Hier, lundi 26 janvier, le conseiller technologique du ministre de la Défense ukrainien, Serhiy Beskrestnov, a posté sur Telegram une photo montrant un drone russe BM-35 piloté via un système Starlink, le service d’accès à Internet via satellite de l’entreprise américaine SpaceX, dirigée par Elon Musk 1.

  • Selon Beskrestnov, les débris du drone auraient été retrouvés dans la ville de Dnipro, située à une centaine de kilomètres de la ligne de front.
  • La portée des BM-35 serait toutefois bien plus importante que d’autres engins utilisés par l’armée russe, comme le Molniya, et pourrait atteindre jusqu’à 500 kilomètres.

Celle-ci placerait à portée de la Russie la Moldavie, la Roumanie, les pays baltes, la Finlande, et une partie de la Pologne et de la Bulgarie 2.

  • La plupart des grandes villes ukrainiennes, à l’exception de Lviv, dans l’ouest du pays, seraient elles aussi à portée de ces drones.

Ce n’est pas la première fois que Starlink serait utilisé par l’armée russe dans le cadre de son offensive contre l’Ukraine.

  • Début 2024, les renseignements militaires ukrainiens dénonçaient « l’utilisation des systèmes de communication par satellite Starlink par les occupants russes sur la ligne de front ».
  • Le service est officiellement bloqué en Russie, en Ukraine occupée et dans les zones frontalières entre l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie, mais le Pentagone avait reconnu en 2024 que Moscou était parvenu à contourner les restrictions 3.

Pour l’Ukraine, les conséquences d’une utilisation à large échelle du service Starlink par l’armée russe pourraient être considérables. Comme le soulignait Beskrestnov le 15 janvier, les drones contrôlés via des terminaux Starlink sont résistants à la plupart des outils de guerre électronique et peuvent être pilotés à distance pour acquérir des cibles 4.

  • L’Ukraine manque toujours de moyens anti-aériens suffisants pour détruire les plus de 5 000 attaques de drones lancées désormais chaque mois par Moscou.
  • L’armée russe aurait déjà utilisé des drones Shahed, dont la portée est de 1 000 kilomètres, pilotés via Starlink pour frapper des hélicoptères ukrainiens dans la région de Kirovohrad, samedi 24 janvier 5.
  • Beskrestnov estime que l’un des principaux risques serait que l’armée russe développe cette utilisation à grande échelle.

Moscou a fréquemment recours à des drones Shahed pour frapper des infrastructures civiles et énergétiques. Un train de voyageurs a été frappé aujourd’hui, mardi 27 janvier, par trois de ces engins dans la région de Kharkiv, blessant deux personnes 6.