Une vingtaine de pays ainsi que plusieurs organisations internationales, dont les Nations unies, seront représentés par leurs dirigeants lors de la rencontre. Seront notamment présents le Premier ministre indien Narendra Modi, le président russe Vladimir Poutine, le président biélorusse Loukachenko, le président chinois Xi Jinping, le président iranien Masoud Pezeshkian, le vice-Premier ministre pakistanais Ishaq Dar, le président turc Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, ainsi que le secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
- Le ministre adjoint des Affaires étrangères chinois, Liu Bin, a souligné que cette édition mettra l’accent sur la diplomatie de voisinage et la coopération régionale face à un environnement international en pleine mutation : « Plus la situation internationale devient turbulente et complexe, plus il est important pour tous les pays de renforcer leur unité et leur coopération ».
- Il s’agit du plus grand sommet de l’organisation depuis sa création en 2001.
Il s’agira également de la première visite de Modi en Chine depuis sept ans, et le triangle Pékin-Moscou-New Delhi sera l’un des points centraux de la réunion, alors que la Chine cherche à projeter une image de stabilité en faveur du multilatéralisme face à la Maison-Blanche de Donald Trump.
- En 2024, le Premier ministre indien avait manqué la réunion de l’organisation à Astana, au Kazakhstan.
- Mais alors que les États-Unis ont porté les droits de douane à l’encontre de l’Inde à 50 % en raison de ses achats de pétrole russe, et que les tensions sont en hausse en raison de l’approche de Trump dans le conflit avec le Pakistan 1, la Chine et l’Inde semblent opérer un rapprochement.
- Celui-ci pourrait renverser le partenariat stratégique entre l’Inde et les États-Unis, pourtant consolidé par plusieurs administrations successives, et qui constituait la base de la stratégie américaine dans l’Indo-Pacifique pour contenir la Chine.
- À l’issue d’une rencontre avec le ministre chinois des Affaires étrangères, le 19 août, Modi avait souligné l’importance du « respect des intérêts et des sensibilités mutuels ».
- De son côté, Pékin a affirmé que les deux pays étaient désormais engagés dans une « trajectoire de développement stable » et qu’ils devaient « se faire confiance et se soutenir mutuellement ».
- Le 21 août, l’ambassadeur chinois en Inde a réaffirmé la solidarité de Pékin, qui « défend le système multilatéral ». Il a ajouté : « le silence ne fait qu’encourager l’intimidation ».
Le sommet offre également à Poutine l’occasion de discuter directement avec la Chine et l’Inde, les deux principaux importateurs d’énergie russe, de la guerre en Ukraine et des pourparlers avec Trump en Alaska le 15 août.
- Avant son arrivée, Poutine a décrit le partenariat sino-russe comme une « force stabilisatrice » pour le monde.
- Dans un entretien publié par l’agence de presse chinoise Xinhua, il a déclaré que les deux pays étaient « unis dans leur vision de la construction d’un ordre mondial juste et multipolaire ».
Il s’agira également d’une réunion clef pour l’Iran, alors que l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont notifié aux Nations unies le 28 août que Téhéran avait manqué à ses obligations dans le cadre de l’accord sur le nucléaire de 2015, ce qui pourrait entraîner la réapplication des sanctions suspendues dans le cadre du JCPOA.
- Si l’on reproche souvent à l’organisation de manquer d’objectifs communs, elle fait de plus en plus partie des réseaux de pays, à l’instar des BRICS, sur lesquels Pékin s’appuie en contrepoids aux États-Unis.
Les participants devraient signer, à la fin de la réunion, la déclaration de Tianjin, qui pourrait s’appuyer sur le plan en cinq points proposé par le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi. Ce dernier a notamment noté que les membres de l’organisation doivent : i) poursuivre l’esprit de Shanghai pour faire du bloc un « modèle de respect mutuel, d’équité, de justice et de coopération gagnant-gagnant ; ii) assumer une « responsabilité partagée » pour leur sécurité et leur sûreté ; iii) se concentrer sur les « avantages mutuels » et les « résultats gagnant-gagnant » pour le développement iv) être des voisins « amicaux et bons » ; v) « construire ensemble une belle maison » et s’assurer que l’organisation reste « toujours sur la bonne voie ».
- En juin, l’Inde avait rejeté un premier brouillon de la déclaration qui ne condamnait pas les attaques au Cachemire, et il n’est pas clair si Modi signera finalement le texte.
- Aucune réunion entre l’Inde et le Pakistan n’est prévue en marge du sommet.
Sources
- Mujib Mashal, Tyler Pager, Anupreeta Das, The Nobel Prize and a Testy Phone Call : How the Trump-Modi Relationship Unraveled, The New York Times, 30 août 2025.