Péter Magyar, 45 ans, avocat de formation, est un homme politique bien identifié dans le système hongrois. Il est né dans une famille intégrée dans les réseaux de la transition post-soviétique — son parrain et grand-oncle, Ferenc Mádl, a été président de la République de Hongrie de 2000 à 2005.

  • Magyar fait ses débuts en politique avec le Fidesz — le parti présidé par Viktor Orbán — dès les années 2000, alors que le parti est dans l’opposition. 
  • Après la victoire de 2010, il est nommé fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères, puis rejoint la représentation permanente de la Hongrie auprès de l’Union européenne avant d’intégrer en 2015 le cabinet du Premier ministre Viktor Orbán.
  • Son ancienne épouse, Judit Varga, a été ministre de la Justice de 2019 à 2023.
Peter Magyar remporte les élections législatives du dimanche 12 avril 2026. (AP Photo/Darko Bandic)

Pour Magyar, le tournant intervient en 2024, lorsque la présidente de la République, Katalin Novák, démissionne à la suite de la révélation d’une grâce accordée à un responsable d’orphelinat condamné dans une affaire de pédocriminalité.

  • Varga, déjà ex-épouse de Magyar depuis leur divorce en 2023, avait donné son aval à cette grâce et annonce au même moment son retrait de la vie politique.
  • C’est à ce moment que Magyar publie un message sur les réseaux sociaux annonçant démissionner de ses fonctions dans deux entreprises publiques où il siège. Il y déclare que l’idée d’une « Hongrie nationale, souveraine et bourgeoise » — slogan du gouvernement Orbán — n’est qu’un « produit politique » masquant une corruption massive et des transferts de richesses vers des proches du pouvoir.
  • Magyar, accusé de violence domestique par son ex-femme, reproche à Viktor Orbán et à son chef de cabinet de « se cacher derrière les jupes des femmes ».

Au printemps 2024, il intègre rapidement le parti Tisza (Tisztelet és Szabadság Párt, « Respect et Liberté », PPE), une formation de centre droit fondée en 2020, dont il prend la tête en juillet. 

  • Le parti remporte 29,6 % aux élections européennes de 2024, se plaçant en deuxième position derrière la coalition au pouvoir. 

Pour les élections législatives de 2026, le parti adopte une stratégie reposant sur deux piliers  : une mobilisation populaire à travers des rassemblements de masse et une présence importante sur les réseaux sociaux, où il répond efficacement aux attaques du gouvernement.

  • Sa campagne se concentre largement sur les questions intérieures, comme la relance de l’économie et la lutte contre la corruption, ce qui contraste avec l’approche de Fidesz, qui fait surtout campagne sur la question de la guerre en Ukraine, présentant le pays et Zelensky comme une menace pour la Hongrie. 
  • À Budapest, les affiches de Fidesz montrent le président ukrainien avec le message : « Ne laissez pas Zelensky avoir le dernier mot. » Sur d’autres, il apparaît aux côtés de Magyar et d’Ursula von der Leyen, avec le slogan : « Ils représentent un risque. Le Fidesz est le choix sûr. »  
  • À l’inverse, Magyar, promet de rétablir l’indépendance des médias et de la justice, de réancrer la Hongrie au sein de l’Union européenne et de débloquer les fonds européens gelés, mais il se garde de prendre une position tranchée sur une série de question, comme par exemple l’énergie, se montrant favorable au maintien des importations à bas prix de l’énergie russe. 
  • Magyar s’est déjà opposé à une libéralisation de la politique d’immigration et, au sein du PPE, à l’envoi d’armes à l’Ukraine.

Comme le faisait remarquer notre Lettre du dimanche :

  • « Pour un leader hongrois, ‘Magyar’ est à peu près l’équivalent de ‘de Gaulle’ pour un général Français ou ‘Altman’ pour le CEO d’une boîte d’IA lancée vers la dystopie d’un monde post-humain. »