La deuxième réunion entre Ukrainiens, Russes et Américains prévue dimanche dernier, le 1er février, avait été repoussée suite à une visite du représentant de Poutine, Kirill Dmitriev, en Floride la veille. Celui-ci s’était entretenu avec les émissaires de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, le secrétaire au Trésor Scott Bessent et Josh Gruenbaum, conseiller senior à la Maison-Blanche. 

  • Aucune raison n’a été fournie quant aux raisons de son annulation. 
  • Zelensky avait mentionné le 30 un potentiel report en raison « de la situation entre les États-Unis et l’Iran », sans que cela soit confirmé par Washington.

La Russie continue d’exiger un retrait ukrainien du Donbass comme condition préalable à tout accord. Selon plusieurs rapports, l’Ukraine serait prête à accepter cette demande, à condition que les troupes russes se retirent de l’autre côté de la ligne de front, conformément aux mêmes propositions.

  • Dans un entretien réalisé par Reuters, l’agence de presse du Kremlin TASS et le blogueur militaire russe Semyon Pegov (WarGonzo), et publié le 2 février, Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de Russie, a déclaré que les exigences russes pour mettre fin à la guerre en Ukraine restaient inchangées.
  • Elles avaient été synthétisées par Poutine en 2024 lors d’un discours au ministère russe des Affaires étrangères : la cession par Kiev des oblasts de Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson, y compris les zones non occupées par l’armée russe ; la neutralité de l’Ukraine et sa démilitarisation (réduction des forces armées) ; la dénazification (remplacement du gouvernement ukrainien actuel par un gouvernement fantoche pro-russe).
  • Medvedev — comme Poutine — a également déclaré que la Russie considérerait les troupes des pays de l’OTAN présentes sur le territoire ukrainien comme des « cibles légitimes » dans le cadre d’un éventuel engagement de garanties de sécurité post-guerre. 
  • Medvedev a également exigé que la Russie reçoive des garanties de sécurité 1.

Selon des informations obtenues par le Financial Times, l’Ukraine, ses soutiens européens et les États-Unis auraient trouvé un accord pour que toute « violation persistante par la Russie d’un futur accord de cessez-le-feu » soit suivie d’une réponse militaire coordonnée 2.

  • Selon ce plan, une violation du cessez-le-feu par Moscou déclencherait une réponse dans les 24 heures avec un « avertissement diplomatique », puis « toute action nécessaire de la part de l’armée ukrainienne pour mettre fin à l’infraction ».
  • Si la violation persiste, une deuxième phase d’intervention serait lancée par les pays membres de la coalition des volontaires. Passé un délai de 72 heures, « une réponse militaire coordonnée » impliquant l’armée américaine serait mise en œuvre.

Les discussions à Abou Dhabi risquent d’être dominées par la campagne de bombardement russe des infrastructures énergétiques ukrainiennes.

  • Zelensky a déclaré hier, mardi 3, que le travail de l’équipe de négociation ukrainienne sera « adaptée » pour refléter les lourds dégâts provoqués par les frappes russes de drones et de missiles 3.
  • Le président ukrainien accuse Moscou d’avoir exploité le court moratoire temporaire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes « pour stocker des missiles et attendre les jours les plus froids de l’année ».

Le Kremlin avait accepté de suspendre ses frappes la semaine dernière, mais affirme que ce cessez-le-feu partiel a pris fin dimanche 1er février. L’Ukraine, de son côté, considère qu’il devrait durer jusqu’au vendredi 6 février, et accuse Moscou d’avoir « rompu sa promesse ».

  • La Russie a violé à plusieurs reprises ses propres cessez-le-feu en 2025, notamment en avril durant le week-end pascal puis le mois suivant, en mai, à l’occasion des célébrations organisées à Moscou pour commémorer les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
  • En mars, la Russie avait également violé à plusieurs dizaines de reprises un cessez-le-feu d’une durée de 30 jours limité aux infrastructures énergétiques accepté par Poutine le 18 mars lors d’un appel avec Donald Trump.
Sources
  1. « Dmitry Medvedev attends an interview in the Moscow region », Reuters, 2 février 2026.
  2. Christopher Miller, Henry Foy et Max Seddon, « Ukraine agrees multi-tier plan for enforcing any ceasefire with Russia », Financial Times, 3 février 2026.
  3. Publication de Volodymyr Zelensky sur Facebook, 3 février 2026.