Plusieurs rapports font déjà état d’une sous-estimation par Washington de la capacité et de la volonté de Téhéran de fermer le détroit d’Ormuz avant le lancement de l’opération Epic Fury.
- Pour répondre à la hausse des prix du pétrole — à huit mois des élections de mi-mandat —, Donald Trump a déclaré dès le 3 mars avoir ordonné à la US International Development Finance Corporation de fournir une assurance contre les risques politiques aux navires « à un prix très raisonnable ».
- Il a également évoqué la possibilité que la marine américaine escorte les navires dans le détroit.
Deux actions ont été mises en place pour le moment :
- Une décision du 11 mars des 32 membres de l’Agence internationale de l’énergie de prélever 400 millions de barils sur leurs réserves stratégiques de pétrole — la libération la plus importante de l’Agence depuis sa création en 1974 ;
- Une dérogation de 30 jours, valable jusqu’au 11 avril, annoncée le 13 mars par les États-Unis, permettant aux pays d’acheter du pétrole brut et des produits pétroliers russes — visés par des sanctions — actuellement bloqués en mer. Selon Kirill Dmitriev, cette mesure concernerait environ 100 millions de barils.
Le prix du baril de brut russe a augmenté de plus de 70 % depuis le début de la guerre le 28 février. La valeur des cargaisons de brut russe exportées depuis le port de Primorsk, sur la mer Baltique, a bondi à 54 millions de dollars début mars, contre environ 35 millions de dollars en février.
Le président français, Emmanuel Macron, avait proposé une mission « purement défensive » pour « rouvrir » le détroit d’Ormuz et escorter les navires « après la fin de la phase la plus chaude du conflit ». Le secrétaire au Trésor américain a pour sa part déclaré le 12 mars que la marine américaine pourrait escorter des navires dans le détroit d’Ormuz dans le cadre d’une coalition internationale.