Pékin. Les mots « conjointement », « partagé», « mutuellement » ou encore « commun » sont très présents au cours du discours1. Il s’agit d’une claire continuité dans l’objectif affiché de la Chine de porter ce projet de Belt and Road Initiative comme un nouveau modèle de gouvernance mondiale, au service du multilatéralisme. La BRI est en somme présentée comme une réponse à un système global qui fonctionne mal. Car si Pékin promeut le multilatéralisme et le libre-échange, il ne donne pas la définition exacte de ce que sous-tendent ces termes devenus communs dans nos sociétés. Et là est la nuance : cette banalisation engrange une définition presque automatique de ces principes pour les puissances occidentales, à travers leurs propres valeurs. Or, nous savons aujourd’hui que la Chine n’entend pas défendre le mode de multilatéralisme actuel, mais en proposer un autre qui puisse être en harmonie avec les institutions existantes, amener à une amélioration des échanges et surtout servir les objectifs d’un « rêve chinois » très concret.

Face à cela, Xi Jinping a clairement évoqué cette fois-ci le développement durable, la transparence et la lutte contre la corruption. À l’occasion du Forum, la Beijing Initiative for the Clean Silk Road a été lancée. Elle a pour but la coopération multilatérale au sein de la BRI pour une gouvernance transparente et fiable. Les détails demeurent encore flous. Mais force est de constater que la Chine souhaite aujourd’hui insister sur de nouvelles valeurs, qui répondent à des critiques récurrentes des Routes de la Soie : opacité, endettement des pays émergents, favoritisme des entreprises d’État et de la diaspora chinoise, corruption. La communication a ainsi évolué.

En parallèle, un nouveau terme est apparu dans la déclaration conjointe de la table ronde des chefs d’État de ce 2nd Forum2 – en comparaison avec la déclaration de la première édition : haute qualité. En 2018 déjà, le président chinois déclarait que la BRI évoluerait vers des projets de meilleure qualité et viabilité3. Des mots qui semblent faire écho au principe japonais de « Partenariat pour des infrastructures de qualité », développé depuis 2015 face à la BRI.

Perspectives :

  • Face aux critiques d’opacité et de corruption, Xi Jinping affirme vouloir faire évoluer le projet vers plus de qualité, de viabilité, de transparence et de contrôle sur les entreprises d’État engagées sur les projets de la BRI.
  • En parallèle, l’initiative se tourne de manière croissante vers les pays développés. Outre les avantages économiques et d’innovation, l’image d’une BRI endettant les pays pauvres pourrait s’en trouver améliorée