Quels sont les enjeux de cette semaine de campagne ?

La distribution des sièges dépendant uniquement du résultat du second tour, l’enjeu pour les listes encore en lice sera maximal dimanche prochain.

  • À l’issue du premier tour, organisé dimanche 15 mars, seules les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés pouvaient se maintenir. Les listes ayant obtenu plus de 5 % des suffrages pouvaient, quant à elles, fusionner avec une liste ayant remporté plus de 10 % des voix. La période de dépôt des listes de second tour s’est achevée ce mardi à 18 heures.
  • L’enjeu des fusions de liste à l’entre-deux-tours (entre dimanche soir et mardi soir) était majeur : au second tour, dimanche 22 mars, la liste arrivant en tête obtiendra immédiatement 50 % des sièges (25 % à Paris, Lyon et Marseille), lui garantissant dans les faits une majorité pour administrer la commune. Dans plusieurs villes importantes, la capacité des listes à fusionner peut faire basculer la majorité municipale.
  • Le reste des sièges sera distribué proportionnellement entre toutes les listes présentes au second tour, aboutissant à la formation de groupes d’opposition numériquement assez faibles.

Le premier simulateur de majorités municipales

Notre outil vous permet de créer vos propres scénarios pour le deuxième tour dans les 10 communes françaises les plus peuplées. 

  • Afin de vous permettre d’explorer les configurations les plus probables, nous avons configuré notre outil avec les derniers résultats publiés par les instituts de sondages en février et mars 2026. L’outil prend en compte les fusions de listes et les retraits annoncés par les candidats.
  • L’outil vous permet notamment d’observer l’effet de la prime majoritaire sur la répartition des sièges. Vous pouvez également tester des configurations de second tour qui n’ont pas vu le jour en réalité – par exemple, une absence de fusion entre les listes Bournazel et Dati à Paris – pour rejouer les réflexions tactiques opérées par les candidats dans l’entre-deux-tours.

Prime majoritaire, fusions et retraits changent la donne

Le principe de la prime majoritaire rend la fusion ou le retrait des « petites listes » particulièrement crucial en cas de scrutin serré. 

  • Puisque remporter la première place au second tour est la seule manière d’administrer la ville, la présence d’une liste concurrente du même bord idéologique peut significativement affaiblir les chances de victoire d’un parti.

Le cas de Paris est symptomatique de ces considérations tactiques.

  • Après la fusion de la liste de Rachida Dati (LR, PPE) avec celle de Pierre-Yves Bournazel (HOR, Renew), le retrait de Sarah Knafo (Reconquête, ESN) place la droite en ballottage favorable.
  • Le deuxième tour verra la liste d’Emmanuel Grégoire (PS, S&D) opposée à celle menée par Rachida Dati ainsi qu’à celle de Sophia Chikirou (LFI, GUE/NGL), qui s’est maintenue. Malgré sa nette avance (12 points) au premier tour, la liste d’Emmanuel Grégoire est donnée battue par les sondages dans cette configuration. La liste LR (26 % au premier tour) profite en effet des reports potentiels des centristes (11 %) et des ultranationalistes (10 %), dont le total dépasse largement le score de la seule liste de centre-gauche (38 %).
  • Pour l’emporter malgré ce désavantage, la liste d’Emmanuel Grégoire devra attirer des abstentionnistes (41 % de l’électorat), des centristes déçus de l’alliance avec LR ou des électeurs de gauche radicale souhaitant éviter une majorité de centre-droit (« vote utile »).

La situation marseillaise est en miroir de celle qui prévaut à Paris.

  • Après le retrait de Sébastien Delogu (LFI) et le maintien de Martine Vassal (LR), la liste menée par Benoît Payan (PS) est en position favorable face à celle menée par Franck Allisio (RN).
  • Si le socialiste n’avait que deux points d’avance sur son challenger au premier tour (37 % contre 35 %), le retrait de la liste de gauche radicale lui donne une réserve de voix significative pour conserver la mairie.

Plusieurs scrutins serrés à suivre

Les seconds tours restent très ouverts dans trois autres grandes villes françaises.

  • À Lyon, les sondages prédisent un résultat serré entre la liste du maire sortant Grégory Doucet (LÉ, Verts/ALE) et celle menée par Jean-Michel Aulas (centre-droit). La fusion de la liste écologiste avec celle de La France Insoumise apporte un potentiel d’environ 10 points supplémentaires à Doucet, dont la dynamique de fin de campagne était positive. Le dernier sondages Cluster 17 publié le 13 mars donne les deux candidats à égalité, tandis qu’un sondage Opinionway publié le jour précédent donne 6 points d’avance à la liste de centre-droit.
  • À Strasbourg, deux fusions de listes sont intervenues dans l’entre-deux-tours. La liste centriste de Pierre Jakubowicz (HOR-RE-Modem, Renew) a fusionné avec la liste PS de Catherine Trautmann ; la liste LFI de Florian Kobryn s’est pour sa part réunie avec celle de la maire sortante Jeanne Barseghian (LÉ). La somme des voix des deux listes au premier tour est équivalente (31-32 %).
  • À Bordeaux, les listes de Pierre Hurmic (LÉ, 28 %), Thomas Cazenave (RE, 26 %) et Philippe Dessertine (divers droite, 20 %) s’affrontent dans une triangulaire dont le résultat est difficile à prédire. 

Des victoires probables pour la gauche et le RN

La situation est plus prévisible dans cinq villes à l’issue des fusions d’entre-deux-tours.

  • À Toulouse, la fusion entre les listes de François Piquemal (LFI) et François Briançon (PS) donnent à la gauche un avantage significatif dans son duel contre le sortant Jean-Luc Moudenc (centre-droit).
  • À Nantes, l’union entre les listes de Johanna Rolland (PS) et William Aucant (LFI) donne également un avantage significatif à la sortante face à son opposant LR.
  • À Lille, la fusion entre la liste du sortant Arnaud Deslandes (PS) et celle des Écologistes, sans LFI, la place en position favorable face aux listes de gauche radicale, de centre-droit et d’extrême droite.
  • À Montpellier, Michaël Delafosse (PS) est également en bonne position pour conserver la ville face à ses concurrents de gauche radicale et centristes.
  • À Nice, la liste d’Éric Ciotti (UDR-RN) est en ballottage nettement favorable face au sortant Christian Estrosi (HOR) et à une liste de centre-gauche.