• Le 21 avril dernier, trois jours avant le deuxième tour de l’élection présidentielle française, trois chefs de gouvernement de pays européens se prononçaient dans Le Monde contre l’élection d’une candidate d’extrême droite en France. Antonio Costa, Pedro Sanchez et Olaf Scholz n’ont pas cité Emmanuel Macron ni Marine Le Pen, mais ont plutôt mentionné un choix « entre un candidat démocrate […] et une candidate d’extrême droite, qui se range ouvertement du côté de ceux qui attaquent notre liberté et notre démocratie »1.
  • Cette implication de dirigeants de pays européens dans le résultat de l’élection présidentielle française fait état de l’apparition d’un véritable espace politique européen ; nous pourrions même parler d’européanisation de la politique. Il est vrai que pour les défenseurs du projet européen, le choix était clair : Emmanuel Macron, candidat pro-européen et président durant la PFUE contre Marine Le Pen qui appelait dans son programme à « la création d’une Alliance Européenne des Nations qui a vocation à se substituer progressivement à l’Union Européenne »2.
  • Faisant suite à l’annonce des résultats du deuxième tour de l’élection présidentielle, consacrant la victoire d’Emmanuel Macron contre Marine Le Pen à 58,54 % contre 41,46 % – un écart réduit de presque 8 points par rapport à 2017 –, un nombre important de chefs d’État ou de gouvernement se sont exprimés pour adresser leurs félicitations au président sortant, ou bien se sont abstenus.
  • Il est coutumier pour des pays alliés ou des partenaires importants d’adresser des vœux de félicitations lors de la réélection d’un président qui a été favorable à un projet commun. Toutefois, dans ce paysage de leaders ouvertement favorables à Emmanuel Macron, tous ont choisi de mettre en avant certains aspects de la relation qui lie leur pays avec la France, de manière bilatérale ou multilatérale : nous vous en proposons une cartographie.
  • Ce que cette carte révèle : la plupart des chefs d’État et de gouvernement des pays européens ont publié un communiqué dans la soirée peu de temps après la réélection d’Emmanuel Macron. Des trois pays baltes, la Première ministre estonienne, Kaja Kallas, est la seule à ne pas avoir mentionné la signification de la réélection du président sortant pour l’avenir de la France au sein de l’OTAN – rappelons que Marine Le Pen souhaitait sortie du commandement intégré si elle était élue.
  • Sans grande surprise, la carte révèle également que le seul leader de l’Union européenne à ne pas avoir félicité Emmanuel Macron pour sa réélection est Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois. Orbán, qui n’a jamais caché les liens étroits qu’il entretenait avec Marine Le Pen, souhaitait trouver en la candidate du Rassemblement national une partenaire pour démanteler l’Union européenne de l’intérieur.