Bucarest. Lundi 26 août, l’Alliance des libéraux et démocrates (ALDE), dirigée par Călin Popescu Tăriceanu (Président du Sénat), a annoncé sa décision de quitter la coalition de gauche.1. ALDE s’était associée aux Sociaux-démocrates (PSD) après les élections législatives de 2016. 

Parmi les raisons de la dissolution de la coalition, Călin Popescu Tăriceanu a évoqué l’ordonnance d’urgence 1142 (concernant les mesures prises dans les investissements publics, ainsi que les mesures budgétaires et fiscales) et un blocage au sein de la coalition au niveau local. Néanmoins, la principale source de tensions a été le refus des Sociaux-démocrates de soutenir sa candidature à l’élection présidentielle prévue pour le mois de novembre.3 

La décision de quitter la coalition a également impliqué la démission des trois ministres soutenus par les libéraux : Anton Anton (Énergie), Grațiela Gavrilescu (Environnement), Viorel Ilie (relations avec le Parlement). Les trois portefeuilles ministériels seront confiés pour une période de 45 jours à trois personnalités sociales-démocrates : Nicolae Bădălau, Ioan Daneş et Radu Oprea.  

Si la Première ministre Viorica Dăncilă a annoncé que le PSD continuerait à gouverner, le pari n’est pas gagné et une période d’instabilité politique pourrait marquer les prochains mois – son cabinet sera confronté à une nouvelle motion de censure, poussée par le principal parti d’opposition (Parti national-libéral) dans une tentative de forcer des élections anticipées4. Pour réussir, celle-ci aura besoin de 233 voix sur un total de 465. Aujourd’hui, le PSD compte 204 députés et ils pourront bénéficier du soutien des minorités nationales, qui comptent, ensemble avec l’Union démocrate magyare de Roumanie, 40 députés.5

Perspectives

  • Călin Popescu Tăriceanu s’est retiré de la course présidentielle, préférant soutenir Mircea Dianconu (acteur et député européen de 2014 à 2019), soutenu par PRO Romania, le parti de l’ancien Premier ministre Victor Ponta. 
  • L’élection présidentielle se tiendra le 10 novembre, le candidat favori reste l’actuel président, Klaus Iohannis. 
  • Le paysage politique étant marqué par une opposition (centre-droit) fragmentée, parmi les autres candidats on compte Theodor Paleologu, ancien ministre de la Culture, soutenu par l’ancien président Traian Băsescu6, et Dan Barna, soutenu par l’alliance USR-PLUS.
  • Des élections locales et législatives sont prévues pour l’été 2020.