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Du 8 au 11 mai 2025, un mois après le début de la guerre commerciale ouverte début avril 2025 par Washington contre la Chine, les deux grandes puissances engagent des négociations commerciales. Celles-ci s’accompagnent d’une réduction des tarifs douaniers américains, qui passent de 145 % à 30 %. Pékin fait de même, diminuant les taxes douanières de 125 % à 10 %. Ces nouveaux tarifs sont censés s’appliquer durant la période de 90 jours durant laquelle les négociations auront lieu 1.
Les 1er et 2 avril, l’armée chinoise et sa marine se livrent à des manœuvres militaires d’une ampleur sans précédent autour de Taïwan : elles s’étendent jusqu’en mer des Philippines 2.
Le 28 avril, le porte-avions américain USS Truman, en mission en mer Rouge, se livre brutalement à une série de virages, afin d’éviter une salve de missiles lancés par les Houthis depuis le Yémen. Le tangage est tel qu’un chasseur-bombardier tombe à l’eau. Cette frappe succède à de nombreuses autres, dont plusieurs ont permis à la milice Ansar’ullah de toucher des bâtiments de guerre américains 3. De nombreux observateurs considèrent que les Houthis sont équipés et renseignés par des soutiens iraniens, russes et chinois.
Le 9 mai 2025, lors de la parade annuelle de célébration de la victoire des Alliés contre l’Allemagne nazie, des unités de l’Armée populaire de libération chinoise défilent avec les régiments de l’armée russe. À la tribune, les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping sont entourés d’une trentaine de chefs d’État et de gouvernements. Dans un texte publié le même jour, Xi Jinping assure qu’il a le soutien de Poutine pour annexer Taïwan.
La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et les négociations qu’elle déclenche s’inscrivent dans un paysage géostratégique dominé par des tensions militaires grandissantes et actives entre les deux grandes puissances. Sur de nombreux théâtres d’opérations, au Moyen-Orient, en Ukraine, en mer Rouge, la confrontation entre la Chine et les États-Unis s’actualise en s’hybridant aux conflits armés locaux et régionaux « chauds » et devient aussi active que violente.
Dans cet affrontement se joue le contrôle de façades maritimes majeures, dont celles de la Méditerranée et de son accès à la mer Rouge et à l’océan Indien, et celle de la façade chinoise du Pacifique. C’est l’immense importance stratégique de ces zones qui explique sans doute l’escalade de la violence par l’exercice, indirect et direct selon les cas, de la violence armée terrestre, navale et aérienne, spatiale et cyber-spatiale.
Au Moyen-Orient, en Ukraine, en mer Rouge, la confrontation entre la Chine et les États-Unis s’actualise en s’hybridant aux conflits armés locaux et régionaux « chauds » et devient aussi active que violente.
Jean-Michel Valantin
L’Ukraine : champ de bataille américano-asiatique en Europe
En Ukraine, la guerre est aussi américaine et asiatique
La guerre en Ukraine permet à la Chine de s’impliquer par procuration et de manière hybride dans une guerre qui implique les forces américaines.
Kiev est soutenu par l’Europe, l’OTAN et de façon directe par l’armée américaine, ainsi que par les entreprises américaines du numérique et de l’IA 4. En parallèle, la Chine déploie une panoplie de mesures multi-domaines en soutien à la Russie.
À l’occasion du sommet anniversaire des dix ans des « Nouvelles Routes de la Soie » qui se tient du 16 au 18 octobre 2023 à Pékin, des accords commerciaux colossaux sont signés entre la Chine et la Russie dont, pour la première fois, un accord d’importation de produits agricoles russes 5. C’est l’une des initiatives chinoises qui permettent à la Russie de compenser, au moins partiellement, les effets des sanctions imposées contre Moscou par l’Union européenne et par les États-Unis.
D’autre part, la mise en service du gazoduc « Power of Siberia », qui achemine du gaz naturel russe en Chine, s’accompagne de l’ouverture de négociations pour la construction d’un second gazoduc. Ces accords préparent la signature à Moscou pour formaliser un « partenariat stratégique sans limites » entre les deux pays, préparé depuis 2022, qui englobe les domaines du commerce, de l’énergie, de l’électromécanique — et ainsi de la robotique et de l’IA —, des ressources, de l’industrie, des infrastructures et des affaires militaires 6. Cette coopération à large spectre entre les deux pays permet notamment de soutenir l’économie et l’effort de guerre russe.
Par ailleurs, en novembre 2024, une semaine après la tenue du Sommet des BRICS à Kazan, des troupes nord-coréennes sont intégrées par l’armée russe au théâtre des opérations ukrainien avec près de 5000 hommes des forces spéciales du régime de Pyongyang 7. Ces forces participent à certaines batailles particulièrement brutales, dont celle de la reprise de Koursk, sur des théâtres d’affrontement où les règles du combat terrestres sont profondément transformées par l’omniprésence des drones 8.
Cette implication directe de l’armée nord-coréenne en Ukraine peut aussi être interprétée dans une perspective stratégique asiatique 9 : elle sanctuarise l’enseignement par les troupes nord-coréennes de l’expérience du combat contre une armée ukrainienne largement réformée sur les conseils de l’armée américaine et équipée de systèmes d’armes et de réseaux d’information américains. Cette recherche d’un retour d’expérience militaire acquise contre une force en partie américanisée pourrait sans doute aussi être appliquée aux mercenaires chinois repérés en soutien aux forces russes sur le front ukrainien 10.
L’implication directe de l’armée nord-coréenne en Ukraine peut être interprétée dans une perspective stratégique asiatique : elle sanctuarise l’enseignement par les troupes nord-coréennes de l’expérience du combat contre une armée en partie américanisée.
Jean-Michel Valantin
L’Armée populaire de libération aux portes de la Pologne
En parallèle de la guerre en mer Rouge, du 9 au 11 juillet 2024 se tenait à Washington le sommet de l’OTAN, occasion pour ses États membres de célébrer l’anniversaire des 75 ans d’existence de l’Organisation.
Le Premier ministre japonais Fumio Kishida en est l’invité d’honneur, manifestant le basculement de l’Organisation vers la zone Pacifique et la Chine. Le sommet s’achève par l’annonce de la création, notamment, d’un centre de cyberdéfense, dont les opérations seront explicitement dédiées à contrer la Russie et la Chine 11.
Mais le 10 juillet, au Bélarus, alors que le Sommet de l’OTAN bat son plein, des unités de l’armée chinoise entament des manœuvres conjointes avec l’armée bélarusse.
Le thème de ces exercices est la « lutte contre le terrorisme ».
Ces exercices ont lieu pendant une dizaine de jours, près de la ville de Brest, à quelques kilomètres de la frontière avec la Pologne 12.
L’importance de ces manœuvres est aussi politique que stratégique. Elles manifestent autant la volonté de Pékin de soutenir ses alliés russes et bélarusses que celle de préparer ses forces militaires à la possibilité d’affrontements avec les forces de l’OTAN.
La guerre des câbles en mer Baltique
En novembre 2023, puis en novembre et en décembre 2024, plusieurs câbles de fibre optique sous-marins sont endommagés, voire rompus. S’il peut arriver que des navires immergeant leurs ancres au mauvais endroit infligent des dommages accidentels à des câbles sous-marins, les incidents de 2023, qui avaient impliqué un navire russe, et de 2024, sont plus complexes et sans doute intentionnels. Les pays riverains de la Baltique font porter leurs soupçons sur un navire chinois ayant appareillé d’un port russe 13.
Les câbles en fibre optique ayant une fonction essentielle de transfert d’information et d’intégration régionale 14, les dommages qui leur sont infligés sont aisément interprétables comme autant de frappes dans le cadre de la guerre hybride menée par la Russie — faisant ici l’objet d’une forme de délégation à des opérateurs chinois 15.
Réciproquement, s’il s’avérait que ces faits — dont l’objectivation n’est pas encore aboutie — impliquaient clairement la marine chinoise, cela permettrait à celle-ci de manifester son soutien à la Russie et sa présence en tant qu’acteur stratégique en Europe du Nord, dans une zone mise sous haute tension par l’affrontement entre l’Ukraine, la Russie et les alliés de l’OTAN.
Les manœuvres militaires chinoises au Bélarus manifestent autant la volonté de Pékin de soutenir ses alliés russes et bélarusses que celle de préparer ses forces militaires à la possibilité d’affrontements avec les forces de l’OTAN.
Jean-Michel Valantin
« L’ambiance » stratégique dans laquelle baignent ces évènements — faite d’incertitude, d’ambivalence, de ce qui apparaît comme une coopération parfois très ouverte de la part des navires chinois avec la Russie, sans qu’il soit pourtant aisé d’en qualifier le caractère militaire ou coercitif — est propre au caractère incertain engendré et recherché par les formes actuelles de cette guerre hybride de basse intensité 16 qui oppose les États-Unis et leurs alliés au couple sino-russe.
L’arc tendu des crises : champ de bataille hybride sino-américain
Entre les grandes puissances américaine et chinoise, l’affrontement s’hybride de façon continue dans « l’arc tendu des crises » — cette zone immense qui s’étend du sud du Sahel à la Méditerranée et qui se prolonge vers la Corne de l’Afrique, le Golfe persique et l’Asie centrale.
Guerre hybride en mer Rouge
C’est le cas notamment en mer Rouge, où l’affrontement entre les États-Unis et la Chine demeure indirect, mais profond, du fait de l’engagement massif de l’US Navy face aux Houthis, soutenus par l’Iran, ainsi que par des transferts d’armes, de technologie et de renseignement spatial, par la Chine et par la Russie.
Depuis le début de la guerre de Gaza, après les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023, la milice yéménite houthie s’est impliquée de façon quasi-permanente dans le conflit, au nom de la solidarité avec les Palestiniens 17. Cette implication prend la forme de frappes régulières de missiles et de drones, quasi quotidiennes, lancées depuis le territoire yéménite contre Israël et contre les cargos de différentes nationalités qui font route vers Israël et le canal de Suez — à l’exception, officiellement annoncée par les autorités politiques houthies, des navires portant pavillon russe ou chinois 18.
Face à cette menace, des navires et des escadres de l’US Navy et de la Royal Navy, rassemblés dans le cadre de la mission « Operation Prosperity Guardian », assistée de la marine nationale française, tentent de réduire la menace par le bombardement des installations militaires et des ports 19. Ils interceptent aussi les salves de missiles et de drones et travaillent à protéger les convois de cargos qui traversent la mer Rouge, artère vitale du commerce maritime mondial, en raison des flux de marchandises entre l’océan Indien, le bassin méditerranéen et l’Atlantique.
Si les Houthis sont soutenus par les Iraniens depuis près d’une décennie, il semble établi que, depuis l’été 2024, la Russie a envoyé des conseillers militaires et techniques afin de renforcer l’efficacité des miliciens yéménites. Ce soutien russe s’apparente à une forme de guérilla indirecte en représailles à l’implication massive des États-Unis en Ukraine 20. Par ailleurs, depuis 2024, la Chine est accusée de fournir des composants technologiques très perfectionnés dédiés au guidage des missiles 21.
En mer Rouge, l’affrontement entre les États-Unis et la Chine demeure indirect, mais profond, du fait de l’engagement massif de l’US Navy face aux Houthis et des transferts d’armes, de technologie et de renseignement spatial, par la Chine et par la Russie.
Jean-Michel Valantin
À cela s’ajoute, d’après le Département d’État américain, le soutien informationnel qu’apporte la compagnie chinoise publique Chang Guang Satellite Technology Corporation, qui fournirait du renseignement géospatial aux Houthis. Ce type de de support informationnel permet aux miliciens yéménites de renforcer la précision de leur ciblage et l’efficacité de leurs frappes, ainsi que leur capacité de résilience 22. En effet, malgré plusieurs campagnes de bombardement menées par l’US Air Force, la milice maintient ses frappes et est parvenue à abattre plus de 7 drones de combat Reaper 23. Le 1er avril 2025, une bataille de plus de 24 heures a opposé la milice au porte-avions USS America et à son groupe de combat.
Alors que s’installe cette guerre navale d’une ampleur et d’une durée inédites depuis la Seconde Guerre mondiale, de nombreux armateurs américains, européens et asiatiques font le choix de détourner leurs cargos afin d’éviter les frappes des Houthis, et de les faire passer par le cap de Bonne-Espérance, rallongeant ainsi la durée des trajets — d’où une augmentation des coûts du fret, qui sont reportés sur les prix des marchandises.
Les impacts sur les économies d’Europe et d’Asie s’en ressentent de plus en plus lourdement 24.
Au début du mois de mai 2025, l’escalade entre les protagonistes est telle que les forces américaines et israéliennes bombardent des centaines de cibles au Yémen, tandis que la milice houthie cible un porte-avion américain et une partie de son groupe de combat, puis l’aéroport de Tel Aviv. Cette escalade débouche sur des pourparlers entre la milice yéménite et les forces américaines, durant lesquels les Houthis acceptent de suspendre leurs frappes contre les cargos qui traversent la mer Rouge et le territoire israélien, tandis que l’US Navy se désengage, au moins partiellement, de la zone 25.
Cependant, dès le 4 mai 2025, la milice déclare être « en possession de nouvelles armes » qui seront « utilisées pour imposer un embargo aérien » à Israël. Le même jour, à Tel Aviv, l’aéroport Ben Gourion est frappé par un missile hypersonique. Ces missiles hypersoniques, qui peuvent se déplacer à plus de cinq fois la vitesse du son, sont développés par la Russie et par la Chine, et potentiellement par l’Iran. La Chine est lourdement soupçonnée par les États-Unis de soutenir les Houthis par des transferts d’armes et de technologies 26, acheminés notamment par les services iraniens.
Reconfigurations au Moyen-Orient
Depuis 2023, le croisement des influences américaine et chinoise au Moyen-Orient n’a cessé d’évoluer et de connaître des renversements en série du fait des ondes de choc de la guerre de Gaza et de son prolongement au Liban, en Irak et en Iran.
Alors que les États-Unis soutiennent Israël dans la guerre contre le Hamas, dès novembre 2023, les gouvernements arabes ont demandé à Pékin d’intervenir auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies pour obtenir une suspension des hostilités.
En octobre 2024, l’Iran lance quatre missiles hypersoniques contre Israël. Dans les heures qui suivent cette frappe, le Département d’État américain annonce un train de sanctions contre l’Iran, mais aussi contre la Chine en raison des soupçons de transferts de technologie chinois vers la République islamique 27. Cependant, les frappes répétées sur le Hezbollah libanais affaiblissent l’influence iranienne, de même que l’effondrement du régime de Bachar el-Assad en décembre, remplacé par le groupe islamiste et djihadiste Hayat Tahrir El Sham.
L’installation de ce nouveau gouvernement issu de la mouvance al-Qaïda induit une réduction de fait de l’influence de l’Iran, par ailleurs adhérent aux BRICS et membre de la Nouvelle route de la soie chinoise, dégradant ainsi, au moins pendant un temps, l’influence chinoise dans la zone.
En effet, le nouveau régime prend le contre-pied de la politique étrangère du dictateur, qui s’était installé dans une coopération stratégique très étroite tant avec l’Iran qu’avec le Hezbollah libanais, tout en ayant noué des liens importants avec la Chine 28. L’installation à Damas d’un régime radical sunnite comme légitime s’accompagne d’une hostilité active à l’Iran et au Hezbollah chiites.
Enfin, le 13 mai 2025, la nouvelle équipe au pouvoir à Damas fait l’objet d’une quasi légitimation internationale, lors de la rencontre entre le Président Donald Trump et Ahmed Hussein Al-Chaara, nouveau chef de l’État syrien, organisée par Mohamed Ben Salmane, Prince-héritier d’Arabie saoudite. Lors de cette rencontre, le Président Trump s’engage à ce que les États-Unis lèvent les nombreuses sanctions américaines imposées à la Syrie 29.
Cette séquence politique inscrit de fait la « nouvelle Syrie » dans la sphère d’influence américano-saoudienne.
L’installation en Syrie d’un gouvernement issu de la mouvance al-Qaïda induit une réduction de fait de l’influence de l’Iran, dégradant ainsi, au moins pendant un temps, l’influence chinoise dans la zone.
Jean-Michel Valantin
La reconnaissance du nouveau régime syrien par la monarchie saoudienne et par le pouvoir exécutif américain rend envisageable la réinsertion de la Syrie dans des circuits d’investissements, de participation politique à des niveaux régionaux et internationaux. En fonction de l’évolution politique de ce régime et du retour, actuellement très hypothétique, à la stabilité intérieure, la reconstruction du pays pourrait ainsi entraîner des partenariats économiques et commerciaux avec des États et des entreprises provenant des sphères d’influence saoudienne et américaine.
Ces évolutions géopolitiques, portées par des opérations militaires aussi rapides que brutales, viennent ainsi perturber en profondeur les « routes » de diffusion de l’influence chinoise au Moyen-Orient 30.
Une clef pour comprendre la région : l’influence chinoise sur l’Iran
Enfin, la nouvelle administration Trump exerce une forte pression sur Téhéran afin d’aboutir à un nouvel accord sur le nucléaire iranien.
Mais depuis le mois d’avril 2025, de grands sites pétrochimiques iraniens sont ravagés par de puissantes explosions, dont le port de Shahid Rajai. 85 % du trafic iranien de containers maritimes transite par ce port, qui fut déjà, entre autres, l’objet d’une cyber attaque massive en 2020.
La République islamique est profondément intégrée à la sphère d’influence chinoise.
Dès 2016, une ligne de chemin de fer relie le nord de la Chine, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan et l’Iran. En 2019, après quelques années de négociations, la République islamique a rejoint les « Nouvelles routes de la soie ». En 2020 et malgré les sanctions américaines contre l’Iran, la République islamique signe un accord de coopération avec la Chine, établi sur 25 ans 31. L’Iran vend son pétrole à la Chine, tandis que la Chine va investir pour plus de 400 milliards de dollars en Iran sur les 25 ans de l’accord, en particulier dans le secteur pétrolier.
En 2023 a lieu le rétablissement des relations diplomatiques entre le Royaume d’Arabie Saoudite et la République islamique d’Iran, dont l’annonce est faite depuis Pékin.
En novembre 2024, lors du Sommet de Kazan, l’Iran intègre le groupe des BRICS.
En 2020 et malgré les sanctions américaines contre l’Iran, la République islamique signe un accord de coopération avec la Chine, établi sur 25 ans.
Jean-Michel Valantin
Le 20 janvier 2025, alors que le Président Trump est investi à Washington, la Russie et l’Iran passent un accord commercial et militaire d’une durée prévue de vingt ans. L’Iran devient ainsi un partenaire et un bénéficiaire de fait du « partenariat sans limites » signé en 2023 entre la Russie et la Chine, qui approfondit le co-renforcement de leurs puissances respectives 32 et de la puissance commune qui émerge de ce partenariat.
C’est dans ce contexte que l’administration Trump tente de négocier un nouvel accord sur le nucléaire iranien.
Mais la lenteur des négociations entraîne aussi une hausse des tensions avec le gouvernement israélien. Les éléments les plus durs du gouvernement de Benjamin Netanyahou souhaitent en effet lancer des frappes sur les installations nucléaires iraniennes, quitte à déclencher une guerre avec la République islamique, alors que l’administration américaine ne semble pas être sur cette ligne.
Chinois et Russes en Libye
Face au basculement syrien, le renforcement des relations entre la Chine, la Russie et les forces du général Haftar 33, qui tient l’Est et le Sud de la Libye apparaît comme une manœuvre de revers face à la poussée de la double influence américaine et saoudienne.
La coalition du général Haftar est soutenue par l’Égypte, les Émirats Arabes Unis et la Russie, mais aussi plus discrètement par la Chine 34 face à la coalition du Gouvernement d’Union Nationale, soutenu notamment par la Turquie.
La Chine soutient les forces du général Haftar en leur fournissant les redoutables drones de combat Wing Loon. L’emploi systématique de ces drones permet à celles-ci de prendre régulièrement l’avantage, alors même que les troupes du GNU utilisent des drones turcs Bayraktar, qui ont fait la preuve de leur efficacité sur le champ de bataille ukrainien. Depuis 2023, les drones Wing Loon chinois sont équipés de systèmes d’intelligence artificielle qui les rendent toujours plus autonome et efficaces 35.
En juillet 2024, les douanes italiennes ont d’ailleurs saisi deux drones chinois dans un cargo destiné à Benghazi, et tombant de manière flagrante sous le coup de l’embargo sur les armes. Le paiement de ces drones aurait été assuré par des livraisons de pétrole libyen à la Chine 36.
Vers la bataille de Taiwan et la guerre indopacifique ?
Si cette aggravation du niveau de violence dans l’affrontement américano-chinois conserve un caractère hybride et indirect dans « l’arc des crises », il n’en est pas de même en Asie du sud-est, en particulier en mer de Chine méridionale.
Les wargames américains sur Taiwan
Le 12 mai 2025, les forces armées de Taïwan se livrent à des exercices de tir de batteries de missiles HIMARS, livrées au gouvernement de l’île par l’armée américaine. Ces systèmes d’armes ont acquis une notoriété mondiale depuis juin 2022, quand l’armée américaine a commencé à en équiper l’Ukraine pour résister à l’offensive russe 37.
Cette démonstration de force apparaît comme une réponse à l’exercice naval Strait Thunder A, mené par la marine chinoise les 1er et 2 avril 2025 38.
Cet exercice rassemble notamment un porte-avions et son groupe de combat, des unités de la milice maritime et des garde-côtes, ainsi que des forces aériennes, terrestres et des équipements de débarquement. La « milice maritime » est composée de la flotte de navires de pêche, qui est souvent engagée dans des opérations dites « de la zone grise », entre usages civils et paramilitaires. Depuis une dizaine d’années, la flotte de pêche chinoise a été systématiquement modernisée, les coques en bois ont été remplacées par des coques en acier et l’ensemble des navires sont connectés au système de géo-positionnement satellitaire chinois de l’Armée populaire de libération 39.
Cette intégration civilo-militaire permet d’intégrer la « milice maritime » aux manœuvres militaires, en particulier en participant à des actions de déni d’accès et d’interdiction de zone. Ainsi, des escadres de navires de pêche peuvent constituer ensemble un « mur » artificiel pour avoir un effet bloquant face à des navires adverses. La disruption obtenue des forces renforcées est aggravée par le harcèlement mené par les garde-côtes, tandis que les navires de guerre se livrent aux opérations qui leur sont propres.
L’échelle de l’exercice Strait Thunder A est telle que les forces maritimes chinoises se déploient du détroit de Taiwan à la mer des Philippines — la lettre « A » qui désigne l’exercice pourrait indiquer qu’il s’agit là du premier d’une série d’autres exercices de même nature.
L’échelle de l’exercice Strait Thunder A est telle que les forces maritimes chinoises se déploient du détroit de Taiwan à la mer des Philippines.
Jean-Michel Valantin
Or près de deux mois auparavant, le 18 février 2025, l’amiral Samuel Paparo, commandant en chef du Commandement Indo-Pacifique américain, avait déclaré que l’ampleur et la qualité des quatre grands exercices navals chinois autour de Taiwan menés en 2024 indiquaient qu’il ne s’agissait plus d’entraînements, mais bien de « répétitions pour la réunification forcée » de Taiwan à la République Populaire de Chine.
Cette déclaration de l’un des plus puissants gradés de l’armée américaine installait la guerre entre la Chine, Taïwan et les États-Unis comme un horizon d’attente à court terme 40.
Du point de vue stratégique américain, cette déclaration ne peut qu’être informée du résultat des « wargames », menés en 2022 et 2023, portant sur des scénarios de « guerre pour Taïwan ».
En juin 2022, le Centre for a New American Security publie les conclusions de son wargame 41. Celles-ci font apparaître un risque d’escalade très élevé entre les États-Unis et la Chine si le conflit était amené à se prolonger. Or les États-Unis bénéficiant du soutien d’alliés, leurs capacités de combat leur permettrait d’installer la campagne de défense dans la durée, ce qui accroîtrait le risque d’extension géographique du conflit et de hausse régulière du niveau de violence.
En janvier 2023, le Center for Strategic and International Studies, publie la synthèse d’un « wargame » fondé sur plus de 24 simulations d’une « bataille de Taïwan ».
Ce dernier établit qu’en cas d’attaque chinoise, les forces terrestres taïwanaises devrait impérativement tenir les plages durant la première vague d’assaut, afin de permettre aux forces navales et aériennes américaines et à leurs alliés, en particulier japonais, de détruire les vagues de véhicules amphibies et les navires de guerre chinois.
Si, dans ces simulations, la victoire finale revient toujours à Taïwan et aux forces américaines, le prix en est particulièrement élevé : les États-Unis et le Japon perdraient des dizaines de navires, des centaines d’avions et des milliers d’hommes de troupes.
De telles pertes dégraderaient significativement les capacités et le statut militaire et stratégique américain pendant des années, de même que celui de la Chine 42.
Malgré ces incertitudes, le 18 mai 2025, de nouvelles manœuvres navales chinoises ont lieu en face de Taïwan, tandis qu’un cargo chinois est accusé d’avoir endommagé un câble sous-marin qui relie l’île de Penghu, faisant partie de l’archipel de Taïwan.
Tensions croissantes entre la Chine et les Philippines
En parallèle, le 27 avril 2025, l’armée philippine entame la série d’exercices dit « Balikatan ».
Cet exercice prend place dans un contexte géostratégique particulièrement lourd, face à la multiplication des incidents entre les flottes philippine et chinoise en mer de Chine méridionale, ainsi qu’entre les garde-côtes philippins et la flotte de pêche chinoise, elle-même intégrée à la « milice maritime » chinoise 43. Cela a lieu alors que, en 2024, les États-Unis avaient pourtant renforcé leur coopération militaire avec le Japon et les Philippines afin de contrer les revendications chinoises en mer de Chine méridionale.
Le 26 avril 2025, la télévision officielle chinoise annonce la prise du récif de Tiexian, un îlot qui fait partie de l’archipel des îles Spratley, de plus en plus fortement disputées entre la Chine et les Philippines, et proche de la base maritime philippine de Thitu Island 44.
En même temps qu’ont lieu les manœuvres philippines et l’occupation du récif de Tiexian, des unités des US Marines, basées sur la côte des Philippines, dans la province de Zambales, testent le système antiaérien MADIS, et détruisent deux drones. Il est difficile de ne pas y voir une référence et une réponse au renforcement et à la modernisation de la quantité et de l’autonomie de ses drones par l’armée chinoise.
Ces événements s’inscrivent dans un historique de tensions croissantes entre les Philippines et la Chine.
Depuis la fin de la dernière décennie, le nombre d’incidents et d’accrochages de plus en plus violents entre des unités de la « milice maritime » chinoise et des navires de pêche philippins ou avec les garde-côtes philippins augmente sans cesse. Les enjeux de ces incidents en série concernent l’accès aux zones de pêche, mais aussi les limites de la zone économique exclusive philippine 45.
Des segments toujours plus larges de la chaîne d’îles et de détroits tenus par Taiwan, les Philippines et le Japon sont donc mis sous pression systématique par la Chine.
Les incidents entre les flottes philippine et chinoise en mer de Chine méridionale se multiplient, ainsi qu’entre les garde-côtes philippins et la flotte de pêche chinoise, elle-même intégrée à la « milice maritime » chinoise.
Jean-Michel Valantin
Du point de vue chinois, ces États insulaires et leurs archipels commandent l’accès de la mer de Chine et orientale à l’océan Pacifique. Afin d’augmenter son influence et son efficacité opérationnelle en mer de Chine méridionale, l’Armée populaire de libération construit une chaîne d’îlots artificiels transformés en base aéronavales 46.

Dans la même dynamique, l’industrie militaire chinoise produit un nouveau sous-marin tous les quatre mois et demi, et un nouveau porte-avions, toujours plus perfectionné que le précédent, tous les deux ans. Le dernier en date, amarré dans le port de Guangzhou depuis novembre 2024, semble combiner les fonctions de porte-avions et de porte-drones 47. En novembre 2024, le ministère de la défense chinois a d’ailleurs passé commande de plus d’un million de drones kamikazes 48.
Une présence américaine accrue en Indo-Pacifique
En parallèle, la présence militaire américaine ne cesse de se renforcer dans la zone pacifique et indopacifique. Les exercices communs aux flottes de l’accord « AUKUS » (Australie, Grande-Bretagne, États-Unis) viennent compléter les autres alliances ou accords entre les États-Unis, les Philippines, et le Japon, tandis que l’OTAN s’oriente massivement vers la zone indopacifique.
Le discours particulièrement virulent tenu à Singapour le 31 mai 2025 par Pete Hegseth, Secrétaire américain à la défense, lors du Shangri-La Dialogue, conférence annuelle sur la sécurité dans le Pacifique, se révèle d’une importance politique et stratégique considérable.
Il y déclare notamment : « L’Amérique est fière d’être de retour dans la région indopacifique — et nous sommes là pour rester. Les États-Unis sont une nation indopacifique. Nous l’avons été depuis les premiers jours de notre République. Nous continuerons d’être une nation indopacifique, avec des intérêts indopacifiques, pour les générations à venir… ».
Une fois ce cadre géopolitique et stratégique posé, Hegseth affirme que « la Chine est une puissance hégémonique » qui « espère dominer et contrôler de trop nombreuses parties de l’Asie ». Il ajoute qu’il est « tout à fait crédible d’envisager que Pékin se prépare à un potentiel usage de la force pour déstabiliser les rapports de force en Asie » et que la Chine « est en train de construire l’armée nécessaire pour cela, de l’y entraîner, jour après jour et de répéter les manœuvres pour le jour J (the real deal) »…
Le Secrétaire américain à la défense conclut : « Permettez-moi d’être clair : toute tentative par la Chine d’envahir Taiwan aurait des conséquences dévastatrices pour la région indopacifique et pour le monde. Il n’y a aucune raison d’édulcorer les choses. La menace que pose la Chine est réelle. Elle pourrait être imminente. Nous espérons qu’elle ne l’est pas — mais elle pourrait certainement l’être ».
Le Secrétaire américain à la défense, Pete Hegseth, affirme la volonté politique de l’exécutif américain de contrer activement l’influence chinoise dans l’Indo-Pacifique et de recourir à la force militaire pour y parvenir.
Jean-Michel Valantin
Cette prise de position s’accompagne du fait que l’administration Trump déclare vouloir revitaliser « l’ethos du guerrier » (warrior ethos) en faisant passer le budget américain de la défense de 850 milliards de dollars à 1000 milliards de dollars. Elle lance également le projet de défense anti-missiles du « golden dome » et affirme que les États-Unis sont prêts à soutenir militairement certains de leurs alliés 49.
En d’autres termes, le Secrétaire américain à la défense affirme la volonté politique de l’exécutif américain de contrer activement l’influence chinoise dans l’Indo-Pacifique et de recourir à la force militaire pour y parvenir, notamment en cas de crise de Taiwan. À l’entendre, la zone indopacifique pourrait bientôt devenir un théâtre d’opérations et un champ de bataille à très grande échelle.
Sources
- Jennifer Jett, Peter Guo et Rob Wile, « US and China agree to slash tariffs for 90 days as trade talks continue », NBC News, 12 mai 2025.
- John Dotson, Jonathan Harman, « The PLA’s “Strait Thunder A” exercise presents further efforts to isolate Taiwan », Global Taiwan Institute, 16 mai 2025.
- Joseph Trevithik, « USS Harry Truman was evading Houthis missiles attack when F/A-18 super hornet rolled off its deck », The War Zone, 28 Avril 2025.
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