Le week-end dernier, des représentants ukrainiens, russes et américains se sont réunis dans une même salle, les 23 et 24 janvier, pour la première fois depuis 2022. Une nouvelle réunion était prévue aujourd’hui, le 1er février. 

  • Il n’est pas clair si celle-ci aura toujours lieu alors qu’hier soir, le président ukrainien Zelensky a semblé écarter cette possibilité en déclarant : « Nous sommes en contact permanent avec la partie américaine et attendons qu’elle nous fournisse des précisions concernant les prochaines réunions. L’Ukraine est prête à travailler dans tous les formats. Il est important que ces réunions aient lieu et qu’elles débouchent sur des résultats concrets. Nous comptons sur des rencontres la semaine prochaine et nous nous y préparons. »  

Très peu de détails ont été fournis concernant les éventuels progrès réalisés par Moscou et Kiev en vue d’un arrêt des combats. Plusieurs signaux suggèrent toutefois une dynamique positive.

  • Le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Andriy Sybiha, a déclaré lors d’un entretien mardi 27 qu’il y avait eu « un changement qualitatif dans la composition de la délégation russe ».
  • Syhiba a également souligné que les représentants russes n’avaient pas donné de « leçons pseudo-historiques », pourtant au cœur de la rhétorique du Kremlin, mais avaient tenu des propos « très ciblés » sur les paramètres d’un cessez-le-feu 1.

Après une requête adressée personnellement par Trump à Poutine, Moscou a accepté un moratoire temporaire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes.

  • Celui-ci a été globalement mis en œuvre par les forces russes, selon Zelensky, mais devrait prendre fin aujourd’hui, dimanche 1er février. Les frappes russes ont néanmoins continué en Ukraine ces derniers jours, ciblant notamment des réseaux logistiques.
  • Plusieurs milliers d’immeubles d’habitation dans la capitale ukrainienne et d’autres villes du pays sont restés sans électricité, eau courante et chauffage suite aux frappes russes, avec des températures ressenties avoisinant les -20°C la nuit à Kiev.
  • Hier soir, le ministre de l’Énergie a affirmé que l’électricité avait été rétablie dans « l’ensemble des régions ».
  • La Russie a attaqué l’Ukraine avec 90 drones dans la nuit du samedi à dimanche.

Des sources américaines n’avaient cessé de mettre en avant cette semaine dans les médias la réussite du premier cycle de discussions.

  • Un responsable de l’administration avait notamment déclaré samedi 24 janvier : « Nous avons constaté beaucoup de respect dans la salle, car ils cherchaient vraiment des solutions […] À un moment donné, tout le monde semblait presque être ami. J’ai ressenti un sentiment d’espoir ».
  • Samedi 30, Trump a déclaré qu’il voyait des chances de succès dans les négociations russo-ukrainiennes : « J’ai mis fin à huit guerres. Je pensais que toutes allaient être plus difficiles que celle-ci. Mais Zelensky et Poutine se détestent, ce qui rend les choses très difficiles. Je pense toutefois que nous sommes sur le point de parvenir à un accord ».
  • Kirill Dmitriev a rencontré hier, 31 janvier des représentants américains en Floride. Il a déclaré : « Réunion constructive avec la délégation américaine chargée du processus de paix. Discussion également productive concernant le groupe de travail économique américano-russe ». 

Si la question du Donbass demeure centrale dans les discussions, le conseiller de Poutine Youri Ouchakov a déclaré à la télévision russe jeudi 29 que « de nombreuses autres questions restaient en suspens » 2. Ces propos, contredisent Marco Rubio, qui avait présenté le Donbass comme étant la dernière « question centrale », pourraient signaler que Moscou prépare l’opinion publique à son refus d’une solution négociée à la guerre.  

  • L’Ukraine rejette toute demande de retrait de ses forces des zones fortement fortifiées que les forces russes n’ont pas réussi à conquérir depuis le début des combats en 2014, à moins que Poutine ne retire ses troupes dans les mêmes proportions.
  • Ushakov a également ajouté que les garanties de sécurité n’avaient pas été convenues avec la Russie, tandis que Rubio a déclaré qu’il y avait un « accord général » sur les garanties de sécurité, qui « impliquent essentiellement le déploiement de quelques troupes européennes, principalement françaises et britanniques, puis un soutien américain ».
  • Volodymyr Zelensky souhaite pour une rencontre avec Trump et Poutine afin de régler la question des territoires.
  • Le dirigeant ukrainien a refusé de se rendre à Moscou pour y rencontrer Poutine pour des raisons de sécurité, et a suggéré inviter Poutine à Kiev « s’il ose ».
  • Ce dernier a refusé une rencontre avec Zelensky l’an dernier à Istanbul. 

Moscou pourrait pour la première fois être plus pressé de trouver un accord pour mettre fin à la guerre, alors que les ressources budgétaires sont de plus en plus mises sous pression : les recettes générées par les ventes de pétrole et de gaz pourraient, selon le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, représenter 22 % du budget de la Russie cette année, contre plus de 40 % en 2022.