Au 17 février, 27 pays (sans compter les États-Unis) ont annoncé avoir rejoint le « Conseil de la paix », une nouvelle organisation officiellement lancée par Donald Trump à Davos, en janvier. Sur les 27 membres de l’Union, seulement deux ont accepté l’invitation du président américain : la Hongrie et la Bulgarie.

Toutefois, cinq États membres devraient prendre part à la première réunion de l’organisation demain, jeudi 19 février, à Washington, selon des déclarations publiques.

  • L’Italie, la Roumanie, la Tchéquie, la Grèce et Chypre ont annoncé envoyer des représentants pour participer en tant que pays « observateurs ». La Commission sera elle aussi représentée par la commissaire à la Méditerranée, Dubravka Šuica.
  • Le ministre des Affaires étrangères italien, Antonio Tajani, a déclaré mardi 17 que « l’absence de l’Italie d’une discussion sur la paix en Méditerranée serait non seulement incompréhensible sur le plan politique, mais également contraire à la lettre et à l’esprit de l’article 11 de notre Constitution » 1.
  • Giorgia Meloni avait initialement déclaré que certains éléments de la charte du Conseil étaient « incompatibles » avec la Constitution italienne, empêchant Rome d’y adhérer pleinement.

Près de 60 pays avaient initialement été invités à rejoindre l’organisation, selon des sources américaines. Toutefois, en raison du refus de plusieurs pays — principalement européens, parmi lesquels la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne —, le Conseil de la paix ne représente que 26,5 % du PIB mondial, mesuré en parité de pouvoir d’achat.

  • C’est bien moins que le G20 (72,5 % du PIB mondial), que les BRICS (38,8 %) mais également que le G7 (28,3 %).
  • En termes de population, avec près de 1,5 milliard d’habitants, le Conseil de la paix représente 18,1 % de la population mondiale, contre 58 % pour le G20, 48,1 % pour les BRICS et 9,7 % pour le G7.

Le Conseil de la paix se distingue des autres principales organisations internationales par la forte concentration de gouvernements autoritaires au sein de ses membres.

  • Selon la classification de l’Institut V-Dem, qui fait référence en la matière, celui-ci compte 20 pays autocratiques, contre seulement 8 démocraties.
  • Parmi ces 20 autocraties, la moitié (10) sont considérées comme « fermées ». Il s’agit des pays où les élections — lorsqu’elles sont organisées — ne sont pas libres et où les libertés sont extrêmement limitées.
  • Les États-Unis sont à ce jour la seule démocratie « libérale » de l’organisation.

L’objectif officiel de la réunion d’aujourd’hui est de lancer la mise en œuvre de la deuxième phase du plan de cessez-le-feu à Gaza, conclu en octobre entre Israël et le Hamas, en se concentrant sur la reconstruction de l’enclave.

  • Trump devrait annoncer un plan de financement de plusieurs milliards de dollars, lancer un appel à contributions internationales et présenter une force internationale de stabilisation autorisée par la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU.
  • L’initiative est toujours très critiquée en raison de la composition du panel de participants, de l’obsession financière et immobilière du projet, ainsi que de l’absence de solutions humanitaires et politiques concrètes au conflit.
  • Aucun représentant palestinien de poids n’a été convié. Malgré la trêve d’octobre, la situation reste fragile à Gaza. Le cessez-le-feu est régulièrement violé, causant des pertes humaines et des attaques sporadiques.