Malgré l’annonce dans la nuit du 7 au 8 avril par Donald Trump d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, et la préparation de négociations à Islamabad samedi 11 avril entre les deux parties, seulement 8 navires ont traversé le détroit d’Ormuz jeudi 9 avril entre minuit et 17h (Paris), selon une analyse de la revue sur la base des données de navigation de Marine Traffic.

  • Tous les navires commerciaux qui ont effectué la traversée aujourd’hui ont fait escale dans des ports iraniens ou bien transportent des marchandises iraniennes.
  • La quasi-totalité (7 sur 8) sont sortis du détroit et se dirigent vers le golfe d’Oman, tandis qu’un seul navire, le Lucky Gate, un vraquier battant pavillon de Saint-Kitts-et-Nevis, se dirige actuellement vers le golfe Persique.

Le trafic maritime aujourd’hui, jeudi 9, correspond ainsi à la moyenne observée au cours des dernières semaines. Tandis qu’environ 135 navires traversaient le détroit chaque jour, dans un sens ou dans l’autre, avant le début de la guerre, depuis le 28 février, ce chiffre est tombé à 12 par jour. Le 12 mars, seulement 1 navire, le Flora, un porte-conteneurs iranien, avait traversé le détroit.

  • Dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 avril, l’Organisation des ports et des affaires maritimes d’Iran a annoncé deux nouvelles voies de circulation dans le détroit afin d’éviter « la présence de divers types de mines antinavires dans la zone de trafic principale ».
  • Ces nouveaux rails de navigation, soit les couloirs de circulation imposant aux navires des trajectoires distinctes afin de réduire les risques de collision, formalisent un itinéraire déjà emprunté par les navires commerciaux depuis plusieurs semaines dans le cadre du « protocole » développé par Téhéran.

Dans une interview diffusée aujourd’hui, jeudi 9, par la chaîne britannique ITV News, le ministre iranien adjoint des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a déclaré que le détroit d’Ormuz était « ouvert à toute navigation civile », tout en confirmant que des mines avaient été posées par la marine iranienne.

Les incertitudes relatives à la circulation dans le détroit, et ce malgré l’annonce d’un cessez-le-feu, incitent les armateurs à maintenir leurs navires dans le golfe Persique, au large des Émirats arabes unis, du Qatar et de Bahreïn notamment, dans l’attente d’une stabilisation de la situation. Au 9 avril, au moins 19 navires civils ont été frappés par des projectiles iraniens depuis le début de la guerre.