L’Europe par la face Nord
Le Grand Continent •
Le Grand Continent lance un nouveau format : les leçons du soir à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm.
Le premier cycle proposera une « Introduction à la géopolitique » en huit séances qui fourniront les bases pour s’orienter dans la carte d’un monde qui change chaque jour, en s’appuyant sur l’atelier de la revue.
Les leçons seront données par Florian Louis, docteur en histoire de l’École des hautes études en sciences sociales, agrégé d’histoire, professeur en classes préparatoires aux grandes écoles pendant dix ans, auteur d’une dizaine d’ouvrages de référence sur la géopolitique.
Ces leçons sont payantes. Il est possible de s’inscrire à chaque séance individuellement ou au cycle dans son intégralité en cliquant ici.
En engageant l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022, Vladimir Poutine n’a pas seulement contesté une frontière, mais tenté de remettre en cause les fondements mêmes de l’ordre international mis en place au sortir de la guerre froide, considéré à Moscou comme un carcan imposé par l’Occident au détriment des intérêts russes.
Le projet géopolitique poutinien ne se limite donc pas au théâtre ukrainien. Il vise à redessiner la carte de l’Eurasie pour mieux recomposer les rapports de force à l’échelle mondiale, en s’appuyant sur des relais dans l’ex-espace soviétique, en Afrique et au sein d’instances multilatérales dans lesquelles Moscou cherche à fédérer les puissances hostiles à l’hégémonie occidentale.
Un tel projet justifie une alliance de circonstance avec le voisin chinois, scellée par une amitié proclamée « sans limites » à la veille de l’invasion de l’Ukraine. Cette convergence sino-russe repose sur un objectif commun : affaiblir la primauté américaine et promouvoir un monde multipolaire plus favorable à leurs intérêts respectifs. Elle demeure cependant une alliance de raison plus que de cœur, tant les ambitions chinoises en Eurasie, en Arctique ou dans les relations avec certains pays occidentaux pourraient, à terme, entrer en contradiction avec celles du Kremlin, révélant une asymétrie croissante entre un partenaire chinois toujours plus puissant et une Russie de plus en plus dépendante de son soutien.
En quelques années, l’ordre international construit au sortir de la Seconde Guerre mondiale, puis consolidé et étendu à la faveur de la fin de la guerre froide, s’est brisé. Fondé sur la primauté d’un droit international et d’un multilatéralisme conçus et défendus par la puissance hégémonique états-unienne, il semblait promettre un horizon de stabilité durable, voire pour les plus optimistes, la fin des grands affrontements entre puissances. Cette illusion a vécu.
La Russie a fait resurgir la guerre de haute intensité au cœur même de l’Europe, tandis que les États-Unis, absorbés par leur rivalité stratégique croissante avec la Chine, opèrent un désengagement progressif de ce théâtre et, plus largement, de leur rôle traditionnel de garant de l’ordre mondial. Ce retrait américain aujourd’hui pleinement assumé laisse un vide que d’autres acteurs, étatiques ou non, s’empressent de chercher à combler à leur profit.
Tiraillé entre un ancien monde en déclin et un nouveau encore en gestation et dont les contours demeurent flous et les rapports de force incertains, notre environnement géopolitique est soudainement devenu confus, instable et menaçant. Les repères qui structuraient hier encore notre lecture du monde — frontières, blocs, alliances, sphères d’influence — se recomposent sous nos yeux à un rythme accéléré, rendant l’analyse plus complexe mais aussi plus indispensable. Pour faire face à cette accélération de l’histoire, à cette multiplication des foyers de crise et à cette remise en cause des équilibres établis, disposer de repères géopolitiques clairs s’avère plus que jamais indispensable.
Ce cycle ambitionne précisément de proposer un tour d’horizon rigoureux des outils conceptuels, des méthodes d’analyse et des grands enjeux géopolitiques qui structurent notre temps. Il examinera les logiques de puissance des grands acteurs internationaux, les recompositions territoriales et les rivalités d’influence qui en découlent, ainsi que les nouveaux espaces de confrontation — qu’ils soient numériques, spatiaux ou économiques — qui redessinent la carte de la puissance à l’échelle mondiale. En croisant approches théoriques et études de cas concrètes, cet atelier entend donner à chacun les moyens de penser, de s’orienter et d’agir par lui-même et avec discernement dans un monde en pleine mutation dans lequel la maîtrise de solides grilles de lecture géopolitique constitue un enjeu citoyen à part entière.
Cet atelier est conçu comme une introduction aux outils et aux savoirs fondamentaux de l’analyse géopolitique. Il propose de s’approprier une démarche rigoureuse — croiser les échelles d’analyse, interroger les représentations et les rapports de force, confronter les discours des acteurs — pour décrypter les tensions et les recompositions qui traversent le monde contemporain.
Il s’adresse au grand public curieux et désireux de mieux comprendre les grands enjeux géopolitiques actuels. Il y acquérera des clés de lecture rigoureuse et accessibles pour aborder l’actualité internationale avec plus de recul et d’esprit critique.
Cet atelier est conçu et dispensé par Florian Louis, docteur en histoire de l’École des hautes études en sciences sociales, agrégé d’histoire, professeur en classes préparatoires aux grandes écoles pendant dix ans, aujourd’hui directeur des archives et des recherches historiques de l’Institut d’études géopolitiques avancées lancé par le Grand Continent à l’École normale supérieure. Florian Louis est l’auteur de nombreux ouvrages de référence, parmi lesquels :