Résultat pour : ukraine


Le nouvel accord proposé par les États-Unis est encore plus brutal  : transformant l’Ukraine d’un pays souverain en la propriété d’une société du Delaware ayant un monopole sur ses ressources naturelles et ses infrastructures, ainsi que le pouvoir d’inspecter tous ses bureaux gouvernementaux indéfiniment.

Cette offre qu’on ne peut pas ne pas refuser referme l’étau américain sur Zelensky.

Dans l’impossibilité de l’accepter, le président ukrainien sera accusé de ne pas vouloir négocier – l’administration Trump pourra ainsi relancer la campagne pour un changement de régime qui l’avait ciblé depuis l’épisode du bureau ovale.

Aujourd’hui, jeudi 27 mars, le président français Emmanuel Macron organise à Paris un nouveau sommet de la «  coalition des volontaires  », après deux précédentes rencontres ayant eu lieu à Londres. Bien que visant initialement à constituer un contingent terrestre qui serait déployé en Ukraine pour garantir le respect d’un cessez-le-feu, les Européens semblent avoir revu à la baisse leurs ambitions en matière de garanties de sécurité.

Le rapport publié hier, mardi 25 mars, par la communauté américaine du renseignement estime que Poutine et Zelensky «  considèrent probablement que les risques d’une guerre plus longue sont moindres que ceux d’un règlement insatisfaisant  », en contradiction avec la «  stratégie  » adoptée par Trump depuis le 20 janvier visant à parvenir à un règlement rapide de la guerre.

Hier, mardi 25 mars, après trois jours de négociations en Arabie saoudite, deux accords de cessez-le-feu partiels entre l’Ukraine et la Russie ont été conclus par l’intermédiaire des États-Unis  : sur les infrastructures énergétiques, et en mer Noire. Cependant, les déclarations contradictoires des parties impliquées ainsi que l’absence de mécanismes visant à tenir une partie responsable d’éventuelles violations suggèrent que Kiev et Moscou ont une conception différente de ce qui a fait l’objet d’accords à Riyad.

Après que les États-Unis ont annoncé qu’un accord en mer Noire avait été trouvé avec la Russie, Moscou a communiqué une liste d’exigences pour sa mise en œuvre qui nécessiteraient la levée de certaines sanctions européennes sur des banques russes.

Suite à un cycle de trois jours de négociations qui vient de s’achever aujourd’hui, mardi 25 mars, en Arabie saoudite entre l’Ukraine et la Russie par l’intermédiaire des États-Unis, Volodymyr Zelensky a déclaré qu’il allait mettre en œuvre l’accord de cessez-le-feu partiel avec effet immédiat.

La Russie, dans son communiqué, précise toutefois qu’elle ne mettra en œuvre celui-ci qu’à certaines conditions  : la levée de sanctions sur certaines banques russes impliquées dans le commerce international et leur reconnexion au système de paiement SWIFT.

Aujourd’hui, lundi 24, des négociateurs russes tiendront en Arabie saoudite des réunions avec des représentants des États-Unis sur la mise en place d’un cessez-le-feu. Ces discussions font suite à des pourparlers tenus la veille entre les délégations américaine et ukrainienne.

Alors que Trump a affirmé le 23 mars qu’il était le seul à pouvoir «  arrêter  » Poutine, son envoyé spécial a déclaré lors d’un entretien avec Tucker Carlson que le principal obstacle à la résolution de la guerre de Poutine en Ukraine est le statut de la Crimée et des quatre régions occupées par la Russie.

Depuis son premier mandat, Trump croit avoir développé une relation spéciale avec Vladimir Poutine. Le président américain, qui a construit son image sur sa capacité à conclure des deals et à négocier avec n’importe qui, nourrit une admiration pour l’homme fort de Moscou.

S’appuyant sur une équipe de négociateurs expérimentés, sa connaissance des faiblesses de Trump et une stratégie éprouvée par le KGB qui vise à formuler des exigences maximalistes tout en ne concédant rien en retour, Poutine a d’ores et déjà pris l’ascendant sur Trump dans les pourparlers en vue d’un accord de paix.

Fragilisée, la Haute Représentante de l’Union pour les Affaires étrangères voit sa proposition d’augmenter l’aide militaire à l’Ukraine jusqu’à 40 milliards d’euros réduite à la portion congrue. De son côté, Volodymyr Zelensky appelle à une approbation rapide d’un plan de 5 milliards d’euros visant l’achat de munitions, alors que Poutine pose «  comme condition essentielle à la résolution du conflit en Ukraine l’arrêt complet de l’aide militaire à Kiev  ».

Le président américain a lancé plusieurs idées de deals pour parvenir à un accord de cessez-le-feu en Ukraine  : exploiter les minéraux ukrainiens, opérer la centrale nucléaire de Zaporijia, mais également développer des projets immobiliers en Russie et organiser des matchs de hockey sur glace entre la Russie et les États-Unis.

Trump cherche fondamentalement à conclure rapidement un accord dans l’espoir d’être perçu par l’opinion publique américaine comme un fin négociateur et stratège — même si cela fragilise la position de l’Ukraine.

Si aucun accord ne semble avoir été conclu après l’appel entre Trump et Poutine d’hier, mardi 18 mars, comme en témoignent les frappes russes et ukrainiennes au cours de la nuit sur les infrastructures (civiles et énergétiques) des deux pays, Zelensky a signalé être favorable à un cessez-le-feu de 30 jours. Celui-ci constituerait un soulagement pour l’économie russe et renforcerait les capacités de son armée en Ukraine.