Des responsables danois et groenlandais ont été reçus aujourd’hui, mercredi 14 janvier, à la Maison-Blanche à Washington par le vice-président J.D. Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio pour discuter de l’avenir du Groenland face aux réitérées demandes d’annexion territoriale de la part des États-Unis.
- Le Danemark a rejeté toute idée qui ne respecte pas le principe d’auto-détermination du Groenland et la souveraineté danoise, qualifiant la position américaine à l’issue des échanges de « désaccord fondamental ».
- Le président américain persiste à affirmer que les États-Unis « ont besoin » du Groenland pour des raisons de sécurité nationale et pour mettre en place un système de défense antimissile (le projet « Golden Dome ») qu’il juge « vital ».
- Le Ministre des Affaires étrangères du Danemark, Lars Løkke Rasmussen, a déclaré à l’issue de la réunion : « Nos points de vue continuent de diverger. Le président a clairement exprimé son opinion. Et nous avons une position différente ».
- Un groupe de travail bilatéral a été créé pour poursuivre les discussions, mais aucun compromis n’a été trouvé.
- Interrogé sur son plan pour le Groenland dans le bureau ovale, le président américain a déclaré après la réunion : « Vous ne savez pas ce que je vais faire. » « Le Danemark ne peut rien faire si la Russie ou la Chine veulent occuper le Groenland. Je ne peux pas compter sur le Danemark pour se défendre tout seul. »
Dans le cadre de l’échec des négociations, quatre pays européens — France, Allemagne, Suède et Norvège — ont annoncé l’envoi du personnel militaire au Groenland.
- Berlin qualifie la démarche d’« exploration du Groenland » : « L’objectif est d’examiner les conditions-cadres en vue d’éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark dans la garantie de la sécurité de la région, par exemple dans le domaine des capacités de surveillance maritime ».
- Le Premier ministre suefois avait déclaré plus tôt dans la journée : « Plusieurs officiers de l’armée suédoise arrivent aujourd’hui au Groenland. Ils font partie d’un groupe provenant de plusieurs pays alliés. Ensemble, ils vont préparer les prochaines étapes dans le cadre de l’exercice danois Operation Arctic Endurance. C’est à la demande du Danemark que la Suède envoie du personnel de l’armée. »
- Le président Emmanuel Macron a exprimé sa « pleine solidarité avec le Danemark », évoquant le respect de la souveraineté européenne et soulignant que toute atteinte à un territoire d’un État allié « aurait des conséquences inédites ».
- Toute violation de la souveraineté danoise fragilisera l’architecture de défense collective de l’OTAN.
Le Danemark et le gouvernement du Groenland restent unis et affirment que l’île ne sera ni vendue ni cédée aux États-Unis.
- Le Premier ministre du Groenland a déclaré hier lors d’une conférence de presse conjointe : « Nous sommes actuellement confrontés à une crise géopolitique. Si nous devions choisir entre les États-Unis et le Danemark, nous opterions pour le Danemark, l’OTAN et l’Union européenne. »
- Cette position s’inscrit dans un contexte de forte autonomie groenlandaise, mais aussi d’une réaffirmation de la souveraineté du Royaume de Danemark sur ce territoire stratégique.
Vendredi, 16 janvier, une délégation bipartisane de membres du Congrès américain se rendra à Copenhague, avec l’objectif de montrer que les législateurs américains « s’opposent aux efforts agressifs du président Trump pour acquérir le Groenland ».
- Le sénateur républicain Mitch McConnell a déclaré aujourd’hui « Je n’ai encore entendu aucun membre de cette administration mentionner quoi que ce soit dont nous ayons besoin au Groenland et que ce peuple souverain ne soit déjà disposé à nous accorder ». « À moins que le président ne démontre le contraire, la proposition qui nous est présentée aujourd’hui est très simple : détruire la confiance durement gagnée de nos alliés loyaux en échange d’un changement insignifiant dans l’accès des États-Unis à l’Arctique. »