Avant l’opération militaire lancée contre le régime de Nicolás Maduro au Venezuela, le 3 janvier 2026, Donald Trump avait ordonné au moins 637 frappes aériennes depuis son retour au pouvoir, entre le 20 janvier 2025 et le 8 décembre, selon les données compilées par l’Armed Conflict Location & Event Data (ACLED), une ONG américaine.
En à peine un an, Trump a ainsi lancé plus de frappes de drones et de missiles que son prédécesseur, Joe Biden, au cours de ses quatre années de mandat (555) 1.
- La majeure partie (500) des frappes américaines en 2025 visaient le Yémen, dans le cadre de l’opération Rough Rider lancée au mois de mars contre les Houthis.
- Viennent ensuite la Somalie avec 110 frappes, le Venezuela (9 frappes), dont plusieurs navires quittant les ports du pays ont été visés depuis le début du mois de septembre, ainsi que la Colombie (8 frappes), au large de ses côtes.
- Avant le lancement de l’opération du 3 janvier et la capture puis l’exfiltration de Maduro dans la matinée du 3 janvier, Trump avait confirmé le 26 décembre que les États-Unis avaient détruit une zone de mise à quai au Venezuela, prétendument utilisée par des navires impliqués dans du trafic de drogue.
L’été dernier, à la fin du mois de juin, Trump avait ordonné des frappes contre le programme nucléaire iranien sur les sites de Fordo, de Natanz et d’Ispahan. Le 19 décembre, Donald Trump a frappé plus de 70 cibles présumées de l’État islamique dans le centre de la Syrie suite à la mort de deux soldats américains et d’un interprète civil américain lors d’une attaque terroriste. Le 25 décembre, l’armée américaine a frappé des cibles de Daech au Nigeria.
- Au cours de son premier mandat, Trump avait également eu recours à des frappes de drones et des raids aériens à un rythme bien plus soutenu que sous les deux administrations Obama.
- Dans la nuit du 2 mars 2017, celui-ci avait ordonné 25 frappes au Yémen, soit le nombre le plus élevé en l’espace de 24 heures dans l’histoire récente des États-Unis, selon le Washington Post 2.
Donald Trump se présente régulièrement comme un « président de la paix », notamment dans le cadre de son implication visant à mettre fin à la guerre russe contre l’Ukraine. La « paix armée » (« peace through strength ») revendiquée par le président républicain prend toutefois la force d’une militarisation accrue de la politique étrangère américaine.
Sources
- Tanya Noury, « A year of strikes : US military operations surge under Trump », Military Times, 31 décembre 2025.
- Missy Ryan, Thomas Gibbons-Neff et Ali Al-Mujahed, « Accelerating Yemen campaign, U.S. conducts flurry of strikes targeting al-Qaeda », The Washington Post, 2 mars 2017.