Doctrines de la Russie de Poutine

L’invasion de l’Ukraine a changé le monde — elle a aussi changé la Russie et Poutine.

Comment percer le brouillard de guerre ? Comment comprendre la transformation interne des récits, des structures et des doctrines du poutinisme ?

La doctrine Trump vue de Moscou

Un proche de Poutine affirme que les États-Unis n’interviendront pas si la Russie frappe l’Europe

Europe
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«  Celui qui s’écarte du consensus est un traître à la Patrie.  »

Dans un long entretien pour le Noël orthodoxe, le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, ancien espion du KGB et pièce clef du dispositif de Poutine, a utilisé son autorité pour mettre en garde les Russes qui s’opposent à la guerre d’Ukraine et attaqué une Europe «  qui justifie le péché  ».

Nous le traduisons et le commentons intégralement.

Cette phrase est de l’ancien président russe Medvedev, qui ajoute  : «  L’enlèvement d’un néonazi comme Merz pourrait être un rebondissement spectaculaire dans cette série.  »

Alors que la diplomatie de Poutine est restée relativement discrète après l’opération de Caracas, la sphère pro-guerre en Russie a loué la méthode Trump.

Entre tankers saisis et capture de Maduro, tour d’horizon des réactions russes à la première semaine de l’année 2026

Le Kremlin a fait de la guerre en Ukraine une question «  civilisationnelle  ».

Pour échapper à la «  décadence  » de l’Occident et étouffer tout conflit civil dans son pays, Poutine a élaboré un mythe essentialiste et raciste  : il existerait un «  homme russe  ».

Dans ce dispositif de propagande extrême, pour vivre, les Russes doivent être prêts au sacrifice.

Le rejet du plan Trump pour l’Ukraine, la vision de l’avenir de la Russie, la vassalisation de l’Europe et la nouvelle stratégie impériale des États-Unis ont été au cœur du bilan télévisé de l’année écoulée prononcé par le président Vladimir Poutine sous une immense carte du territoire du pays.

Nous traduisons et commentons les passages clefs depuis le russe.

«  L’une des caractéristiques essentielles du monde qui apparaît sous nos yeux sera l’absence de représentation éthique universellement valable en matière de justice — c’est-à-dire d’action juste — dans la pratique des États et la légitimité de leurs dirigeants.  »

Le Kremlin a développé une doctrine pour justifier les agressions et la guerre perpétuelle  : la Russie s’adapterait simplement à un inévitable chaos.

L’opposant russe Anton Barbachine plonge dans la machine rhétorique des experts du Club Valdaï.

Le Kremlin veut faire de la «  diplomatie technologique  » le vecteur le plus efficace pour diffuser les «  valeurs traditionnelles  ».

Alors que le pays est engagé dans un rattrapage, un document stratégique de référence tente d’articuler la technosphère et l’identité russe pour «  renverser l’échiquier mondial  ».

En Europe, certains pensent que la guerre entre la Russie et l’Europe n’a pas encore commencé.

Pour le cerveau géopolitique de Poutine, il faut cesser d’être naïf  : «  cette guerre a déjà commencé. Simplement, nous ne l’appelons pas encore ainsi. Notre véritable adversaire est bien l’Europe.  »

Nous le traduisons.

Poutine ne veut pas négocier avec l’Ukraine — il veut avancer en Europe.

Alors que la semaine qui s’ouvre pourrait marquer un tournant dans la guerre d’Ukraine, la dernière livraison de la revue officielle de la diplomatie russe est explicite  : «  les pays occidentaux sont toujours mieux disposés à écouter lorsque les troupes russes mettent le pied à Paris ou à Berlin.  »

Nous la traduisons.