la Chine, et nous le ferons. 

Heureusement, nos alliés de l’OTAN sont nettement plus puissants que la Russie, qui est loin derrière. À elle seule, l’économie allemande éclipse celle de la Russie. Parallèlement, sous la direction du président Trump, les alliés de l’OTAN se sont engagés à augmenter leurs dépenses de défense pour atteindre la nouvelle norme mondiale de 5 % du PIB au total, dont 3,5 % du PIB investis dans des capacités militaires lourdes. Nos alliés de l’OTAN sont donc en bonne position pour assumer la responsabilité principale de la défense conventionnelle de l’Europe, avec un soutien américain essentiel mais plus limité. Cela inclut le fait de prendre l’initiative dans le soutien à la défense de l’Ukraine. Comme l’a déclaré le président Trump, la guerre en Ukraine doit prendre fin. Comme il l’a également souligné, cependant, cette responsabilité incombe avant tout à l’Europe. La sécurisation et le maintien de la paix nécessiteront donc le leadership et l’engagement de nos alliés de l’OTAN. 

IRAN

Le président Trump a toujours clairement indiqué que l’Iran ne serait pas autorisé à acquérir des armes nucléaires. Et avec l’opération MIDNIGHT HAMMER, il a montré qu’il tenait parole, de manière décisive. Aucune autre armée au monde n’aurait pu mener à bien une opération d’une telle ampleur, d’une telle complexité et d’une telle importance que l’opération MIDNIGHT HAMMER. Pourtant, la Force interarmées l’a fait de manière impeccable et a anéanti le programme nucléaire iranien. Les forces américaines ont également apporté un soutien essentiel à la défense d’Israël tout au long de la guerre des 12 jours, permettant à Israël de remporter des succès opérationnels et stratégiques historiques. Aujourd’hui, le régime iranien est plus faible et plus vulnérable qu’il ne l’a été depuis des décennies. 

L’« axe de la résistance » iranien est également dévasté. Les opérations israéliennes ont gravement affaibli le Hezbollah et le Hamas. Sous la direction du président Trump, les États-Unis ont également lancé l’opération ROUGH RIDER, qui a affaibli les capacités de frappe des Houthis et les a finalement contraints à demander la paix et à cesser de tirer sur les navires américains. Au cours de ce processus, grâce à une campagne courte, intense et décisive, le président a pu rétablir la liberté de navigation pour les navires américains. 

Malgré tout, bien que l’Iran ait subi de graves revers ces derniers mois, il semble déterminé à reconstituer ses forces militaires conventionnelles. Les dirigeants iraniens ont également laissé ouverte la possibilité de tenter à nouveau de se doter de l’arme nucléaire, notamment en refusant de s’engager dans des négociations sérieuses. De plus, bien que les mandataires de l’Iran aient été sévèrement affaiblis, ils pourraient également chercher à reconstruire les infrastructures et les capacités dévastées. Nous ne pouvons pas non plus ignorer le fait que le régime iranien a du sang américain sur les mains, qu’il reste déterminé à détruire notre proche allié Israël, et que l’Iran et ses mandataires provoquent régulièrement des crises régionales qui non seulement menacent la vie des militaires américains dans la région, mais empêchent également la région elle-même de poursuivre le type d’avenir pacifique et prospère que tant de ses dirigeants et de ses peuples souhaitent clairement. 

Pourtant, d’importantes opportunités s’offrent également à nous. Israël a depuis longtemps démontré qu’il était à la fois disposé et capable de se défendre avec le soutien essentiel mais limité des États-Unis. Israël est un allié modèle, et nous avons aujourd’hui l’occasion de le renforcer davantage pour qu’il puisse se défendre et promouvoir nos intérêts communs, en nous appuyant sur les efforts historiques du président Trump pour garantir la paix au Moyen-Orient. De même, dans le Golfe, les partenaires des États-Unis sont de plus en plus disposés et capables de faire davantage pour se défendre contre l’Iran et ses mandataires, notamment en acquérant et en déployant divers systèmes militaires américains. Cela nous offre encore plus d’opportunités de permettre à chaque partenaire de faire davantage pour sa défense. Cela nous permettra également de favoriser l’intégration entre les partenaires régionaux, afin qu’ils puissent accomplir encore plus ensemble. 

RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE (RPDC) 

La RPDC représente une menace militaire directe pour la République de Corée (RDC) ainsi que pour le Japon, qui sont tous deux des alliés des États-Unis en vertu d’un traité. Bien que la plupart des forces conventionnelles nord-coréennes soient vieillissantes ou mal entretenues, la Corée du Sud doit rester vigilante face à la menace d’une invasion nord-coréenne. Les forces de missiles nord-coréennes sont également capables de frapper des cibles en République de Corée et au Japon avec des armes conventionnelles et nucléaires, ainsi qu’avec d’autres armes de destruction massive. Dans le même temps, les forces nucléaires de la RPDC sont de plus en plus capables de menacer le territoire américain. Le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et le président du Comité des chefs d’état-major interarmées, le général Dan Caine, présentent les résultats de l’opération MIDNIGHT HAMMER. Ces forces gagnent en taille et en sophistication, et elles représentent un danger clair et présent d’attaque nucléaire sur le territoire américain. 

LE PROBLÈME DE LA SIMULTANÉITÉ ET SES IMPLICATIONS POUR LE PARTAGE DES CHARGES ENTRE ALLIÉS 

Il est prudent pour les États-Unis et leurs alliés de se préparer à l’éventualité qu’un ou plusieurs adversaires potentiels agissent de manière coordonnée ou opportuniste sur plusieurs théâtres d’opérations. 

Un tel scénario serait moins préoccupant si nos alliés et partenaires avaient investi de manière adéquate dans leur défense au cours des dernières décennies. Mais ils ne l’ont pas fait. Au contraire, à de rares exceptions près, ils se sont trop souvent contentés de laisser les États-Unis les défendre, tout en réduisant leurs dépenses de défense et en investissant plutôt dans des domaines tels que la sécurité sociale et d’autres programmes nationaux. Ils ne sont pas les seuls à être en faute. Certes, c’est eux qui ont décidé de sous-investir dans leurs défenses respectives. Mais cette décision a souvent été encouragée par les anciens décideurs politiques américains, qui croyaient imprudemment que les États-Unis tiraient davantage profit d’alliés qui dépendaient d’eux que de partenaires. 

Heureusement, cette époque est révolue. Comme l’a clairement indiqué le président Trump, nos alliés et partenaires doivent assumer leur juste part du fardeau de notre défense collective. C’est la bonne chose à faire, surtout après des décennies de subventions américaines à leur défense. Mais c’est également essentiel d’un point de vue stratégique, tant pour nous que pour eux. Grâce au leadership du président Trump, depuis janvier 2025, nous avons vu nos alliés commencer à prendre leurs responsabilités, en particulier en Europe et en Corée du Sud. 

C’est pourquoi le partage des charges est un élément essentiel de cette stratégie, même si le Département de la Guerre donne la priorité à la croissance de la force interarmées et préconise des dépenses de défense importantes pour soutenir cette croissance. Les alliances et les partenariats des États-Unis forment un périmètre défensif autour de l’Eurasie. Non seulement ces relations offrent une géographie favorable, mais elles incluent également bon nombre des nations les plus riches du monde. Dans l’ensemble, notre réseau d’alliances est bien plus riche que tous nos adversaires potentiels réunis. Par conséquent, si nos alliés et partenaires investissent correctement dans leur défense, conformément à la nouvelle norme mondiale fixée lors du sommet de La Haye, nous pouvons générer ensemble des forces plus que suffisantes pour dissuader les adversaires potentiels, y compris s’ils agissent simultanément. 

De cette manière, nous maintiendrons des équilibres de pouvoir favorables dans chacune des régions clés du monde, conformément aux directives de la NSS. Alors que les forces américaines se concentrent sur la défense du territoire national et la région indo-pacifique, nos alliés et partenaires ailleurs assumeront la responsabilité principale de leur propre défense, avec un soutien essentiel mais plus limité de la part des forces américaines. Cela permettra au président Trump de nous mettre sur la voie du maintien de la paix par la force pour les décennies à venir et de laisser nos alliances et nos partenariats plus solides qu’ils ne l’ont jamais été depuis la fin de la guerre froide.

APPROCHE STRATÉGIQUE 

L’approche stratégique du département repose sur les domaines d’action clefs (Lines of Effort) suivants : 

1. Défendre le territoire américain 

2. Dissuader la Chine dans la région indo-pacifique par la force, et non par la confrontation 

3. Accroître le partage des charges avec les alliés et partenaires des États-Unis 

4. Dynamiser la base industrielle de défense américaine Le reste de cette section apporte des précisions, des conseils et des orientations supplémentaires pour chaque axe d’effort. 

DOMAINE D’ACTION N°1 : DÉFENDRE LE TERRITOIRE AMÉRICAIN 

Comme l’a déclaré le président Trump, la priorité absolue de l’armée américaine est de défendre le territoire américain. Le ministère accordera donc la priorité à cette tâche, notamment en défendant les intérêts des États-Unis dans tout l’hémisphère occidental. Nous le ferons comme suit : 

Sécuriser nos frontières. La sécurité des frontières est une question de sécurité nationale. Le ministère de la Défense accordera donc la priorité aux efforts visant à sceller nos frontières, à repousser toute forme d’invasion et à expulser les étrangers en situation irrégulière, en coordination avec le ministère de la Sécurité intérieure (DHS). 

Lutter contre les narco-terroristes dans l’hémisphère. Même si le ministère s’efforce de sécuriser les frontières américaines, nous reconnaissons que les menaces qui pèsent sur ces frontières doivent également être traitées plus en profondeur dans l’hémisphère. Nous aiderons donc nos partenaires à développer leur capacité à affaiblir les organisations narco-terroristes à travers les Amériques et les soutiendrons dans cette tâche, tout en conservant notre capacité à prendre des mesures décisives de manière unilatérale. Mais si nos partenaires ne peuvent ou ne veulent pas faire leur part, nous serons prêts à agir de manière décisive par nous-mêmes, comme l’a démontré la Force interarmées lors de l’opération ABSOLUTE RESOLVE. 

Sécuriser les terrains clés dans l’hémisphère occidental. Comme le prévoit la NSS, les États-Unis ne céderont plus l’accès ou l’influence sur les terrains clés de l’hémisphère occidental. Le Département de la Guerre fournira donc au président des options crédibles pour garantir l’accès militaire et commercial des États-Unis aux terrains clés, de l’Arctique à l’Amérique du Sud, en particulier le Groenland, le Golfe d’Amérique et le canal de Panama. Nous veillerons à ce que la doctrine Monroe soit respectée à notre époque. 

Défendre le ciel américain grâce au « Golden Dome for America » (Dôme doré pour l’Amérique) du président Trump et à d’autres mesures spécifiques aux drones. Le ministère donnera la priorité aux efforts visant à développer le « Golden Dome for America » du président Trump, en mettant particulièrement l’accent sur les options permettant de contrer de manière rentable les salves de missiles de grande envergure et autres attaques aériennes avancées. En outre, le Département de la Guerre développera et déploiera des capacités et des systèmes pour contrer les systèmes aériens pilotés à distance. Nous veillerons également à ce que les forces américaines aient accès au spectre électromagnétique nécessaire à la défense du territoire national. 

Moderniser et adapter les forces nucléaires américaines. Les États-Unis ont besoin d’un arsenal nucléaire puissant, sûr et efficace, adapté aux stratégies globales et de défense du pays. Nous moderniserons et adapterons nos forces nucléaires en conséquence, en mettant l’accent sur la dissuasion et la gestion de l’escalade dans un contexte nucléaire mondial en mutation. Les États-Unis ne doivent jamais être vulnérables au chantage nucléaire et ne le seront jamais. 

Dissuader et se défendre contre les cybermenaces. Le ministère donnera la priorité au renforcement des cyberdéfenses pour l’armée américaine et certaines cibles civiles. Le Département de la Guerre développera également d’autres options pour dissuader ou réduire les cybermenaces pesant sur le territoire américain. 

Lutter contre les terroristes islamiques. Le ministère maintiendra une approche durable en termes de ressources pour lutter contre les terroristes islamiques, en se concentrant sur les organisations qui ont la capacité et l’intention de frapper le territoire américain. 

DOMAINE D’ACTION N°2 : DISSUADER LA CHINE DANS LA RÉGION INDO-PACIFIQUE PAR LA FORCE ET NON PAR LA CONFRONTATION 

Le ministère de la Guerre suivra l’exemple du président Trump en engageant nos homologues de l’APL dans un éventail plus large de formats. Ce faisant, nous nous concentrerons sur le soutien à la stabilité stratégique et, plus largement, sur la résolution des conflits et la désescalade. Dans le même temps, le président Trump a clairement exprimé son souhait d’une paix décente dans la région indo-pacifique, où les échanges commerciaux sont ouverts et équitables, où nous pouvons tous prospérer et où nos intérêts sont respectés. Le ministère de la Guerre utilisera ces engagements pour aider à communiquer cette vision et cette intention aux autorités chinoises, tout en démontrant par notre comportement notre sincère désir de parvenir à un avenir pacifique et prospère et de le préserver. 

Nous ne perdrons toutefois pas de vue l’orientation la plus importante donnée par le président Trump au ministère : la paix par la force. Conscients de cela, il est de notre responsabilité essentielle, au sein du ministère de la Guerre, de veiller à ce que le président Trump soit toujours en mesure de négocier depuis une position de force afin de maintenir la paix dans la région indo-pacifique. À cette fin, conformément aux directives de la NSS, nous mettrons en place, maintiendrons et renforcerons une défense de déni solide le long de la chaîne des premières îles. Nous travaillerons également en étroite collaboration avec nos alliés et partenaires dans la région afin de les inciter et de leur permettre de faire davantage pour notre défense collective, en particulier par des moyens pertinents pour une défense par déni efficace. Grâce à ces efforts, nous montrerons clairement que toute tentative d’agression contre les intérêts américains échouera et ne vaut donc pas la peine d’être tentée. C’est l’essence même de la dissuasion par déni. 

De cette manière, le Département de la Guerre fournira la force militaire nécessaire à la diplomatie visionnaire et réaliste du président Trump, créant ainsi les conditions d’un équilibre des pouvoirs dans la région indo-pacifique qui permettra à tous, aux États-Unis, à la Chine et aux autres pays de la région, de jouir d’une paix décente. Dans le même temps, tout en mettant en place une défense de déni solide le long de la chaîne des premières îles, la Département de la Guerre veillera à ce que les forces interarmées aient toujours la capacité de mener des frappes et des opérations dévastatrices contre des cibles partout dans le monde, y compris directement depuis le territoire américain, offrant ainsi au président une flexibilité et une agilité opérationnelles inégalées. 

DOMAINE D’ACTION N°3 : AUGMENTER LE PARTAGE DES CHARGES AVEC LES ALLIÉS ET PARTENAIRES DES ÉTATS-UNIS

Conformément à l’approche du président détaillée dans la NSS, cette stratégie donne la priorité à la lutte contre les menaces les plus graves pour les intérêts américains. Mais elle ne néglige pas les autres menaces. Au contraire, s’appuyant sur l’approche du président, cette stratégie consiste à inciter de manière raisonnable et prudente les alliés et partenaires des États-Unis à assumer la responsabilité principale de la défense contre ces autres menaces, avec un soutien américain essentiel mais plus limité. Ce faisant, elle crée les conditions d’une paix durable grâce à la force sur tous les théâtres d’opérations. 

À cette fin, le ministère accordera la priorité au renforcement des incitations pour que les alliés et les partenaires assument la responsabilité principale de leur propre défense en Europe, au Moyen-Orient et dans la péninsule coréenne, avec un soutien essentiel mais limité des forces américaines. Dans le même temps, nous chercherons à faciliter autant que possible la prise en charge par nos alliés et partenaires d’une plus grande part du fardeau de notre défense collective, notamment par une collaboration étroite en matière de planification des forces et des opérations et par une coopération étroite afin de renforcer la préparation de leurs forces à des missions clés. 

Comme l’a montré le président Trump, il doit y avoir une responsabilité claire. Les incitations fonctionnent et constitueront un élément essentiel de notre politique d’alliance. Nous donnerons donc la priorité à la coopération et aux engagements avec les alliés modèles, ceux qui dépensent ce qu’il faut et font visiblement plus pour lutter contre les menaces dans leur région, avec un soutien américain essentiel mais limité, notamment par la vente d’armes, la collaboration industrielle dans le domaine de la défense, le partage de renseignements et d’autres activités qui améliorent la situation de nos pays. Concrètement, le Département de la Guerre procédera comme suit : 

Hémisphère occidental. Le Canada et le Mexique jouent un rôle important dans la défense de l’hémisphère, notamment en collaborant avec le Département de la Guerre et d’autres agences américaines pour empêcher les étrangers en situation irrégulière et les narco-terroristes d’atteindre les frontières américaines. Le Canada a également un rôle essentiel à jouer dans la défense de l’Amérique du Nord contre d’autres menaces, notamment en renforçant les défenses contre les menaces aériennes, balistiques et sous-marines. En outre, les partenaires des États-Unis dans tout l’hémisphère occidental peuvent faire beaucoup plus pour aider à lutter contre l’immigration clandestine, affaiblir les narco-terroristes et empêcher les adversaires des États-Unis de contrôler ou d’exercer une influence indue sur des territoires clés, en particulier le Groenland, le golfe d’Amérique et le canal de Panama. Le ministère travaillera avec les pays de l’hémisphère pour faire progresser ces objectifs, en les incitant et en leur donnant les moyens de renforcer leurs efforts en conséquence. 

Europe. Comme l’indique clairement la NSS, la réponse aux menaces sécuritaires auxquelles l’Europe est confrontée réside dans la prise en charge de sa propre défense conventionnelle. Le département encouragera et aidera donc les alliés de l’OTAN à assumer la responsabilité principale de la défense conventionnelle de l’Europe, avec un soutien américain essentiel mais plus limité. Au cœur de cet effort, le Département de la Guerre travaillera en étroite collaboration avec nos alliés afin de s’assurer qu’ils respectent l’engagement en matière de dépenses de défense qu’ils ont pris lors du sommet de La Haye. Nous chercherons également à tirer parti des processus de l’OTAN pour soutenir ces objectifs, tout en nous efforçant d’élargir la coopération industrielle transatlantique en matière de défense et de réduire les barrières commerciales dans ce domaine afin de maximiser notre capacité collective à produire les forces nécessaires pour atteindre les objectifs de défense des États-Unis et de leurs alliés. Enfin, nous ferons clairement comprendre à nos alliés européens que leurs efforts et leurs ressources doivent être concentrés sur l’Europe. La raison en est simple : c’est en Europe qu’ils peuvent – et doivent – avoir le plus d’impact sur notre défense collective. 

Moyen-Orient. Comme l’a exposé le président Trump dans son discours historique à Riyad, les États-Unis aspirent à un Moyen-Orient plus pacifique et plus prospère. Cependant, comme l’a également clairement indiqué le président, cette transformation ne peut venir que de ceux qui ont le plus d’intérêt dans l’avenir de la région, à savoir nos alliés et partenaires dans la région elle-même. Notre tâche consiste à les soutenir dans cet effort, en nous appuyant sur les bases solides que le président Trump a posées grâce à sa diplomatie lucide et infatigable. À cette fin, le département d’État donnera aux alliés et partenaires régionaux les moyens d’assumer la responsabilité principale de la dissuasion et de la défense contre l’Iran et ses mandataires, notamment en soutenant fermement les efforts d’Israël pour se défendre, en approfondissant la coopération avec nos partenaires du golfe Persique et en facilitant l’intégration entre Israël et nos partenaires du golfe Persique, en s’appuyant sur l’initiative historique du président Trump, les Accords d’Abraham. Ce faisant, le Département de la Guerre maintiendra notre capacité à prendre des mesures ciblées et décisives pour défendre les intérêts américains. Grâce à cette approche, nous pouvons établir et renforcer les conditions d’une paix durable grâce à notre puissance dans la région. 

Afrique. La priorité du ministère en Afrique est d’empêcher les terroristes islamiques d’utiliser les refuges régionaux pour frapper le territoire américain. Conformément à l’approche durable de cette stratégie en matière de lutte contre le terrorisme, nous serons prêts à prendre des mesures directes contre les terroristes islamiques qui sont à la fois capables et déterminés à frapper le territoire américain, notamment en étroite coordination avec nos partenaires interinstitutionnels et étrangers. Nous chercherons simultanément à donner aux alliés et aux partenaires les moyens de mener des efforts visant à affaiblir et à détruire d’autres organisations terroristes. 

Péninsule coréenne. Grâce à sa puissante armée, soutenue par des dépenses de défense élevées, une industrie de défense robuste et un service militaire obligatoire, la Corée du Sud est capable d’assumer la responsabilité principale de la dissuasion de la Corée du Nord, avec un soutien américain essentiel mais plus limité. C’est également la volonté de la Corée du Sud, étant donné la menace directe et claire à laquelle elle est confrontée de la part de la Corée du Nord. Ce changement dans l’équilibre des responsabilités est conforme à l’intérêt des États-Unis de mettre à jour leur posture militaire dans la péninsule coréenne. De cette manière, nous pouvons garantir un leadership plus fort et une relation d’alliance plus mutuellement bénéfique, mieux alignée sur les priorités de défense des États-Unis, créant ainsi les conditions d’une paix durable. 

DOMAINE D’ACTION N°4 : DYNAMISER LA BASE INDUSTRIELLE DE DÉFENSE AMÉRICAINE 

La base industrielle de défense américaine est le fondement de la reconstruction et de l’adaptation de notre armée afin qu’elle reste la plus puissante au monde. Le président Trump a réussi, en collaboration avec le Congrès, à mener à bien le type de renaissance de l’industrie américaine qui n’arrive qu’une fois par siècle, et un investissement générationnel pour la défense de notre nation, et nous devons être de bons gestionnaires de ces précieuses ressources. Cela est essentiel pour garantir que les forces américaines disposent des armes, des équipements et des capacités de transport et de distribution nécessaires à la mise en œuvre de cette stratégie. Il est également essentiel de veiller à ce que les États-Unis puissent aider à armer leurs alliés et partenaires qui assument une part plus importante du fardeau de notre défense collective, notamment en menant des efforts pour dissuader ou défendre contre d’autres menaces moins importantes. La base industrielle de défense soutient ainsi les autres piliers clés de cette stratégie. Nous prendrons donc des mesures urgentes pour le mobiliser, le renouveler et le sécuriser, afin de dynamiser l’industrie américaine de la défense afin qu’elle soit prête à relever les défis de notre époque aussi efficacement qu’elle l’a fait au siècle dernier. 

Nos forces armées dépendent de la base industrielle de défense pour produire, livrer et entretenir des munitions, des systèmes et des plateformes essentiels. Notre état de préparation, notre puissance de frappe, notre portée et notre capacité de survie, et, en fin de compte, les options militaires que nous offrons, sont directement liés à la capacité de la base industrielle de défense à développer, déployer, entretenir, réapprovisionner et transporter en toute sécurité les équipements et le matériel qui nous confèrent notre avantage au combat. Nous renforcerons donc nos capacités de soutien organiques, développerons des fournisseurs non traditionnels et établirons des partenariats avec les fournisseurs traditionnels de la base industrielle de défense, le Congrès, nos alliés et partenaires, ainsi que d’autres départements et agences fédéraux afin de redynamiser et de mobiliser la créativité et l’ingéniosité inégalées de notre grande nation, de raviver notre esprit d’innovation et de restaurer notre capacité industrielle. Pour redonner toute sa grandeur à notre base industrielle de défense, il faut une vision claire, des relations solides et un engagement ferme à reconstruire le fondement ultime de notre puissance militaire. 

Comme le précise la NSS, cet effort nécessitera rien de moins qu’une mobilisation nationale, un appel aux armes industrielles comparable aux renaissances similaires du siècle dernier qui ont finalement conduit notre nation à la victoire dans les guerres mondiales et la guerre froide qui a suivi. 

CONCLUSION 

Après avoir évité à notre nation le précipice d’une guerre mondiale il y a tout juste un an, le président Trump mène aujourd’hui notre nation vers un nouvel âge d’or, caractérisé par une approche pragmatique, concrète et sensée qui donne la priorité aux Américains.

Nous ne gaspillerons plus la volonté, les ressources et même la vie des Américains dans des aventures étrangères futiles et grandiloquentes. Mais nous ne battrons pas en retraite. Au contraire, nous donnerons sans vergogne la priorité aux intérêts concrets des Américains en adoptant une approche réaliste et flexible. Nous restaurerons la philosophie guerrière. Nous recentrerons l’armée américaine sur son objectif fondamental et irremplaçable : remporter de manière décisive les guerres de la nation. 

Ce faisant, comme l’a souligné de manière mémorable le président Trump, notre objectif ne sera pas l’agression ou la guerre perpétuelle. Notre objectif est plutôt la paix. La paix est le bien suprême. Mais pas une paix qui sacrifie la sécurité, les libertés et la prospérité de notre peuple. Plutôt une paix que les Américains méritent, une paix noble et fière. Heureusement, cette paix est compatible avec les intérêts de nos adversaires potentiels, s’ils maintiennent leurs exigences raisonnables et limitées. Nous n’exigeons pas leur humiliation ou leur soumission. Nous exigeons seulement qu’ils respectent nos intérêts raisonnablement conçus et ceux de nos alliés et partenaires qui nous soutiennent fermement. Si nous pouvons tous reconnaître cela, nous pouvons parvenir à un équilibre de pouvoir flexible et durable entre nous, et à la paix. 

Mais au ministère de la Guerre, nous serons prêts si notre offre généreuse est rejetée. Nous savons que souhaiter une paix décente n’est pas la même chose que la réaliser. Ainsi, si nos adversaires potentiels sont assez imprudents pour rejeter nos propositions pacifiques et choisir le conflit, les forces armées américaines seront prêtes à combattre et à gagner les guerres de la nation d’une manière qui soit logique pour les Américains. Pour que cela soit le cas, cette stratégie nous permettra de voir clairement les choses et les choix que nous devons faire. Nous donnerons la priorité à la lutte contre les menaces les plus graves et les plus importantes pour les intérêts des Américains. Nous réorganiserons notre réseau d’alliés et de partenaires afin de faire face aux menaces auxquelles nous sommes confrontés. Et nous serons prêts, toujours armés de l’épée la plus tranchante et la plus redoutable, mais prêts à offrir le rameau d’olivier. 

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