Après deux années consécutives de déclin, les ajouts de capacité pour l’éolien terrestre sont en passe de rebondir de 70 % en 2023 pour atteindre 107 GW1 ; au total, la capacité de production mondiale d’énergie solaire photovoltaïque devrait atteindre près de 1 000 GW en 2024. 

  • Le bond est principalement dû à la mise en service de projets retardés en Chine suite à sa politique Zéro-Covid l’année précédente. De même, en Europe et aux États-Unis, la reprise attendue est une conséquence du rétablissement des chaînes d’approvisionnement, perturbées en 2022.

La Chine devrait contribuer en majeure partie à la transition du parc énergétique mondial ; l’entrée en vigueur de l’Inflation Reduction Act et les efforts de l’Union pour s’émanciper des combustibles fossiles suite à la guerre en Ukraine contribuent aussi au virage vers le renouvelable. 

  • En 2022, la Chine représentait près de la moitié de toutes les nouvelles installations d’énergie renouvelable dans le monde. D’ici à 2024, la Chine devrait réaliser 70 % des nouveaux projets éoliens offshore dans le monde, plus de 60 % des projets éoliens terrestres et 50 % des projets solaires photovoltaïques.
  • Aux États-Unis, les ajouts de capacité reprendront cette année après une année 2022 difficile – en raison de mesures commerciales restrictives et de contraintes de la chaîne d’approvisionnement ; les ajouts annuels pour l’éolien et le solaire devraient augmenter d’environ 40 % en 2023, boostées par les subventions de l’Inflation Reduction Act. 
  • Du côté de l’Union européenne, la réduction d’urgence de la dépendance à l’égard des importations de gaz naturel russe a amené l’Agence à revoir à la hausse de 40 % ses prévisions d’augmentation de la capacité renouvelable dans l’Union en 2023 et 2024, par rapport à la situation d’avant la guerre. Sur 2023-2024, l’Union devrait désormais installer 115 GW de capacité renouvelable. 

Parallèlement, en Europe, les énergies renouvelables pourraient aider l’Union à baisser sa consommation de gaz naturel lors de l’hiver prochain, et à économiser environ 100 milliards d’euros d’électricité grâce aux nouvelles capacités solaires photovoltaïques et éoliennes.

  • Toujours selon l’Agence internationale de l’énergie2, la demande de gaz au niveau européen en 2022 s’est située à 527 milliards de mètres cubes (contre 552 mmc en 2021). En 2023, à partir des accords conclus, l’Union devrait pouvoir assurer des importations de 10,8 mmc supplémentaires.
  • En 2023, la croissance prévue des énergies renouvelables pourrait remplacer près de 8 milliards de m3 de la consommation annuelle de gaz liée aux bâtiments et plus de 17 milliards de m3 en 2024.
  • Au cours de la période 2021-2023, l’éolien et le solaire photovoltaïque à faible coût devrait remplacer 230 térawattheures (TWh) de production à partir de combustibles fossiles, contribuant à réduire les prix de gros de l’électricité sur tous les marchés européens. Sans ces augmentations de capacité, le prix de gros moyen de l’électricité dans l’Union en 2022 aurait été supérieur de 8 %. 

Les coûts de production de l’électricité à partir de nouvelles centrales éoliennes terrestres et solaires photovoltaïques devraient diminuer d’ici à 2024, mais resteront probablement supérieurs de 10 à 15 % à leurs niveaux d’avant la crise énergétique sur la plupart des marchés. Ces centrales restent néanmoins les options les moins coûteuses pour la production d’électricité dans la plupart des pays. 

  • Les futurs contrats d’électricité pour la fin de 2023 et le début de 2024 dans l’Union européenne, aux États-Unis, au Japon, en Australie et en Inde indiquent des prix de gros deux à trois fois supérieurs aux moyennes de 2020 ; cependant, sur la plupart des marchés, les centrales éoliennes et solaires photovoltaïques peuvent fournir de l’électricité à des tarifs de 30 à 50 % inférieurs.
Sources
  1. « Executive summary – Renewable Energy Market Update – June 2023 », Agence internationale de l’énergie, juin 2023.
  2. « Gas Market Report, Q1 – 2023 », Agence internationale de l’énergie, février 2023.