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La routine du fracas : récit d’une attaque

Comme tous les habitants de Kramatorsk, ville de l’Est de l’Ukraine à 18 kilomètres des premières positions russes, le pasteur Evgueni Pavenko n’a eu d’autre choix que de s’habituer au cortège de peurs et de détonations qu’apporte la guerre. 

Il avait connu ses tout débuts, lorsque des groupes séparatistes sous tutelle de Moscou avaient tenté de s’emparer de la ville voisine de Sloviansk en 2014. Le 8 avril 2022, il se trouvait à quelques encablures de la gare de Kramatorsk lorsqu’un missile russe chargé de bombes à sous-munitions y avait explosé, au milieu de centaines de personnes attendant alors de pouvoir fuir l’avancée russe. La frappe avait fait plus de 60 morts.

Ce fut plus tard la routine lancinante du fracas de l’artillerie, des bombes planantes et bientôt des drones. 

Au mois de novembre, il avait dû composer avec la fermeture de la gare de Kramatorsk, dernier lien ferroviaire entre le Donbass toujours sous contrôle ukrainien et le reste du pays. Se rendre à Kramatorsk signifiait désormais s’arrêter à la gare de Barvinkove, 40 kilomètres à l’Ouest, avant d’embarquer dans une voiture ou un bus. L’approche de Kramatorsk se fait désormais sur des routes protégées par une canopée de filets conçus pour arrêter des drones kamikazes.

Se rendre à Kramatorsk, c’est ce que faisait Evgueni Pavenko ce 27 janvier lorsque son train en direction de Barvinkove s’arrête en rase campagne, au milieu d’un sous-bois enneigé. Les passagers avaient déjà été prévenus que le train marquerait son terminus deux gares avant Barvinkove en raison d’un risque d’attaque.

Après moins d’une minute de silence, Evgueni Pavenko et le reste des passagers distinguent « le bruit familier d’un moped », surnom donné aux drones Shahed russes en référence à leur vrombissement de tondeuse.

Il nous raconte.

Nous avons eu environ six secondes pour réagir. 

Je me suis penché et j’ai couvert ma tête avec mes mains. 

L’explosion n’a pas été très forte depuis notre wagon, nous étions assis et ne savions pas quoi faire. 

La chef de wagon pleurait mais donnait des instructions appropriées : elle nous a tous fait sortir et nous criait d’aider les blessés. 

C’était le contraire dans l’autre wagon, où le chef de wagon a dit aux gens de s’enfermer dans leur compartiment. 

Nous avons sauté sur le talus avec nos valises. 

Le premier wagon brûlait, à environ 80 mètres de moi. C’était particulièrement effrayant lorsqu’on a entendu le deuxième drone, venu pour finir le travail. 

On a couru, on s’est dispersé. 

Le deuxième drone a volé à 100 mètres du train et a explosé juste devant. 

J’ai vu un jeune homme briser la vitre avec son coude et sauter du wagon en feu, sans vêtements et sans affaires. 

Heureusement, la route n’était qu’à une centaine de mètres. 

Plusieurs voitures se sont immédiatement arrêtées et l’ambulance est arrivée cinq minutes plus tard.

 Avec la peur, je ne sentais même pas qu’il faisait si froid dehors. » 

Six personnes sont mortes dans la frappe du 27 janvier.

À Kyiv : le pire hiver de la guerre

Troieshchyna souffre. Comme dans tant d’autres endroits de la capitale, ses habitants composent depuis des semaines avec des coupures d’électricité aussi longues que régulières. Mais le chauffage fait aussi défaut depuis le début de l’année dans plusieurs centaines de barres d’immeubles grisâtres qui composent le paysage maussade de ce quartier-dortoir de la rive gauche. Devant une tente déployée par le service ukrainien de la protection civile, Serhiy s’amuse d’une question un peu creuse : la situation ? La situation n’est pas bonne, évidemment. Sa fille gribouille à l’intérieur de la tente des coloriages. La famille n’a pas eu de chauffage pendant près d’un mois dans leur appartement au 25e étage d’un immeuble offrant une vue imprenable sur la centrale numéro 4 de Kyiv — réduite à l’état de ruine fumante par des semaines de frappes russes.

D’autres, à Troieshchyna et dans le reste de Kyiv, ont des coupures d’eau, ou des retours de chauffage brutalement interrompus par la rupture de conduits mal purgés. Il y a des appartements sombres où la température est descendue à 10 degrés Celsius, puis 6, puis 3… « On perd un degré chaque jour » confiait une habitante du quartier fin janvier. Dans le froid et l’obscurité, dans la fatigue, après des nuits marquées par les détonations de missiles et de drones, les mauvaises nouvelles tombent d’autant plus durement : un décès dans la famille, un fils soudainement mobilisé, un père au front dont on n’a plus de nouvelles.

Dans la tente chauffée de la protection civile, la psychologue Yulia Faleeva résume les choses simplement : « c’est un peu comme avoir un rhume » explique-t-elle après avoir admiré le coloriage de la fille de Serhiy — un dessin d’une ville en guerre où l’objectif est de colorier en évitant les endroits où se trouvent des mines et bombes non explosées. « Si vous avez juste un rhume et que vous êtes chez vous, au chaud avec une bonne tasse de thé, ça va vite passer. Mais si vous avez froid, que vous avez les pieds humides, que vous dormez mal parce qu’il faut que vous descendiez la nuit à l’abri anti-bombe… ça ne va faire qu’empirer. »

Voilà beaucoup trop longtemps que l’Ukraine n’a plus été au chaud avec une bonne tasse de thé. Ses habitants vivent le pire hiver depuis le début de l’invasion russe, alors qu’un froid exceptionnel est venu appuyer l’effort d’une armée russe décidée à ravager l’infrastructure énergétique du pays. Si le général Hiver est entré dans la guerre, c’est un autre officier qui fait aujourd’hui défaut à l’Ukraine, se lamente un commentateur ukrainien dans les pages du journal Oukraïnska Pravda : le général Chance, qui avait jusque-là offert trois hivers cléments au pays 1. Alors même que les températures dépassaient les -20°C, les centrales à charbon de l’ère soviétique produisant à la fois électricité et chaleur pour les quelque 3,5 millions d’habitants de la capitale cédaient sous les frappes de missiles et drones russes. Une frappe combinée sur les réseaux de transmission dans l’Ouest du pays dans la nuit du 6 au 7 février a encore aggravé la situation, forçant l’opérateur ukrainien du réseau électrique à réduire à moins de deux heures par jour la disponibilité d’électricité aux foyers de la capitale.

Malgré cela, l’Ukraine tient. « L’apocalypse n’a pas encore eu lieu » titrait le 15 janvier le média de service public Suspilne 2. La citation reste, un mois plus tard, valable. Il n’y a pas encore, constate-t-on un peu stupéfait, de catastrophe humanitaire ou d’exode massif. Pas non plus, montre un récent sondage, de désir de capitulation, bien que l’idée d’un compromis territorial ne soit désormais plus vue comme inacceptable par une partie importante de la population 3

L’Ukraine tient, l’Ukraine a toujours tenu, alors l’Ukraine continuera de tenir : l’idée, née d’une admiration méritée pour la force mâtinée d’inventivité de la société ukrainienne, s’est depuis 2022 imposée dans l’esprit de tant de décideurs et d’observateurs. Idée compréhensible mais problématique, tant pour la représentation de la société ukrainienne qui en découle que pour la manière dont elle occulte l’évolution de la guerre depuis 2022.

Nous l’avions déjà raconté l’été dernier : l’engagement des Ukrainiens n’est le plus souvent « plus porté par l’engouement. La société tient parce qu’elle n’a pas le choix, parce qu’elle ne voit pas d’autre porte de sortie — sinon l’exil ». Dans ces conditions, le mot « résilience » agace parfois en Ukraine, lorsqu’il prend la forme d’une célébration qui masque la réalité d’une population épuisée, qui serre les dents plutôt qu’elle ne se rit de l’adversité, qui espère une fin de la guerre sans parvenir à en distinguer les contours. Lorsqu’il semble aussi se substituer au soutien matériel et tient alors de l’aveu d’impuissance.

Industrialiser l’adaptation : une résistance par le bas

Il n’y avait sans doute pas, à l’approche de cet hiver, un seul Ukrainien qui ne s’était pas d’une manière ou d’une autre préparé à une nouvelle saison de coupures de courant. Trois années de guerre étaient passées par là, trois années et trois hivers pendant lesquels chacun avait pu chez soi faire un stock de batteries externes pour recharger téléphones et petits appareils électriques, installer des lampes à LED rechargeables par prises USB et des guirlandes peu consommatrices en électricité. La station électrique portable de type « Ecoflow », capable pour les modèles les plus avancés d’alimenter un frigo ou une machine à laver, était devenue monnaie courante dans les foyers de la classe moyenne du pays. Dans l’immeuble de Serhiy à Troieshchyna, les locataires s’étaient cotisés pour l’achat d’un accumulateur capable de faire fonctionner l’ascenseur pendant les périodes de coupure. 

Le concert de vrombissements qui, à l’automne 2025, a recommencé à envelopper les grandes villes ukrainiennes témoignait aussi de la manière dont la perspective des coupures de courant s’était faite routine, totalement intégrée dans la vie quotidienne. Hors des appartements, un nombre incalculable de générateurs à diesel installés sur les trottoirs des localités ukrainiennes pouvaient garantir le bon fonctionnement de cafés, restaurants, bureaux de poste et supermarchés. Routine aussi des coupures de courant planifiées et annoncées depuis la fin 2022 sur un calendrier accessible à tous les Ukrainiens. La différence était énorme par rapport à la sidération des premières frappes sur l’infrastructure énergétique ukrainienne à l’automne 2022, autour de laquelle s’organisait désormais la vie quotidienne : recharger ses appareils et faire une lessive avant la coupure, sortir de chez soi pendant que celle-ci dure. La préparation était pratique mais aussi psychologique, fruit de trois années d’accoutumance qui permettaient à la majorité des Ukrainiens d’accueillir les premiers froids avec une certaine tranquillité.

Mais les difficultés de cet hiver sont venues brutalement rappeler que cette adaptation individuelle ne peut que parer à une urgence limitée, dans le temps autant que dans l’intensité : une famille ne peut que se préparer à des coupures de courant de quelques heures, restera impuissante face à un blackout prolongé ou la perte du chauffage. Une batterie externe ou une lampe à LED doit éventuellement être rechargée, et même un générateur à diesel n’est pas conçu pour fonctionner en continu.

L’adaptation de la société ukrainienne s’est bien sûr faite en parallèle de celle de l’État, qui, ces dernières années, a mis en place des structures fortifiées pour protéger transformateurs et autres installations électriques des attaques russes, chapeautées par une défense aérienne dont la structure a elle aussi évolué pour anticiper ou répondre aux tactiques de l’armée russe. Dès 2022 se sont déployées des unités légères équipées de mitrailleuses lourdes montées sur des camions pour abattre à bas coût les drones iraniens, avant l’arrivée l’année dernière de drones intercepteurs capables de traquer des drones Shahed d’un nouveau type. Mais le pouvoir ukrainien a souvent peiné à anticiper l’évolution de la guerre, critiquent certaines voix en Ukraine, pointant par exemple du doigt l’industrialisation tardive des drones intercepteurs 4. Impossible aussi de ne pas constater les limites structurelles de toute adaptation face au simple manque de missiles capables d’abattre les missiles de croisière et balistiques russes.

Mais si l’Ukraine connaît son pire hiver depuis le début de l’invasion, c’est aussi parce que l’adaptation de la société ukrainienne s’est faite en parallèle de celle de l’armée russe, dans une guerre d’attrition décidée non seulement par la capacité d’adaptation, mais encore par la capacité d’industrialiser cette adaptation.

C’est cette guerre où la résilience individuelle repose en grande partie sur ces mêmes infrastructures que la Russie s’attelle depuis désormais plusieurs mois à détruire.

Un drone bombardier lourd Vampire est photographié de nuit alors qu’il est piloté par un soldat d’un peloton de complexes aériens sans pilote du 113e bataillon de la 110e brigade de défense territoriale ukrainienne dans la direction de Zaporizhzhia, en Ukraine, le 28 avril 2025. © Dmytro Smolienko/Ukrinform

En Russie, Poutine aussi a adapté son industrie

Car l’attaque du 27 janvier n’est pas isolée.

Les missiles et drones russes à longue portée ne détruisent pas seulement les infrastructures énergétiques du pays. Elles visent aussi depuis cet été un système ferroviaire dont le fonctionnement ininterrompu depuis le début de l’invasion fut érigé en symbole de la capacité de résistance ukrainienne, assurant le lien entre les régions de ligne de front et le reste de l’Ukraine, ainsi qu’entre l’Ukraine et le reste de l’Europe.  

La campagne russe contre les infrastructures ferroviaires ukrainiennes vise « à détruire les hubs logistiques de l’arrière, avec pour objectif global de dégrader la logistique des forces de défense ukrainiennes sur l’ensemble de la profondeur stratégique » écrit le Centre des Stratégies de Défense, un centre de réflexion ukrainien. Objectif militaire donc, mais aussi volonté d’isoler les régions les plus vulnérables du pays. Depuis cet été, au gré de frappes dans le Donbass, dans les régions de Soumy, de Kharkiv, Zaporijia ou encore Dnipropetrovsk, le train n’est ainsi plus pour des millions d’Ukrainiens cette ressource fiable permettant en toute sécurité d’aller se reposer quelques semaines à l’arrière, d’aller voir de la famille ou de partir en vacances. 

Les retards, rarissimes il y a encore quelques mois, sont devenus de plus en plus courants sur certains axes à risque.

Depuis la frappe du 27 janvier, il est impossible de se rendre en train à Barvinkove. L’achat d’un billet de train depuis la capitale régionale de Zaporijia, à quelques 25 kilomètres du front, s’accompagne désormais de cet avertissement : « Retard potentiel ! Prenez en compte que le départ depuis Zaporijia peut se faire avec retard, ou avec un transfert en bus vers la gare de Dnipro. Nous surveillons les menaces en temps réel et stoppons le trafic lorsqu’un drone est détecté. » L’avertissement s’est déjà concrétisé à plusieurs reprises, dernièrement le 16 février 5.

Cette frappe agit comme le révélateur d’une Russie qui s’est, elle aussi, adaptée. Trois ans après qu’un drone de fabrication iranienne ne soit venu pour la première fois emporter sa charge explosive sur Kyiv, c’est une version profondément modifiée qui a attaqué le train de passagers en direction de Barvinkove. 

Si l’appareil reste toujours basé sur le design vendu par l’Iran à Moscou, sa production se fait désormais en Russie, au cœur d’une immense usine du Tatarstan. Il ne s’agit plus d’un simple système de guidage basé sur des coordonnées géographiques, pour un drone qui tient alors de l’ersatz de missile de croisière : équipé de caméras et même de terminaux Starlink, capable de voler plus haut et plus rapidement que ses anciennes versions afin d’échapper aux mitrailleuses lourdes de la DCA ukrainienne, il peut être piloté directement par un opérateur. Ces évolutions techniques, déterminantes, sont venues se combiner avec la hausse de la production pour permettre à Moscou de frapper plus souvent, mais aussi de viser des cibles — telles que des locomotives — que le Shahed de 2022 aurait été incapable de toucher.

Cannibaliser pour tenir : une course aux pièces détachées

La tentative de destruction du système énergétique ukrainien est d’abord passée par trois ans de frappes qui ont peu à peu érodé et dégradé l’ensemble du système. Après chaque attaque d’une centrale ou d’un transformateur, les sites sont réparés et remis en route aussi rapidement que possible. 

Mais les réparations sont souvent incapables de faire revenir le système à 100 % de ses capacités. La fuite de millions d’Ukrainiens, l’occupation par Moscou de 20 % du territoire et plusieurs hivers cléments ont paradoxalement permis aux infrastructures de mieux tenir en réduisant la consommation. Mais l’Ukraine est aussi engagée depuis trois ans dans une course aux pièces détachées, éparpillées dans les pays d’Europe utilisant eux aussi toujours des centrales de l’ère soviétique. Une course qui peine de plus en plus à trouver de quoi réparer un transformateur ou remplacer une turbine frappée par un missile russe.

À partir de l’été dernier, Moscou a modifié sa stratégie de frappe. Les frappes de missiles massives mais espacées dans le temps de plusieurs jours ont presque disparu, expliquait l’analyste militaire polonais Konrad Muzyka à la fin de l’année dernière 6 : « à partir de juin 2025, la Russie abandonne [la tactique du] choc épisodique à coups de missiles, préférant une pression continue, l’usage plus important de missiles balistiques et une saturation massive à base de drones ». À l’arrivée de l’hiver, ces adaptations autant des équipements que des tactiques russes sont venues se combiner à un hiver d’une sévérité sans précédent depuis le début de l’invasion, à la dégradation déjà réelle du système énergétique ukrainien et à la pénurie de missiles anti-aériens.

« Perturber le fonctionnement des opérations » : du choc épisodique à la pression continue

À Kyiv et ailleurs, le résultat est là : non pas un Armageddon spectaculaire mais une lente dégradation qui s’est accélérée à la faveur de l’hiver. À bien des égards, les difficultés que connaît l’Ukraine à l’arrière font écho à celles du front. Des forêts de Koupiansk dans la région de Kharkiv aux plaines agricoles de Zaporijia, l’armée ukrainienne est ainsi forcée de recourir à des unités de « pompiers », déployées en urgence sur les points les plus chauds pour colmater les brèches causées par le manque d’hommes. 

À Kyiv, l’urgence énergétique a poussé les chemins de fer ukrainiens à dépêcher dans la capitale plusieurs équipes de spécialistes venus d’autres villes du pays pour prêter main forte à la remise sur pied du système énergétique 7. À Sloviansk, autre ville du Donbass convoitée par Vladimir Poutine, le chef de l’administration civilo-militaire locale se défendait au début du mois de ne pas avoir construit suffisamment de filets anti-drones pour protéger les routes. Si l’administration ne manque pas de filets, se justifiait-il, elle n’a simplement pas les 200 hommes nécessaires pour monter 60 kilomètres de filets : « tous les employés des services municipaux travaillent aux limites de leurs capacités » 8

En Ukraine, la résistance tient par le bas : la résilience des infrastructures, le moral de la population et celui de l’armée sont un triptyque dont chaque branche dépend des deux autres. 

La tactique russe vise précisément à briser cet équilibre-là. Les forces de Poutine ne cherchent plus à pilonner des points clefs d’un territoire mais à trouver des cibles qui concentrent ces trois pôles de la résistance : par chaque missile, affaiblir l’Ukraine dans son ensemble — en continu.

Dans un café du centre de Kyiv, l’ancien ministre ukrainien des affaires étrangères Pavlo Klimkin insiste : « pour presque tous les Ukrainiens — et je suis fier d’être Ukrainien — la défense du pays et de la nation a toujours été placée au moins au même niveau que la défense de soi et de sa famille. C’est naturel, et le défi est maintenant de protéger cet équilibre, car beaucoup de gens pourraient dans les conditions actuelles se refermer sur eux-mêmes et leurs familles, dans une sorte de réflexe de survie. 

Pour la Russie, l’objectif est de perturber le fonctionnement des opérations, parce que si les gens doivent se concentrer sur eux-mêmes, ils vont naturellement consacrer moins de temps et moins d’efforts aux autres. »

Après quelques jours de redoux, Kyiv s’est cette semaine recouverte d’un nouveau manteau de neige, alors que les températures redescendent aux alentours des -10°C. Mais le pire de l’hiver est déjà derrière, espère l’Ukraine.

Sources
  1. Mykhailo Dubynyansky, « Генерал Фарт », Української правди, 31 janvier 2026.
  2. Oleksandr Magula et Anastasia Ivantsiv, « ’Це ще не апокаліпсис’. Як живе Київ без електрики та опалення за 15-градусних морозів », Суспільне Новини, 15 janvier 2026.
  3. Anton Hrushetsky, « Прес-релізи та звіти – Громадська думка в умовах спроб Росії занурити Україну в темряву і холод : результати опитування, проведеного 23-29 січня 2026 року », KIIS, 2 février 2026.
  4. Olena Removska, « ‘Дроновим терором нас намагаються викурити з нашої землі’. Берлінська – про міністра оборони Федорова і фронт у 2026-му », Суспільне Новини, 12 février 2026.
  5. Svitlana Neschetna, « Зміни у русі поїздів 16 лютого : ‘Укрзалізниця’ обмежила сполучення із Запоріжжям та Конотопом », TCH, 16 février 2026.
  6. « Russian strikes on Ukrainian energy CI – Trends and Outlook », Rochan Consulting, 26 janvier 2026.
  7. Oksana Ivanytska, « ‘Сказали їхати — поїхали. Мовчки’. Як залізничники із Запоріжжя та Кривого Рогу рятують столичні квартири », hromadske, 23 janvier 2026.
  8. Publication de Vadim Lyakh sur Facebook