Le premier simulateur de majorités municipales
Dans un outil exclusif, nous vous proposons de créer vos propres scénarios pour le premier tour, l’entre-deux-tours (fusion de listes) et le deuxième tour dans les 10 communes françaises les plus peuplées.
- Afin de vous permettre d’explorer les configurations les plus probables, nous avons configuré notre outil avec les derniers résultats publiés par les instituts de sondages en février et mars 2026.
- L’outil vous permet à la fois d’observer l’effet de la prime majoritaire sur la répartition des sièges et l’importance capitale des fusions de listes, qui peuvent radicalement changer le résultat de l’élection.
Comment fonctionnent les élections municipales ?
Les élections municipales françaises présentent un mode de scrutin rare à l’échelle européenne : un scrutin de liste à deux tours à prime majoritaire.
- À l’issue du premier tour, organisé le dimanche, seules les listes obtenant au moins 10 % des suffrages exprimés peuvent se maintenir au second tour. Les listes obtenant plus de 5 % des suffrages peuvent, quant à elles, fusionner avec une liste ayant remporté plus de 10 % des voix. Les fusions et retraits de listes interviennent dans une période extrêmement courte, puisque les candidats n’ont que deux jours — le lundi et le mardi suivant le vote — pour présenter leurs listes définitives.
- Au second tour, organisé le dimanche suivant, la liste arrivant en tête obtient immédiatement 50 % des sièges (25 % à Paris, Lyon et Marseille), lui garantissant une majorité pour administrer la commune.
- Le reste des sièges est distribué proportionnellement entre toutes les listes présentes au second tour, aboutissant à la formation de groupes d’opposition numériquement assez faibles.
Comment fonctionne la « prime majoritaire » ?
Le principe de la prime majoritaire rend la fusion ou le retrait des « petites listes » particulièrement crucial en cas de scrutin serré.
- Puisque remporter la première place au second tour est la seule manière d’administrer la ville, la présence d’une liste concurrente du même bord idéologique peut significativement affaiblir les chances de victoire d’un parti.
La situation est particulièrement nette à Paris.
- Selon les sondages, la liste de Rachida Dati (LR, PPE) l’emporterait facilement au second tour si la liste de Sarah Knafo (Reconquête, ESN) se retire tandis que celle de Sophia Chikirou (LFI, GUE/NGL) se maintient.
- À l’inverse, la liste d’Emmanuel Grégoire (PS, S&D) l’emporterait probablement facilement dans le cas inverse (maintien de la liste Reconquête, retrait de la liste LFI).
- Le mode de scrutin donne ainsi une importance considérable aux décisions prises par les listes au lendemain de l’élection. Notre outil vous permet d’expérimenter avec diverses configurations.
Vers une performance des socialistes et du RN dans les grandes métropoles ?
Dans l’ensemble, les sondages dans les dix plus grandes métropoles prédisent d’assez bonnes performances aux socialistes, tandis que les Écologistes (LÉ) apparaissent affaiblis et le Rassemblement national (RN) en forte croissance.
- Le PS déjà aux affaires est donné en tête à Nantes, où Johanna Rolland (PS) part favorite, de même qu’à Montpellier (Michaël Delafosse) et Lille (Arnaud Deslandes).
- Le seul avantage clair dont dispose le centre-droit se trouve à Lyon, où Jean-Michel Aulas semble en capacité de battre la liste sortante de Grégory Doucet (LÉ).
- Le RN détonne particulièrement dans deux villes : à Nice, où Éric Ciotti (UDR-RN) est donné favori dans toutes les configurations face au sortant Christian Estrosi (centre-droit) ; et à Marseille, où le sortant Benoît Payan (PS) part favori face à la liste de Franck Allisio (RN) mais avec une avance assez faible en cas de maintien de la liste LFI de Sébastien Delogu.
- Cas unique, à Strasbourg, ce sont deux figures de centre-gauche — l’actuelle maire Jeanne Barseghian (LÉ) et l’ancienne édile Catherine Trautmann (PS) — qui concentrent l’attention, pour l’instant à l’avantage de la seconde.
Quelles seront les villes à regarder de près dans l’entre-deux-tours ?
Au-delà d’un scrutin parisien très médiatisé, deux autres des dix plus grandes villes françaises présenteront probablement des situations d’entre-deux-tours délicates.
- À Toulouse, la liste d’union PS-LÉ et celle de LFI pourraient prendre la mairie à Jean-Luc Moudenc (centre-droit) si elles décidaient de fusionner.
- À Bordeaux, les listes du sortant Pierre Hurmic (LÉ) et de son concurrent Thomas Cazenave (ENS-LR) devront composer avec la liste LFI de Nordine Raymond et celle du centriste Philippe Dessertine. L’incapacité d’un seul des deux camps à fusionner pourrait, comme à Paris, décider immédiatement de l’issue du scrutin.