Si les investisseurs étrangers qui détiennent des bons du Trésor américain décidaient de les vendre car ils ne veulent plus en avoir, ou du moins en avoir autant, les taux d’intérêt auxquels l’État fédéral doit constamment emprunter pour combler son déficit de 1 600 milliards de dollars par an augmenteraient immédiatement et de manière significative.

  • Cela aurait toutefois un coût élevé pour les vendeurs de ces titres, qui devraient enregistrer des moins-values sur leurs actifs.
  • Pour les pays de l’Union, la vente de titres américains pourrait théoriquement être un moyen efficace de répondre aux attaques de Donald Trump. 

Ces détenteurs étrangers sont cependant, pour la plupart, des acteurs privés auxquels les États ne peuvent pas imposer de vendre ces titres à perte.

  • Selon les données du Trésor américain, 41 % des titres de dette américains détenus à l’étranger le sont par des acteurs publics, principalement des banques centrales, dans le cadre de leurs réserves.

Si l’on regarde de plus près qui détient la dette américaine, on constate que le Japon, le Royaume-Uni et la Chine en possèdent la majeure partie, avec les différents paradis fiscaux (Îles Caïmans, Luxembourg, Irlande, Suisse, etc.)

  • Parmi les pays européens, la France est l’un des principaux détenteurs de bons du Trésor américain, alors que l’Allemagne se situe en bas du classement.
  • L’Italie, les Pays-Bas et l’Espagne ne figurent pas non plus dans la liste des pays détenant plus de 100 milliards de dollars de bons du Trésor américain.
  • Pris ensemble, les pays de l’Union qui figurent sur cette liste détiennent 1 733 milliards de dollars de titres de dette américains, soit 18,5 % du total détenu par des étrangers.

La dynamique observée au cours de la première année du deuxième mandat de Trump est au moins aussi intéressante que la tendance observée en novembre dernier.

  • Globalement, la détention de dette publique américaine par les acteurs étrangers a augmenté de 7,2 % entre novembre 2024 et novembre 2025, alors que la dette américaine totale n’a augmenté « que » de 6,1 % sur la même période. 
  • La Chine, l’Inde et le Brésil ont toutefois massivement réduit leurs encours en 2025. Le Brésil a enregistré une baisse de 27 % et l’Inde de 20 %.
  • À l’inverse, la Norvège, la Belgique, le Canada (malgré les tensions avec Trump), Israël, le Royaume-Uni, la Corée du Sud ou encore la France les ont fortement augmentés, signalant que les acteurs financiers des pays développés ne se montrent pas inquiets, pour le moment, des politiques de Trump et parient plutôt sur leur succès.
  • Les taux d’intérêt sur la dette publique américaine restent à ce jour significativement supérieurs à ceux de l’Europe et du Japon.