Pris dans leur ensemble, les sondages réalisés aux États-Unis ces derniers mois indiquent une tendance nette : Trump, qui était revenu au pouvoir en janvier 2025 avec une côte de popularité positive, est désormais perçu négativement par une majorité d’Américains.
C’est notamment le cas dans les États qu’il avait remportés lors de l’élection de 2024.
- Selon l’agrégateur de The Economist, le taux d’approbation net de Trump dans les sept États pivots qui lui avaient garanti une victoire il y a plus d’un an est en moyenne de -16,6 %.
- Au Texas, un État remporté par tous les candidats républicains depuis 1980 — et qui offre 40 grands électeurs —, 56 % désapprouvent l’agenda de Trump, tandis que seulement 39 % l’approuvent, soit un taux net de -17,2 %.
- Les 12 États dans lesquels Trump a un taux d’approbation positif ne concentrent quant à eux que 68 électeurs sur les 538 que compte le pays, et environ 10 % de la population totale.
Lorsqu’on regarde le taux d’approbation net de Trump et ses résultats obtenus lors du scrutin de 2024, une comparaison imparfaite mais qui permet de mettre en évidence des tendances, il n’y a qu’un seul État où ce taux est supérieur : le district de Columbia, où se trouve la capitale fédérale — et qui n’est d’ailleurs pas techniquement un État.
- Seulement 8,8 % des habitants de Washington D.C. approuvent le mandat de Trump, ce qui est très faible mais plus que ses 6,47 % obtenus en 2024.
- Ce cas s’explique vraisemblablement par l’afflux de Républicains qui ont emménagé dans la capitale fédérale depuis novembre 2024 pour travailler au sein de l’administration, dans des think-tanks ou des groupes d’influence.
Le taux d’approbation négatif dont Trump est crédité ne permet pas à lui seul de présupposer de défaites électorales futures. Il indique néanmoins que l’agenda de Trump et sa mise en oeuvre parfois violente, notamment en matière de lutte contre l’immigration illégale, est rejeté par une partie des électeurs ayant contribué à la victoire républicaine de 2024, que ce soit à la Maison-Blanche ou au Congrès.
- L’agrégateur de l’analyste électoral Nate Silver montre que les électeurs américains sont plus nombreux à désapprouver Trump en matière d’immigration, d’économie, de commerce et d’inflation qu’à l’approuver.
- Les sondages du New York Times indiquent quant à eux que Trump a perdu le soutien qu’il avait obtenu lors de la campagne parmi des groupes démographiques-clefs comme les électeurs non-blancs et les jeunes (18-29 ans) 1.
À l’échelle nationale, les candidats démocrates à la Chambre des représentants disposent actuellement d’un soutien supérieur de 5 points aux candidats républicains.
- S’agissant d’une moyenne, ce chiffre n’indique pas nécessairement que les Démocrates remporteraient une majorité à la Chambre, qui sera entièrement renouvelée en novembre lors des midterms.
- Les tendances historiques suggèrent toutefois que les Démocrates pourraient se trouver en position de prendre le contrôle des deux chambres du Congrès, ce qui réduirait considérablement les marges d’action de l’administration.
- Aux États-Unis, le parti ayant remporté l’élection présidentielle a systématiquement perdu les cinq dernières élections de mi-mandat.
Les élections de novembre constitueront un moment crucial pour l’administration, qui est consciente de la faible popularité de Trump.
- La Maison-Blanche a entrepris plusieurs efforts visant à préparer le terrain pour une éventuelle contestation des résultats.
- Ceux-ci incluent notamment la nomination à des postes-clefs supervisant les élections à l’échelon fédéral d’activistes qui ont soutenu la tentative de renversement du résultat des élections de 2020 par Trump.
La Procureure générale, Pam Bondi, a également engagé des poursuites contre 24 États après que ces derniers ont refusé de partager leurs données électorales.
- Aux États-Unis, ce sont les États qui sont responsables de l’organisation des élections et de compter les bulletins de vote.
- Le département de la Justice a toutefois engagé un effort de constitution de la plus grande base de données électorales fédérale de l’histoire du pays, potentiellement afin de contester les résultats des scrutins en cas de défaite républicaine.
Mercredi 28 janvier, le FBI a perquisitionné un centre électoral du comté de Fulton, en Géorgie, à la recherche de documents liés aux élections de 2020. La présence de la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard a particulièrement surpris les Démocrates.
- Dans une lettre adressée à Gabbard hier, jeudi 29, le sénateur démocrate Mark Warner, également vice-président de la commission du renseignement, lui a demandé de préciser en vertu de quelle autorité elle avait assisté à l’opération 2.
- Jeudi matin, Trump a partagé sur Truth Social une publication affirmant que des responsables italiens avaient « utilisé des satellites militaires pour aider à pirater les machines à voter américaines, transférant des votes de Trump à Biden à l’aide d’outils développés par la CIA » 3.
Sources
- Nate Cohn, « The Voters Who Have Taken a U-Turn on Trump », The New York Times, 22 janvier 2026.
- Lettre de Mark Warner à Tulsi Gabbard, 29 janvier 2026.
- Publication de Donald Trump sur Truth Social, 29 janvier 2026.